ta main passe
cela fait mal, oui cela fait mal
le rideau de larmes
mais rien n'est
"ni tout noir, ni tout blanc"
dis tu, ton poing évitant mon épaule
derrière, il y a le soleil
qui se reflète dans les quatre crevasses
que mes phalanges ont creusé dans le plâtre en tapant
comment en est-on arrivé là ?
quel autre que toi déchirera ma toile
qui d'autre que moi fera dans ton ciel
d'orage
le jour en pleine nuit
*
il n'y a pas de plus gentil garçon que toi
je le sais, je m'ennuie
je prends des mots, fantasme, revis
un vieux souvenir enfoui
dans la chrysalide
je ne suis pas un papillon
j'arrache avec application toutes les ailes accrochées au plafond
*
"tu es bizarre"
c'est ce que tu as dit la première fois
mes petites torsions larvaires te plaisaient bien alors
car j'étais seule, rien ne pesait
il y avait ce trou pendu un peu plus haut
mais j'y mettais ma bouche, sifflais
*
il y a toujours le trou
il attend sagement sous nos pieds
une nouvelle puis une autre
nous pousse
une peur
une angoisse
ombilicale
ou métaphysique
ou terre à terre
qu'importe
manie la pelle avec agilité
ou constance
ou complaisance
"tu es chiante"
c'est ce que tu dis maintenant
je m'interroge sur la commutativité des adjectifs à quelques années près