SYSTEME ET PROCEDE DE SOUFFLAGE DE CORPS CREUX EN MATIERE PLASTIQUE MINIMISANT LA CONSOMMATION D'AIR HAUTE PRESSION
La présente invention a pour objet un système et un procédé de soufflage de corps creux en matière plastique minimisant la consommation d'air haute pression.
Elle concerne la fabrication par étirage-soufflage à partir d'ébauches, ou "préformes", moulées par injection, de récipients et en particulier de bouteilles en matière thermoplastique telle que le polyethylene téréphtalate (P. ET.), dont l'ouverture
(le col) est beaucoup plus petite que le corps interdisant ainsi l'introduction de noyaux de réduction du volume de soufflage.
Dans le domaine des articles creux, les polymères thermoplastiques ont connu un rapide développement au cours des années écoulées. Les techniques d'étirage-soufflage d'ébauches ou "préformes" s'effectuant dans une zone de température ou le matériau est étirable sous une forte pression interne permettent actuellement d'obtenir des bouteilles présentant un minimum de poids en même temps qu' un niveau élevé de propriétés mécaniques.
La fabrication par soufflage d'une bouteille en plastique à partir d'une préforme se décompose en plusieurs phases :
- Introduction de la préforme réchauffée dans le moule et fermeture de celui-ci. - Étirage de la préforme par une tige dite d'élongation et pré-soufflage par introduction d'air basse pression. Le pré-soufflage est réalisé sous une pression d'environ 7 à 10 bars.
- Soufflage final sous haute pression (environ 40 bars) pour plaquer le plastique contre le moule et ainsi assurer une bonne prise d'empreinte et le bon refroidissement de la matière plastique.
- Ouverture du moule et éjection de la bouteille pour redémarrer un nouveau cycle de soufflage.
La préforme 1 , d'une seule pièce, est composée d'une partie étirable
ou corps 2 cylindrique creux, fermé à une extrémité par une calotte semi-sphérique, l'autre extrémité, ouverte, formant le col 3 de la bouteille finie et comportant une collerette 4 circulaire coaxiale faisant saillie par rapport au diamètre extérieur de la préforme. Contrairement au corps 2, le col 3 ne subit aucune transformation au cours du processus de fabrication de la bouteille (figure 1).
Pour la mise en forme de la bouteille, la préforme est disposée dans un moule de soufflage dans lequel est délimitée une cavité à la forme du récipient à obtenir, de telle manière que son extrémité ouverte dépasse à l'extérieur du moule. Ainsi, un dispositif de soufflage peut être amené au niveau du col de la préforme pour injecter de l'air sous pression dans la préforme. Simultanément, une tige d'étirage est introduite axialement à l'intérieur de la préforme pour venir en appui contre l'extrémité fermée du corps de la préforme.
Pendant la phase de pré-soufflage le P. ET. se développe sous forme d'une bulle qui finit par occuper quasiment le volume définitif de la bouteille a souffler.
La phase finale de soufflage haute pression ne sert qu'a amener la matière au contact complet de l'empreinte du moule pour assurer une bonne prise d'empreinte de la forme du moule et le contact entre la paroi de la bouteille et le moule généralement refroidi. Pour effectuer cette dernière opération la totalité du volume de la bouteille pré-soufflée est donc rempli d'air haute pression.
Les systèmes connus d'étirage-soufflage donnent entière satisfaction en termes de fonctionnement du procédé de soufflage. Toutefois, il est apparu le besoin de diminuer de manière importante la consommation globale d'énergie de ces machines.
La production d'air haute pression représente la plus grande consommation d'énergie et est donc très coûteuse tant en terme d'investissement au départ (proportionnel au débit à fournir), qu'en terme de la consommation électrique d'utilisation (coût total = coût dû à la consommation énergétique, plus coût d'investissement des compresseurs proportionnel à leur taille).
En outre, dans le cas des bouteilles, l'ouverture du col présente un diamètre beaucoup plus petit que celui du corps et, à ce titre, il est impossible d'introduire des noyaux d'étirage de dimension significative, ceux-ci devant pouvoir
passer par le col, ce qui ne permet pas de limiter le volume d'air haute pression à l'intérieur du récipient.
L'objectif recherché de la présente invention est de limiter au maximum la consommation d'air haute pression en réduisant le volume intérieur de la bouteille grâce à l'introduction, après l'opération de pré-soufflage, d'un corps incompressible à l'intérieur de celle-ci. Ce corps se comportant comme un noyau viendra considérablement réduire le volume, minimisant ainsi le volume d'air haute pression nécessaire pour une bonne prise d'empreinte. La difficulté est de pouvoir introduire ce volume « mort » de gros volume à travers un tout petit orifice qui est le col de la bouteille.
Le système selon l'invention consiste à gainer la tige d'étirage, pourvue d'un canal interne relié à une canalisation d'arrivée de liquide, d'une poche en élastomère dans laquelle le liquide est introduit grâce à l'action mécanique d'un piston après la phase d'étirage et de pré-soufflage, de façon à lui faire prendre le volume du corps pré-soufflé avant de procéder au soufflage haute pression, un clapet anti-retour disposé sur l'alimentation de liquide rendant incompressible la poche remplie de liquide.
Sur les dessins en coupes axiales annexés, donnés à titre d'exemple non limitatif d'une forme de réalisation conforme à la présente demande : la figure 1 , déjà mentionnée, représente une préforme de bouteille avant soufflage, la figure 2 montre une préforme en place dans le moule de soufflage, avant transformation, les figures 3 et 4 représentent respectivement, dans les mêmes conditions, les phases d'étirage et de pré-soufflage, la figure 5 montre la poche en élastomère remplie de liquide, les figures 6 et 7 illustrent deux variantes de soufflage haute pression et la figure 8 montre la bouteille terminée extraite du moule.
Le dispositif, figures 2 à 7, est constitué d'un moule 5 de soufflage de type courant pourvu d'une empreinte 6 interne présentant la forme du récipient 20 à obtenir et d'une ouverture permettant l'introduction du corps 2 de la préforme 1 , de telle
manière que le col 3 dépasse à l'extérieur du moule.
Le col 3 de la préforme est coiffé d'un embout 7 à raccordement étanche pourvu d'une dérivation 8 par laquelle est introduit l'air de pré-soufflage (flèche F2, figure 4).
Une tige d'étirage 9, s'insérant à l'intérieur de la préforme 1 , peut coulisser axialement de façon à appuyer sur l'extrémité fermée du corps 2 de la préforme pour pousser cette extrémité en direction du fond de l'empreinte 6. La tige d'étirage est gainée par une poche 10 en élastomère dont la partie supérieure est accrochée à un anneau 11 coulissant sur la tige qui comporte un canal interne 12 relié à une canalisation 13 d'arrivée de liquide et pourvu d'orifices communiquant avec l'intérieur de la poche.
Une fois la phase d'étirage (figure 3) et de pré-soufflage (figure 4) réalisée d'une façon conventionnelle, l'air de pré-soufflage est évacué par mise à l'air libre (flèche F4, figure 5). Dans le même temps, un liquide 14 est introduit dans la poche au travers de la tige d'étirage 9 (flèche F3). La poche, grâce à l'anneau 11 , glisse donc le long de la tige d'étirage pour prendre le volume du corps 2 pré-soufflé de la préforme, ce qui permet de limiter l'extension de la poche et donc d'augmenter sa durée de vie.
Le liquide 14 peut être admis grâce à l'action mécanique d'un piston basse pression prenant appui sur une came entraînée par le mécanisme du système. Un clapet anti-retour 15 à pilotage emprisonne le volume de liquide dans la poche 10. Cet ensemble devient donc un corps incompressible.
Après le remplissage de la poche 10, la phase de mise en haute pression de transformation finale peut être réalisée suivant deux variantes d'exécution
- A) : injection à l'intérieur de la préforme 1 d'air haute pression (40 bars) de façon traditionnelle (flèche F2'), sachant que le volume d'air utilisé sera la différence de volume entre la préforme pré-soufflée et l'empreinte finale, soit environ
5% du volume de la bouteille (figure 6).
- B) : injection dans la poche 10 de liquide haute pression (40 bars) pour compléter les 5% de volume restant. En raison du faible volume à compléter il est possible d'appliquer un effort mécaniquement peu important sur une petite section grâce à un piston haute pression 16 de faible capacité (figure 7).
L'utilisation d'un noyau incompressible tel que décrit permet une réduction très sensible de la consommation d'énergie.
Par exemple, dans le cas d'une bouteille d'un volume de 1 ,5 litre fabriquée à une cadence de 20 000 bouteilles/heure, soit un volume de 30 m3, avec une pression de pré-soufflage de 7 bars et une pression de soufflage finale de 40 bars, la consommation d'énergie théorique est égale à :
30m3/ x 40b = 1200Nm3/h
Dans les mêmes conditions, la consommation d'énergie du système selon l'invention (variante A ou B) est égale à :
(95%.30m3/h x 7b)+(5%.30m3/h x 40b) = 259.5 Nm3/h soit un gain de 940,5Nm3/h ce qui représente plus de 75% d'économie.
Le positionnement des divers éléments constitutifs donne à l'objet de l'invention un maximum d'effets utiles qui n'avaient pas été, à ce jour, obtenus par des systèmes similaires.