J’avais laissé passé le premier roman de Vera Buck, Les enfants loups, je me rattrape avec sa sortie dans la collection de poche. Raté pour moi, complètement raté.
Quelque part dans ce que je suppose être les Alpes allemandes une communauté vit en marge du monde, dans le hameau de Jakobsleiter. Loin de tout, seulement reliés au plus proche village par un sentier et 700 mètres de dénivelé, pas d’électricité, ni d’eau … La jeune Rebekka, 16 ans, rêve d’ailleurs. Un jour elle disparaît et seul son ami Jesse semble s’en préoccuper.
Jusqu’à ce qu’une jeune stagiaire dans une télévision locale l’apprenne et fasse le lien avec la disparition de sa meilleure amie, 10 ans auparavant dans les mêmes montagnes.
J’ai lu de très bons avis sur ce roman, et j’en suis très surpris tant je l’ai trouvé mauvais, je ne vois pas d’autres mots. Pour moi rien ne tient la route ici.
Le plus rédhibitoire c’est que je n’ai pas cru un instant au point central du roman. Cette communauté ignorée de tous, en Europe, en pleine époque d’internet et des réseaux sociaux. Personne ne s’en échappe, et personne dans le village à côté pour en parler ??? Aujourd’hui ? Un secret qui dure pendant plus d’une génération de nos jours ? C’est une blague.
Ensuite roman enfile les clichés comme des perles : La communauté de ploucs paumés qu’on croirait sortis de Délivrance, la jeune femme qui recherche encore son amie disparue dix ans après, la gamine qui veut partir de son milieu, l’institutrice qui a subi un gros traumatisme, le fils machin qui veut attirer l’attention de son père etc … Ils sont tous traumatisés dans ce coin. Mais du traumatisme lourd, pas seulement celui de vivre dans un coin de merde, froid, obscur et paumé avec autour des montagnes même pas belles mais juste noires et dangereuses.
Mais ce n’est pas tout. Il y a un loup apprivoisé (qui bien entendu va sauver quelqu’un à un moment) ; un psychopathe caricatural, qui ne sait plus quoi inventer pour torturer ses victimes ; une journaliste qui découvre des années après un scoop que tout le monde avait laissé dormir sur une cassette, sans que l’autrice offre un début de commencement d’explication ; un hameau jamais cartographié ; une vallée, dans les Alpes où jamais personne n’a mis les pieds, aujourd’hui où on croise des randonneurs partout ; un prédicateur fou furieux que personne n’envoie chier dans sa caisse ; sans oublier tous les gamins du village qui régulièrement tabassent ceux d’en haut sans que personne, ni l’instit qui est pourtant très gentille, ni les parents ne disent quoi que ce soit. Ajoutez des révélations tirées par les cheveux, des invraisemblances à la chaine … et pour finir, toutes les « explications » qui tombent en un résumé de 2 pages à la fin.
On a l’impression d’un livre écrit par quelqu’un qui a acheté le livre « écrire un thriller en 10 leçons », et qui en plus ne savait pas comment le terminer. Bref vraiment très mauvais.
Vera Buck / Les enfants loups (Wolfskinder, 2023), Gallmeister/Totem (2025), traduit de l’allemand par Brice Germain.












