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mardi 30 décembre 2014

On en parle #6

http://www.fibrillations.net/


lire un extrait & les mots de Jean Marc Undriener sur mon recueil Je te vois,
mais surtout découvrir son écriture et son travail dans les différentes rubriques
de son site Fibrillations, telles notes et notules textes en vrac etc.

"bouche pas une bouche
une ride d'expression même pas              juste
une fente mal ouverte par l'habitude des mots

et des mots

on en a de moins en moins
pour habiter moins cette
bouche pas bouche

la tête quitte son lit retombe
dans la nuit     dans l'autre nuit
la nuit encore

plus dense plus ferme

referme le drap sur la tête serrée
la bouche serrée les yeux serrés
le tout serré sur l'envie qui se rétracte"



_ligne, Jean-Marc Undriener, Editions Potentille, 2013

lundi 8 décembre 2014

L'été dégueulasse avance doucement vers l'hiver
il pleut sur nos joues, dans nos mains
des traces grasses, des nouvelles sales
l'encre des journaux coule
des corps sans vie s'écroulent
s'entassent
une peau chasse l'autre

il pleut
on regarde le ciel
on guette un rai violet
un truc qui permettrait
de faire le plein
recharger nos accus

derrière la vitre
un jour qui tombe

on sait que cette année encore
rien ne bouleversera la fuite des saisons
à la fenêtre on fume, on espère les cigales
on fait semblant

on n'entend rien en fait que le tir des roquettes
le bruit sourd de campagne à la télévision

lundi 1 décembre 2014

(c) Sandra Villeneuve

écrire - Antoine Emaz

"J'ai toujours vécu sur un mode d'écrire où le poème s'imposait ; il pouvait être bon ou nul, l'affaire était de peu d'importance puisqu'il était en nombre. Il suffisait de trier ensuite. Mais là, c'est autre chose, de l'ordre d'une perte de désir ? La vie va, se poursuit à la fois mécanique et cahotante, répétitive et surprenante, mais pas de quoi bouger la main. Etrange. Au début, j'ai vu cela comme un repos nécessaire, je commence à me demander s'il n'y a pas cessation. Et cela ne me fait rien, comme mort, tranquille. Rien ne s'ajoute, c'est donc qu'il n'y a rien à ajouter.
Bizarre période, que je n'ai pas du tout vue venir ; je ne ressens ni déception, ni peine : c'est. Comme entrer dans un ennui lent. [...] Je me sens parfois comme lisant le texte d'un autre, presque. Ne pas considérer forcément les suicides d'écrivains comme des drames ; c'est aussi une façon d'en finir avec ce qui est déjà fini, clore ce silence quand décidément, il n'y a plus rien à ajouter."

Antoine Emaz, Cuisine, p.155, Publie Papier, 2012

vendredi 28 novembre 2014

jeudi 27 novembre 2014

"8.
Au huitième temps, quelqu'un dit : Il est temps que nous sachions ! Il dessine un visage. A bas la peau ! lui fait-on. Il dessine une main. Assez de mort ! lui crie-t-on. On le tue pour arrêter ça. Puis l'un des tueurs fend le corps en deux, et l'on voit se répandre des choses : deux éponges, une boîte à sang, une poche, des formes sans nom. Et sur la paroi de ces choses rampent de longs filaments, les uns blancs, les autres rouges. Nous ne sommes pas qu'une enveloppe ! chante la foule enflammée."

Les états du corps, Bernard Noël, Ed. Fata Morgana, 1999

lundi 17 novembre 2014

(c) Laure Forêt

boyaux - Anna Jouy

"Je rentre chez moi, femme tiède.
J’aimais quand c’était la brûlure, un toit de soif au soleil.
Chez moi, maison cautérisée, chez moi abri qui boîte, qui cartonne, qui sardine.
J’aimais que glissent les quatre horizons, le stade des épreuves de largesse.
Je rentre chez moi, chambre sans vue où l’on tond la parole avant l’hiver, l’on mutile le parquet pour une cage de neige.
Pourtant on a craqué sur les foins qui dansent.
Chez moi, compagnie nettoyée du silence, curée de fosses et de fesses. Ventre empaqueté des départs, envol étiqueté boulet définitif.
J’aimais cela devait suffire.
Je rentre chez moi coupée, débourrée, découillée sinistre.Semences jetées dans de stériles étoffes de gaz et d’aperçus. Hoquets de peine et fracas sur des papiers perdus.
Je songeais mettre au monde les phylactères du plaisir.
Chez moi, rasée comme un osier de saule, tête en moignons de prières. Le ciel court et près du crâne.
tu regardais prier les fûts et ma forêt
Je rentre
Chez moi, l’asile, la nuit. Chez moi, l’invertueuse obscurité.
Le couloir."

Anna Jouy, poème extrait de son site Mots sous l'aube
(c) Barbara Cole

mardi 11 novembre 2014

Exposition de Bruno Legeai à Ombres Blanches (Toulouse) - du 1er au 22 novembre

(c) Bruno Legeai
"La poésie a tout
La poésie dit tout y compris ce qu’elle ne dit pas

La poésie dévoile l’invisible
qu’il soit racines ou plus profond
ou quelqu’ ailleurs ou quelqu’autrement

La poésie ajoute aux mots leur silence
La poésie donne au silence une voix

La poésie révèle nos ombres
La poésie révèle nos clartés

La poésie se passe très bien d’images"





mercredi 5 novembre 2014

jeudi 23 octobre 2014

Microbe, Traction & compagnie

Microbe 86-nov-déc.2014Le 86e numéro du Microbe de novembre/décembre 2014 est paru ! Il a été concocté par Thierry Roquet.
 Au sommaire :
Éric Allard
Hélène Dassavray
François-Xavier Farine
Cathy Garcia
Cécile Glasman
Perrin Langda
La Nouille Martienne

Fabrice Marzuolo
Murièle Modély
Patrick Palaquer
Jany Pineau
Jean-Philippe Querton
Thierry Radière
Mark SaFranko
Marlène Tissot

Illustrations : Francesco Pittau

Pour s'abonner
à cette revue, c
ontactez Eric Dejaeger :
ericdejaeger@yahoo.fr  Ed. Microbe - Launoy, 4 - B-6230 Pont-à-Celles - BELGIQUE


****

Après X & friends autour d'auteurs anglophones, Walter Ruhlmann récidive avec des poètes francophones dans une nouvelle série intitulée X & compagnie : le principe est le même, un auteur à l'honneur qui invite dans le numéro lui étant consacré d'autres auteurs. Stéphane Bernard inaugure la série de publications : Stéphane Bernard & compagnie. Il invite  Julien Boutonnier, Fabrice Farre, Jean-Marc Undriener et moi même (ne suis pas peu fière de l'invitation, Stéphane Bernard et Jean Marc Undriener sont deux auteurs dont j'aime beaucoup l'écriture -je fréquente régulièrement leurs blog et site :)
 


En savoir plus, sur le blog de Walter Ruhlmann  (à noter la parution chez mgversion2>datura d'un excellent recueil de Cédric Bernard)

 ****

Parution également du numéro 59 de Traction Brabant, la revue de Patrice Maltaverne 
Au sommaire de la revue
Fabrice Marzuolo
Michel Bonneau
Murièle Modély
Stéphanie Beijan
Murièle Camac 
Jean Marc Couve
Jacques Cauda
Morgan Riet
Olivier Millot
Kelig Nicolas
Benjamin Hopin
Alain Sagault etc. 

Extrait de la revue : un poème de Fabrice Marzuolo 

"Le coucou des poètes

J'ouvre la revue
de poésie
et chaque poète
surgit sur la page
comme un coucou
devant son horloge
j'écoute le chant du coucou
et je tourne
la page un autre coucou 
se lance
que j'écoute

avec les poètes
les heures 
font cou
cou
en passant"


c'est ainsi que ça se passe n'est-ce pas ? :)

lundi 20 octobre 2014

"Il est dit que je dois creuser le trou indéfiniment
je mets le doigt dans la gelée, ma tête a des allures de fruit
rouge
safrané
d’un beau bleu électrique
j’ai longtemps infusé au large de l’Afrique
il reste dans la boîte, sur mes épaules
des odeurs, des saveurs
la bouche ouverte, l’île
au fond du récipient sous les pelures
la coulure des pigments et le noir basaltique [...]"

 La suite à lire


Terre à ciel accueille aujourd'hui une suite de mes poèmes
Vous pourrez y lire également dans la rubrique Un ange à notre table, des poèmes de Stéphane Bernard, Stéphane Poirier, Christophe Jubien, et Jacques Estager


samedi 18 octobre 2014

mercredi 15 octobre 2014

(c) Andrew Gallo

Je te vois (extrait)

"je me demande si cette effloraison iodée vient de l'odeur de poisson que tu as laissé sur mes doigts ce matin en partant
                        si je continuerai pendant que mon chef à tête de congre impose de son sourire liquide
                        une ultime impossible mission
                                                    à humer dans l'air décomposé de l'ôpeinespasme
                                                    ton jus de mer"

lundi 13 octobre 2014

vendredi 10 octobre 2014

mer

il y a tous ces territoires vierges que la mer dissimule
quelque part dans les caves oblongues inaccessibles sous nos poitrines
suis-je
es-tu
un des ces découvreurs de pays inconnus en dérive sur la planète
quelle côte arrêtera le flux qui s'emballe et mélange tous nos gamètes 
je pose un peu
l'aiguille avance
je m'interroge
je coule, tu toques
qui de nous deux s'adosse à la paroi de la grotte 
contre nos talons, le magenta s'épaissit
ma robe devient de pourpre
la marée monte, descend
contre mes cuisses je sens
le tissu s'alourdir
l'algue de nos ourlets nous tirer vers le fond
(c) Erin Cone

dimanche 5 octobre 2014

Actus

- Les 11 & 12 octobre : je serai présente au salon Les Gourmets de Lettres à l'hôtel d'Assezat à Toulouse (31). Si vous êtes par là passez me voir prendre un ou deux vers (à défaut de verres ;)



samedi 4 octobre 2014

On en parle #5

Cécile Guivarch fait des retours de ses dernières lectures sur le site Terre à ciel, pour Je te vois , elle écrit ceci :
"...une réflexion sur le couple mais aussi sur le monde. Le couple comme « compréhension du monde », la place qu’on y occupe et ce que nous y apportons. Langage des corps, dans le silence ou dans le bruit, dans le noir ou dans la lumière qui s’entremêle au langage du monde. « L’histoire la même » qui se répète chaque jour, en même temps que les corps et les mots..."

la suite

vendredi 3 octobre 2014

On en parle #4

Murièle Camac a lu Je te vois, et en parle sur son blog. Vous pouvez lire cette note, mais aussi ses poèmes, ses articles sur la poésie ou l'art sur son blog Les portes de la perception. Merci à elle.

Pour le post sur mon recueil, cliquer sur l'image
http://murielecamac.blogspot.fr/2014/10/note-de-lecture-je-te-vois-de-muriele.html

mardi 9 septembre 2014

la journée commence par une énième
plainte complainte encore dis tu
encore un dégueulis de mots
bien sentis
qu'on te glisse dans le crâne le genre de mots
à classer ramasser ressasser
que tu sortiras bien sage l'un après l'autre
sur le plateau de verre entre le paquet de mouchoir
et ton dossier qui bée près des ordonnances vierges



la journée se répète dans le bureau du chef
surchef ton super superchef
pour l'activité perles t'enfiles
enfile des mots des phrases toutes faites toutes prêtes
que tu colles dans le vermot ver mot verre mot à boire
à boire dis tu le souffle coupé par l'ordre du jour
déroulé
le large mouvement de poing
big bang au milieu du plexus



puis ça s'arrête
net
p'us de souffle p'us de langue p'us de gorge
te voilà toute retournée à l'intérieur
le derme à l'air
tu crèves la lettre ouverte sur le papier tue mouche

vendredi 29 août 2014

(c) Christian Rex van Minnen

tableau

un coude, qu'on aperçoit par le trou d'un chandail jaune, se soulève de la table, se repose violemment. la main épaisse au bout fait une ombre au dessus de l'assiette, cogne un verre ébréché, interrompt le vol d'une mouche, l'accule sur la peau du melon. l'insecte, dérangé à nouveau  par les miettes de pain projetées lors de la découpe, reprend sa boucle, bourdonne. la main, encore elle, pose une tranche à droite d'une autre main, frêle et blanche, comme un éclat de porcelaine au bord de la scène. la table est carrée, une poêle trône à égale distance des quatre mains posées de chaque côté des assiettes. laquelle des quatre osera franchir la ligne, trancher l'odeur de viande trop cuite qui dérive et retombe en particules grasses sur la nappe à carreaux. aux angles, le silence. seuls un ou deux bruits s'invitent, un crépitement d'huile, des grincements de dents dont on ignore la bouche. le tableau est étroit, ils en débordent.

jeudi 28 août 2014

(c) Christian Rex van Minnen

nature morte

au milieu de l'assiette un fruit et un légume gisent ratatinés
sur la droite une feuille blanche grouille de pattes de mouche
sur la gauche une main sèche brune finit de momifier
le tout s'alanguit dans un cadre doré au milieu d'un mur
qui tombe par plaques dans un musée obscur


mercredi 27 août 2014

mardi 26 août 2014

fruit

je veux être
le duvet sur le fruit oublié derrière la poubelle
dans l'évier le carré de peau flétri rabougri couvert de poils
le presque rien accroché au métal

     là
         la moisissure
puis le hoquet
quand la main passe sur la peau  qui refuse insiste veut
sous les doigts s'évanouit pourrit renaît
velours vert multiplié


Série Sphère © Ganaëlle Maury

légume

je veux être
quelque chose
un
quelque chose
inerte et
organique
pas de tête
pas d'idées
pas de poésie
pas de fille qui
écrit fragmente
retour à la ligne
la poésie
la fille
comparaison
pas de raison
veut être
inerte comme
un oignon
ça pue
ça pique
ça a un cœur
ça contamine
ça confit le mot
inerte et organique





Séquence photographique (c) Duane Michals

lundi 25 août 2014

charogne #4




Reçu ce jour le n°4 de Charogne, tout beau, tout chaud, vous pouvez le commandez , dans ce numéro, vous pourrez lire aussi Yve Bressande,Mike Kasprzak, Timothée Mathelin, Pascal Pratz, Guillaume Siaudeau, Marlène Tissot, Laura Vazquez,  Thomas Vinau

On en parle #3

Cathy Garcia a lu Je te vois (éditions du Cygne, 2014), et en parle sur son blog 
Et je l'en remercie.


http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2014/10/02/je-te-vois-de-muriele-modely-5459910.html

On en parle #2

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=355851874581158&set=a.138609159638765.32544.100004690445820&type=1&viewas=100000686899395

     Merci à Cédric Bernard (Les Mots des marées) pour ce retour

Les doigts qui puent - Grégoire Damon

"j'aimerais écrire un poème sur les chevaux
un long poème
lyrique
rythmé
avec des consonnes plein les galops et le cliquetis des armes
avec des jeux de lumière sur l'écume au licol
des dents énormes
des croupes moirées
et des odeurs de foin
j'aimerais écrire un poème comme un hennissement
comme un souffle
comme on se cabre
comme on s'ébroue
le problème c'est que les chevaux ne sont
pas ce meuble altier qui vous effraie les Sarrazins en moins de deux
les chevaux s'en foutent de l'épopée
leur truc ce serait plutôt de vous croquer une phalange à l'heure de la pâtée piétiner le crâne quand vous ronflez bourrés
balancer leur queue dans les essaims de guêpes
(du moins pour l'expérience que j'en ai)
d'ailleurs
ceux qui aiment les chevaux
comme ceux qui aiment les chiens
comme ceux qui s'aiment eux-même à en glousser seuls sous les draps
doivent accepter de vivre avec les doigts qui puent
et ça
vraiment
c'est au-dessus de mes forces"

dimanche 24 août 2014

neige

Putain, ça fait peur !

ça se plante d'un coup
comme un poignard
(long, très long, et effilé)
que quelqu'un t'enfoncerait
d'un coup d'un seul
de la gorge au derrière
en passant par ton cœur

ça te plante d'un coup
cette prise de conscience
(immédiate et très claire)
d'être debout la tête en bas
solidement retenue sur la terre
par le big aimant
sous tes pieds
là là très très au fond
sous les couches
et les couches
de sédiments

toi plantée comme
une punaise
sur la boule qui tourne
parce qu'il faut bien tourner
et tout autour
un peu au-dessus
(en fait c'est en-dessous)
le vide
incommensurable
que tu caresses
la tête en bas
de la pointe de tes cheveux

jeudi 21 août 2014

tiens !
prends un fil et une aiguille
recouds tes lèvres à points serrés
reprise nous un sourire
bien large
le mouvement du coude doit être ample et léger
pique, tire, étire
crochète jusqu'en haut de la pommette
la joie des commissures
couds, couture
brode tes éphélides
hein, que le tableau est joli quand tu t'appliques un peu !

/

sois sage !
- sage
sage
sage
je le répète
doucement
trois fois dans ma tête
- sage
sage
sage
je bouge mes lèvres
muette contre la serviette
trois fois dans ma tête
jusqu'à ce que
ma bouche
- sage
jusqu'à ce que
ma bouche
sourit


/

je t'écoute attentivement, maman
je brode en rouge d'une traite
le poing d’exclamation

et nous voilà toutes deux
pleinement satisfaites
sourire et mot

lundi 18 août 2014

"Écoute-moi
J'ai quitté mon pays
Ma raison
J'ai quitté mon enfance
J'ai fait le voyage du fleuve
Avec
Les singes hurleurs à face d'homme
Les grands arbres abattus
Les cris de la forêt
Les cris de la nuit
J'ai eu ma prairie
J'ai bâti ma maison
Le moment était vierge
A l'heure blanche
Avec mon cheval rétif
Ma volaille périssable
Mon enclos branlant
Mes souvenirs ardents
Blessés
Le bonheur m'a suivi
Comme un chien à trois pattes
J'ai eu mon bonheur pour rien
J'ai eu mon voyage
Tout homme est un voyage
[...]"

Jours de rumeur, Jacques Bloy, Tarabuste, 1998

dimanche 17 août 2014

samedi 16 août 2014

"Je rêve d’une mort subtile, d’une mort camouflée, que le sursaut des masques travestisse en extase ou en rire.
Je rêve d’une mort qui s’ignore, innocente et sournoise, du couteau au détour des ruelles, de la balle perdue qui me préserve jusqu’au bout de l’horreur du choix.
Je rêve d’une mort anonyme, effacée, opaque à force d’ourdir ses raisons, ou n’en ayant pas, qui, ne justifiant et n’achevant rien, sauverait le secret qui n’existe même pas hors d’elle…
Quelquefois, l’on se souvient, ou l’on rêve : de l’adolescence savante, de celui qui au sortir d’elle, revenu de tout, faisant déjà corps avec sa dépouille, traverse seul la trouée vers la promesse des bateaux. [...]"

extrait de "JE ME SOUVIENS…(XVII): Rhapsody in black (1971)", Les Confins, André Rougier, 2014



"Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne
prendre nos mesures. Cette visite
s'oublie et la vie continue. Mais le costume
   se coud à notre insu."

extrait de "Sombres cartes postales", dans Baltiques, Tomas Tranströmer, Poésie / Gallimard, 2011 

vendredi 15 août 2014

On en parle #1

Un article sur Je te vois par Patrice Maltaverne
sur Poésie Chronique ta malle, son blog de
libres chroniques poétiques
Pour le lire cliquer sur l'image ci-dessous

http://poesiechroniquetamalle.centerblog.net/97--je-le-vois-de-muriele-modely

(c) Alessandra Sanguinetti
tu
marches la nuit
le vide en son étreinte
baise tes paumes

l’abysse le soir
dans le lit dans le noir
n’effraie
aucune môme

tu mens
la nuit tu mens
dans l’oreiller tu feules
tes cris de chat

tu fais semblant
seize ou vingt ans
tu mens
après c’est le vieil âge

tu répètes à l’envi
cette incroyable phrase
l’histoire la même
toi collée aux barreaux
son corps embrasé chaud

enflamme la proie
le fauve sur le point
la tension qui distend
le temps

au fond de ta gorge
la gousse le grain d’ail
une épice entêtante
amère

sur le point de bondir
le désir sous tes ongles
sous la langue déjà
fermente



lire les poèmes précédents p. 61-70 dans le n°20 de la revue numérique Paysages écrits

Parution de "Je te vois", éditions du Cygne, 2014

Un extrait sur Poésiemuzik de Christophe Bregaint

Sanda Voïca en parle dans la revue Paysages écrits, voir là 

Lecture d'un extrait sur soundcloud

Jacques Morin en parle dans la revue Décharge n°165, voir

Jean-Marc Undriener en parle sur son site Fibrillations 

Cécile Guivarch en parle sur le site Terre à ciel ici 

Murièle Camac a rédigé une note de lecture sur son blog Les portes de la perception

Patrice Maltaverne en parle sur Poésie Chronique ta malle

Cédric Bernard en parle sur facebook 
 
Vous pouvez lire des extraits du recueil sur la revue numérique Ce qui reste

Cathy Garcia a rédigé un article publié sur différents sites (Délits de poésie, son blog ; Traversées ; La cause littéraire




*

http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-je-te-vois.html

"la peur comme un serpent m’attache au lit
la fenêtre est ouverte j’entends le soleil
j’entends traîner les corps dans la rue
crépiter toutes les mues sous le ciel
j’entends le bruit et le silence aussi
le vide dans l’échancrure des tissus
des femmes mettent les voiles
d’autres les ôtent
à l’intérieur j’enfile ma peau
je sue l’encre ma peur dans les draps chauds
[...]"





mercredi 13 août 2014

L'Autobus n°20 - Les vaincus


Le n°20 de L'Autobus, revue dirigée par Fabrice Marzuolo sort en septembre
et j'en suis en compagnie de :

Basile ROUCHIN
Patricia PAUL
Jacques LUCCHESI
Alexandra BOUGE
Line SZOLLOZI
Frédéric VITIELLO

Pour la petite histoire, voilà ce que dit Fabrice de la revue, sur le blog de ladite :

On peut en savoir plus en s'adressant directement à  Fabrice Marzuolo, le conducteur du bus :
fabrice.marzuolo@wanadoo.fr

dimanche 10 août 2014

 (c)Tiina Kivinen

ta main passe
cela fait mal, oui cela fait mal
le rideau de larmes
mais rien n'est
"ni tout noir, ni tout blanc"
dis tu, ton poing évitant mon épaule
derrière, il y a le soleil
qui se reflète dans les quatre crevasses
que mes phalanges ont creusé dans le plâtre en tapant
comment en est-on arrivé là ?
quel autre que toi déchirera ma toile
qui d'autre que moi fera dans ton ciel
d'orage
le jour en pleine nuit

*

il n'y a pas de plus gentil garçon que toi
je le sais, je m'ennuie
je prends des mots, fantasme, revis
un vieux souvenir enfoui
dans la chrysalide
je ne suis pas un papillon
j'arrache avec application toutes les ailes accrochées au plafond

*

"tu es bizarre"
c'est ce que tu as dit la première fois
mes petites torsions larvaires te plaisaient bien alors
car j'étais seule, rien ne pesait
il y avait ce trou pendu un peu plus haut
mais j'y mettais ma bouche, sifflais

*

il y a toujours le trou
il attend sagement sous nos pieds
une nouvelle puis une autre
nous pousse
une peur
une angoisse
ombilicale
ou métaphysique
ou terre à terre
qu'importe
manie la pelle avec agilité
ou constance
ou complaisance
"tu es chiante"
c'est ce que tu dis maintenant
je m'interroge sur la commutativité des adjectifs à quelques années près


samedi 9 août 2014

© Dan Voinea, in absentia, 2012

je ne peux pas vivre dans une ville sans fleuve... n'insiste pas... la campagne ne m'a jamais fait pas rêver... je sais qu'un cours d'eau traverse la plupart des villes... mais moi, je veux un fleuve... pas une rivière, ni un ruisseau... un fleuve... des trombes d'eau, quoi... oui, mais pas l'océan... comment ça, c'est bizarre... tu veux savoir pourquoi... tu veux savoir pourquoi... ça me fait penser à... j'ai l'impression de ... en fait, je retrouve... le bruit sourd de pleurs derrière la porte... le flux, le reflux des larmes... la nuit... dans mon lit... l'écrasement continu des vagues contre les rochers... dans la pièce à côté... le corps qui tombe... l'écoulement de l'eau me rappelle... les odeurs de l'enfance...  le sel... à fleur... la peau... les yeux qui piquent... les hurlements dans l'oreille... les deux coquillages muets, alignés sur l'étagère près du poste de télévision... le sable qui tourbillonne en glougloutant dans la baignoire... au retour de la plage... les marques du maillot sur les fesses, les seins...  enfin le torse... il n'y avait pas de seins... des traces... des bouts d'images... de mots... sous la giclée d'eau... je veux vivre dans une ville près d'un fleuve... rien de plus... rien de moins... nous ne bougerons pas.

mercredi 6 août 2014

(c) Stefan Zsaitsits, Variations, 2012

le corps
est un rempart
contre

la peur, l'angoisse, la colère, la rage, les trucs abstraits qui stressent, oppressent, je ne les comprends pas,       la faim, les catastrophes, les guerres, dans le monde, nucléaires, fratricides, les démocides, les génocides, les filicides, les homicides, les larvicides, le sui-suicide,      de vers,        le désordre, l'énumération, la décompensation, la sur-saturation,          et puis aussi, là, tout de suite, le chef, les chefs, les petits chefs, j'opine du chef, je chefopine,    à peine

flap   flap   flap  
le mètre carré de peau dérive
sous le flot

Isabelle, Biarritz, 1995 © Claude Nori

mardi 5 août 2014

Ce qui reste - Vincent Motard- Avargues

Ce qui reste est la nouvelle revue numérique lancée par Vincent Motard-Avargues,  il y a quelques jours.
Le credo :
- un jour, un poète (on tient le rythme jusqu'à présent)
- cinq poèmes maximum par poète
pas de fioriture, le poème avant tout quoi... voilà, ce qui reste, quand tout se dilue dans le blanc de la page.

Vous pouvez découvrir le site et en cliquant sur la bannière ci-dessous

http://www.cequireste.fr/






Ma participation du jour est ici ; pour participer, c'est par

lundi 4 août 2014

(c) Gilbert Pinna, le blog photographique







à noter le hashtag du post : #Le petit cirque
(j'aurais voulu le faire exprès... :)

dimanche 3 août 2014

voilà j'ai  quitté le cirque virtuel, pouce levé, twitter, tagger, cliquer (je tournais en rond dans l'arène)
pour un relatif anonymat.

je cherche à retrouver l'espace du début, la respiration nécessaire pour essayer, me tromper, corriger, faire, refaire, et qui sait peut-être accepter de me taire.

je poste (voilà un verbe dont je ne me défais pas) pour un hypothétique lecteur qui ne me lirait pas. cela me laisse la possibilité de me mettre à nu, de me montrer telle que je suis : hésitante dans l'écrit et la pensée.
bah, qui me voit ?

*

l'oeil bande y paraît. écrire ces derniers temps s'apparente à une stérile masturbation
bah, et alors ?

*

comme au début, je lis des blogs et des blogs. est-ce que tout s'accumule pour une productive sédimentation ?
bah, fort heureusement des cris stridents me rappellent à la vraie vie (vers midi et vingt heures exactement)
(c) Bernard Plossu

"Elle n’est pas triste cette histoire. Ce n’est plus une histoire. A peine un acte. Celui de marcher et de rester planté là, à penser et repenser à ce temps où c’était une histoire."
Une main est aussi un poing, Stéphane Bernard

hier soir, juste avant le sommeil, dans ce moment fugace où parfois un poème surgit dans toute sa force et son unicité, à peine entraperçu aussi vite disparu, hier soir quelques mots (vers - ma tête est une pomme) ont passé très vite de l’œil à l'oreille.
ce poème n'est déjà plus (il n'a jamais vraiment été), mais je sais qu'il était question du mot qui manque, pour dire, comprendre quelque chose d'essentiel, alors que peut-être au fond ma langue ne veut que faire.

tout cela au réveil me paraît étrange, plus le temps passe plus j'ignore d'où viennent mes poèmes, ce qu'ils veulent dire. le poème d'hier soir évidemment m'échappe, mais en lisant les mots de Stéphane Bernard, je songe à l'acte à la place de l'histoire (j'utilise un autre déterminant, et cela change tout n'est-ce pas ?). je repense aussi au post de Dominique Boudou : "La métaphore. Cette impuissance de la poésie. Enrobée." les mots des uns, des autres tissent des fils mystérieux, impriment mais n'éclairent rien du chemin incertain.

je me demande ce que veulent réellement dire, faire, les foisonnements d'images dans mes poèmes, quel trou au fond veulent-il combler ?

samedi 2 août 2014

dimanche 27 juillet 2014

/ɛ̃.pʁo.nɔ̃.sabl/

mrlmdl, c'est moi
sèche, rêche, dure
à couper au couteau

uieeoey, c'est aussi moi
plus ronde en bouche
à débiter en boucle


samedi 26 juillet 2014

(c) Francesca Woodman

fcbk

l'adresse électronique que vous avez saisie n'est associée à aucun compte
l'adresse que vous avez saisie n'est associée à aucun
l'adresse que vous avez n'est à aucun
l'adresse à aucun

*

ma disparition programmée sur un fameux réseau social prend effet
ma disparition sur un fameux réseau prend effet
ma disparition un effet
ma disparition prend

*

les compteurs des visites flirtent avec le zéro
les compteurs flirtent avec le zéro
les compteurs des visites flirtent
les compteurs zéro


Into my mouth i can keep it shut - Goldfrapp


post de vacance(s) #5 - Brigitte Giraud

"Je me demande où se trouve
vraiment la parole
possible.
Par moment
un bloc se détache,
fait un trou dans le jour.


Ca se voit."


Brigitte Giraud, Paradis bancal, 25 juillet 2014

jeudi 24 juillet 2014

tu dis
que la jouissance est un mot trop bref
pour mettre à jour la nappe phréatique
qui décante dans le creux de nos reins

la soif est bleue
immense
et j'affirme
que la langue peut nous forer, descendre
le long de de tes joues mal rasées jusqu'au fleuve

dans l'espace envasé que ma langue peut
de sa pointe plonger, atteindre dans un mot
plus court encore – désir
nos hauts-fonds dans la mer

mardi 22 juillet 2014




Le renversement se produit au fur et à mesure que le corps se dénude.
Mon cerveau cuit comme une peau de fruit,
                                                                     oubliée sur le rebord de la fenêtre.

Chaque pore devient un trou où s'invente le monde.

La mer, le ciel, le soleil cessent
                                                d'être des mots.

Je me mue en charbon, dense de trop de chaud.

Sous l'arbre, dans la moiteur de l'après midi, mes dents mangent une pastèque.

Son jus fuchsia coule,
                                de ma bouche
                                                         jusqu'au pli de mes  coudes.
Son jus de soie coule
                                 et fait fondre la phrase,
                                                                      des mouches sur mes lèvres boivent.
C'est moi qui devient le mot d'eau.




post de vacance(s) #4 - Thibault Marthouret

"Les framboises

Je veux t'écrire sur les framboises des mots que
   personne ne lira.

T'écrire des mots sur les framboises comme si
  personne n'allait les lire.

Des framboises dans un récipient bleu, comme
  le silence.


Des mots creux, à remplir d'eau si tu veux
de larmes,
de bulles d'air.

Une caverne pourpre, rincée,
                     dont la mer vient de se retirer,
un cœur prêt à t'accueillir, encore."



En perte impure, Thibault Marthouret, Éditions Le Citron Gare, 2013
une chronique sur ce très beau recueil

lundi 21 juillet 2014

post de vacance(s) #3 - Mia Couto

« A Jésusalem, mon âme devenait légère, désossée, sœur des hérons. Tout cela je le dois à ton père, Silvestre Vitalicio. Je l’ai condamné pour vous avoir entraîné dans le désert. Pourtant, la vérité, c’est qu’il a instauré son propre territoire. Ntunzi dirait que Jésusalem se fondait sur une supercherie créée par un malade. Oui c’était un mensonge. Cependant puisque nous devons vivre dans le mensonge, que ce soit dans notre propre mensonge. Finalement le vieux Silvestre ne mentait pas tant que ça dans sa vision apocalyptique. Parce qu’il avait raison : le monde prend fin quand on n’est plus capable de l’aimer.
Et la folie n’est pas toujours une maladie. Parfois c’est un acte de courage. Ton père, cher Mwanito, a eu ce courage qui nous manque. Quand tout était perdu, il a tout recommencé à nouveau. Quand bien même ce tout ne représentait rien pour les autres. »

L'accordeur de silences, Mia Couto, Métaillié, 2013

dimanche 20 juillet 2014



Tanguer sur la route. Pédaler frénétique. Laisser l'équilibre fragile me déporter. Avaler des goulées de ciel, muscles contractés.
Écraser la mouche, au fond de l'estomac, dans la proximité des mots contraires : peur, bonheur
Se sentir vivante. Vacante enfin.

post de vacance(s) #2 - Rester debout...






















"mais au fond
tout au fond
rien ne passe
dépasse
chaque geste m’efface
Je suis
la page vierge
une tache fugace qui marque le lit blanc"

 Lecture Rester debout au milieu du trottoir - Toulouse, 5 juillet 2014