C'est nous qui massacrons dix mille merles pour faire du pâté et six millions de Juifs pour faire de l'Histoire. C'est nous qui brûlons les Jeanne d'Arc et mitraillons les Kennedy pour en faire des saints, après. C'est nous qui déversons nos tinettes dans les rivières et nos pétroliers dans les océans et qui pleurons quand ça nous revient sur la gueule, nous qui rasons les forêts pour en faire des journaux du coeur, qui gavons les oies à la mécanique pour chatouiller nos petites papilles, qui crevons les yeux des serins pour qu'ils chantent mieux, qui éventrons les brebis pour couvrir d'astrakan nos mémères,qui allons en safari tuer l'éléphant pour le standing.
(...)
Les lynchages, c'est nous ! Les pogroms, c'est nous !...
Les vaches sacrées, les croisades, la censure, l'Inquisition, le napalm... c'est nous !
Nous, les radieux, les éblouissants cons.
( Cavanna - 1968 )
Une immensité de cons passifs, une poignée de cons actifs : c'est la société où nous sommes. Ce sont toutes les sociétés qui ont existé ou existent à quelques nuances près.
La lutte des classes est un leurre. La politique est un trompe-faim. La lutte qui s'impose, qui s'impose maintenant sous peine de mort, c'est la lutte pour empêcher les cons, actifs ou passifs, de nuire.Leur ôter le pouvoir de saccager nos vies ( et les leurs ! ), le pouvoir de plier toute la planète à leurs conceptions de cons.
( Cavanna - Chronique )