GESTION DE BATTERIES HAUTE TEMPERATURE
Domaine de 1 ' invention
La présente invention concerne de façon générale la gestion de l'énergie dans un réseau de distribution électrique et, plus particulièrement, la gestion de batteries électro- chimiques haute température de stockage d'électricité.
Exposé de l'art antérieur
Les batteries, dites haute température, sont des batteries électrochimiques utilisées dans les réseaux de distribution d'énergie. Ce type de batterie est également connu sous la dénomination batteries "Sodium Beta", qui incluent notamment les batteries au sodium/chlorure de nickel (batteries Zébra) ainsi que des batteries au sodium/soufre. Toutes ces batteries sont des batteries de forte capacité (plusieurs dizaines de kilowattheures) et sont généralement implantées sur le réseau électrique de distribution, c'est-à-dire entre les postes de transformation de haute ou moyenne tension vers la basse tension, et les abonnés.
Des moyens de stockage d'énergie tels que des batteries sont généralement souhaitables dans les réseaux électriques afin d'absorber les pics de consommation ou de production. En effet, en l'absence de tels éléments de stockage, il est nécessaire de dimensionner le réseau de production et de
distribution électrique afin que celui-ci soit en mesure de satisfaire la demande et la production, y compris dans des fortes périodes de consommation/production dont les pics ne représentent généralement que quelques heures pendant quelques jours par an.
Les batteries haute température constituent des moyens de stockage pratiques dans la mesure où ils peuvent être aisément placés à proximité des sites de consommation, ce qui n'est pas le cas des autres moyens de régulation de distribution d'énergie de type stockage hydraulique. Toutefois, une diffi¬ culté est que ces batteries doivent être portées à une température de plusieurs centaines de degrés (typiquement de l'ordre de 300°C) pour fonctionner (en charge et en décharge). Le besoin de porter ces batteries à haute température pour qu'elles fonctionnent fait qu'elles sont en pratique maintenues en permanence à température de fonctionnement.
Cela accroît le coût de l'énergie, non seulement en raison du besoin de chauffer les batteries en permanence, mais également car cela limite la durée de vie de ces batteries. En effet, les batteries de type haute température ont une durée de vie limitée de l'ordre d'une dizaine d'années en fonctionnement à haute température.
Le document "Analysis and Operational Records of NAS Battery" de K. Iba et al, R. Ideta et K. Suzuki - Universities Power Engineering Conférence, 2003 - UPEC '06. Proceedings of the 41st International, IEEE, PI, 1 septembre 2006, pages 491- 495, décrit un procédé de régulation de la température de batteries de type NAS.
Le document GB-A-2081000 décrit également un procédé de régulation de la température de batteries NAS.
Le document "Overview of the Sodium-Sulfur Battery for the IEEE Stationary Battery Committee" d'A. Bito - Power Engineering Society General Meeting, 2005 - IEEE San Francisco, USA - 12-16 juin 2005 - pages 2346-2349, fait un état des lieux des batteries de type NAS.
Le document "Battery Storage System sizing in distribution feeders with distributed photovoltaic Systems" de C. Venu et al. Powertech 2008 IEEE Bucharest, IEEE, Piscataway, NJ, USA - 28 juin 2009 - pages 1-5, décrit un système combinant des batteries et une production photovoltaïque .
Tous les documents ci-dessus insistent sur l'importance, dans les batteries NAS de réguler la température afin d'éviter des variations de température préjudiciables à la durée de vie de ces batteries.
Résumé
Ainsi, un objet d'un mode de réalisation de la présente description vise à pallier tout ou partie des inconvénients liés à l'utilisation de batteries haute tempé¬ rature .
Un autre objet d'un mode de réalisation est d'accroître la durée de vie des batteries haute température et, plus particulièrement les batteries aptes à supporter des variations de température.
Un autre objet d'un mode de réalisation est d'optimiser l'utilisation de batteries haute température dans un réseau électrique.
Un autre objet d'un mode de réalisation est de proposer une solution plus particulièrement adaptée à des batteries de type Sodium-Béta.
Pour atteindre tout ou partie de ces objets ainsi que d'autres, on prévoit un procédé de gestion d'au moins une batterie électrochimique haute température, dans lequel la batterie est portée à une température nominale de fonctionnement suite à une détection d'un besoin d'utilisation.
Selon un mode de réalisation, on prévoit un procédé de gestion d'au moins une batterie électrochimique haute température comprenant les étapes suivantes :
évaluer les capacités de production d'un réseau électrique et/ou évaluer les besoins en consommation des utilisateurs de ce réseau, pour une période future ;
décider d'utiliser ou non de la batterie au cours de la période future, en fonction du résultat de l'étape d'évaluation ;
porter la batterie à une température de fonctionnement ou ramener la batterie au repos à température ambiante en fonction de la décision prise ; et
répéter les étapes ci-dessus.
Selon un mode de réalisation, l'écart entre la température ambiante et la température de fonctionnement est d'au moins 100°C.
Selon un mode de réalisation, le vieillissement de la batterie à température ambiante est au moins deux fois plus lent que son vieillissement à température de fonctionnement.
Selon un mode de réalisation, le passage de la température ambiante à la température de fonctionnement et inversement prend plusieurs heures.
Selon un mode de réalisation, les étapes d'évaluation sont effectuées de façon anticipée en tenant compte de la durée nécessaire pour porter la ou les batteries à leur température de fonctionnement.
Selon un mode de réalisation, les étapes d'évaluation sont effectuées quotidiennement pour le jour suivant.
On prévoit également un procédé de gestion d'énergie dans un réseau électrique, dans lequel des batteries électro- chimiques haute température sont utilisées pour stocker l'éner¬ gie produite par des centrales solaires décentralisées.
On prévoit également un réseau électrique adapté à la mise en oeuvre du procédé de gestion d'énergie.
Brève description des dessins
Ces objets, caractéristiques et avantages, ainsi que d'autres seront exposés en détail dans la description suivante de modes de réalisation particuliers faite à titre non limitatif en relation avec les figures jointes parmi lesquelles :
la figure 1 est une représentation schématique d'un réseau électrique du type auquel s'appliquent les modes de réalisation qui vont être décrits ;
les figures 2A, 2B et 2C sont des chronogrammes illustrant de façon très schématique un exemple de fonction¬ nement du procédé de gestion d'énergie ; et
la figure 3 est un schéma bloc simplifié d'un mode de réalisation du procédé de gestion d'énergie.
Description détaillée
De mêmes éléments ont été désignés par de mêmes références aux différentes figures qui ont été tracées sans respect d'échelle. Pour simplifier, seuls les étapes et éléments utiles à la compréhension des modes de réalisation décrits ont été représentés et seront détaillés. En particulier, les installations de production d'énergie n'ont pas été détaillées, les modes de réalisation décrits étant compatibles avec les installations usuelles équipant les réseaux. De plus, la constitution d'une batterie électrochimique haute température n'a pas non plus été détaillée, les modes de réalisation décrits étant là encore compatibles avec les batteries usuelles.
La figure 1 est une représentation très schématique d'un exemple de réseau électrique du type auquel s'appliquent les modes de réalisation qui vont être décrits.
Un tel réseau se retrouve de façon générale dans n'importe quelle région ou pays. Typiquement, un réseau électrique comporte des unités de production 11, par exemple de type centrale nucléaire, thermique, hydraulique, parc éolien, etc., un réseau de transport par exemple aérien 12 (pylônes et câbles) ou enterré entre les unités de production et des postes de transformation très haute tension vers moyenne tension ou basse tension 13. En aval de ces transformateurs ou postes source, on trouve un réseau de distribution 14 chargé de véhiculer la moyenne ou basse tension vers des utilisateurs, par exemple des industries 15, des logements collectifs 16 ou individuels 20, le cas échéant par l'intermédiaire de postes de
transformation secondaires 17. Des unités de production (par exemple de type centrale solaire 18) peuvent également fournir directement de l'énergie à un poste de transformation secondaire 17. Par ailleurs, il existe de plus en plus de mini- ou micro- centrales de production d'énergie, par exemple, des panneaux solaires 21 installés sur le toit des maisons ou immeubles, qui sont susceptibles de réinjecter de l'énergie sur le réseau.
Pour faciliter la régulation et la gestion de l'énergie distribuée en fonction de la demande, le réseau électrique intègre de plus en plus souvent des systèmes de stockage décentralisés, par exemple, des batteries électro¬ chimiques haute température 30. Dans l'exemple de la figure 1, une seule batterie 30 a été représentée associée à un transformateur 17, mais de tels éléments de stockage décentralisés peuvent être répartis à de multiples endroits du réseau .
Les figures 2A, 2B et 2C sont des chronogrammes illustrant un exemple de gestion d'énergie dans un réseau électrique à l'aide d'un élément de stockage de type batterie électrochimique à haute température. La figure 2A illustre un exemple d'allure de la production d'énergie (PROD) fournie par les diverses centrales au cours du temps, par exemple au cours d'une journée. La figure 2B illustre l'appel de puissance du réseau (POWER), c'est-à-dire les besoins en consommation. La figure 2C illustre l'allure de l'énergie (BAT) dans la batterie.
On suppose qu'au début de la période temporelle considérée, la puissance appelée par le réseau n'excède pas la capacité maximale MAX de production des centrales. On en profite alors pour recharger la batterie (entre les instants tl et t2) . L'énergie stockée dans la batterie sert alors à une autre période par exemple de la journée (entre les instants t3 et t4) au cours de laquelle les besoins en énergie du réseau de distribution excèdent la production maximale susceptible d'être fournie par les centrales. Une telle gestion d'énergie évite de devoir surdimensionner le réseau en fonction de pics de
consommation épisodiques. Les figures 2A à 2C ont été décrites en relation avec l'utilisation d'un élément de stockage mais, en pratique, en utilisant des éléments de stockage décentralisés, ce fonctionnement peut être reproduit au niveau de ces divers éléments de stockage.
La durée de vie des batteries électrochimiques haute température est cependant limitée. Cette durée de vie dépend du nombre de cycles (charge-décharge) d'utilisation de la batterie (vieillissement en cyclage) , ainsi que du temps (vieillissement calendaire) .
Une grande partie des batteries haute température utilisée aujourd'hui sont des batteries de type NAS (sulfure de sodium) . Comme 1 ' indiquent notamment les documents mentionnés au début de la présente description, on cherche à réguler la température de ces batteries afin de les préserver. Cette régulation vise à limiter les variations de température autour de leur température nominale de fonctionnement (plusieurs centaines de degrés) . En effet, les batteries de type NAS ne sont pas adaptées à supporter un cyclage en termes de montée- descente en température entre la température nominale de fonctionnement et la température ambiante (typiquement de quelques dizaines de degrés, de l'ordre de 20-25 degrés). C'est pourquoi on cherche habituellement à les maintenir à leur température nominale de fonctionnement, qu'elles soient utilisées ou non. Ce cyclage en termes de montée-descente en température est différent du cyclage en charge-décharge.
Les inventeurs se sont aperçus que, d'autres types de batteries supportent un cyclage en termes de montée-descente en température entre la température ambiante (typiquement 25°C) et une température nominale de fonctionnement (de l'ordre de
300°C) . C'est, par exemple, le cas des batteries de type Sodium- Béta.
Par ailleurs, pour des batteries de type Sodium-Béta, on considère que le nombre de cycles de charge-décharge qu'est susceptible de supporter la batterie est de l'ordre de 3000 et
que le vieillissement calendaire à la température nominale de fonctionnement (de l'ordre de 300 °C) est d'environ 10 ans.
L'inventeur a par ailleurs constaté que les batteries pourraient n'être utilisées pour absorber les pics de consommation que de l'ordre d'un cycle par jour et ce pendant quelques mois par an. En estimant le nombre de mois à quatre, cela signifie que la durée de vie de la batterie sera limitée par le vieillissement calendaire alors qu'elle pourrait supporter un plus grand nombre de cycles . Les batteries à haute température de ce type sont donc généralement sous-utilisées .
Toutefois, le vieillissement calendaire d'une batterie électrochimique haute température n'est pas le même selon que la batterie est au repos à sa température normale de fonctionnement ou au repos à température ambiante. Elle vieillit moins vite à température ambiante, où sa durée de vie est de plusieurs dizaines d'années.
L'inventeur s'est aperçu qu'en utilisant les batteries dans des périodes où elles sont réellement utiles du point de vue du réseau électrique, c'est-à-dire dans les périodes où il y a des pics de consommation importants, il était possible d'accroître la durée de vie des batteries en les ramenant à température ambiante en dehors des périodes de fonctionnement. On tire alors profit du fait que certaines batteries supportent un cyclage en termes de montée-descente en température pour commander un système de chauffe et/ou refroidissement de la batterie. Une difficulté est toutefois qu'il faut plusieurs heures, voire une journée, pour porter une batterie électrochimique haute température à sa température de fonctionnement. Par conséquent, la réactivité du système pose problème.
On propose d'exploiter des outils de prédiction de consommation et de prédiction de production d'énergie pour déterminer des périodes pendant lesquelles des batteries électrochimiques sont placées à température de fonctionnement. On exploite alors la possibilité de prévoir, à partir de
prévisions météorologiques, les périodes de production par les mini-centrales décentralisées (en particulier la production par mini-centrales solaires) du réseau. On exploite également la prévision de consommation basée sur l'historique de la consommation ainsi que divers paramètres tels que la météo, l'actualité (par exemple un événement sportif majeur télé¬ diffusé) pour optimiser la gestion des batteries.
Une telle solution est particulièrement adaptée à l'existence de sites de production décentralisés dont les capacités de production sont du même ordre de grandeur que la capacité de stockage des batteries électrochimiques (quelques dizaines de kilowatts) . Il est par conséquent désormais possible de disséminer ces éléments de stockage sur l'ensemble d'un territoire pour optimiser et ajuster au mieux la gestion d'énergie en minimisant le transport, source de pertes.
La figure 3 est un organigramme simplifié d'un mode de mise en oeuvre du procédé de gestion d'une batterie. Cette figure sera décrite en relation avec un exemple d'utilisation d'une seule batterie mais on notera qu'elle se transpose sans difficulté quel que soit le nombre de batteries.
On considère, à titre d'exemple, que le temps nécessaire pour placer une batterie dans ses conditions de fonctionnement (temps nécessaire pour porter la batterie à température de fonctionnement de plusieurs centaines de degrés) est de l'ordre d'une journée. Le procédé décrit pourra s'adapter à d'autres durées mais l'exemple d'une journée correspond à un exemple réaliste qui, de surcroît, s'adapte parfaitement à la périodicité de production des centrales solaires (production pendant la journée là où la demande d'énergie est moindre) et à la périodicité des pics de consommation (consommation maximale en début et fin de journée là où la production solaire est faible ou inexistante) .
Dans l'exemple de la figure 3, on évalue quotidien¬ nement les besoins en consommation (bloc 31, CONS D+l) ainsi que les capacités de production (bloc 32, PROD D+l) , en particulier
les capacités de production décentralisées. Des outils d'estima¬ tion de consommation à partir des prévisions météorologiques, de la période de l'année, des événements d'actualité attendus, etc., sont connus et utilisables à cette fin. De façon simi- laire, des outils d'estimation de la production d'énergie et en particulier de la production décentralisée par des minicentrales solaires réparties sur un territoire en fonction de leur localisation et, notamment, des prévisions météorologiques, sont également disponibles et susceptibles d'être utilisés pour effectuer l'estimation de la production du jour suivant.
On évalue alors si les besoins en consommation instantanée, dans une période future (par exemple, le jour suivant) seront supérieurs aux capacités de production (bloc 33, CONS(D+l) > PROD(D+l) ?) de cette période future. Dans l'affirmative (sortie Y du bloc 33), cela signifie que la batterie doit être mise en fonctionnement, c'est-à-dire pouvoir être chargée pendant des plages horaires du jour suivant où la production excédera la consommation pour être ensuite déchargée lors du pic de consommation qui suivra. On tire ici profit du fait qu'il existe toujours, dans une période journalière, des intervalles de temps où la production est supérieure à la consommation (voir les figures 2) .
On commence (bloc 34, BAT ON ?) par détecter l'état de la batterie (repos à température ambiante (BAT OFF) ou à haute température (BAT ON)), c'est-à-dire si elle est déjà à sa température de fonctionnement par exemple parce qu'elle est en train d'être utilisée pour le jour courant.
Dans la négative (sortie N du bloc 34), on procède à un préchauffage de la batterie pour la porter à température de fonctionnement (bloc 35, PRE HEAT) . Si la batterie était déjà à température de fonctionnement (sortie Y du bloc 34) , on saute bien entendu l'étape 35. L'écart entre la température de fonctionnement et la température ambiante est, en pratique, d'au moins une centaine de degrés. Il ne s'agit pas de réguler la température de la batterie autour d'une valeur mais de
"commuter" sa température entre deux valeurs éloignées l'une de l'autre, pour tirer profit des conditions de vieillissement différentes .
La batterie est alors utilisable (état BAT ON, bloc 36) .
Dans le cas où les conditions de consommation attendues pour le jour suivant ne risquent pas d'excéder les capacités de production instantanées (sortie N du bloc 33) , la batterie peut alors être placée au repos à température ambiante (de l'ordre de 25°C) afin de limiter son vieillissement.
Pour cela, on vérifie si la batterie est dans un état de fonctionnement (bloc 37, BAT ON ?) . Dans l'affirmative (sortie Y du bloc 37) , on ramène la batterie à température ambiante (bloc 38, BAT OFF) , c'est-à-dire qu'on arrête les éléments de chauffage de la batterie et elle redescend d'elle- même à température ambiante (ou on active un système de refroidissement si l'on souhaite accélérer le processus). Si la batterie est déjà à température ambiante (sortie N du bloc 37) , on ne change rien.
Les étapes 31 à 38 sont reproduites quotidiennement
(bloc 39, NEXT D) ou avec une périodicité correspondant à la périodicité choisie pour placer la batterie en fonctionnement. Cette périodicité peut dépendre, en particulier, de la durée nécessaire pour porter une batterie électrochimique à tempéra- ture de fonctionnement. Le choix de l'instant auquel mettre en oeuvre les étapes 31 à 38 n'a pas d'importance, mais on choisira de préférence toujours la même heure d'un jour à l'autre.
La figure 4 est un organigramme simplifié illustrant une variante de mise en oeuvre du procédé. Par rapport à la figure 3, la différence est que le test 33 est remplacé par un test 33' (CONS(D+l) ≠ PROD(D+l) ?) au cours duquel on évalue si la consommation attendue pour la période future sera différente de la production attendue pour cette période future. Dans l'affirmative, on place la batterie dans sa condition de fonctionnement (blocs 34, 35 et 36) , que ce soit pour la charger
(consommation inférieure à la production) ou pour la décharger (consommation supérieure à la production) . Dans la négative, on ramène la batterie à température ambiante (blocs 37 et 38) .
Selon d'autres variantes simplifiées non représentées, on évalue uniquement la production attendue pour la période future ou uniquement la consommation attendue. On place alors la batterie dans sa condition de fonctionnement si la production (ou la consommation) attendue est supérieure à un seuil. Cela prépare la batterie, soit à être chargée, soit à être déchargée.
Le procédé décrit ci-dessus peut être mis en oeuvre à l'aide d'équipements informatiques couramment présents dans les centres de contrôle du réseau électrique. La commande des batteries et notamment leur préchauffage s'effectuent aisément à distance, les équipements d'un réseau électrique étant désormais quasiment tous télécommandables .
On notera que, pendant les périodes où la batterie est à sa température de fonctionnement, on pourra mettre en oeuvre un mécanisme de régulation de température du type décrit dans les documents susmentionnés.
En mettant en oeuvre un tel procédé de gestion d'énergie, on accroît considérablement la durée de vie des batteries électrochimiques tout en optimisant la gestion du réseau et l'utilisation des éléments de stockage décentralisés.
Un avantage induit par l'utilisation de batteries haute température est d'aider à maintenir le plan de tension
(niveau moyen de la tension) du réseau de distribution sur lequel des unités de production du type centrales solaires peuvent avoir un impact important. En effet, lors de périodes de forte production solaire, le niveau de la tension du réseau a du mal à être régulé, en particulier si la consommation n'est pas importante, la tension a alors tendance à augmenter. Le fait de charger les batteries pendant ces périodes engendre une consommation qui participe à une amélioration du plan de tension. De façon similaire, la décharge des batteries au moment où la consommation devient importante et où la production
photovoltaïque chute et risquerait ainsi d'engendrer un effondrement de la tension, fournit de l'énergie permettant d'éviter ou d'amoindrir ce phénomène.
Divers modes de réalisation ont été décrits, diverses variantes et modifications apparaîtront à l'homme de l'art. De plus, la mise en oeuvre pratique des modes de réalisation décrits est à la portée de l'homme du métier à partir des indications fonctionnelles données ci-dessus et en utilisant des outils usuels d'estimation de production et de consommation et des outils informatiques adaptés. De plus, le choix des batteries auxquelles sont susceptibles de s'appliquer les modes de réalisation décrits dépend de leurs conditions de vieillissement à température ambiante et à température de fonctionnement. De préférence, on sélectionnera des types de batteries dont le rapport de vieillissement entre les deux températures est d'au moins 2. C'est le cas des batteries de type Sodium-Béta. En outre, bien que l'on ait décrit une solution s 'appliquant à des batteries dont la température de fonctionnement est supérieure à la température ambiante, ces modes de réalisation pourraient être transposés à des batteries dont la température nominale de fonctionnement est inférieure à la température ambiante en appliquant un refroidissement au lieu d'un réchauffage.