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Bonne année quand même

Difficile de ne pas appréhender 2026 tant 2025 a été merdique d’un point de vue général. Les fanas sorciers de toutes les chapelles sont de plus en plus virulents, les fachos et les cons arrivent au pouvoir un peu partout, les plus riches sont de plus en plus riches, et chient avec chaque jour plus d’arrogance sur le reste du monde. Bref c’est la merde.

Alors il me reste à vous souhaiter de bons moments avec vos proches, famille et amis, de bons livres, de bons films, de la bonne musique, de belles balades et de bonnes bouteilles.

L’insaisissable Monsieur X

Depuis les US Xiaolong Qiu poursuit sa chronique de Shanghai avec son maintenant ex inspecteur Chen : L’insaisissable monsieur X.

Chen a été mis au placard, à un poste honorifique et de plus mis en congé maladie. Il est contacté par son ami le Vieux Chasseur, ex flic à retraite qui travaille à temps partiel pour un privé. Ils ont reçu une demande d’une des femmes les plus riches de la ville, qui a fait fortune dans l’immobilier, pour retrouver un vieil homme qui a disparu depuis une dizaine de jours et officiait comme voyant dans le quartier historique de Poussière rouge.

Pourquoi la riche madame Mei s’intéresse-t-elle au pauvre Monsieur X ? Pourquoi a-t-il soudain disparu ? Et où est-il ? C’est tout cela que va devoir découvrir Chen Cao, avec l’aide de sa secrétaire, du Vieux Chasseur et de son ami hackeur. Une façon de revenir sur des années d’histoire de la Chine, de la révolution Culturelle à l’épidémie de COVID en passant par Tian Anmen.

Un roman court, pas le meilleur de la série, l’intrigue étant réduite à la portion congrue. Ce qui ressort c’est que notre ex inspecteur Chen semble en proie à une grosse culpabilité. Culpabilité de n’avoir rien fait et rien dit au moment de Tian Anmen, et culpabilité de faire prendre des risques à ses amis lui qui se sent bloqué et surveillé en permanence.

Depuis quelques romans, la charge de l’auteur contre la surveillance permanente de l’état chinois et la délation est également de plus en plus au centre des récits, au point d’en être la thématique principale cette fois. Evolution du régime ou de l’auteur ? A vous de voir, mais on est ici proche d’une situation à la 1984, roman qui est d’ailleurs évoqué par l’auteur.

Pour tenter d’alléger un peu un récit opprimant, on a droit en tête de chaque chapitre à un peu de poésie, et de temps en temps, c’est une figure imposée de la série, à la dégustation de quelques plats. A lire plus pour une description de l’état du pays, et pour le plaisir de retrouver des personnages connus que pour l’intrigue.

Xiaolong Qiu / L’insaisissable monsieur X (The secret sharers, 2024), Liana Levi (2025), traduit de l’anglais (USA) par Emmanuelle Vial.

John Dortmunder pas mort ?

Impossible d’être lecteur de polars et fan de Donald Westlake sans ressentir une pointe de sympathie pour les John Dortmunder locaux qui ont réalisé le fantastique casse du Louvre. De plus ils donnent l’occasion à tous les guignols qui siègent à la tête de l’état ou des partis politiques de se ridiculiser en montrant leurs petits bras, en serrant leurs petits poings et en fronçant les sourcils.

Soyons clairs, pas de blessés, pas de violence envers les personnes, personne n’est vraiment lésé, la ministre de la culture ridiculisée, le vol concerne des machins qui brillent qui allaient sur les têtes ou les poitrines de potiches emperlousées achetés avec de l’argent public, donc volé au peuple. Finalement, une partie du peuple a récupéré son bien. Franchement les historiens qui hurlent que la France est bafouée et que le patrimoine national est attaqué me font bien rigoler. Je n’ai jamais été fasciné par les joyaux de quelque couronne que ce soit.

Tout travail méritant salaire, celui-ci étant particulièrement soigné, j’espère que les quatre pieds nickelés s’en sortiront. Et s’ils sont pris, nul doute que le président les recevra avant leur incarcération, et que le ministre de la justice ira vérifier en prison si leurs conditions de vie en taule sont correctes. Par humanité bien entendu, puisque cela semble être la nouvelle procédure pour les condamnés multi récidivistes.

Citoyens clandestins la série

Si vous ne l’aviez pas repéré, Arte Tv propose une mini-série de 4 épisodes basée sur le roman de DOA Citoyens Clandestins.

Je ne vais pas vous dire que c’est le chef-d’œuvre qui va détrôner The Wire dans mon panthéon, c’est sans doute pas non plus les mêmes moyens … Mais franchement, et ce n’était pas gagné d’avance, je trouve la série assez fidèle au roman, elle ne le dénature pas même si elle n’en a pas la puissance, et le casting est particulièrement bien trouvé.

Amel, Fennec et Lynx sont parfaits, avec une mention spéciale pour un Lynx bien loin de ce que j’aurais imaginé mais qui fonctionne parfaitement.

Pour ceux qui n’auraient pas encore lu le roman mais qui du coup vont se précipiter pour le faire toutes affaires cessantes, on est en 2001, avant et après l’attentat des tours, et une menace d’attentat islamiste plane sur la France. Plus grave pour les pourritures qui gouvernent, l’attentat utiliseraient des barils de produits chimiques fabriqués en France et livrés à l’Irak. Or la France a signé l’accord interdisant une telle production. Donc toute l’enquête doit se dérouler dans la plus parfaite discrétion et en en disant le moins possible à ceux qui prennent tous les risques. Dont Fennec, en fait Karim, militaire infiltré dans une communauté islamiste, et Lynx, exécuteur des basses œuvres pour le compte de tout ce que la République compte de pourri. Et au milieu de tout ça, des journalistes.

Je ne me rends pas compte si la série est compliquée à suivre pour quelqu’un qui n’a pas lu le roman, mais de mon côté, un vrai bon moment, grâce à des acteurs que j’ai tous trouvé parfaits. Quant à l’intrigue, elle est excellente, puisque c’est celle de DOA. A voir donc.

Les ombres de Bombay

Parmi les personnages que j’ai plaisir à retrouver tous les ans, il y a le capitaine Wyndham et le sergent Banerjee d’Abir Mukherjee. Ils reviennent dans Les ombres de Bombay.

1923, Calcutta est une véritable poudrière. Des élections sont proches, et les heurts entre musulmans et hindouistes se multiplient. C’est dans ce contexte inflammable que le sergent Banerjee se retrouve accusé du meurtre d’un intellectuel hindou. Pour arranger le tout une personnalité musulmane en vue de Bombay est annoncé en ville.

Comment le très droit Banerjee s’est-il trouvé dans cette situation impossible ? Et que pourra faire le capitaine Wyndham pour le tirer de là ? Il vous faudra lire ce nouvel opus pour le savoir.

Décidément voilà une série hautement recommandable. Tout fonctionne à merveille ici. Une intrigue parfaitement menée, même si on peut deviner assez tôt ce qui se trame réellement, mais c’est parce qu’en tant que français on sait bien que les anglais sont perfides.

Ensuite les personnages sont vraiment intéressants, et surtout ils évoluent de façon très convaincantes. Wyndham, qui ne se fait guère d’illusions, prend petit à petit conscience des horreurs commises par ses semblables, et Banerjee construit peu à peu ses opinions politiques, non sans humour, comme avec cette réflexion : « En chemin, je me suis dit que chaque fois qu’un Indien demande un prix trop élevé à un Anglais, c’est du vol, tandis que l’inverse, c’est du capitalisme.» En parallèle les relations entre les deux hommes sont très finement décrites, passant de la subordination à une véritable amitié.

Pour finir, le contexte est superbement rendu, avec cet équilibre délicat : en dire assez pour que le lecteur ignare comme moi comprenne, mais pas trop pour ne pas tomber dans le didactique lourdingue. Avec ici un passage par Bombay qui rappelle une évidence que l’on oublie trop ici : l’Inde était, est, un véritable continent, et comme le dit Banerjee en arrivant à Bombay : « Pour un Bengali, Bombay est à bien des égards plus étrange que l’Angleterre. »

Une très belle série que l’on se réjouit de voir prendre de l’ampleur et que l’on espère longue.

Abir Mukherjee / Les ombres de Bombay, (The shadows of men, 2021), Liana Levi (2024) traduit de l’anglais (Ecosse) par Emmanuelle et Philippe Aronson.

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Urgent : Considérant qu’une seule ministre supplémentaire mise en examen (à savoir Rachida Dati) ne suffisait pas à la crédibilité de son gouvernement, le Sourire aurait demandé à son Premier Toutou de proposer des postes à Nicolas Sarkozy, Patrick et Isabelle Balkany et Gérard Depardieu !