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samedi 26 septembre 2015

troupeau

il y a cette avalanche de mots friables autour
et dans notre cercle étroit, l'odeur
fraîche, verte, tendre
de nos chairs coupées
nos épaules côte à côte
ceinturant la forêt


extrait de Feu de tout bois, écrit en cours

lundi 21 septembre 2015

dans l'amour, le corps est ici

"L'amour, lui aussi, comme le miroir et comme la mort, apaise l'utopie de votre corps, il la fait taire, il la calme, il l'enferme comme dans une boîte, il la clôt et il la scelle. C'est pourquoi il est si proche parent de l'illusion du miroir et de la menace de la mort; et si malgré ces deux figures périlleuses qui l'entourent, on aime tant faire l'amour, c'est parce que dans l'amour le corps est ici."

 Extrait de "Le corps utopique - Les Hétérotopies", Michel Foucault

dimanche 13 septembre 2015

(c) Stefan Zsaitsits, My heart, 2012

à la place de la bouche, il y a un trou
à la base du cou, il y a un trou
là en-dessous du ventre, un autre trou
nos corps n'en finissent pas de se dissoudre

et on continue de marcher, avec des trous à la place des jambes
droit devant soi et sans faillir, malgré les trous à la place des yeux

il n'y a pas eu de déflagration, on n'a relevé aucune blessure
tout a explosé en silence,les frappes sont chirurgicales

le sens des mots aussi d'ailleurs
finit par disparaître
dans ce trou noir
qui nous mâche
nous avale
nous recrache

et on répète en boucle "même pas peur", "même pas mal"
hein, que les trous dans le gruyère, c'est ce qu'il y a de meilleur
avec les vers
nos petites moisissures sur la ligne imprécise
du trou
que l'on remâche ressasse
l'estomac débordant de tant d'obscurités