MOUSSE DE COPOLYMERE A BLOCS
DOMAINE DE L'INVENTION
La présente invention concerne une mousse formée à partir d’un copolymère à blocs rigides, tels que polyamide (PA), et à blocs souples, tels que polyéther (PE) ou polyester (PES) ainsi qu’un procédé de fabrication de celle-ci.
ARRIERE-PLAN TECHNIQUE
Diverses mousses polymères sont utilisées notamment dans le domaine des équipements sportifs, tels que des semelles ou composants de semelles, des gants, raquettes ou balles de golf, des éléments de protection individuelle en particulier pour la pratique du sport (gilets, pièces intérieures de casques, de coques...).
De telles applications nécessitent un ensemble de propriétés physiques particulières assurant une aptitude au rebond et une aptitude à endurer des impacts répétés sans se déformer et à revenir à la forme initiale.
Les documents EP 0405227 et EP 0402883 décrivent des mousses fabriquées à partir de divers polymères et leur utilisation dans des semelles de chaussures.
Le document EP 1650255 décrit des mousses réticulées obtenues à partir de copolymères à blocs polyamides et blocs polyéthers.
Les mousses réticulées ont pour inconvénient de présenter des contraintes importantes d’un point de vue du procédé de fabrication : la durée de fabrication est généralement élevée, la fabrication est généralement en mode discontinu (batch), et des produits chimiques indésirables doivent être manipulés.
En outre, des mousses réticulées sont difficilement recyclables après utilisation.
Le document WO 2013/148841 décrit un procédé d’extrusion bicouche à partir de divers polymères, dont les copolymères à blocs polyamides et blocs polyéthers.
Le document WO 2015/052265 décrit un procédé de fabrication de particules thermoplastiques expansées à partir d’un quelconque polymère thermoplastique élastomère.
Par ailleurs, la société Zotefoams commercialise des mousses réticulées fabriquées à partir de copolymères à blocs polyamides et blocs
polyéthers, sous le nom ZOTEKQREBA. Les inconvénients de la réticulation ont été rappelés ci-dessus. De plus, la durabilité des produits est imparfaite.
Il existe également de nombreuses mousses fabriquées à partir de polyuréthane thermoplastique (TPU) ou d’éthylène-acétate de vinyle (EVA). Ces mousses présentent une gamme de température d’utilisation relativement restreinte, ainsi qu’une aptitude à l’étirement relativement faible, et une durabilité imparfaite. Leurs procédés de fabrication sont en outre contraignants.
Il existe donc un besoin de fournir des mousses polymères de faible densité, ayant une ou plusieurs propriétés avantageuses parmi :
une meilleure aptitude à l’étirement, propriété primordiale lors de la mise en oeuvre sous forme de mousse
une plus faible densité minimale atteignable, de préférence inférieure à 300 kg/m3
une capacité élevée à restituer de l’énergie élastique (rebond) lors de sollicitations sous faible contrainte.
RESUME DE L’INVENTION
L’invention concerne en premier lieu une mousse de copolymère à blocs non réticulé, comprenant au moins un bloc rigide et au moins un bloc souple, caractérisée en ce que le copolymère comporte au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par un polycarbodiimide. De préférence, le polycarbodiimide est de masse moléculaire moyenne en poids supérieure à 10000 g/mol.
Avantageusement, masse moléculaire moyenne en poids du polycarbodiimide est comprise dans la gamme de 10000 à 40000 g/mol, de préférence de 15000 à 30000 g/mol.
De préférence, la teneur en poids du polycarbodiimide représente de 0,5 à 10% en poids, de préférence de 0,5 à 7% en poids, de préférence de 0,5 à 3% en poids, de préférence de 0,5 à 2,5%, de préférence de 0,5 à 2% en poids, sur le poids total de copolymère.
Avantageusement, ledit acide carboxylique forme une liaison urée par réaction avec une fonction carbodiimide du polycarbodiimide.
Avantageusement, le copolymère est sous forme linéaire non réticulée, sa dispersité Mw/Mn étant inférieure à 3.
Avantageusement, ledit bloc rigide comprend au moins un bloc choisi parmi : polyamide, polyuréthane, polyester, et leurs mélanges ou copolymères.
Avantageusement, ledit bloc souple comprend au moins un bloc choisi parmi : polyéther, polyester, polysiloxane, polyoléfine, polycarbonate, et leurs mélanges ou copolymères.
Selon un mode de réalisation préféré de l’invention, ledit bloc souple comprend au moins un polyéther PE, de préférence choisi parmi PTMG, PPG, P03G et/ou PEG.
Selon un autre mode de réalisation préféré de l’invention, ledit bloc souple comprend au moins un polyester PES, de préférence choisi parmi les polyesters diols, le poly(caprolactone) et les polyesters à base de dimères d’acide gras.
De préférence, ledit bloc rigide comprend au moins un polyamide PA, comprenant de préférence au moins un des motifs de polyamide suivants : 11 , 12, 6, 610, 612, 1010, 1012, et leurs mélanges ou copolyamides.
De préférence, le ratio en poids des blocs PA sur les blocs souples est compris dans la gamme de 0,3 à 10, de préférence de 0,3 à 6, de préférence de 0,3 à 3, de préférence de 0,3 à 2.
Avantageusement, la mousse selon l’invention présente une densité inférieure ou égale à 800 kg/m3, de préférence inférieure ou égale à 600 kg/m3, de manière plus particulièrement préférée inférieure ou égale à 400 kg/m3, voire inférieure ou égale à 300 kg/m3, mieux inférieure ou égale à 250 kg/m3, ou mieux inférieure ou égale à 220 kg/m3.
Selon un mode de réalisation particulier de l’invention, la mousse contient également un ou plusieurs additifs, de préférence choisis parmi les copolymères d’éthylène et acétate de vinyle, les copolymères d’éthylène et d’acrylate, et les copolymères d’éthylène et d’alkyl(méth)acrylate.
La présente invention a également pour objet l’utilisation d’au moins un polycarbodiimide dans un copolymère à blocs pour améliorer la capacité dudit copolymère à être transformé sous forme de mousse tout en conservant sa recyclabilité, dans laquelle ledit copolymère à blocs comprend au moins un bloc rigide et au moins un bloc souple et comporte au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par ledit polycarbodiimide. Avantageusement, le polycarbodiimide est de masse moléculaire moyenne en poids supérieure à 10000 g/mol, de préférence comprise dans la gamme de 10000 à 40000 g/mol, de préférence de 15000 à 30000 g/mol.
Avantageusement, la teneur en poids du polycarbodiimide représente de 0,5 à 10% en poids, de préférence de 0,5 à 7% en poids, de préférence de 0,5 à 3% en poids, de préférence de 0,5 à 2,5%, de préférence de 0,5 à 2% en poids, sur le poids total de copolymère.
Avantageusement, ledit acide carboxylique forme une liaison urée par réaction avec une fonction carbodiimide du polycarbodiimide.
La présente invention a aussi pour objet un procédé de fabrication d’une mousse selon l’invention, comprenant une étape de mélange du copolymère tel que défini par l’invention à l’état fondu comportant au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par un polycarbodiimide, éventuellement avec un ou des additifs, avec un agent d’expansion, et une étape de moussage du mélange de copolymère et d’agent d’expansion.
Selon un mode de réalisation du procédé de l’invention, l’agent d’expansion est un agent d’expansion physique, de préférence choisi parmi le diazote, le dioxyde de carbone, les hydrocarbures, les chloroflurocarbures, les hydrochlorocarbures, les hydrofluorocarbures, les hydrochlorofluorocarbures, et leurs mélanges.
Selon un mode de réalisation préféré, le procédé selon l’invention comprend une étape d’injection du mélange de copolymère et d’agent d’expansion dans un moule, le moussage du mélange étant effectué par l’ouverture du moule. La présente invention a encore pour objet un article constitué d’une mousse selon l’invention, ou encore un article comprenant au moins un élément constitué d’une mousse selon l’invention.
Avantageusement, l’article selon l’invention est choisi parmi : une plaque de mousse, une particule de mousse, un jonc, un tube, une pièce injectée et/ou extrudée, un objet fini ou semi-fini, un objet creux, et autre objet de toute forme possible et toute dimension possible en mousse.
Avantageusement, l’article selon l’invention est choisi parmi : une semelle de chaussure, notamment de sport, telle qu’une semelle intérieure, semelle intermédiaire, ou semelle extérieure, un chausson de ski, une chaussette, une raquette, un ballon, une balle, un flotteur, des gants, un équipement de protection individuel, un casque, une semelle pour rail, une pièce automobile, une pièce pour poussette, un pneu, une roue, une roue à roulement doux comme un pneu, une poignée, un élément de siège, une pièce de siège-auto pour enfant, une pièce de construction, une pièce d'équipement électrique et/ou électronique, une pièce de protection électronique, une pièce d’équipement audio, d’isolation acoustique et/ou thermique, une pièce visant à amortir des chocs et/ou des vibrations, tels que ceux générés par un moyen de transport, un élément de rembourrage, un jouet, un objet médical, tel qu’une attelle, une orthèse, un collier cervical, un pansement, notamment un pansement en mousse antimicrobienne, un objet d’art ou d’artisanat, un gilet de sauvetage, un sac à dos, une membrane, un tapis, un tapis de sport,
un revêtement de sol sportif, un sous-tapis, et tout article comprenant un mélange de ces articles.
La présente invention permet de surmonter les inconvénients de l’état de la technique. Elle fournit plus particulièrement des mousses polymères recyclables de faible densité ayant une capacité élevée à restituer de l’énergie élastique lors de sollicitations sous faible contrainte.
Cela est accompli grâce à l’utilisation d’un copolymère à blocs non réticulé à blocs rigides et à blocs souples, caractérisé par au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par un polycarbodiimide.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
Les figures 1 et 2 représentent les résultats de mesures de rhéologie élongationnelle (voir exemple 1 ) sur des copolymères témoins et des copolymères utilisés selon l’invention pour la fabrication de mousses. Les courbes de melt strength des figures 1 et 2 représentent la contrainte d’élongation en ordonnée en fonction du facteur d’élongation en abscisse.
DESCRIPTION DE MODES DE REALISATION DE L’INVENTION
Dans la présente description, on précise que lorsqu’il est fait référence à des intervalles, les expressions du type « allant de... à » ou « comportant/comprenant de... à » incluent les bornes de l’intervalle. A l’inverse, les expressions du type « compris entre... et... » excluent les bornes de l’intervalle.
Sauf mention contraire, les pourcentages exprimés sont des pourcentages massiques. Sauf mention contraire, les paramètres auxquels il est fait référence sont mesurés à pression atmosphérique, et température ambiante (20-25 °C, généralement 23 °C).
L’invention est maintenant décrite plus en détail et de façon non limitative dans la description qui suit.
L’invention a donc pour objet une mousse de copolymère à blocs non réticulé, comprenant au moins un bloc rigide et au moins un bloc souple, dans laquelle le copolymère comporte au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par un polycarbodiimide.
Par copolymère à blocs selon l’invention, on entend les polymères thermoplastiques élastomères (TPE), qui comprennent, en alternance, des blocs ou segments dits durs ou rigides (au comportement plutôt
thermoplastique) et des blocs ou segments dits souples ou flexibles (au comportement plutôt élastomère).
Le terme « polymère thermoplastique élastomère », abrégé « TPE », désigne un polymère qui constitue un matériau polyphasique présentant au moins deux transitions, à savoir une première transition à une température T1 (en général il s’agit de la température de transition vitreuse) et une deuxième transition à une température T2 supérieure à T1 (en général il s’agit du point de fusion). A une température inférieure à T1 , le matériau est rigide, entre T1 et T2 il a un comportement élastique, et au-dessus de T2 il est fondu. Un tel polymère combine le comportement élastique des matériaux de type caoutchouc avec l’aptitude à la transformation des thermoplastiques.
Plus précisément, un bloc est dit « souple » s’il présente une faible température de transition vitreuse (Tg). Par faible température de transition vitreuse, on entend une température de transition vitreuse Tg inférieure à 15 °C, de préférence inférieure à 0°C, avantageusement inférieure à -15°C, encore plus avantageusement à -30 °C, éventuellementinférieure à -50 °C.
Par exemple, les blocs polyamide sont connus pour être des segments dits rigides à température de fusion (Tf) ou température de transition vitreuse (Tg) plus élevées que la température d'utilisation du polymère, tandis que les blocs polyéther sont des segments dits souples à Tf ou Tg moins élevées que la température d'utilisation dudit polymère.
Par blocs souples ou mous envisageables dans le copolymère selon l’invention, on entend notamment ceux choisis parmi les blocs polyéther, les blocs polyester, les blocs polysiloxane, tels que les blocs polydiméthylsiloxane ou PDMS, les blocs polyoléfine, les blocs polycarbonate, et leurs mélanges. Les blocs souples envisageables sont décrits par exemple dans la demande de brevet français n° : 0950637 page 32 ligne 3 à page 38 ligne 23. A titre d’exemple, les blocs polyéthers sont choisis parmi le poly(éthylène glycol) (PEG), le poly(1 ,2-propylène glycol) (PPG), le poly(1 ,3-propylène glycol) (P03G), le poly(tétraméthylène glycol) (PTMG), et leurs copolymères ou mélanges.
Les blocs rigides peuvent être à base de polyamide, de polyuréthane, de polyester ou d’un mélange de ces polymères. Ces blocs sont notamment décrits dans la demande de brevet français n° : 0853752. Les blocs rigides sont de préférence à base de polyamide. Les blocs polyamide (abrégé PA) peuvent comporter des homopolyamides ou des copolyamides. Les blocs polyamide envisageables dans la composition de l’invention sont notamment
ceux définis dans la demande FR0950637 de la page 27 ligne 18 à la page 31 ligne 14.
Avantageusement, ledit au moins un copolymère à blocs comprend au moins un bloc choisi parmi : les blocs polyéther, les blocs polyester, les blocs polyamide, les blocs polyuréthane, et leurs mélanges.
A titre d'exemple de copolymère à blocs durs et à blocs souples, on peut citer respectivement (a) les copolymères à blocs polyester et blocs polyéther (appelés aussi COPE ou copolyétheresters), (b) les copolymères à blocs polyuréthane et blocs polyéther (appelés aussi TPU abréviation de polyuréthanes thermoplastiques) et (c) les copolymères à blocs polyamide et blocs souples, de préférence les copolymères à blocs polyamide et blocs polyéther (appelés aussi PEBA selon l'IUPAC, ou encore polyéther-bloc- amide).
(a) S'agissant des COPE ou copolyétheresters, ce sont des copolymères à blocs polyesters et blocs polyéthers. Ils sont constitués de blocs polyéthers souples issus de polyétherdiols et de blocs polyesters rigides qui résultent de la réaction d'au moins un diacide carboxylique avec au moins un motif diol court allongeur de chaîne. Les blocs polyesters et les blocs polyéthers sont reliés par des liaisons esters résultant de la réaction des fonctions acides de l'acide dicarboxylique avec les fonctions OH du polyétherdiol. L’enchaînement des polyéthers et des diacides forme les blocs souples alors que l’enchaînement du glycol ou du butane diol avec les diacides forme les blocs rigides du copolyétherester. Le diol court allongeur de chaîne peut être choisi dans le groupe constitué du neopentylglycol, du cyclohexanediméthanol et des glycols aliphatiques de formule HO(CH2)nOH dans laquelle n est un entier valant de 2 à 10.
Avantageusement, les diacides sont des acides dicarboxyliques aromatiques ayant de 8 à 14 atomes de carbone. Jusqu'à 50 % en mole de l'acide aromatique dicarboxylique peut être remplacé par au moins un autre acide aromatique dicarboxylique ayant de 8 à 14 atomes de carbone, et/ou jusqu'à 20 % en mole peut être remplacé par un acide aliphatique dicarboxylique ayant de 2 à 14 atomes de carbone.
A titre d'exemple d'acides aromatiques dicarboxyliques, on peut citer l'acide téréphtalique, isophtalique, bibenzoïque, naphtalène dicarboxylique, l'acide 4,4'-diphénylenedicarboxylique, l'acide bis(p-carboxyphényl) méthane, l'éthylène bis p-benzoïque acide, l'acide 1 -4 tétraméthylène bis(p- oxybenzoïque), l'acide éthylène bis (p-oxybenzoïque), l'acide 1 ,3- triméthylène bis (p-oxybenzoique).
A titre d'exemple de glycols, on peut citer l'éthylène glycol, le 1 ,3- triméthylène glycol, le 1 ,4-tétraméthylèneglycol, le 1 ,6-hexaméthylène glycol, le 1 ,3 propylène glycol, le 1 ,8 octaméthylèneglycol, le 1 ,10-décaméthylène glycol et le 1 ,4-cyclohexylène diméthanol. Les copolymères à blocs polyesters et blocs polyéther sont, par exemple, des copolymères ayant des motifs polyéthers dérivés de polyétherdiols tels que le polyéthylène glycol (PEG), le polypropylène glycol (PPG), le polytriméthylène glycol (P03G) ou le polytétraméthylène glycol (PTMG), des motifs diacide carboxylique tels que l’acide téréphtalique et des motifs glycol (éthane diol) ou butane diol, 1 - 4. De tels copolyétheresters sont décrits dans les brevets EP 402 883 et EP 405 227. Ces polyétheresters sont des élastomères thermoplastiques. Ils peuvent contenir des plastifiants.
(b) S'agissant des TPU, on peut citer les polyétheruréthanes qui résultent de la condensation de blocs polyéthers souples qui sont des polyétherdiols et de blocs rigides polyuréthanes issus de la réaction d'au moins un diisocyanate pouvant être choisi parmi les diisocyanate aromatiques (ex : MDI, TDI) et les diisocyanates aliphatiques (ex : HDI ou hexaméthylènediisocyanate) avec au moins un diol court. Le diol court allongeur de chaîne peut être choisi parmi les glycols cités plus haut dans la description des copolyétheresters. Les blocs polyuréthanes et les blocs polyéthers sont reliés par des liaisons résultant de la réaction des fonctions isocyanates avec les fonctions OH du polyétherdiol.
On peut encore citer les polyesteruréthanes qui résultent de la condensation de blocs polyesters souples qui sont des polyesterdiols et de blocs rigides polyuréthanes issus de la réaction d'au moins un diisocyanate avec au moins un diol court. Les polyesterdiols résultent de la condensation de diacides carboxyliques avantageusement choisis parmi les diacides aliphatiques dicarboxyliques ayant de 2 à 14 atomes de carbone et de glycols qui sont des diols courts allongeurs de chaîne choisis parmi les glycols cités plus haut dans la description des copolyétheresters. Ils peuvent contenir des plastifiants.
(c) S'agissant des copolvmères à blocs polyamide et blocs souples, ils font partie des polymères thermoplastiques élastomères sur base polyamide (abrégés ci-après TPE-A) au sens de l’invention.
Un TPE-A est un copolymère à blocs comprenant un enchaînement de blocs, alternativement rigides ou durs (BD) et souples ou mous (BM), selon la formule générale suivante :
-[BD-BM]n-
et dans laquelle :
BD ou Bloc Dur ou bloc rigide : représente un bloc comprenant du polyamide (homopolyamide ou copolyamide) ou un mélange de blocs comprenant du polyamide (homopolyamide ou copolyamide), ci-après abrégé indépendamment bloc PA ou BD ;
BM ou Bloc Mou ou encore bloc souple : représente un bloc à base de polyéther (bloc PE), de polyester (bloc PES), de polysiloxane (Psi), de préférence polydiméthylsiloxane (bloc PDMS), de polyoléfine (bloc PO), de polycarbonate (bloc PC) et/ou de tout autre polymère de faible température de transition vitreuse, ou de leurs mélanges sous forme de copolymères alternés, statistiques ou à blocs. De préférence, BM est un bloc à base de polyéther comportant des motifs oxyde d’éthylène, en tout ou partie.
n représente le nombre d’unités de répétition du motif -BD-BM- dudit copolymère n est compris dans la gamme allant de 1 à 60, de préférence de 5 à 30, ou mieux de 6 à 20.
Par faible température de transition vitreuse pour un polymère entrant dans la composition d’un BM au sens de l’invention, on entend une température de transition vitreuse Tg inférieure à 15°C, de préférence inférieure à 0°C, de préférence inférieure à -15°C,de préférence encore inférieure à -30 °C. A titre d’exemple, ledit bloc rrou peut être à base de PEG de masse moléculaire moyenne en nombre égale à 1500g/mol et de Tg de l’ordre de -35 °C. Ladite température de transition vitreuse Tg peut également être inférieure à -50° C, notamment dans le cas où édit bloc mou est à base de PTMG.
Les copolvéther bloc amides, encore appelés copolymères à blocs polyéther et blocs polyamide, soit en abrégé « PEBA », résultent de la polycondensation de blocs polyamides à extrémités réactives avec des blocs polyéthers à extrémités réactives, telles que, entre autres :
1 ) blocs polyamides à bouts de chaîne diamines avec des blocs polyoxyalkylènes à bouts de chaînes dicarboxyliques ;
2) blocs polyamides à bouts de chaînes dicarboxyliques avec des blocs polyoxyalkylènes à bouts de chaînes diamines, obtenues par cyanoéthylation et hydrogénation de blocs polyoxyalkylène alpha-oméga dihydroxylées aliphatiques appelées polyétherdiols ;
3) blocs polyamides à bouts de chaînes dicarboxyliques avec des polyétherdiols, les produits obtenus étant, dans ce cas particulier, des polyétheresteramides.
Les blocs polyamides à bouts de chaînes dicarboxyliques proviennent, par exemple, de la condensation de précurseurs de polyamides en présence d'un diacide carboxylique limiteur de chaîne. Les blocs polyamides à bouts de chaînes diamines proviennent par exemple de la condensation de précurseurs de polyamides en présence d'une diamine limiteur de chaîne.
La masse moléculaire moyenne en nombre Mn des blocs polyamides est comprise entre 400 et 20000 g/mol et de préférence entre 500 et 10000 g/mol.
Les polymères à blocs polyamides et blocs polyéthers peuvent aussi comprendre des motifs répartis de façon aléatoire.
On peut utiliser avantageusement trois types de blocs polyamides.
Selon un premier type, les blocs polyamides proviennent de la condensation d'un diacide carboxylique, en particulier ceux ayant de 4 à 20 atomes de carbone, de préférence ceux ayant de 6 à 18 atomes de carbone et d'une diamine aliphatique ou aromatique, en particulier celles ayant de 2 à 20 atomes de carbone, de préférence celles ayant de 6 à 14 atomes de carbone.
A titre d’exemples d’acides dicarboxyliques, on peut citer l’acide 1 ,4- cyclohexyldicarboxylique, les acides butanedioïque, adipique, azélaïque, subérique, sébacique, dodécanedicarboxylique, octadécanedicarboxylique et les acides téréphtalique et isophtalique, mais aussi les acides gras dimérisés.
A titre d’exemples de diamines, on peut citer la tétraméthylène diamine, l’hexaméthylènediamine, la 1 ,10-décaméthylènediamine, la dodécaméthylènediamine, la triméthylhexaméthylène diamine, les isomères des bis-(4-aminocyclohexyl)-méthane (BACM), bis-(3-méthyl-4- aminocyclohexyl)méthane (BMACM), et 2-2-bis-(3-méthyl-4- aminocyclohexyl)-propane (BMACP), et para-amino-di-cyclo-hexyl-méthane (PACM), et l’isophoronediamine (IPDA), la 2,6-bis-(aminométhyl)-norbornane (BAMN) et la pipérazine (Pip).
Concernant le bloc rigide polyamide, la norme NF EN ISO 1874-1 : 201 1 définit une nomenclature des polyamides. Le terme « monomère » dans la présente description doit être pris au sens d’ « unité répétitive ». Le cas où une unité répétitive du polyamide est constituée de l'association d'un diacide avec une diamine est particulier. On considère que c'est l'association d'une diamine et d'un diacide, c’est-à-dire le couple « diaminediacide », dit aussi « XY », en quantité équimolaire qui correspond au monomère. Ceci
s’explique par le fait qu’individuellement, le diacide ou la diamine n’est qu’une unité structurale, qui ne suffit pas à elle seule à polymériser.
On a par exemple des blocs PA412, PA414, PA418, PA610, PA612, PA614, PA618, PA912, PA1010, PA1012, PA1014 et PA1018.
Selon un deuxième type, les blocs polyamides résultent de la condensation d'un ou plusieurs acides alpha oméga aminocarboxyliques et/ou d'un ou plusieurs lactames ayant de 6 à 12 atomes de carbone en présence d'un diacide carboxylique ayant de 4 à 12 atomes de carbone ou d'une diamine. A titre d’exemples de lactames, on peut citer le caprolactame, l’oenantholactame et le lauryllactame. A titre d’exemples d'acide alpha oméga amino carboxylique, on peut citer les acides aminocaproïque, amino- 7-heptanoïque, amino-1 1 - undécanoïque et amino-12-dodécanoïque.
Avantageusement les blocs polyamides du deuxième type sont en polyamide 1 1 , en polyamide 12 ou en polyamide 6.
Selon un troisième type, les blocs polyamides résultent de la condensation d'au moins un acide alpha oméga aminocarboxylique (ou un lactame), au moins une diamine et au moins un diacide carboxylique.
Dans ce cas, on prépare les blocs polyamide PA par polycondensation :
- de la ou des diamines aliphatiques linéaires ou aromatiques ayant X atomes de carbone ;
- du ou des diacides carboxyliques ayant Y atomes de carbone ; et
- du ou des comonomères {Z}, choisis parmi les lactames et les acides alpha-oméga aminocarboxyliques ayant Z atomes de carbone et les mélanges équimolaires d’au moins une diamine ayant X1 atomes de carbone et d’au moins un diacide carboxylique ayant Y1 atomes de carbones, (X1 , Y1 ) étant différent de (X, Y) ;
- ledit ou lesdits comonomères {Z} étant introduits dans une proportion pondérale allant jusqu’à 50%, de préférence jusqu’à 20%, encore plus avantageusement jusqu’à 10% par rapport à l’ensemble des monomères précurseurs de polyamide ;
- en présence d’un limiteur de chaîne choisi parmi les diacides carboxyliques.
Avantageusement, on utilise comme limiteur de chaîne le diacide carboxylique ayant Y atomes de carbone, que l’on introduit en excès par rapport à la stœchiométrie de la ou des diamines.
Selon une variante de ce troisième type les blocs polyamides résultent de la condensation d'au moins deux acides alpha oméga
aminocarboxyliques ou d'au moins deux lactames ayant de 6 à 12 atomes de carbone ou d'un lactame et d'un acide aminocarboxylique n'ayant pas le même nombre d'atomes de carbone en présence éventuelle d'un limiteur de chaîne. A titre d'exemple d'acide alpha oméga amino carboxylique aliphatique, on peut citer les acides aminocaproïques, amino-7-heptanoïque, amino-1 1 -undécanoïque et amino-12-dodécanoïque. A titre d'exemple de lactame, on peut citer le caprolactame, l'oenantholactame et le lauryllactame. A titre d'exemple de diamines aliphatiques, on peut citer l’hexaméthylènediamine, la dodécaméthylènediamine et la triméthylhexaméthylène diamine. A titre d'exemple de diacides cycloaliphatiques, on peut citer l'acide 1 ,4-cyclohexyldicarboxylique. A titre d'exemple de diacides aliphatiques, on peut citer les acides butane-dioïque, adipique, azélaïque, subérique, sébacique, dodécanedicarboxylique, les acides gras dimérisés (ces acides gras dimérisés ont de préférence une teneur en dimère d'au moins 98%; de préférence ils sont hydrogénés; ils sont commercialisés sous la marque Pripol® par la société Unichema, ou sous la marque Empol® par la société Henkel) et les polyoxyalkylènes - a,w diacides. A titre d'exemple de diacides aromatiques, on peut citer les acides téréphtalique (T) et isophtalique (I). A titre d’exemple de diamines cycloaliphatiques, on peut citer les isomères des bis-(4-aminocyclohexyl)- méthane (BACM), bis-(3-méthyl-4-aminocyclohexyl)méthane (BMACM), et 2- 2-bis-(3-méthyl-4-aminocyclohexyl)-propane(BMACP), et para-amino-di- cyclo-hexyl-méthane (PACM). Les autres diamines couramment utilisées peuvent être l'isophoronediamine (IPDA), la 2,6-bis-(aminométhyl)- norbornane (BAMN) et la pipérazine.
Dans le cas où les blocs PA du PEBA selon l’invention comprennent au moins deux monomères différents, appelés «co-monomères», c’est à dire au moins un monomère et au moins un co-monomère (monomère différent du premier monomère), ils comprennent un copolymère tel qu’un copolyamide abrégé CoPA.
A titre d'exemples de blocs polyamides du troisième type, on peut citer les suivantes :
- 66/6 dans laquelle 66 désigne des motifs hexaméthylènediamine condensée avec l'acide adipique. 6 désigne des motifs résultant de la condensation du caprolactame.
- 66/610/11/12 dans laquelle 66 désigne l'hexaméthylènediamine condensée avec l'acide adipique. 610 désigne l'hexaméthylènediamine condensée avec l'acide sébacique. 1 1 désigne des motifs résultant de la
condensation de l'acide aminoundécanoïque. 12 désigne des motifs résultant de la condensation du lauryllactame.
La masse moléculaire moyenne en nombre Mn des blocs souples est comprise entre 100 et 6 000 g/mol et de préférence entre 200 et 3 000 g/mol.
De préférence, le polymère comprend de 1 à 80 % en masse de blocs souples et de 20 à 99 % en masse de blocs polyamide, de préférence de 4 à 80 % en masse de blocs souples et 20 à 96 % en masse de blocs polyamide.
Selon un mode de réalisation préféré, le bloc rigide polyamide, dans le copolymère à blocs rigides PA et blocs souples selon l’invention, comprend au moins un des motifs de polyamide suivants : 1 1 , 12, 6, 610, 612, 1010, 1012, et leurs mélanges ou copolyamides.
Les blocs polvéthers PE sont constitués de motifs oxyde d'alkylène. Ces motifs peuvent être par exemple des motifs oxyde d'éthylène, des motifs oxyde de propylène ou tétrahydrofurane (qui conduit aux enchaînements polytétraméthylène glycol). On utilise ainsi des blocs PEG (polyéthylène glycol) c'est à dire ceux constitués de motifs oxyde d'éthylène, des blocs PPG (propylène glycol) c'est à dire ceux constitués de motifs oxyde de propylène, des blocs P03G (polytriméthylène glycol) c’est-à-dire ceux constitués de motifs polytriméthylène ether de glycol (de tels copolymères avec des blocs polytriméthylène ether sont décrits dans le document US6590065), et des blocs PTMG c'est à dire ceux constitués de motifs tetraméthylène glycols appelés aussi polytétrahydrofurane. Les copolymères PEBA peuvent comprendre dans leur chaîne plusieurs types de polyéthers, les copolyéthers pouvant être à blocs ou statistiques.
On peut également utiliser des blocs obtenus par oxyéthylation de bisphenols, tels que par exemple le bisphenol A. Ces derniers produits sont décrits dans le brevet EP613919.
Les blocs polyéthers peuvent aussi être constitués d'amines primaires éthoxylées. A titre d'exemple d'amines primaires éthoxylées on peut citer les produits de formule :
dans laquelle m et n sont compris entre 1 et 20 et x entre 8 et 18. Ces produits sont disponibles dans le commerce sous la marque Noramox® de la société CECA et sous la marque Genamin® de la société Clariant.
Les blocs souples polyéthers peuvent comprendre des blocs polyoxyalkylène à bouts de chaînes NH2, de tel blocs pouvant être obtenues par cyanoacétylation de blocs polyoxyalkylène alpha-oméga dihydroxylés aliphatiques appelées polyétherdiols. Plus particulièrement, on pourra utiliser les Jeffamines (Par exemple Jeffamine® D400, D2000, ED 2003, XTJ 542, produits commerciaux de la société Huntsman, également décrites dans les documents de brevets JP2004346274, JP2004352794 et EP1482011 ).
Les blocs polyétherdiols sont soit utilisés tels quels et copolycondensés avec des blocs polyamides à extrémités carboxyliques, soit ils sont aminés pour être transformés en polyéther diamines et condensés avec des blocs polyamides à extrémités carboxyliques. La méthode générale de préparation en deux étapes des copolymères PEBA ayant des liaisons ester entre les blocs PA et les blocs PE est connue et est décrite, par exemple, dans le brevet français FR2846332. La méthode générale de préparation des copolymères PEBA de l’invention ayant des liaisons amide entre les blocs PA et les blocs PE est connue et décrite, par exemple dans le brevet européen EP1482011. Les blocs polyéther peuvent être aussi mélangés avec des précurseurs de polyamide et un limiteur de chaîne diacide pour faire les polymères à blocs polyamides et blocs polyéthers ayant des motifs répartis de façon statistique (procédé en une étape).
Bien entendu, la désignation PEBA dans la présente description de l’invention se rapporte aussi bien aux Pebax® commercialisés par Arkema, aux Vestamid® commercialisés par Evonik®, aux Grilamid® commercialisés par EMS, qu’aux Kellaflex® commercialisés par DSM ou à tout autre PEBA d’autres fournisseurs.
Avantageusement, les copolymères PEBA ont des blocs PA en PA 6, en PA 11 , en PA 12, PA 612, en PA 66/6, en PA 1010 et/ou en PA 614, de préférence des blocs PA 1 1 et/ou PA 12 ; et des blocs PE en PTMG, en PPG et/ou en P03G. Les PEBA à base de blocs PE constitués majoritairement de PEG sont à ranger dans la gamme des PEBA hydrophiles. Les PEBA à base de blocs PE constitués majoritairement de PTMG sont à ranger dans la gamme des PEBA hydrophobes. Des copolymères PEBA particulièrement préférés dans le cadre de l’invention sont les copolymères comportant des blocs :
PA 1 1 et PEG ;
PA 1 1 et PTMG ;
PA 12 et PEG ;
PA 12 et PTMG ;
PA 6.10 et PEG ;
PA 6.10 et PTMG ;
PA 6 et PEG ;
PA 6 et PTMG.
Avantageusement, ledit PEBA utilisé dans la composition selon l’invention est obtenu au moins partiellement à partir de matières premières bio-ressourcées.
Par matières premières d’origine renouvelable ou matières premières bio-ressourcées, on entend des matériaux qui comprennent du carbone bio- ressourcé ou carbone d’origine renouvelable. En effet, à la différence des matériaux issus de matières fossiles, les matériaux composés de matières premières renouvelables contiennent du 14C. La « teneur en carbone d’origine renouvelable » ou « teneur en carbone bio-ressourcé » est déterminée en application des normes ASTM D 6866 (ASTM D 6866-06) et ASTM D 7026 (ASTM D 7026-04). A titre d’exemple, les PEBA à base de polyamide 1 1 proviennent au moins en partie de matières premières bio- ressourcées et présentent une teneur en carbone bio-ressourcé d'au moins 1 %, ce qui correspond à un ratio isotopique de 12C/14C d’au moins 1 ,2 x 10 14. De préférence, les PEBA selon l’invention comprennent au moins 50% en masse de carbone bio-ressourcé sur la masse totale de carbone, ce qui correspond à un ratio isotopique 12C/14C d’au moins 0,6.10 12. Cette teneur est avantageusement plus élevée, notamment jusqu'à 100%, qui correspond à un ratio isotopique 12C/14C de 1 ,2 x 10 12, dans le cas par exemple de PEBA à blocs PA 1 1 et blocs PE comprenant du P03G, PTMG et/ou PPG issus de matières premières d’origine renouvelable.
Les blocs polyesters PES sont habituellement fabriqués par polycondensation entre un acide dicarboxylique et un diol. Les acides carboxyliques appropriés comprennent ceux mentionnés ci-dessus utilisés pour former les blocs polyamide à l’exception des acides téréphthaliques et isophthaliques. Les diols appropriés comprennent les diols aliphatiques linéaires tel que l’éthylène glycol, le 1 ,3-propylène glycol, le 1 ,4-butylène glycol, le 1 ,6-hexylène glycol, les diols branchés tel que le néopentylglycol, le 3-méthylpentane glycol, le 1 ,2-propylène glycol, et les diols cycliques tel que le 1 ,4-bis(hydroxyméthyl)cyclohexane et le 1 ,4-cyclohexane-diméthanol.
On entend également par polyesters, le poly(caprolactone) et les PES à base de dimères d’acide gras, en particulier les produits de la gamme PRIPLAST® de la société Croda ou Uniqema.
On peut également envisager un bloc PES de type «copolyester» alterné, statistique ou à blocs, contenant un enchaînement d’au moins deux types de PES cités ci-dessus.
Par bloc polvsiloxane (ci-après abrégé PSi) au sens de l’invention, on entend tout polymère ou oligomère organisilicié à structure linéaire ou cyclique, ramifiée ou réticulée obtenu par polymérisation de silanes fonctionnalisés et constitué pour l’essentiel par une répétition de motifs principaux dans lesquels des atomes de silicium sont reliés entre eux par des atomes d’oxygène (liaison siloxane Si-O-Si), des radicaux hydrocarbonés éventuellement substitués étant directement liés par l’intermédiaire d’un atome de carbone sur lesdits atomes de silicium. Les radicaux hydrocarbonés les plus courants sont les radicaux alkyls notamment en CI CI 0 et en particulier méthyle, les radicaux fluoroalkyls, les radicaux aryls et en particulier phényle, et les radicaux alcényls et en particulier vinyle ; d’autres types de radicaux susceptibles d'être lies soit directement, soit par l'intermediaire d'un radical hydrocarboné, à la chaîne siloxanique sont notamment l'hydrogène, les halogènes et en particulier le chlore, le brome ou le fluor, les thiols, les radicaux alcoxy, les radicaux polyoxyalkylènes (ou polyéthers) et en particulier polyoxyéthylène et/ou polyoxypropylène, les radicaux hydroxyls ou hydroxyalkyls, les groupements amines substitués ou non, les groupements amides, les radicaux acyloxy ou acyloxyalkyls, les radicaux hydroxyalkylamino ou aminoalkyls, des groupements ammonium quaternaires, des groupements amphotères ou betaïniques, des groupements anioniques tels que carboxylates, thioglycolates, sulfosuccinates, thiosulfates, phosphates et sulfates, et leurs mélanges, cette liste n'étant bien entendu nullement limitative (silicones dites "organomodifiees").
De préférence, lesdits blocs polysiloxane comprennent du polydiméthylsiloxane (ci-après abrégé blocs PDMS), du polyméthylphénylsiloxane, et/ou du polyvinylsiloxane.
Par bloc polvoléfine (ci-après abrégé bloc PO) au sens de l’invention, on entend tout polymère comprenant comme monomère une alpha-oléfine, c’est-à-dire les homopolymères d'une oléfine ou les copolymères d'au moins
une alpha-oléfine et d'au moins un autre monomère copolymérisable, l'alpha- oléfine ayant avantageusement de 2 à 30 atomes de carbone.
A titre d’exemple d'alpha-oléfine, on peut citer l’éthylène, le propylène, 1 -butène, 1 -pentène, 3-méthyl-1 -butène, 1 -hexène, 4-méthyl-1 -pentène, 3- méthyl-1 -pentène, 1 -octène, 1 -décène, 1 -dodécène, 1 -tétradécène, 1 - hexadécène, 1 -octadécène, 1 -eicocène, 1 -dococène, 1 -tétracocène, 1 - hexacocène, 1 -octacocène, et 1 -triacontène. Ces alpha-oléfines peuvent être utilisées seules ou en mélange de deux ou plus de deux.
A titre d'exemples, on peut citer :
les homopolymères et copolymères de l'éthylène, en particulier le polyéthylène basse densité (LDPE), le polyéthylène haute densité (HDPE), le polyéthylène linéaire basse densité (LLDPE), le polyéthylène très basse densité (VLDPE), le polyéthylène obtenu par catalyse métallocène ;
les homopolymères et copolymères du propylène, les polyalphaoléfines essentiellement amorphes ou attactiques
(APAO),
les copolymères éthylène/alpha-oléfine tels qu'éthylène/propylène, les élastomères EPR (éthylène-propylène-rubber), et EPDM (éthylène- propylène-diène), et les mélanges de polyéthylène avec un EPR ou un EPDM,
les copolymères blocs styrène/éthylène-butène/styrène (SEBS), styrène/ butadiène/styrène (SBS), styrène/isoprène/styrène (SIS), et styrène/éthylène-propylène/styrène (SEPS),
les copolymères de l'éthylène avec au moins un produit choisi parmi les sels ou les esters d'acides carboxyliques insaturés tels que par exemple les (méth)acrylates d'alkyle, l'alkyle pouvant avoir jusqu'à 24 atomes de carbone, les esters vinyliques d'acides carboxyliques saturés tels que par exemple l'acétate ou le propionate de vinyle, et les diènes tels que par exemple le 1 ,4-hexadiène ou le polybutadiène.
Selon un mode de réalisation avantageux de l'invention ledit au moins un bloc polyoléfine comprend du polyisobutylène et/ou du polybutadiène.
Selon un mode de réalisation particulièrement avantageux, le copolymère à blocs selon l’invention comporte au moins un bloc souple polyoléfine (bloc PO) et au moins un bloc dur hydrophile (ci-après abrégé BDh) comprenant à la fois du polyamide et du polyéther, tel qu’un bloc polyétheramide, un bloc polyétheresteramide, et/ou un bloc polyétheramideimide, etc... Ledit bloc PO comprend de préférence une polyoléfine comportant des groupements terminaux acides, alcools ou
amines. De préférence, le bloc PO est obtenu par dégradation thermique de polyoléfines de haut poids moléculaire pour former des polyoléfines de plus faible masse et fonctionnalisées (méthode de référence : Japanese Kokai Publication Hei-03-62804). En ce qui concerne le bloc BDh, il peut comprendre en outre au moins un polymère choisi parmi : des polymères cationiques, de type amine quaternaire et/ou dérivés phosphorés ; et/ou des polymères anioniques, de type diacide modifié, comportant un groupement sulfonate et susceptible de réagir avec un polyol. L’ajout de sel organique est alors envisageable dans la préparation du bloc BDh ou lors de la réaction entre le bloc PO et le bloc BDh. Le document US6552131 décrit la synthèse et les différentes structures possibles pour le copolymère à blocs PO et à blocs BDh, celles-ci étant bien entendu envisageables dans le procédé selon l’invention. Par bloc polvcarbonate (ci-après abrégé bloc PC) au sens de l’invention, on entend plus particulièrement tout polycarbonate aliphatique. Les polycarbonates aliphatiques sont décrits par exemple dans les documents DE2546534 et JP1009225. De tels polycarbonates homopolymères ou copolymères sont également décrits dans le doument US471203. Les demandes W092/22600 et W095/12629 décrivent des copolymères comprenant des blocs polycarbonate ainsi que leurs procédés de synthèse. Les blocs (et leur synthèse) décrits dans ces documents sont parfaitement envisageables pour la synthèse d’un copolymère à blocs PC selon l’invention. De préférence, les blocs polycarbonate du copolymère selon l’invention ont pour formule :
dans laquelle a est un nombre entier de 2 à 300; R1 et R2, qui peuvent être identiques ou différents, représentent une chaîne droite ou ramifiée, aliphatique ou alicyclique possédant de 2 à 18 atomes de carbone, ou bien représentent un groupement polyoxyalkylène ou encore représentent un groupement polyester.
Les polycarbonates dans lesquels R1 et R2 sont choisis parmi les groupements hexylène, décylène, dodécylène, 1 ,4-cyclohéxylene, 2,2-
diméthyM ,3-propylène, 2,5-diméthyl-2,5-hexylène ou polyoxyéthylèene sont préférés.
Si les copolymères à blocs décrits ci-dessus comprennent généralement au moins un bloc rigide polyamide et au moins un bloc souple, il est évident que la présente invention couvre en fait tous les copolymères comprenant deux, trois, quatre (voire plus) blocs différents choisis parmi ceux décrits dans la présente description, dès l’instant qu’au moins un de ces blocs est un bloc polyamide.
Avantageusement, le copolymère selon l’invention comprend un copolymère segmenté à blocs comprenant trois types de blocs différents (nommé «tribloc» dans la présente description de l’invention), qui résultent de la condensation de plusieurs des blocs décrits ci-dessus. Ledit tribloc est de préférence choisi parmi les copolyétheresteramides, les copolyétheramideuréthanes, dans le(s)quel(s) :
- le pourcentage massique en bloc rigide polyamide est supérieure à 10% ;
- le pourcentage massique en blocs souples est supérieur à 20% ;
sur la masse totale de tribloc.
Selon un mode de réalisation préféré, le bloc souple dans le copolymère à blocs rigides PA et blocs souples selon l’invention, comprend (et de préférence est) un bloc polyéther PE, choisi de préférence parmi PTMG, PPG, P03G et/ou PEG.
Selon un autre mode de réalisation avantageux, le bloc souple dans le copolymère à blocs rigides PA et blocs souples selon l’invention, comprend (et de préférence est) un bloc polyester P ES, choisi parmi les polyesters diols, le poly(caprolactone) et les polyesters à base de dimères d’acide gras. Avantageusement, dans le copolymère selon l’invention, le ratio en poids des blocs PA sur les blocs souples est compris dans la gamme de 0,3 à 10, de préférence de 0,3 à 6, de préférence de 0,3 à 3, de préférence de 0,3 à 2.
Des polvcarbodiimides appropriés pour la présente invention sont représentés par la formule générale suivante :
R-[-N=C=N-R’]n- où R est monovalent, R' est divalent, n vaut de 2 à 50, de préférence de 2 à 45, de préférence de 2 à 20, et de préférence de 5 à 20.
R peut être, par exemple, un groupe alkyle en C1 -C20 ou cycloalkyle en C3- C10 ou alcényle en C1 -C20, et peut être cyclique ou ramifié, ou peut contenir un noyau aromatique en C8-C16, et peut être substitué par des groupes fonctionnels.
R’ peut être un groupe divalent correspondant à tout ce qui précède, par exemple un alkylène en C1 -C20, un cycloalkylène en C3-C10, etc. Des exemples de groupes fonctionnels comprennent, mais sans y être limités, cyanato et isocyanato, halo, amido, carboxamido, amino, imido, imino, silyle, etc. Ces listes sont destinées uniquement à des fins d'illustration et non à titre limitatif de la portée de la présente invention.
A titre d’exemples de polycarbodiimides utilisables selon la présente invention, on peut citer des motifs répétés de N,N'-dicyclohexylcarbodiimide, N,N'-diisopropylcarbodiimide, N,N'-diphénylcarbodiimide, N,N'-di-2,6- diisopropylphénylcarbodiimide, 4,4'-dicyclohexylméthanecarbodiimide, tétraméthylxylylènecarbodiirnide (carbodiimide aromatique), N,N- diméthylphénylcarbodiimide, N,N'-di-2,6-diisopropylphénylcarbodiimide, 2,2',6,6'-tétraisopropyl diphényl carbodiimide (carbodiimide aromatique), homopolymère aromatique de 1 ,3,5-triisopropyl-2,4-diisocyanatobenzène, hétéropolymère aromatique de 1 ,3,5-triisopropyl-2,4-diisocyanatobenzène et 2,6-diisopropylphénylisocyanate, ou des combinaisons de ceux-ci.
Des exemples spécifiques de R' comprennent, mais sans y être limités, les radicaux divalents dérivés du 2,6-diisopropylbenzène, du naphtalène, du 3,5- diéthyltoluène, du 4,4'-méthylène-bis(2,6-diéthylènephényle), 4,4'-méthylène- bis(2-éthyle-6-méthylphényl), 4,4'-méthylène-bis (2,6-diisopropylphényl), 4,4'- méthylène-bis (2-éthyl-5-méthylcyclohexyle), 2,4,6-triisopropylphényle, n- hexane, cyclohexane, dicyclohexylméthane et le méthylcyclohexane, et analogues.
Les documents de brevet US5130360, US5859166, US368493, US7456137 US2007/0278452, US2009/0176938, et en particulier US5360888 décrivent encore d’autres exemples de polycarbodiimides.
Des polycarbodiimides appropriés peuvent être obtenus auprès de sources disponibles dans le commerce telles que la série Stabaxol P chez Rhein Chemie, la série Stabilizer chez Raschig, et d’autres chez Ziko ou encore Teijin par exemple.
Avantageusement, le polycarbodiimide est choisi parmi un Stabiliser, en particulier le Stabilizer® 9000 correspondant au Poly-(1 ,3,5-triisopropyl- phenylene-2,4-carbodiimide), un Stabaxol®, notamment un stabaxol® P, en
particulier le Stabaxol® P100 ou le Stabaxol® P400, ou un mélange de ceux- ci.
La présente invention a également pour objet l’utilisation d’au moins un polycarbodiimide tel que défini ci-dessus dans un copolymère à blocs tel que défini plus-haut pour améliorer la capacité dudit copolymère à être transformé sous forme de mousse tout en conservant sa recyclabilité, dans laquelle ledit copolymère à blocs comprend au moins un bloc rigide, de préférence polyamide PA, et au moins un bloc souple et comporte au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par ledit polycarbodiimide.
De préférence, pour l’utilisation selon l’invention, le polycarbodiimide est de masse moléculaire moyenne en poids supérieure à 10000 g/mol.
Avantageusement, la masse moléculaire moyenne en poids du polycarbodiimide utilisé dans la présente invention est comprise dans la gamme de 10000 à 40000 g/mol, de préférence de 15000 à 30000 g/mol.
De préférence, la masse moléculaire moyenne en poids du polycarbodiimide utilisé dans la présente invention est mesurée par chromatographie par perméation de gel (G PC) dans du tétrahydrofurane (THF).
La teneur en poids du polycarbodiimide représente avantageusement de 0,5 à 10% en poids, de préférence de 0,5 à 7% en poids, de préférence de 0,5 à 3% en poids, de préférence de 0,5 à 2,5%, de préférence de 0,5 à 2% en poids, sur le poids total de copolymère selon l’invention.
Selon un mode de réalisation avantageux de l’invention, ledit acide carboxylique du copolymère composant la mousse selon l’invention forme une liaison urée par réaction avec une fonction carbodiimide du polycarbodiimide.
Un des avantages du copolymère à blocs spécifique, à fin de chaîne acide bloquée, utilisé dans la mousse selon l’invention est qu’il reste sous forme linéaire non réticulée, la dispersité Mw/Mn du copolymère étant inférieure à 3. Ceci est surprenant dans la mesure où, dans l’art antérieur, les carbodiimides sont plutôt utilisés pour viscosifier les polyamides (voir par exemple le document de brevet FR3027907), notamment en les réticulant, et pour améliorer leur tenue à l’hydrolyse comme décrit dans US5360888. Ainsi, la mousse selon l’invention présente l’avantage d’être recyclable, grâce au copolymère non réticulé qui la compose.
La mousse de l’invention comporte un copolymère à blocs tel que décrit ci-dessus : de préférence un seul tel copolymère est utilisé. Il est toutefois possible d’utiliser un mélange de deux ou plus de deux copolymères à blocs tels que décrits ci-dessus.
De préférence, la masse moléculaire moyenne en nombre des blocs rigides, par exemple polyamides, dans le copolymère vaut de 200 à 1500 g/mol ; la masse moléculaire moyenne en nombre des blocs souples, par exemples polyéthers, vaut de 800 à 2500 g/mol.
De préférence, le rapport massique des blocs rigides par rapport aux blocs souples du copolymère est de 0,3 à 10. Ce rapport massique peut être calculé en divisant la masse moléculaire moyenne en nombre des blocs rigides par la masse moléculaire moyenne en nombre des blocs souples.
La masse moléculaire moyenne en nombre est fixée par la teneur en limiteur de chaîne. Elle peut être calculée selon la relation :
Mn = (nmonomère / niimiteur) * M motif de répétition + Mlimiteur
rimonomère = nombre de moles de monomère
niimiteur = nombre de moles de diacide en excès
Mmotif de répétition = Masse molaire du motif de répétition
Mlimiteur = Masse molaire du diacide en excès
Selon des modes de réalisation particuliers, ce rapport massique des blocs rigides par rapport aux blocs souples du copolymère vaut de 0,3 à 6 ; ou de 0,3 à 3 ; de préférence de 0,3 à 2.
De préférence, le copolymère utilisé dans l’invention présente une dureté instantanée inférieure ou égale à 55 Shore D, de préférence encore inférieure ou égale à 35 Shore D. Les mesures de dureté peuvent être effectuées selon la norme ISO 868:2003.
Le copolymère à blocs selon l’invention est utilisé pour former une mousse, sans étape de réticulation. La mousse est formée en mélangeant le copolymère à l’état fondu comportant au moins une fin de chaîne acide carboxylique bloquée par un polycarbodiimide, éventuellement avec un ou des additifs, avec un agent d’expansion, puis en réalisant une étape de moussage du mélange de copolymère et d’agent d’expansion.
Selon un mode de réalisation, la mousse ainsi formée consiste essentiellement, voire consiste, en le copolymère décrit ci-dessus (ou les copolymères, si un mélange de copolymères est utilisé) et optionnellement l’agent d’expansion, si celui-ci demeure présent dans les pores de la mousse, notamment s’il s’agit d’une mousse à pores fermés.
Dans la mousse selon l’invention, le copolymère à blocs peut être combiné à divers additifs, par exemple des copolymères d’éthylène et acétate de vinyle ou EVA (par exemple ceux commercialisés sous le nom d’Evatane® par Arkema), ou des copolymères d’éthylène et d’acrylate, ou des copolymères d’éthylène et d’alkyl(méth)acrylate, par exemple ceux
commercialisé sous le nom de Lotryl® par Arkema. Ces additifs peuvent permettre d’ajuster la dureté de la pièce moussée, son aspect et son confort. Les additifs peuvent être ajoutés dans une teneur de 0 à 50 % en masse, préférentiellement de 5 à 30 % en masse, par rapport au copolymère à blocs.
L’agent d’expansion (aussi appelé agent moussant) peut être un agent chimique ou physique.
De préférence, il s’agit d’un agent physique, tel que par exemple le diazote ou le dioxyde de carbone, ou un hydrocarbure, chloroflurocarbure, hydrochlorocarbure, hydrofluorocarbure ou hydrochlorofluorocarbure (saturé ou insaturé). Par exemple le butane ou le pentane peuvent être utilisés.
Un agent d’expansion est généralement mélangé avec le copolymère sous forme liquide ou supercritique, puis converti en phase gazeuse lors de l’étape de moussage.
De manière avantageuse, le procédé selon l’invention comprend une étape d'injection de la composition selon l’invention, c’est-à-dire l’injection du mélange de copolymère et d'agent de moussage physique et/ou chimique, dans un moule, le moussage du mélange, à l’issue de son chauffage, étant réalisé :
pendant son injection dans le moule (short shot technology), et/ou
par l'ouverture du moule (core-back technology).
Selon un mode de réalisation alternatif ou complémentaire du précédent, le procédé selon l’invention comprend l'extrusion de ladite composition moussable, induisant le moussage de ladite composition par décomposition ou expansion de l’agent moussant, directement en sortie d’extrusion.
Selon encore un autre mode de réalisation, le procédé selon l’invention comprend le chauffage de ladite composition moussable dans un réacteur (procédé « batch »), dans lequel on crée une instabilité thermodynamique en saut de pression et/ou de température, qui génère(nt) le moussage de ladite composition.
Selon encore un autre mode de réalisation, le procédé selon l’invention comprend la fabrication de particules de mousses, comprenant les étapes suivantes :
extrusion dudit copolymère ou mélange,
découpe sous eau du jonc obtenu en granulés
moussage physique et/ou chimique des granulés en autoclave, et récupération de particules de mousse ;
ou bien les étapes suivantes :
extrusion dudit copolymère ou dudit mélange
moussage physique et/ou chimique en filière et formation d’un jonc de mousse
découpe sous eau du jonc de mousse obtenu
récupération de particules de mousse.
Selon un mode de réalisation préféré de l’invention, le mélange du copolymère et de l’agent d’expansion est injecté dans un moule, et le moussage est produit par l’ouverture du moule. Cette technique permet de produire directement des objets moussés tridimensionnels aux géométries plus ou moins complexes.
Il s’agit également d’une technique relativement simple à mettre en oeuvre, notamment par rapport à certains procédés de fusion de particules moussées tels que décrits dans l’art antérieur : en effet, le remplissage du moule par des granulés moussés de polymère puis la fusion des particules pour assurer une tenue mécanique des pièces sans détruire la structure de la mousse sont des opérations complexes.
La mousse produite selon l’invention présente de préférence une densité de 50 à 800 kg/m3, et de manière plus particulièrement préférée de 100 à 600 kg/m3. De manière avantageuse, la mousse selon l’invention présente une densité inférieure ou égale à 800 kg/m3, de préférence inférieure ou égale à 600 kg/m3, de manière plus particulièrement préférée inférieure ou égale à 400 kg/m3, voire inférieure ou égale à 300 kg/m3, mieux inférieure ou égale à 250 kg/m3, ou encore mieux inférieure ou égale à 220 kg/m3. Le contrôle de la densité peut être réalisé par une adaptation des paramètres du procédé de fabrication. Néanmoins, les plus basses densités atteignables pour la mousse selon l’invention résultent essentiellement du copolymère à blocs spécifique utilisé comportant une ou plusieurs fin(s) de chaîne acide(s) bloquée(s) par du polycarbodiimide.
De préférence, cette mousse selon l’invention présente une résilience de rebondissement, selon la norme ISO 8307:2007, supérieure ou égale à 63 %.
De préférence, cette mousse présente également d’excellentes propriétés de tenue en fatigue et d’amortissement.
La présente invention a encore pour objet un article constitué d’une mousse selon l’invention, ou encore un article comprenant au moins un élément constitué d’une mousse selon l’invention.
La mousse selon l’invention peut être utilisée pour fabriquer des équipements de sport, tels que des semelles de chaussures de sport, de chaussures de ski, des semelles intermédiaires, des semelles intérieures, des semelles extérieures ou encore des composants fonctionnels de semelles, sous forme d’inserts dans différentes parties de la semelle (talon ou voûte plantaire par exemple), ou encore des composants des dessus de chaussures sous forme de renforts ou d’inserts dans la structure du dessus de chaussure, sous forme de protections.
Elle peut également être utilisée pour fabriquer des ballons, des gants de sport (par exemple des gants de football, des gants de boxe), des composants de balles de golf, des raquettes, des éléments de protection (gilets, éléments intérieurs de casques, de coques...).
La mousse selon l’invention présente des propriétés anti-chocs, anti vibrations et anti-bruit intéressantes, combinées à des propriétés haptiques adaptées aux biens d’équipements. Elle peut donc aussi être utilisée pour la fabrication de semelles de rails de chemin de fer, ou de diverses pièces dans l’industrie automobile, dans les transports, dans les équipements électriques et électroniques, dans la construction ou dans l’industrie manufacturière.
Un avantage des objets en mousse selon l’invention est qu’ils peuvent être aisément recyclés, par exemple en les fondant dans une extrudeuse équipée d’une sortie de dégazage (optionnellement après les avoir découpés en morceaux).
EXEMPLES
Les exemples suivants illustrent l'invention sans la limiter.
Matériaux utilisés :
Dans les essais qui suivent, on utilise en tant que témoins des mousses de PEBA 3 et PEBA 4, et des mousses de Copo 3 et Copo 4 bloqués par du polycarbodiimide en tant qu’exemples selon l’invention.
PCDI: polycarbodiimide: Poly-(1 ,3,5-triisopropylphenylene-2,4-carbodiimide), CAS-No. 29963-44-8.
PEBA 3 : PA 12-PTMG (Mn : 2000-1000)
PEBA 3 est un copolymère selon l’invention, à blocs PA 12 et blocs PTMG de masses moléculaires moyennes en nombre (Mn) respectives 2000 - 1000. Copo 3 : 98,5% PEBA 3 bloqué par 1 ,5% PCDI
PEBA 4 : PA1 1 -PTMG (600-1000)
PEBA 4 est un copolymère à blocs PA1 1 et blocs PTMG de masses moléculaires moyennes en nombre (Mn) respectives 600 - 1000.
Copo 5 : 98% PEBA 4 bloqué par 1 ,5% PCDI
Copo 4 : 98% PEBA 4 bloqué par 2% PCDI
Exemple 1 : Mesure de l’aptitude à l’étirement des PEBAs et Cooos au moyen d’un Rheotens Description du test de rhéologie élongationnelle :
Principe : Un jonc est extrudé à travers une filière d’un rhéomètre capillaire ; celui-ci est saisi, à l'état fondu, par 2 paires de roues entraînées par un moteur à vitesse variable. Une première paire de roues ainsi que le moteur sont montés à l'extrémité libre, déviable, d'un support relié directement à un capteur, représentant la force de rappel.
La 2ème paire de roues (couplée aux premières) permet de guider et de limiter l'enroulement du jonc autour des roues supérieures. Des petits tampons imbibés de liquide tensioactif (mélange eau, éthanol, et tensioactif) sont également appliqués sur les roues afin de les refroidir et ainsi limiter l'effet de collage.
Les courbes de melt strenght des figures 1 et 2 représentent la contrainte d’élongation en ordonnée en fonction du facteur d’élongation en abscisse.
Contrainte d’élongation :
Facteur d’élongation :
Avec v : Vitesse avec laquelle le jonc est étiré : vitesse des roues
F : Force appliquée par le jonc
: Aire du jonc lorsqu’il sort de la filière
° : Vitesse d’extrusion du jonc en sortie de filière
Conditions opératoires :
- Rhéomètre capillaire :
Appareil : RHEOMETRE CAPILLAIRE GOTTFERT RHEOTESTER 2000. Filière : 30 mm X 1 mm Filières L/d = 30/1
Capteur : 0-1400 bar (référence 131055)
Temps de préchauffage : 300 s (5 min)
Températures d’essai : 150°C ou 180°C selon les graies
Gradient de cisaillement : 50 s-1
- Rhéotens :
Roues : Inox rainurées
Hauteur de tirage : 105 mm
Entrefer : environ = 0,6 mm
Vo (vitesse initile) = 6 mm/s
Accélérations : a * t, a = 2,4 mm/s2
Lubrification : mélange eau + tensioactif
Diamètre du piston : 12 mm
Vitesse du piston : 0,043 mm/s
La figure 1 représente le résultat de mesure de rhéologie élongationnelle du PEBA 3 (courbe du bas) et du Copo 3 (courbe du haut) à 180°C.
La figure 2 représente le résultat de mesure de rhéologie élongationnelle du PEBA 4 (courbe du bas) et du Copo 4 (courbe du haut) à 150°C.
Les copolymères Copo 3 et Copo 4 selon l’invention présentent une aptitude à l’étirement améliorée par rapport à celle des témoins respectifs PEBA 3 et PEBA 4, donc les Copos selon l’invention présentent une meilleure capacité à être transformés sous forme de mousse.
Exemple 2 : Mesure de la densité et de la résilience de rebond
Les mousses sont fabriquées à partir des PEBA 4, Copo4 et Copo5, au moyen d’une presse à injecter Arburg Allrounder 520A 150T, avec un système d’injection d’un agent d’expansion physique de type Trexel sériés II, en utilisant la technologie Mucell®, et l’ouverture du moule.
Les paramètres opératoires sont les suivants :
- Température du fourreau (°C) : 230 °C
- Géométrie du moule (mm) : 170 x 170 x 4
- Vitesse d’injection : 150 mm/s
- Temps de maintien avant ouverture du moule : 6-10 s
- Pression de maintien : 300 MPa
- Temps de refroidissement (s) : 70 s
- Température du moule : 40 °C
- Longueur d’ouverture du moule : jusqu’à 30 mm
- Vitesse d’ouverture du moule. 0,28 mm/s.
L’agent moussant utilisé est du diazote (N2) introduit à hauteur de 1 ,5 % en poids.
Lors du procédé de fabrication de mousse on mesure l’ouverture de moule (mm) maximale possible tout en conservant l’homogénéité (en taille) des cellules.
Les propriétés suivantes des mousses obtenues sont évaluées :
- Densité : selon la norme ISO 845:2006 ;
- Résilience de rebondissement ou « Rebond » : selon la norme ISO 8307:2007 (une bille d’acier de 16,8 g et de diamètre 16 mm est lâchée d’une hauteur de 500 mm sur un échantillon de mousse, la résilience de rebondissement correspond alors au pourcentage d’énergie restituée à la bille, ou pourcentage de la hauteur initiale atteinte par la bille au rebond).
Les résultats sont indiqués dans le tableau suivant :
Les copolymères Copo 4 et Copo 5 selon l’invention présentent de meilleures propriétés de densité (inférieure), et de résilience de rebondissement (supérieure), que le PEBA 4 témoin.
Exemple 3 - Mesure de la dispersité des différents PEBAs et Copos
Les masses meléculaires meyennes en peids et en nembre Mw et Mn mesurées augmentent respectivement lcrsqu’cn passe d’un PEBA au Ccpc correspondant utilisé dans les mousses selon l’invention, ce qui indique que la réaction s’est produite entre la fonction carbodiimide du polycarbodiimide et la fonction acide du PEBA pour former le Copo à fin de chaîne acide bloquée utilisé selon l’invention.
La dispersité est déterminé comme étant égale au rapport entre masse moléculaire en poids et en nombre Mw/Mn. La précision de la mesure est donnée à 5% près.
La masse moléculaire (ou molaire) moyenne en nombre est fixée par la teneur en limiteur de chaîne. Elle peut être calculée selon la relation :
Mn = (nmonomère / niimiteur) * M motif de répétition + Mlimiteur
rimonomère = nombre de moles de monomère
niimiteur = nombre de moles de diacide en excès
Mmotif de répétition = Masse molaire du motif de répétition
Mlimiteur = Masse molaire du diacide en excès
La dispersité Mw/Mn est par ailleurs conservée dans chaque copolymère utilisé selon l’invention par rapport au PEBA initial correspondant, et elle est mesurée inférieure à 3, dans tous les copolymères, ce qui prouve que les copolymères utilisés pour la mousse selon l’invention sont restés sous forme linéaire non réticulée. Les mousses à base de ces copolymères restent donc parfaitement recyclables.
En définitive, le polycarbodiimide ainsi utilisé dans la mousse selon la présente invention permet d’améliorer les propriétés : d’étirabilité et d’expansion du copolymère sous forme de mousse, et les propriétés de densité et de rebond, tout en maintenant la recyclabilité de la mousse.
Ces propriétés avantageuses n’ont pas pu être observées avec des carbodiimides monomériques, leur volatilité n’ayant pas permis à ces
derniers de réagir ni de bloquer effectivement ledit acide carboxylique du copolymère à blocs utilisé dans la mousse de la présente invention.