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Morning Star

C’est toujours un plaisir de retrouver Walt Longmire de Craig Johnson. Il enquête cette fois dans la réserve Cheyenne dans Morning Star.

Lolo Long, chef de la police de la réserve Cheyenne du Wyoming appelle Walt Longmire : Sa nièce Jaya Long, star de l’équipe de basket du lycée de la réserve, reçoit depuis quelques jours des menaces de mort. Certes Jaya a un caractère de cochon, mais comme sa sœur Jeannie a disparu un an auparavant, la chef ne veut pas prendre de risque.

Aidé de son ami Standing Bear et du Chien, Walt va tenter de comprendre ce qu’il se passe autour de la famille de la jeune fille. Et mettre les pieds dans un sacré pétrin.

Craig Johnson n’est certainement pas un auteur qui a, ou va, révolutionner le roman noir, ou la littérature, mais c’est un sacré conteur. Et c’est vérifié une fois de plus. Impossible de lâcher le roman. Je l’ai lu en moins de deux jours en grappillant ici et là toutes les minutes de lecture que j’ai pu voler.

Comme évoqué dans une autre chronique, c’est l’effet pistache à l’apéro. Je finissais un chapitre et je me disais, allez, juste un dernier … jusqu’à la fin du dernier qui du coup devenait l’avant-dernier etc … Vous voyez ? C’est pas terrible pour avoir une bonne nuit de sommeil.

Cette fois, l’auteur a particulièrement bien réussi sa recette : une forte présence de Henry Standing Bear, un personnage qu’il est si facile d’adorer ; quelques personnages secondaires très réussis, comme Jaya Long et sa tante ; ce qu’il faut d’épices fantastiques ; une bonne louche d’histoire des Cheyennes ; et la dernière touche, pour relever le tout légèrement, la présence en fin de volume de Vic. Laissez mijoter à feu doux, puis montez le feu en fin de roman et servez chaud.

Bref un vrai régal, avec une fin ouverte qui introduit déjà le prochain volume.

Craig Johnson / Morning Star (Daughter of the Morning Star, 2021), Gallmeister (2025), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Le dernier combat

Après un petit coup de mou il faut revenir aux fondamentaux, aux classiques. C’est ce que j’ai fait avec Le dernier combat de Craig Johnson.

Charley Lee Stillwater meurt dans la maison de retraite des vétérans du comté de notre ami le shérif Walt Longmire. Surprise, dans sa chambre on trouve une boite à chaussures avec environ un million de dollars. Et une toile étrange, qui pourrait être une étude pour un tableau que tous les américains de l’ouest connaissent : la dernière bataille de Custer. Or ce tableau a été détruit en 1946 dans un incendie.

Parce qu’il n’a pas grand-chose de mieux à faire, et pour changer les idées noires qu’il continue à avoir depuis son périple au Mexique, Walt, secondé par Vic, commence une enquête qui va se révéler étonnante.

Ca fait du bien de retrouver Walt, Vic et Henry. On a l’impression de retrouver des copains. Les dialogues claquent, les répliques fusent, que du bonheur. L’occasion pour l’auteur pour revenir sur la façon dont l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, avec juste une petite remarque : Tout le monde « sait » qu’il n’y a eu aucun survivant à la bataille de Little Big Horn qui a coûté la vie à Custer, mais tout le monde se trompe, il y a eu beaucoup de survivants, tous indiens … Mais ceux-là ne comptent pas. C’est au travers de remarques comme celle-là, mais également par la bouche de Henry Standing Bear qu’une autre vision des choses nous parvient dans ce roman.

Pas de leçons, pas de discours, juste une histoire bien racontée avec des personnages que l’on ne voudrait jamais quitter. Que demander de plus ?

Craig Johnson / Le dernier combat, (Next to last stand, 2020), Gallmeister (2024), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Le pays des loups

Le nouveau Craig Johnson était sorti depuis quelque temps, mais je viens juste de mettre la main dessus : Le pays des loups.

Sans révéler ce qu’il se passe dans les deux derniers volumes de la série, sachez que Walt Longmire est revenu assez abimé du Mexique, et qu’il a du mal à reprendre une vie normale et même son boulot de shérif. Mais il peut compter sur l’appui de sa troupe, Vic bien entendu, mais également Ruby à la réception et le basque de l’équipe : Sancho Sairzarbitoria.

Et il va bien avoir besoin de son aide quand on découvre dans la montagne un mouton, peut-être tué par un loup, et le cadavre pendu d’un berger d’origine chilienne qui travaillait pour les gros propriétaires du coin, la famille Extepare. Pour compliquer sa tâche, la présence d’un loup dans le Wyoming dont ils avaient disparu va rameuter sur place une nuée de spécialistes autoproclamés, complotistes, youtubeurs … Enfin tout ce qu’il aime.

On n’est toujours pas revenu au niveau des meilleurs romans de la série Walt Longmire, mais on s’en rapproche après un épisode particulièrement sanglant. On retrouve l’humour, le regard décalé d’un shérif qui découvre les joies et les horreurs d’internet avec sa collection de tarés, mais aussi le mail qui lui permet de recevoir des photos de sa fille et de sa petite-fille. Henry Standing Bear est peu présent, c’est dommage, mais les paysages à la fois magnifiques et intimidants sont de retour. Alors je souhaite un rétablissement prompt et entier à Walt, et j’attends le prochain.

Craig Johnson / Le pays des loups, (Land of wolves, 2019), Gallmeister (2023) traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Western Star

Comme tous les ans, voici le nouveau Walt Longmire. Le dernier roman de Craig Johnson, Western Star nous ramène à la jeunesse de son héros.

Comme tous les quatre ans Walt va à Cheyenne pour s’assurer qu’un multi meurtrier, qu’il a arrêté à ses débuts va bien rester en prison à vie. Il en profite pour loger chez sa fille et s’occuper de sa petite fille. Mais cette année les choses semblent parties pour se passer autrement, une sourde menace plane sur la famille.

Des événements sombres qui ramènent Walt 40 ans en arrière, quand il revenait à peine de Vietnam et avait été embauché comme adjoint du légendaire Lucian Connally. Des événements ayant eu comme théâtre le voyage annuel des shérifs du Wyoming à bord du Western Star, dernier train à vapeur encore en service.

Attention, voilà un épisode particulièrement sombre, moins drôle que la plupart des précédents, malgré la présence de Vic et d’Henry Standing Bear.

Craig Johnson a trouvé une manière élégante et naturelle de raconter la jeunesse de son héros, son retour du Vietnam, sa rencontre avec Lucian. Il s’amuse en parallèle à rendre hommage au Crime de l’orient Express, livre que lit le jeune Walt pendant qu’il doit élucider un meurtre commis dans un train à bord duquel il n’y a quasiment que des shérifs. Mais il le fait à sa façon, en n’oubliant pas la puissance de la nature, l’hiver, dans le Wyoming, et en remplaçant le thé par des litres de gnole.

Un excellent épisode, qui appelle une suite que l’on attend déjà avec beaucoup d’impatience.

Craig Johnson / Western Star, (The western star, 2017), Gallmeister (2021) traduit de l’anglais (USA) par Sohpie Aslanides.

Une évidence trompeuse

On est gâté (en littérature) en ce moment, après le nouveau Ricciardi, voilà le nouveau Longmire, le shérif de Craig Johnson dans Une évidence trompeuse.

Walt et Henry Standing Bear se retrouvent à Hulett, Wyoming, pour que l’Ours puisse participer à une course de moto. L’occasion pour la petite ville d’être envahie de milliers de motards, pas tous débonnaires. Le cauchemar des autorités de la ville.

Cela devrait être des vacances, mais l’Ours tombe sur Lola, une ex que l’on pourrait qualifier de toxique, qui leur demande de l’aide : son fils est dans le coma, suite à un accident de moto, un accident qui semble bien avoir été provoqué. Plus de vacances donc, d’autant plus que certains gangs de motards sont particulièrement remuant, voire sinistres.

Quand Vic Moretti, la Terreur, vient les rejoindre pour voir la course de l’Ours et participer à l’enquête, l’ambiance qui était devenue assez chaude tourne au bouillant.

400 pages de pur plaisir qui se lisent sourire aux lèvres. Craig Johnson maîtrise à merveille son sujet, joue avec les dialogues et les personnages, accentue à l’envie le côté hardboiled de la belle Vic, enfile les répliques qui claquent et les scènes d’action millimétrées.

Les personnages secondaires sont excellents, le trio Henry, Vic, le Chien est extraordinaire et vole la vedette à notre shérif préféré. Un vrai pied de lecture d’un bout à l’autre, le meilleur antidote à la situation lourde et sinistre que nous vivons. Un bouquin qui devrait être remboursé par la sécu, mieux que tous les antidépresseurs.

Craig Johnson / Une évidence trompeuse, (An obvious fact, 2016), Gallmeister (2020) traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Dry bones

On a attendu, il ne venait pas, mais il est enfin là. Dry Bones, le nouveau Craig Johnson.

JohnsonQui aurait pu imaginer que la découverte d’un magnifique spécimen de T-Rex, fossile bien entendu, dans les terres de Danny Lone Elk, comté d’Absaroka allait déchainer de telles passions ? FBI, procureur adjoint, média locaux et nationaux, réseaux sociaux, musées, paléontologues, Cheyennes plus ou moins traditionalistes … Tout ce beau monde va déferler sur le dos, heureusement solide, de Walt Longmire.

Qui va bien avoir besoin de l’aide de toute sa tribu alors qu’il doit, dans le même temps, aller chercher sa fille et sa toute nouvelle petite fille à l’aéroport.

On a attendu plus que d’habitude, et c’est un bon cru, avec tout ce qui fait que l’on aime les romans de la série. La nature très présente, parfois magnifique, parfois effrayante, la bande réunie, avec des dialogues toujours ciselés et l’humour de Craig Johnson. Plus une intrigue solide.

Ça c’est la base maintenant connue, et recherchée, par les fans de Walt Longmire. Sur cette base chaque épisode apporte quelques épices nouvelles. Ici cette histoire de paléontologie qui nous montre que même dans le monde de la recherche et des dinosaures, tout finit par être une question de gros sous. Faut-il y voir un hommage discret à son défunt ami Tony Hillerman, qui a lui aussi plusieurs fois mis en scène des fouilles et les rivalités parfois meurtrières qu’elles occasionnent ? Il faudra lui poser la question la prochaine fois qu’il viendra en France.

Ajoutez également un ombre bien sombre qui pourrait s’étendre sur Walt et sa bande, qui apporte une tension supplémentaire, et va entretenir l’inquiétude dans les épisodes à venir. Mais je n’en dis pas plus, à vous de découvrir de quoi il s’agit. A lire bien évidemment.

Craig Johnson / Dry Bones (Dry Bones, 2015), Gallmeister (2019), traduit du l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Canyons

Un polar en retard de cette année : Canyons de Samuel Western.

Western1970. Ward Fall, jeune homme de très très bonne famille a invité Gwen et Eric Lindsay, frère et sœur jumeaux, avec qui il fait des études à Berkley à venir chasser dans un ranch appartenant à sa famille. A la fin d’une matinée de chasse, par accident il tue Gwen.

25 ans plus tard, la famille de Ward a fait faillite, il s’est marié avec une jeune femme très religieuse et vit dans un ranch sommaire dans le Wyomong. Eric est un musicien surdoué. Il a gagné et dépensé des fortunes et survit maintenant à Los Angles grâce à ses royalties et à quelques sessions de studio.

Jusqu’au jour où les deux hommes se croisent, et Ward invite Eric dans son ranch, pour chasser le cerf. Rage de l’un, culpabilité de l’autre, un mélange dangereux au moment de se perdre dans les canyons du Wyoming.

Pas mal mais j’ai une restriction, et il m’est difficile d’en dire plus sans révéler un élément très important de l’intrigue. Je vais essayer quand même.

Toute la première partie est très bien, belle description de la nature, deux personnages intéressants, très différents l’un de l’autre et pourtant reliés par le drame initial. La tension monte vers une résolution très ouverte.

Et puis il y a le coup de théâtre, ou la résolution, aux deux tiers du livre, et pour moi la fin, si elle est toujours bien écrite, devient gentillette et convenue. Tout ce qui suit est prévisible et un poil moralisateur pour l’amateur de noir bien noir que je suis.

Mais le récit est suffisant bien mené pour qu’on ne s’ennuie pas, et cela plaira sans doute à ceux qui n’aime pas les romans trop sombres et sulfureux.

Samuel Western / Canyons (Canyons, 2015), Gallmeister (2019), traduit du l’anglais (USA) par Juliane Nivelt.

Walt, les bisons et le charbon

Le Craig Johnson du printemps est là. Il s’appelle Tout autre nom.

JohnsonL’hiver s’abat sur le Wyoming. Walt Longmire s’apprête à rentrer en hibernation quand son mentor, l’ancien shérif Lucian Connally lui demande de l’aide. Dans le comté voisin Gerald Holman, flic incorruptible, s’est suicidé sans laisser aucune explication. Le problème est qu’il s’est tiré deux balles dans la tête.

Sur place, Walt, Lucian et Vic Moretti qui est revenue de convalescence vont découvrir que lors de la dernière année trois femmes seules ont disparu dans le coin. Et que Gerald enquêtait sur ces disparitions. Une fois de plus Walt va se retrouver à patauger dans la neige, le vent et le brouillard.

Comment se renouveler dans la continuité ? Pour l’instant Craig Johnson a trouvé la manière.

Continuité des personnages bien entendu, que l’on retrouve avec un immense plaisir. Continuité dans la qualité des dialogues, toujours aussi mordants et drôles, surtout quand l’Ours ou Vic sont de la partie. Continuité du décor, avec une nature toujours présente, et ici une nature d’autant plus présente qu’en hiver elle devient rapidement mortelle. Continuité dans les visions de Walt qui, une fois de plus va risquer sa peau, se retrouver au bord du gouffre, et avoir les visions que ses lecteurs connaissent bien.

Et renouvellement parce que d’autres thèmes sont abordés, parce que, d’une façon ou d’une autre, le décor change quand même. Il est ici question de responsabilité, de culpabilité (mais je ne peux pas en dire plus sans dévoiler le fin mot de l’intrigue). Et surtout, notre shérif préféré va, dans l’espace de quelques jours, se trouver confronté à la nature la plus sauvage, ce qui va l’amener à essayer d’imiter le bison en colère (sans succès d’après Standing Bear) et être mis en danger par le symbole de l’Amérique industrielle dans ce qu’elle a de plus déshumanisé. Le tout au détour de deux scènes d’anthologie.

J’espère que vous n’avez rien compris mais que votre curiosité est piquée, et que vous allez vous précipiter sur ce nouveau Walt Longmire. Alors vous verrez que j’ai raison.

Craig Johnson / Tout autre nom (Any other name, 2014), Gallmeister (2018), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Putain, j’y crois pas !

J’ai un peu tardé, mais je respecte la tradition, une année de plus, avec le Craig Johnson de (fin de) printemps. Cette fois c’est : La dent du serpent.

JohnsonCela commence de façon assez étrange : Une vieille dame qui parle des anges qui logent chez elle et réparent tout ce qui ne marche pas, en échange d’un peu de nourriture qu’elle laisse à leur intention. Quand Walt va faire un tour avec la terreur, alias Vic, il trouve, dans le cabanon au fond du jardin, un ado d’une quinzaine d’années qui semble complètement coupé du monde. Il s’avère qu’il vient d’une communauté du comté voisin, une communauté qui ressemble à s’y tromper à une secte.

Et on pourrait s’arrêter là. Si les adeptes n’étaient pas aussi installés chez Walt, s’ils n’étaient pas lourdement armés, et s’ils ne disposaient pas de fonds dépassant de très loin ceux générés par les ventes de gâteaux qu’ils font au bord de la route …

Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas mon Walt Longmire préféré, mais, et là aussi sans vous mentir, il est hors de question que j’en rate un seul, tant c’est toujours aussi bon !

Je ne suis pas certain d’être complètement convaincu par l’intrigue, mais une fois de plus, je suis totalement emballé par l’humour, l’écriture, les dialogues, les personnages haut en couleur, les relations entre Walt et sa bande … Une fois de plus, c’est une plaisir immense de les retrouver, de rire, sourire, aimer, plaisanter, rager, castagner avec eux.

Une fois de plus c’est un plaisir immense de découvrir de nouveaux cinglés concoctés par Craig Johnson, de profiter des paysages du Wyoming. Et cette fois, son regard sur les différentes religions de cinglés qu’abrite l’ouest est un régal supplémentaire.

Et puis, un livre qui tout en ne cachant rien des saloperies de notre monde, peut donner un tout petit espoir dans ce que l’humanité a de meilleur, ce n’est pas à négliger en ces temps où les trois valeurs mises en avant sont le fric, le fric et le fric. A lire donc, sans faute.

Et pour comprendre le titre de ma chronique, il faut lire le bouquin …

Craig Johnson / La dent du serpent (A serpent’s tooth, 2013), Gallmeister (2017), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Notre shérif préféré

Tous les ans, on sait qu’il y a au moins deux bonnes nouvelles : Le nouveau roman de Camilleri et le nouveau roman de Craig Johnson : A vol d’oiseau.

couv rivireWalt Longmire se retrouve avec une mission très compliquée : organiser le mariage de sa fille. Pire, l’organiser avec son ami Henry Standing Bear dans la réserve Cheyenne … Alors qu’ils sont en repérage, ils sont témoins de la mort d’une jeune femme qui tombe du haut d’une falaise. Il s’avère qu’elle avait son fils de quelques mois dans les bras. Et que le suicide est fort improbable. Voici donc Walt embarqué dans une enquête sur un territoire où il n’a aucune autorité, en butte à l’hostilité de la nouvelle (et très en colère) chef de police de la réserve. Et le FBI qui leur débarque dans les pattes …

Tout cela risque de faire passer les préparatifs du mariage au second plan. Ce qui est une très mauvaise idée pour la paix familiale.

Quel plaisir de retrouver Walt, Henry et les autres. Craig Johnson une fois de plus nous régale en nous offrant ce qu’on cherche dans ses romans : retrouver des amis, sourire s’émouvoir, sentir les grands espaces, l’humanité et la noirceur. Il nous offre ce qu’on attend et en même temps arrive à se renouveler à chaque fois.

Ici, comme pour le premier roman de la série, nous sommes dans la réserve. Une bonne intrigue, de l’humour, la peinture de gens qui vivent (ou survivent) dans une pauvreté inimaginable, mais une peinture sans angélisme ni misérabilisme, capable de montrer la dignité, la rage, la lutte mais aussi le renoncement, l’abandon et la violence retournée contre les plus faibles.

Même si ce nouvel épisode ne se hisse pas au niveau du magistral Tous les démons sont ici, c’est encore et toujours un très bon roman que l’on referme déjà nostalgique et pressé de retrouver toute la bande. Décidément le temps n’a de prise ni sur Walt Longmire ni sur le talent de Craig Johnson.

Craig Johnson  / A vol d’oiseau (As a Crow flies, 2012), Gallmeister (2016), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.