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vendredi 30 décembre 2011

Les tas de mots n°7

Parution de Les tas de mots : revue d'expression poétique n°7(parution trimestrielle)

La revue se propose de "devenir une terre d'accueil pour poètes et graveurs de mots, paroliers et enjôleurs"
Ce qui est un programme assez alléchant n'est-ce pas ? ;)


Au sommaire de ce numéro :
Antoine Bourg
Jean-Marie Cador
Chantal Godé-Victor
Catrin Godin
Alain Leylavergne
Murièle Modély
Vincent Motard-Avargues
Roger Noiseau
Henri Ouvrard
Morgan Riet
Carlos Tronco
& Philippe Simon ( qui signe notamment la photo de couv’)

Pour en savoir plus vous pouvez consulter le post de Morgan Riet ou le blog de la revue
5 € le numéro

mardi 27 décembre 2011

Donne moi un p'tit poème


 credit photo spock27


Allez,
Fais-moi cette fleur
Enlève ta robe, déclame
Glisse entre mes lèvres
Des mots à fendre l’âme

Fais-moi pleurer
Comme il y a longtemps
Avec les mots de tes vingt ans

Quelque chose de désuet et tendre
Donne-moi des mots, des émois
Cassonade et sous-bois
Refais-moi l’émotion ultime
Du premier amour

Allez quoi,
Dis-le moi ce poème
Oublie mes absences
Mes lettres mélodrame
Mes lâchetés et ces femmes

Efface de ton poème
Mon manque d’aimer
Mes caresses hâtives
Ma sale mélancolie

Dis-moi un p'tit poème
Qui me recrée

mercredi 21 décembre 2011

L'assiette

Tu te tiens droite à table
Les deux mains de chaque côté de l'assiette

Tu te tiens droite toujours
Ton visage rond, tes cheveux attachés à l'arrière

Tu te tiens droite muette
Les deux poings posés sur la nappe
Tes yeux sur les jointures, la porcelaine blanches

L'assiette
La soupe maintenant froide
Et ton reflet

Tu sens que figent les bouts de gras
Tes lèvres closes, ta joue brûlante
Tes deux mains là

Ridicules
Territoires
De chair
Qui ne plient pas

/

Dans le miroir déformé
De mon verre d'eau
Je vois ta bouche immense
Et cette trace rouge
Sur tes crocs

/

Tu m'aimes ?

/

Quand tu poses ces mots
Dans le creux de mon cou
Je sens dans mes vertèbres
Ta question qui me fouaille

Ou je ne sens rien
Cela reste des mots

/

Tu m'aimes

mardi 13 décembre 2011

Je t'enracine le banian ?

Je ne t'enracine
rien

rien du tout
mon amour

Je sais
Tu sais

les sentiments ne
sont

que lierres en
décomposition

Les racines dans
l'air

ne mènent nulle
part

dans le ciel ne
poussent

que des brins
du hasard

Tu vois
Je vois

sur nos peaux dans le
lit

nos anciennes
morsures

sous les nuages
tous

les vieux
cliquetis

Je t'enracine le banian

Je t'enracine le banian
Tu me sèmes en haut des coteaux
Je te jaillis de mon volcan
Tu me déplies au fil de l'eau

Je te polis galet rond
Tu m'éparpilles poussière
Je t'hibiscus flamboyant
Tu me glycines vent d'autan

Je te safrane, te curcuma
Tu me mentholes, m'épicéa
Je te diffracte
Tu me resserres

lundi 12 décembre 2011

Liqueurs - Bruno Legeai & Murièle Modély



Ça tombe...
Elle sent bien que ça tombe
Tout autour d'elle, tout tombe

Son visage au-dessus
Son corps étriqué qui lentement s'enfonce dans le matelas mou

La sueur les mots le souffle et la salive
Il pleut

Elle sent crépiter son plaisir impérieux
Sur les angles improbables de jambes et de bras
Sur son corps bûche dans l'âtre de la chambre
En flammes

Il pleut
Et son ventre de braise
Et sa tête de bois

Elle sent bien que tout tombe
Retombe...

Elle se dit que peut-être sous les cendres, il reste
Un brandon, ce desir
Et sa suie sur le drap

  
Collaboration pour FPDV, thème de décembre : Rouge
Titre & photo Bruno Legeai
Texte myself



jeudi 8 décembre 2011

L'Autobus n°5

Reçu ce jour le nouvel Autobus (numero 5) du sieur Marzuolo... avec
Colette Gaillard
Marc Bonetto
Isabelle Grosse
Jany Pineau
Guillaume Decourt
Murièle Modély
Marie Evkine


Bon, plutôt qu'en parler mal... (et puis je suis un peu à court de connexion :), je mets la chronique de Jacques Morin sur Décharge que vous retrouverez dans la rubrique Vrac

"La revue de Fabrice Marzuolo sort très régulièrement, en gros à la limite du bimestriel et du trimestriel, y a pas de nom. Chaque fois un thème, que les intervenants suivent à fond, ou sur la tranche, même sur le fil, voire pas du tout. Enfin, bref, ça n’a guère d’importance. Le thème quand même ? : le ring. Et l’on prend un  uppercut  d’entrée de jeu avec Colette Gaillard puis directo derrière une droite de Marc Bonetto. Après on est groggy pour lire le numéro. Faut dire qu’on n’a pas eu le temps de se mettre en garde. …"
La suite sur Décharge !

samedi 26 novembre 2011

La fraise - Bruno Legeai & Murièle Modély

Photo de Bruno Legeai

Il y a une fraise sur le rebord de la fenêtre. Une fraise rouge, charnue, parfaite. Je ne sais pas comment, je ne sais pas par qui… il y a cette bille sanguine, et mon regard surpris.

L’automne arrive enfin, je le sens, il est là. Les nuages, le soir, sont de plus en plus bas. 
Est-ce que c’est moi ou le ciel s’apaise? Qui donc a déposé sur le béton la fraise?

Je la regarde, petit soleil carmin, darder ses rayons chauds dans le creux de ma main. J’ai posé mes deux paumes sur la vitre un peu froide ; mon paletot peluche, mon corps, mes os sont lourds. Je sens pourtant ma peau devenir velours, la pulpe du fruit mûr rosir mes joues râpeuses.

Je ne pense à rien, je regarde la fraise. Ses akènes rebondissent, picotent mes rétines. Comme des gouttes d'or, ils embrasent la ligne. Est-ce que je rêve ou est-ce que la peau cède ? Quel est ce jus sucré qui soudain me ruisselle?

Il y a une fraise sur le rebord de la fenêtre. Et tes yeux rieurs, ton corps vif, tes mots frais. 
Dans le jour finissant, je vois ta bouche exquise, dont je baise & dévore la saveur vermillon.



Publication initiale sur FPDV du mois de novembre, thème L'exquis 
L'univers photographique de Bruno Legeai est à découvrir (entre autre) sur son blog Les jours

mardi 22 novembre 2011

Traction Brabant n°43


au sommaire du TB 43, spécial sports, vous trouverez :
Françoise Biger (une chèvre sur le tatami) - Yannick Torlini (Tapages)- Morgan Riet (chemins battus)- Alain Crozier - Patrice Maltaverne (le type au volant de la TB) - Patrick Joquel - Cathy Garcia (nouveaux délits -toujours meilleurs que les anciens-) - Pierre Bastide - René Bourdet (poézine Oeil de fennec) - Séverine Langlois - Lionel Mazari - Sylvain Guillaumet -Michel Talon - Michel Lhostis - Salvatore Sanfilippo - Linda Benadda - Delphine Gest - Béatrice Gaudy - Alain Lacouchie - France Burghelle-Rey - Jean-Baptiste Pedini (prendre part à la nuit)- Basile Rouchin - Oslo Deauville - Didier Ober - Mauro Mota - Bernard Deglet (sarieloubal) - Murièle Modely (l'oeil bande -autocitationhypertextuelle)- Isabelle Grosse - Henri Cachau - Eric Savina - Stéphane Prat (mes abruzzes)- Jean-Christophe Belleveaux - Hervé Merlot ( 2 euros le poézine)

2 € le numéro, et... 10 € les 5 incredible isn't it ?
Pour en savoir plus, voir le blog : billets d'humeurs du sieur Maltaverne, poèmes extraits de la revue, photos, liens etc.
Pour des extraits vous repasserez : j'ai pas fini de lire...


MOI CE QUE J'AIME PAR DESSUS TOUT, CE QUI ME REND FOU
C'EST DE CRIER : VIVE LE SPORT !*


*comme dirait Vincent Malone -ouais j'ai des mioches de 6 & 4 ans, donc j'écoute les chanteurs qui vont avec :)

lundi 21 novembre 2011

Chagrin


je pleure
petit
moyen
à gros bouillons
et le chagrin
devient
une eau
bouillante
une soupe
où le corps beurre
exhale
dans des vagues
brûlantes
des odeurs de thym

.
J'écris sale
Je dis sale
Je pense sale
Je suis sale

Tiens
remplace donc le mot sale par noir
es-tu bien sûr au fond d'avoir
(de moi)
fait le tour
de la question ?

dimanche 20 novembre 2011


J'écris sale
Je dis sale
Je pense sale
Heureusement, tu n'es pas dupe

.
Hier j'ai vendu des livres à la bibliothèque. C'était bizarre, vendre n'est pas prêter, le costume me gênait, j'ai joué. Je n'aime pas faire la vendeuse, ce n'est pas mon métier. Une vieille me l'a dit.

Une petite boule de hargne, bouche cul de poulet. Et vas-y que je te balance à la gueule ma rage. Et c'est mal organisé, et vous êtes incompétente, et blablabli, et blablabla, et c'est mon droit j'achète, et reblabli, et reblabla. Et ma vie n'est qu'acide, vous finirez comme moi. Et donnez lui un bras qu'elle vous bouffe le coeur. Le coeur, ce fruit blet rabougri ?

La colère qui monte, mon envie d'en découdre, elle et moi de chaque côté de la ligne, n'a pourtant rien à voir avec l'échange marchand...  La vieille et son visage, comme miroir grossissant de l'abrutissement. Pas le concept, ou l'idée de. Mon abrutissement. Cet inévitable rétrécissement de mon champ de vision, mon coeur tout sec, momifié et posé comme ultime sujet de préoccupation.

Voilà dans ses cheveux, ses commissures tombantes, les sillons blèmes de son aigreur, l'incompréhension du monde. La mienne, bientôt, si proche.

Un samedi de soleil à vendre des livres, pendant que le temps file et que tout s'effiloche.

/

J'ai vendu à la criée des livres, comme une sole ou un maquereau. Sur le moment, j'ai fait l'article, j'ai ri . Vraiment. Je sentais mes sourires emballer mon visage.

Et pourtant a posteriori j'écris :  le costume me gêne.

Peut-être que ce qui n'est plus, n'a jamais été là. Peut-être qu'écrire, c'est repeindre, poser un filtre de fausseté sur les vrais sentiments. Ou le contraire.

Je triche : c'est ma posture ?
Je ne sais pas. 
Une vraie complaisance, à voir la déchirure.

/

Je me rappelle avoir été assise dans le fauteuil en face de son bureau de verre (on ne s'allonge pas toujours), et avoir parlé pendant toute l'heure sans discontinuer. Enfin, je ne suis pas restée une heure, et sans doute que je n'ai pas parlé tout le temps. C'est le souvenir de mon regard sur moi qui reconstruit la scène.
Je me souviens avoir été face à lui comme un sac (et au moment où je l'écris, ce n'est pas une image, j'étais vraiment un sac), et avoir avec ma langue tracé une large et profonde fente dans le plastique.
Les mots avaient coulé (car les mots sont liquide) et j'étais devenue dans la pièce silencieuse, les battements affolés de mon coeur exposé.

/

L'écriture n'est pas la vie. Pas la mienne en tout cas.

mercredi 16 novembre 2011


Eraserhead (1976)

dimanche 6 novembre 2011

©Franck Laborde

mercredi 2 novembre 2011

lundi 31 octobre 2011

Un bref instant d'art et de poésie

Allez hop, je rejoins aujourd'hui l'aventure collective Evazine (piloté par Jean-Louis Millet) où sont réunies les propositions de poètes, artistes placticiens ... Pour en savoir plus sur le projet allez, car moi je vais juste citer quelques poètes de ce numéro d'octobre-novembre

Bruno Toméra
"Serrant mes mains dans ses mains 
elle me dit 
"Gamin, c'est une bulle de savon, la vie, 
ça pique les yeux et c'est fini." 
On a roulé sur le trottoir. 
Bras dessus bras dessous.
Le temps est plus bourré que nous, 
tous les deux c'est trop tard, 
elle en avance, moi en retard. [...]"

JL Millet
"[...]
L’indécision des nuages face à la pluie
Le filet d’eau doucement abstrait par les sables du désert
La femme assise dans la banquette face à moi tirant compulsivement sur le bord de sa jupe
Les visages, tous, virant aux masques
La douleur de l’espoir d’un bonheur [...]"

La Ville
1.
Je cherche dans les villes que je parcours
Une ville et un rêve : un rêve devenu ville
Je cherche telle avenue
Ressemblant au grand fleuve jaune
Où s’écoulerait l’humanité
Pensante et désirante
Diversement comblée
Par son propre passage
[...]"

Pour lire les poèmes en entier, cliquer sur leurs auteurs :)

Microbe 68 & du neuf by Marzuolo

Nouvel opus de Microbe (pas encore reçu) en partance vers les boîtes aux lettres des abonnés, et bien contente d'apprendre que le supplément est de Fabrice Marzuolo voilà un coco bel oeil qui donnera l'occasion de le (re)lire, vu que le blog de l'Autobus s'est fait la malle... sur une petite route de campagne sans doute ;)


Le 68e (+1) numéro du Microbe est prêt.
Ce numéro, sous-titré « 68 (+1), opus névrotique », a été préparé par Marc Bonetto.
Au sommaire :
Photos de Corinne Leridon
Textes de
P
ierre Anselmet
A
rmand
le Poête
C
hristian
Chavassieux
F
ernand
Chocapic
É
ric
Dejaeger
P
atrick
Frégonara
C
athy
Garcia
V
irginie
Holaind
jac-zap
C
armelo
Marchetta
H
ervé
Merlot
V
éra
Mund
E
mmanuel
Régniez
M
arla
Semarre
M
arlène
TissotMarzuolo - Le coco bel oeil.jpg
T
homas Vinau

Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 31e mi(ni)crobe signé Fabrice Marzuolo : LE COCO BEL ŒIL DU NET.
Les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez-Eric Dejaeger

lundi 24 octobre 2011

Les marges de Jean Prod'hom

A découvrir absolument Les marges, le site de Jean Prod'hom
et en particulier ce texte
Un trou au vilebrequin dans le tohu-bohuExtrait :
"[...]il convient malgré tout de se réserver une possibilité, tandis que nous parvient de la terre, lointain, un tohu-bohu sans queue ni tête, la possibilité de creuser sur les rives du fleuve qui roule ses eaux puissantes, au vilebrequin, un trou où loger le rien, et d’y écouter la mer comme dans un coquillage"

dimanche 23 octobre 2011

Le rendez-vous


Je la retrouve tous les lundis dans le café près de la gare. Dans une salle petite, bruyante et très fréquentée. Le café est à proximité du lycée professionnel. A côté des habitués accoudés au bar, l'haleine chargée dès huit heures du matin, il y a des jeunes qui rient fort et chahutent avant le début des cours. J'en connais certains, mais je ne parle avec aucun d'entre eux.

Je m'installe généralement près de la fenêtre pour avoir un peu de lumière, car les lambris aux murs ont pris une patine sombre, mélange de gras et de fumée de cigarettes. Les rideaux sont sales, mais cela m'est égal que la poussière me picote les yeux.
Je la regarde, elle m'ignore. Elle suçote le bord de son verre d'eau.
Nous ne sommes pas assises à la même table ; une banquette, parfois deux nous séparent. Selon les jours et son humeur, elle m'offre le spectacle de sa nuque, ou celui de sa bouche qui chipote son eau minérale...

Il y a en fond sonore la radio, le rire de jeunes et les raclements de gorge sporadiques et glaireux de quelques hommes âgés. Les verres cliquètent sur le comptoir en inox. Le serveur fait glisser énergiquement les tasses sur l'étagère métallique. Le patron tripote régulièrement sa caisse enregistreuse.
Des pièces tombent au sol. Des talons claquent. La porte du café s'ouvre et se ferme en grinçant.
L'ensemble produit une mélodie discordante, je n'entends rien...

Parce que je mets mes mains contre mes oreilles. Et parce que m'isoler du monde extérieur me permet d'absorber Pélagie, en entier, dans ma tête. Ce n'est pas difficile, elle n'est pas épaisse.
Elle a un visage émacié, deux billes vertes perdues dans les orbites, et des tas de petits os autour. Pélagie est très maigre : sa tête est une minuscule balle perchée sur une brindille.

Je reste juste immobile, dans cette salle, à la regarder suçoter son verre du bout des lèvres. Je respire à peine pour ne pas la faire basculer de sa chaise sur le sol. Je me mords les joues pour ne pas pleurer. Saleté de poussière.
Je pense à avant, quand son rire charnel m'enveloppait de son odeur de sucre. Avant, quand je n'avais pas peur de voir son corps se désintégrer bruyamment. J'essaie en vain d'ignorer le squelette de verre à travers sa peau translucide.

Si je viens tous les lundis au café, c'est pour m'assurer que cette fois encore, elle ne s'est pas brisée en mille morceaux. Et aussi pour continuer à croire que peut-être...

Elle me parle quelquefois. Sans lever les yeux. Elle décoche un "Dégage", ou mieux trois mots "Me regarde pas". Je la préfère silencieuse. Dès qu'elle ouvre la bouche, ses dents claquent et font un bruit perçant désagréable. Si je m'écoutais, je me jetterais sur elle, pour la faire taire d'un baiser.

Oui, je voudrais pouvoir poser ma bouche sur ses lèvres gercées.
Je viens tous les lundis pour ça. Et je sais qu'elle vient aussi ce jour, pour bien me signifier tout ce que je n'aurai pas.
Elle me l'a dit la dernière fois où nous étions assises à la même table. Elle ne peut plus m'embrasser... Pas à cause de mon corps lourd ou de mon visage poupin. Pas seulement non.
Ma salive trop riche la révulse. Elle doit dorénavant se passer de mes baisers.

Republication d'un texte mis en ligne ici en mai 2010

samedi 22 octobre 2011

L'amour fou - FPDV

une chosette sur FPDV du mois

mardi 18 octobre 2011

Lichen


Il grimpe sur le lit
Ses bras flasques ouverts arrosant
les peaux moites d’effluves moisis

Il dit à la fille
Viens-zy
Viens-zy donc garce
Manger du spore

Elle grince parce qu'elle n'est pas fille
À peine créature aux cheveux longs et gris
Eclatant des papules sur un corps amaigri

Elle dit à l'homme
Viens-zy
Viens-zy baiser de ta langue aigre
Les auréoles brunes
De nos petites morts

Ils rient
Des mots
En fondant leurs toisons sur la mousse du lit

Ils plient
L'amour
Dans le concert gluant de leurs débris

publié initialement sur L'entresort de Perrine Le Querrec
dans le cadre des vases communicants d'octobre

Image : Spooning couple, Ron Mueck, 2005

lundi 17 octobre 2011

Ici, on noie les algériens



Ici, on noie les algériens, Bande Annonce du documentaire de Yasmina Adi, sortie en salle le 19 octobre 2011

Les mauvais jours de Jean Bourgeois

Juste envie de partager l'émotion que m'a procuré le livre de Jean Bourgeois.
Recueil d'une grande beauté où le lecteur, on, nous, sommes invités à sonder l'étrange étrangeté de l'existence " Dans l'embarras de soi/ Où nous glissons parfois nos jambes / Des après-midis entiers / A ne rien faire"
Sensation de vertige quand on ne sait pas vraiment, qu'on est là de côté, qu'on ignore ce qui nous pousse et pourquoi... Ce trouble si difficile à cerner...Plutôt que de dire mal, je cite quelques passages avec l'aimable autorisation de l'auteur :) dont vous pourrez lire d'autres textes sur son blog On est là mais ça ne durera pas. On peut toujours sourire du reste...

Ecrire en hiver (p.50)

C'est toujours mieux qu'une journée vide
Un jour où l'on écrit
Deux ou trois mots qu'importe
Si ce n'est que ça
C'est mieux que rien
On se dit qu'on a fait quelque chose
Pour ne pas s'avouer qu'on n'a rien fait
C'est comme la vie
Comme tous ces jours pour rien
Occupés à quoi au juste
Qu'on barre d'une croix le soir
Dans la cellule
Au fond de la nuque
Où c'est l'hiver depuis longtemps
On est vivant
On a écrit ça :

On
Est
Vivant

Mais
Il
Fait
Froid


Trop tard (p.47)

Ce n'était pas grand chose
Ce que j'avais à dire
Ca tenait plus du silence que des mots
Quelque chose comme une hésitation
Ce n'était pas grand chose
Juste une vie entière
Dans une promesse un peu folle
Puis l'instant a passé
Et tout de suite
Il fut trop tard

Revues et lu #2

Anna Jouy parle des revues Verso 146, Nouveaux Délits 40 (j'en suis ;) et Traction Brabant 42 
Et pendant que vous y êtes, lisez les poèmes ciselés d'Anna Jouy
Pour la mise en bouche, un extrait :

Lunes d'iris

je posterai mon ciel  sur le bord des fenêtres pour des oiseaux affamés et des miettes heureuses
et le monde lira le vol
 une étreinte d'ailes sur des volets qui claquent
je posterai 
non  ce baiser que je tiens sur ma bouche ni ce rouge de cire qui ferme le mystère
 
mais des cils
le spasme du cou
le dépôt  d'amour d'un bruit dans une oreille  [...]

vendredi 14 octobre 2011

(ça c'est moi qui dis ça)
qui d'autre ?

la vieille de douze ans
qui morfle à l'intérieur
c'est moi !

cette femme qui rit
la jupe blanche tirée
sur ses cuisses gonflées
c'est moi.


et j'ai toujours
les ciseaux
pas très loin
planqués
dans la poche
ou ailleurs
il y a les orifices

car scrupuleusement
je coupe

cela fait un peu mal
le bruit de la photo
fendue de haut en bas

très consciencieusement
je coupe

cela tiraille un peu
l'odeur du papier
de soie qui crisse

avec application
je coupe

entre mes jambes droit
jusqu'en haut du diaphragme

ou mon visage épars
qui ne tient qu'à

un fil
dans le miroir

lundi 10 octobre 2011

Le Facteur Cheval : où le songe devient réalité

">
"Voici mon rêve, à l'oeuvre je me suis dit...
J'avais alors dépassé depuis trois ans ce grand équinoxe de la vie qu'on appelle quarantaine."

dimanche 9 octobre 2011

Revues et lu

L'Autobus 4
consacré aux revuistes, Cathy Garcia - Nouveaux Délits, Patrice Maltaverne - Traction Brabant, Eric Dejaeger - Microbe, Claude Vercey - Polder, Jacques Morin  - Décharge, Jean Paul Morin -Cave Littéraire
S'abonner, plus d'infos ici
extrait
"[...] sans les revuistes,, les poètes existeraient encore moins. C'est possible, si ! si !
Pas bien grave au fond, même publié chez Leclerc, un poète ça reste dans l'ombre.
Les objets, les êtres sont vite remisés, oubliés, et comme dans la chanson, on crie : au suivant !
Alors pourquoi créer des revues ?
Parce qu'un suivant en revue c'est du poète en bouteille !
Et que ça donne un peu d'espoir aux naufragés -la vue de cette bouteille, au loin, qui flotte sur rien..."
Fabrice Marzuolo

___________________________________________________
Traction Brabant 42
"le poézine [qui]  a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif."
S'abonner, contacter Patrice Maltaverne

extraits :
"l'univers sent le brûlé
a dit l'astronaute au nez pointu
moi je n'avais jamais pensé  à ça
l'odeur de l'espace"
 
"PERDU (Tout n'est pas)
 
Sur la pointe des pieds, une fille vide ses ordures au tri. Entre ses fesses, on voit le ruban plus ou moins fleuri de son string. On a beau dire, ça rassure."
Alain Sagault
 
_____________________________________________
Comme en poésie 47
Invitation de Jean Pierre Lesieur aux couples en poésie & moult voix poétiques
S'abonner en contactant Jean-Pierre Lesieur ici
extraits :
"André Chenet/Cristina Castello
 
pour conjurer la douleur
apprivoiser le verbe
du silence
André
 
Toc-toc
 
Je t'aime quand le lundi nous quitte
Quand le mardi s'annonce
Quand le mercredi nous fait un clin d'oeil
Quand le jeudi s'habille pour la veille
Quand le vendredi fait toc-toc à la porte
et tient du miracle
Cristina
[...]"
 
"Le déménagement de ma mère
[...]
Qu'emmèneras-tu mère, si tu laisses jusqu'à ton corps dans cette capsule oblongue, remis à lui même, inséré dans l'épaisseur du sol -selon le processus antique- pour cette fonte des neiges viscérales ? Ton corps chargé comme  une batterie longue-durée et très basse, qui fait qu'imperceptiblement la terre autour chauffe, luit, remue ; se nourrit et se soigne de toi"
Olivier Aulry
 
___________________________________________
Nouveaux Délits 40
La revue de poésie vive, numéro hommage à Beb Kabahn et Yann Orveillon, et des poèmes de Patrick Aveline, Guillaume Siaudeau (et moi :)
S'abonner c'est par
extraits
"Je courais à l'envers à la source des mots
Le langage pâlit.
La verve à éclore.
Et le nid refroidi s'alluma de ce feu"
Beb Kabahn
 
"c'est mathématique
 
il y aura toujours
plus de poèmes
que de poètes
je trouve cela
plutôt rassurant"
Guillaume Siaudeau

_____________________________________________________ 
et ça n'a rien à voir, le dernier pop up de Philippe UG pour les enfants : Drôle d'oiseau , aux éditions Les Grandes Personnes, pour la touche de couleur et le foisonnement

vendredi 7 octobre 2011

Tranchant de Perrine Le Querrec - Vases communicants
















Plus elle maigrit plus elle se trouve grosse.
La peau tendue aux quatre coins du corps, les os en angles qui poussent et se bousculent sous la toile de derme, ça ne suffit pas, ça ne suffit plus. Si elle pouvait, inciser ici et là, plonger la cuillère dans le fatras et creuser un peu, extraire nerfs et chair, garder juste ce qu’il faut de force pour écraser les oiseaux entre deux pierres, clouer les grenouilles sur les troncs, entendre le sang des autres s’écouler, secouer les boyaux de sa tête, se cacher dans un pli de la terre.

Image : « holy moley », j alex goss


Premier vendredi du mois, c'est Vases communicants,
Perrine Le Querrec pose ses mots chez moi...et m'accueille chez elle par là http://entre-sort.blogspot.com/ 
La liste de tous les vases communicants d'octobre sur la page facebook dédiée aux vases

mercredi 5 octobre 2011

Bruxelles, octobre 2011

mardi 4 octobre 2011

Tu m'as posée comme un verre


Tu m'as posée comme un verre au bord de la fenêtre
Je sais, tu n'as plus soif et le soleil est bas
Tu marches comme une ombre ,dans le salon je traque
D'un reflet tes yeux noirs filant sur le béton

Tu ne bois plus mon eau trouble, le temps passe
Les traces de calcaire sur nos lourdes embrasses
Mes deux courbes salines déformées par le mot
Immense qui sépare ta bouche d'un verre d'eau

Eh oui,c'est le pyrex et les papillons posent
de moins en moins leurs flammes

Parfois il pleut
sur tes lèvres mon verre

Et tu lèches, plic ploc
le fond de mon vieux bock

Parfois tu souffles sur le bord de la lame et je
musique













credit photo Nataliya Litova

mardi 27 septembre 2011

L'odeur - FPDV




Tu t’es enfin rassise sur le bord de la natte, tes jambes blondes tendues dans l’herbe sèche. Je te regarde en douce. Tu portes le tee-shirt à rayures bleues que tu adores, sur ce short en jean minuscule que je déteste.
Tu boudes. Tes yeux, ta bouche, ton nez, tout est plissé. Ta peau sue sa mauvaise humeur, sous le soleil de ce début d’après-midi d’été.
Je souris de côté, tu as encore sur la lèvre trois miettes de cet immonde gâteau au chocolat. Je te le ferais bien remarquer, mais je me tais. Tu as seize ans et tu es un volcan sur le point d’exploser.
Tout ça parce que j’ai soulevé le bras de ton père pour baiser son aisselle ; tout ça parce qu’avec la même langue, j’ai léché mes dix doigts juste avant le dessert.
Tu t’es levée. « Putain, maman, t’es dégueulasse, tu nous sers le gâteau avec tes doigts qui puent »
Soit dit en passant, tu as mangé ta part, avec des haut-le-cœur c’est vrai, mais tu l’as mangée…
Et maintenant tu boudes, un gouffre nous sépare. Soyons juste, à moi aussi, ton parfum écœurant et sucré de vanille me soulève le cœur.

Alors comment t'atteindre, pour te dire ton père allongé sur le sol, mon ombre sur son torse, ses yeux clos sous mes mains, l’envie de mordre encore sous le bras de ton père, la poussière et la mer ?
Comment te faire simplement comprendre mon penchant pour l’âcre, la sueur, les humeurs, ce qui vit, ce qui meurt, qui chavire le corps ; cet avant-goût tenace de l’odeur fade et chaude de la terre meuble ?

illustration de Lia Vé (18 septembre)
texte de myself (27 septembre)
 publiés sur FPDV  #19 L'odeur

lundi 26 septembre 2011

500 dessins - Nicolas de Crécy


À  découvrir le  blog de Nicolas de Crécy
et ses superbes dessins

pieds nickelés

cocktail

jeudi 22 septembre 2011

Nouveaux Délits & Poulpe...


A paraître le 1er octobre le numéro 40 de la revue Nouveaux Délits. Vous pourrez y lire quelques uns de mes poèmes...

AU SOMMAIRE :

Délit d’amour :
Hommage à Beb Kabahn (1974-2011), graphicultrice de stigmates, écrivière en proséïe et tellement plus et encore.
Hommage à Yann Orveillon (1941-2011), poète et voleur de feu, au cœur océan.

Délit de poésie : Murièle Modély, Patrick Aveline et Guillaume Siaudeau

Résonances : 1 livre, 1 recueil, 1 groupe de musique, 1 couple de photographes.

Délits d’(in)citations s’éparpillent comme toujours à l’automne et vous trouverez le bulletin de complicité, très au fond en sortant, qui adore jouer lui aussi les feuilles au vent...

Illustratrice : Corinne Pluchart

Pour plus d'infos, cliquez ici.

Et aussi parution du nouveau livre de Cathy Garcia, Le poulpe et la pulpe. Pour l'eau à la bouche et commander, allez

lundi 19 septembre 2011

"Jeune j'aimais le temps..." Pierre Jean Jouve

"Jeune j'aimais le temps
Je ne supportais pas d'être le plus jeune
J'aimais la graminée quand elle a ses graines les
arbres quand ils s’étendent comme la musique
Jeune j’aimais les vieux
A présent je penche avec mon ombre sur l’autre
versant celui qui descend
Je ne sais plus j’ai goûté plusieurs temps
Peut-être avec la vieillesse viendra le calme"

Les Noces, suivi de Sueur de Sang, Pierre Jean Jouve, Gallimard, Poésie 13, 1996

mercredi 14 septembre 2011

Poèmes du lendemain 19 - Audrey-Anne Marchand


J'ai rencontré Audrey-Anne Marchand pendant l'atelier poésie du PJE de Muret, mené par Seyghmus Dagtekin. Et l'écriture d'Audrey Anne a été un éblouissement...
Parce que sa poésie est un raz-de-marée d'images qui balaie tout... de sa musicalité, de son impériosité... je ressentais ses mots très corporellement (sais que ne suis pas très claire, mais bon), et restais toujours sans voix, assommée, admirative devant le foisonnement irrésistible de son écriture.

Bref, elle m'a envoyé il y a quelque temps Poèmes du lendemain 19, l'édition par Ecrits des Forges des lauréats du Prix Piché de poésie 2010, dont elle a eu la mention spéciale. Je vais en dire quelques mots ici (mon ressenti de simple lectrice, avec mes propres filtres et tout le toutim -pardon donc Audrey-Anne de ma lecture forcément partielle ) :

La suite poétique d'Audrey-Anne s'intitule : Je dis non aux histoires sans fin
Et la quatrième de couverture cite  cela : "J'ai trouvé le centre-ville dans tes yeux comme un drapeau planté par erreur sur un lendemain futile..."

Et de paragraphe en paragraphe, sans ponctuation, comme une parole qui reprend son souffle dans les sauts de ligne, on suit cette urgence, cette impossible et nécessaire rencontre, ce désir illusoire pour mettre en phase, pour circonscrire lui elle, l'autre soi...
"ton essence est comme une catastrophe lancée au visage comme prémunie d'une sophistication archaïque qui ne s'estompe pas"

"je te parle au coeur de mes robes rouillées on dirait enfin que la musique approche mais tu t'effondres pour éviter mon saccage et le désordre de ma pensée décousue et rapiécée

tu butes contre les murs invisibles toujours pour te sauver de notre langage épuisé à force de guerres incomprises à force d'exils et de nostalgie précoce"

Il me tarde de la lire à nouveau, elle a des projets de livres et de participations dans des revues je crois... Une poétesse à suivre !

Ps : Je ne parle pas de Je reviens de mourir , Guillaume de Marie-Charlotte Aubin qui a eu le prix Piché, mais c'est aussi très bon ! :)


vendredi 2 septembre 2011

Reprise d'Anna Jouy - Vases communicants

Rhume de cerveau, éternuements de l'intelligence. Je bégaie des idées comme des postillons d'humeur. Problèmes de saison, automne de toutes les couleurs des vertes et des pas mûres. Une pensée après l'autre, le rouet est plein et déborde. Après qu'en reste-t-il qui tienne à l'estomac? Pas grand chose et parfois même la chiasse normalité de tous les transits.
Je dépense mon temps en semailles, le champ est vaste et à peines labouré. Je fais mon semis d'un geste de repiqueuse, il me faut une machine à coudre pour sillonner mon pré
et la terre tissu conjonctif est dure comme de la futaine de cow-boy. Je vois Millet prier ses pauvres angélus et le tablier sale des travaux sans fin.
Je monte la charge, au loin mon troupeau de moucherons bourdonnent et sucent le sang des fleurs.
Il est temps de respirer en dehors du sable aqueux des vieilles bruines qui rentrent par le nez et font baver les narines. D'essuyer les peintures de leur grisaille de suie et de restaurer la lumière. Temps de sortir du cadre et de visiter les jupes fraîches de l'automne la main dans le sac et les bas de laine douce.
J'use en vain mon cœur en petites oboles, le divin n'aime pas la fumée de mes sacrifices. Caïn courbe l'échine sous le poids des cendres. L'œil impitoyable du critique use le sens des lignes et des perspectives du tableau, les prières sont lourdes et rasent le gazon.
A l'horizon les Indiens lèvent le camp et leurs cheminées ont pris le chemin du départ.


Premier vendredi du mois, c'est Vases communicants,
 ce mois-ci c'est Anna Jouy qui pose ses mots magnifiques chez moi...
et qui m'accueille chez elle par là http://annajouy.over-blog.fr/m/article-82985067.html


La liste de tous les vases communicants de septembre  
sur la page facebook dédiée aux vases 



jeudi 1 septembre 2011

Marie

elle a les pieds nus
les paumes tournées
vers le ciel
un regard stupide
un peu bovin
un peu vide
le genre de regard
télégénique
l’oeil rond
la paupière lourde
le trou légèrement dilaté
le genre de regard
de fille shootée
qui ne sait pas
ce qui se passe
qui ne voit rien venir
qui observe
absente
le machin glaireux
posé devant elle
qui n’a pas pu
passer
entre ses hanches
étroites
impossible
inconcevable
et son sein
de quinze ans
qui jaillit
de la robe
courte et bleue
étalée en corolle
sur son corps
virginal
recrée
pour la photo
pour la main
du type
pour ses yeux
pour son sexe
la scène

Derrière la vitre sale

Quelquefois en tête, je n'ai qu'un grand trou
Quelquefois, il y a toi

Grottes Les grandes Canalettes, Villefranche-de-Conflent, été 2011

mercredi 31 août 2011

Microbe 67

Au sommaire :

Textes de :
Justin barrett
Marc Bonetto
Nicolas Brulebois
Éric Dejaeger
Fabrice Farre
Pascal Feyaerts
Mahrk Gotié
Frédérick Houdaer
Jean-Marc La Frenière
Pierre-Brice Lebrun
Hervé Merlot
André Stas
Marlène Tissot
Florian Tomasini
Illustrations de Samantha Barendson

Les abonnés le recevront début septembre.
Les autres ne recevront rien.
Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger

mardi 30 août 2011

Les Vigilants (2007), Guy Ferrer

Guy Ferrer invité des Rois de Majorque
Palais des Rois de Majorque, Perpignan
du 17 juin au 18 septembre 2011

lundi 29 août 2011

Le quotidien du pain noir de Thierry Roquet

Aux éditions Koffmal (éditions made at home par l'auteur lui même), le nouveau recueil de Thierry Roquet.
Le poète nous fait entendre avec des mots simples, la petite musique de l'existence. C'est à la fois triste et doux... triste, parce qu'avec le temps, les choses devraient être moins pénibles et ce n'est pas le cas...

"Il va falloir payer les arriérés
Sans fuir par les escaliers
De secours - pas cette fois

Ainsi les hommes marchent sur la lune
quand d'autres ont les pieds
Dans la merde -jusqu'au cou"

et doux parce qu'il y a elle...
sa présence à elle partout autour

"Ton sourire quand je
Raconte une blague
Et ton baiser en me disant bonne nuit

Les mots entre nous
Si familiers et l'habitude
De les entendre d'une certaine manière"

Un goût de temps qui passe et qui laisse en bouche de la mélancolie...

Fabrice Marzuolo en parle beaucoup mieux que moi sur le blog de L'autobus ici
et pour lire la suite, on peut commander le recueil auprès de l'auteur, pour la modique somme de 4 €

dimanche 28 août 2011

Les cauchemars du gecko de Raharimanana

Le livre de Raharimanana a été initialement une pièce de théâtre présentée à Avignon en 2009.
Le gecko comme une tâche rétinienne tenace, noire, sur la mémoire, le monde, l'occident tel qu'il va...

p. 43
"Si tu lis ces lignes, cavale, cavale de suite et si tu ne sais pas lire, cavale quand même...
[...]
le gecko, la fuite en tête encore quand pris par la queue, il se débat et se déleste de son appendice, il file. Sur l'île on l'appelle le lézard à deux vies, queue coupée repousse pareille...
dans la poussière, les traces du gecko narguent la fleur de lis tombée de l'autre épaule...
Je n'ai aucune bouche à te déplanter pour me dire libre, je me tire, je me vire, m'entends-tu encore ?
la particularité du son du gecko, c'est l'écho qu'il crée dans sa gorge, on croit l'entendre à l'autre bout de la pièce - et l'y situer donc.
Or, il n'est qu'ici, bien près derrière votre nuque, à l'envers sur le mur ou le plafond..."

D'autres extraits sur Remue.net
Les cauchemars du gecko, Raharimanana, Vents d'Ailleurs, 2011

Dans la lune

Je continue ma lecture à l'envers (étourdie que je suis :)
Après le Dans la Lune n°21-22...
Dans la lune numéro 20
où j'ai pu lire un magnifique texte de Olivier Bourdelier

" [...]
 Je ne ressens plus aujourd'hui ni impatience, ni inquiétude, quand les mois peuvent passer sans que me vienne un poème. Mais qu'il arrive, et je l'accueille en souriant, le dernier, dernier en date - ou l'ultime car qui sait jamais ?

Les jours sont courts
j'ai mis dedans
ce que j'ai pu de joie
[...]"

pour en lire plus, commander le numéro

vendredi 19 août 2011

Est-ce aimer ?



Est-ce aimer ? d'Alain Bashung
L'imprudence, 2002

mercredi 17 août 2011

Rodrigo Imaz


Découvert sur FPDV
l'artiste Rodrigo Imaz

son site à visiter ici


dimanche 14 août 2011

Vraiment

Vraiment
Je veux t'écrire
Un gentil poème

Un truc qu'on suçote lentement
Comme un brin de blé

Toi allongé dans l'herbe
Au-dessus le soleil
Mon jus de chlorophylle
Ruisselant tes papilles

Un truc
Pointu
Précis
Qui plante le bonheur

Comme un pieu
En plein coeur

Non, non oublie
Je ne voulais pas dire ça

Ce que je veux
Vraiment
C'est un poème docile
Et doux
Et simple
Et propre

Pas ces trucs pleins de morve
Ces pointes qui clouent au sol

Mais bon
J'ai beau trifouiller des deux mains
Mon sourire et mon crâne
Sous les ongles, crasse
Orvets, lymphe, limaces

Une bouillasse froide
Qui sculpte le matin un filet de salive
Sur le coin de ta lèvre

Cette trace saline qui trouble nos baisers

jeudi 4 août 2011

Les papillons



Il y a des papillons posés sur ma paupière
qui agitent leurs soies sur le fil
de mes yeux

Il y a sur ton visage une armada de bêtes
et ta langue et ta bouche
qui s'excitent
bavassent

oh
les jolis tentacules
sur mes lèvres charnues

Il y a des loches et des lépidoptères
qui grouillent
se mélangent
sur tes traits adorés

La poudre et le mucus
qui brouillent
oh
nos définitives
figures imposées

Ton coeur bat plus vite
















Ton coeur bat plus vite que le mien, c'est anatomique.
Il cavale, il court, secoué par un rire, une vague, ou rien.
Je vois sous ta peau fine, ce fruit rouge qui s'emballe dans un matin tout neuf. Je vois la cellophane. Je vois les reflets roux, sur tes joues, dans ton cou, dans chaque brin de tes cheveux.

Ton coeur bat plus vite que le mien, c'est certain.
Pourquoi ai-je donc peur ? pourquoi suis-je immobile ? pourquoi je te contrains ?
Deviens, n'écoute pas ta mère, cabre sur le chemin, fais des boucles, ne fais rien, marche vers l'horizon, mets ton coeur au soleil. Mange le ciel.


C'est l'été, je "republie" de vieux trucs (tout reprendra sa place à la rentrée ;)

Claude Nori, la géométrie du flirt


La géométrie du flirt, exposition jusqu'au 11 septembre à la galerie du Château d'eau, Toulouse
Le site du photographe ICI