Un petit tour à Rome avec Giancarlo de Cataldo : La suédoise.
Les Tours, un quartier populaire d’immeubles dans la banlieue de Rome. C’est là que vit Sharo, grande, blonde, employée à temps partiel dans un salon de coiffure. Elle doit supporter sa mère quasi impotente et tout le temps désagréable. Un jour où son copain se fait renverser par une voiture, il la supplie de faire une livraison à sa place, une question de vie ou de mort.
C’est comme ça que Sharo va faire la connaissance du Prince, un noble richissime, et de l’Aiglon, truand de petite envergure mais maître des Tours. Et qu’elle va mettre le pied dans un trafic dans lequel elle va finir par plonger pour devenir La suédoise. Et tant pis pour ceux qui ne seront pas capable de voir l’intelligence de Sharo derrière son apparence de grande blonde candide.
Il ne faut pas comparer La suédoise à Romanzo Criminale. D’ailleurs l’auteur l’écrit dans son roman « on n’est pas dans Romanzo Criminale ». Il n’est pas ici question de raconter l’histoire de la ville, dans toutes ses composantes, au travers de l’histoire d’une bande criminelle. Ici l’auteur s’attache à un personnage, Sharo. Mais il démontre quand même avec brio pourquoi le roman noir est le moyen parfait pour décrire toute la société tant Sharo, au travers de son parcours, va être amenée à évoluer de ses Tours d’une banlieue populaire aux plus hautes sphères de la société romaine, en passant par le crime organisé.
Un personnage particulièrement bien choisi et superbement incarné. Le lecteur se doute qu’il va y avoir plus de bas que de hauts, il se retrouve dans le schéma très classique dans le roman noir de l’ascension puis la chute d’un individu dans le milieu criminel. Mais il apporte une forte originalité ici avec ce personnage qui ne veut pas devenir une marraine du crime mais s’extraire de son milieu social et culturel, sans pour autant le renier.
Et comme Giancarlo de Cataldo est un très bon conteur d’histoires, qu’il sait construire une galerie de personnages secondaires tous plus intéressants les uns que les autres, on a au final un très bon roman noir, à la fois très classique dans sa narration et ses thématiques et original dans son choix de personnages.
Giancarlo de Cataldo / La suédoise (La svedese, 2022), Métailié (2025), traduit de l’italien par Anne Echenoz.



Le narrateur est écrivain, romain. Il vient de publier, à partir de documents assez lacunaires, un court roman centré sur le mystérieux personnage de Jay Dark. Trafiquant de drogue, parlant couramment plus de 10 langues, agent supposé de la CIA chargé d’infiltrer les mouvements révolutionnaires des années 70-80 pour y introduire toutes sortes de drogues, arrêté en Italie puis relâché. Supposé mort …
Le Samouraï est en prison et ses affaires sont gérées par Sebastiano. Il tente de maintenir l’équilibre entre les gitans, calabrais, siciliens et les seconds couteaux qui voient là l’occasion de prendre la place du calife. Dans le même temps certaines sources de financement se tarissent, entre un nouveau maire qui semble vouloir faire le ménage et supprimer la corruption et le Pape qui, pour organiser un nouveau Jubilé qui va attirer des millions de pèlerins, écarte les organisateurs habituels (et pourris jusqu’à la moelle) et confie l’organisation au plus jeune évêque de Rome, proche de lui et … incorruptible.
Rome de nos jours. De la bande qui a connu Le Libanais, Le Dandy et les autres, ne subsiste que Le Samouraï, truand fascisant, (ex) fan de Mishima, associé à tous les trafics de la ville, en collaboration avec les différentes bandes locales, mais aussi napolitaines, siciliennes, calabraises, gitanes et j’en passe. Il est sur le point de réussir son plus gros coup : mettre la main sur un projet de bétonnage monumental, sur le front de mer.
