Le temps d’un roman Abir Mukherjee lâche ses deux personnages à Calcutta dans les années 1920 pour un thriller actuel : Les fugitifs.
Nous sommes dans des US fictifs mais pas trop. L’élection présidentielle approche, mettant aux prises une Démocrate certaine de gagner et un Républicain facho complètement allumé. Les démocrates sont donnés vainqueurs, mais il reste quelques semaines.
C’est dans ce contexte qu’un attentat, revendiqué par un groupe islamiste inconnu fait des dizaines de morts dans un centre commercial de Los Angeles. L’agent Shreya Mistry, du FBI, une des premières sur les lieux identifie une jeune femme qui a participé à l’attentat, puis trouve, sur les images de son arrivée aux US, deux autres personnes qui pourraient préparer de nouveaux attentats, dont une jeune britannique Aliyah Khan. Elle va partir à sa recherche, elle n’est pas la seule …
Abir Mukherjee abandonne donc un temps Calcutta et les années 20 pour s’essayer au thriller. Style qui m’intéresse moins a priori. Et ça se confirme ici, même si je n’ai rien d’objectif à reprocher à ce roman.
Belle écriture, maîtrise impeccable du suspense, de l’alternance des points de vue entre les différents personnages et du rythme, avec une accélération finale qui vous empêche de refermer le livre dans le dernier quart. On lit à toute vitesse avec grand plaisir.
J’ai juste une restriction sur les motivations des méchants qui restent assez floues, et j’ai toujours un peu de mal avec les super méchants, super intelligents, super soldats, super tout … mais ce n’est pas grave.
Sinon le plus intéressant pour moi est dans les marges du récit. La description d’une Amérique pauvre, très pauvre, dans un pays qui accumule autant de richesses ; et celle d’une immigration du sud-est asiatique en Angleterre, toujours victime du racisme même quand ses représentants sont totalement intégrés et ont un haut, voire très haut niveau d’études. A ce titre, le personnage que je trouve le plus intéressant et le plus émouvant est celui du père d’Aliyah.
Un nouveau style pour cet auteur qui semble réussir tout ce qu’il tente.
Abir Mukherjee / Les fugitifs (Hunted, 2024), Liana Levi (2025), traduit de l’anglais par Pierre Reignier.





Le Prix Le Point du Polar européen a déjà fait la preuve d’un bon goût certain puisqu’il rejoint le mien, ceci dit en toute modestie !
dur Indridason … Du beau monde en définitive.
1919. Plus rien ne retient à Londres le capitaine Wyndham de Scotland Yard. Sa participation à la guerre lui a enlevé toute croyance en quoi que ce soit, et la mort de sa jeune épouse durant l’épidémie de grippe espagnole, alors qu’il se remettait de ses blessures a eu raison de son envie de rester où il est. C’est pourquoi il accepte la proposition d’un de ses anciens chefs de venir le seconder à Calcutta.