[go: up one dir, main page]

mercredi 29 mai 2013

Black is coming - (c) Fabian Bürgy

Le mouchoir

Parfois
tu n'as besoin
de rien
aucun prétexte
rien de rien
ni chagrin
ni rage
pour plier
replier
au carré
la toile

sous tes mots
malhabiles
le feuilletage
de tissus
des strates
des strates
de chairs
d'angoisse
la pliure
de ton ventre
craque

(c) Bruno Legeai

lundi 27 mai 2013

Tu ne sais pas pourquoi

Tu ne sais pas pourquoi
tu as dit  mon cerveau me gratte
Une pensée
comme ça
lancée
à voix haute
dans le vide

et ta femme
elle
ricane
parce que l'image
franchement
l'image
est stupide

parce
qu'elle en a marre
de tes expressions
de faux
poète
qui change à tout
bout de champ
et le mot et la
lettre

elle en a marre
de ces images tes
métaphores
Métaphores mon cul
elle ricane
parce que
ton cerveau
si elle suit ton idée
il est dans ton slip
couvert de
poils

T'as juste dit
mon cerveau me gratte
rien d'autre bordel
mais faut
faut
qu'elle glose
alors que toi
tu voudrais
juste décocher
une flèche
pile poil
dans la fente
entre
ses incisives

lui gueuler
postillons &
alittérations compris
Cesse séance 
tenante
ta putain de
loghorrée

Seulement voilà
elle croirait
sans doute
que tu parles
d'une foutue
maladie vénérienne
ce qui serait
une satanée
provocation
vu que tu ne la
baises plus depuis
que tu écris
de la
poésie

Alors tu tues le
temps
en faisant des plis
sur ton visage
(périphrase
tu fais la gueule)
tu avales
ravales
l'effervescence
et ta démangeaison

Je sais très bien pourquoi
(republication)

dimanche 26 mai 2013

Le mouchoir

il dit c'est fini, les mots comme un couteau
tranchent l'espace en deux, tu regardes étourdie
- c'est fini et c'est tout -
les années disparaître dans trois syllabes


*

tu pleures, tu craches, le trou, le goufre
tu ne sais pas comment tu craches
le puits sans fond
dans quinze centimètres carré de tissu


*

le mouchoir étouffe
te reviennent en mémoire ta bouche contre l'étoffe
les nausées, les révulsions contre sa chemise
et sa main sur ton front


*

aux narines, l'odeur de vomi, de son sexe, de ton sexe
l'odeur de morve, ton haleine du matin, les larmes
toutes ces humeurs repliées minutieusement
dans ton mouchoir
ANTON

Le mouchoir


le mouchoir plié dans la paume
larmes salive morve emmêlées
notre amour en boule s'achève
lourd et humide dans le panier


*

le même carré de tissu blanc
quinze centimètres sur quinze
que tu fourrais sous mon regard
la bosse dans ton pantalon


*

furtivement écarter la culotte
y glisser le tissu à carreaux
le sentir
c'est le temps qui tressaute
s'enfler de mon écoulement


Yulia Kazban

jeudi 23 mai 2013

lundi 20 mai 2013

Le plancher - Perrine Le Querrec

"Jeannot prépare le terrain. Son campement. S'installe. Va donner un contour à son existence. Rien ni personne ne franchira l'enceinte. Rien ni personne ne s'approchera : ni pensées, ni voix, ni autorité, ni douceur, ni nourriture, ni soin. Au bord du plancher, Jeannot dépose sa peau, son corps usé, sa tête, son coeur. Il est Jeannot le Plancher, rien d'autre n'existe."

Le plancher de Jeannot

samedi 18 mai 2013

Anticorps -Antoine d'Agata

Je sais très bien pourquoi

Je sais très bien
pourquoi
il me regarde
sans rien dire
Je sais
connais reconnais
la ligne

aux commissures
des lèvres
le pli
plissement
le dégoût ?
sur son nez

M'a sorti une connerie
ce soir
encore une
et il voudrait que je
reste là
à battre des cils
à m'esbaudir
c'est comme ça
qu'on dit
qu'il dit
le sens de la formule

car Môssieur
est un poète
Môssieur
écrit
Môssieur
branle
de la tête
oui

Mais la nuit
hein
la nuit
pendant que cul à cul
on dort
(je fais semblant)
je l'entends
moi
sa poésie
de l'autre côté du lit

oumpfoumpf
haha
hunhun
halètehalète
gicle

Tu ne sais pas pourquoi

republication



samedi 11 mai 2013

mardi 7 mai 2013

Seulement la vie, tu sais de Brigitte Giraud

Après la palette de couleurs, découvrez les mots de Brigitte Giraud, à travers l'extrait de son recueil poétique Seulement la vie, tu sais... mis en images par elle-même.

C'est une artiste qui peint, écrit, photographie, et met en vidéo ses mots...
N'hésitez pas à visiter son Paradis bancal




"Seulement la vie, tu sais" | Images et texte... par Quani

Seulement la vie, tu sais, éditions Rafaël de Surtis, 2012

lundi 6 mai 2013

samedi 4 mai 2013

Sans haine, ni arme, ni violence ni rien de tout ça (poème de Thierry Roquet)


"A trop écouter les
faits divers
à la télé

voilà que
le fantasme naît

y'en a toujours un qui
finit par retenir notre attention
plus que les autres

fourgon blindé / attaque d'un distributeur...

des fois on en parle
en se disant qu'on pourrait
faire la même chose
on plaisante bien sûr

et puis des fois
on y pense plus sérieusement

parce que pour se sortir
de la merde
y'a pas trente-six solutions
elle doit être radicale

sauf

qu'on se heurte
à de gros problèmes
logistiques
ça ok

&

surtout
de conscience

sous ce mot
peut-être
la lâcheté
va savoir

ou bien

le besoin qu'on en a
n'est-il pas encore
si désespéré qu'on croit

en attendant d' y voir plus clair
velléitaire
de toujours

je relis Curzio Malaparte
quelques pages
de sa "Technique du coup d'état"

ça peut servir
un jour ou l'autre
sait-on jamais..."


vendredi 3 mai 2013

Paul Nougé - Les voyantes (1929-30)