DISPOSITIF DE SURVEILLANCE DU FONCTIONNEMENT D'UN APPAREIL
MEDICAL
L'invention concerne un dispositif de surveillance, en particulier un dispositif agencé pour être monté sur un appareil médical.
Les progrès réalisés dans les matériels médicaux ont permis un essor conséquent de leur utilisation hors du cadre classique des hôpitaux. Ainsi, il n'est plus rare de rencontrer des matériels comme des défibrillateurs dans des locaux d'entreprises. La nouvelle utilisation de ces matériels pose de nombreuses questions et problèmes.
En effet, il devient de plus en plus complexe de contrôler l'état de fonctionnement de matériels toujours plus nombreux, et les solutions de télésurveillance par communication filaire limitent de manière conséquente le rayon d'action de ces matériels.
L'invention vient améliorer la situation.
A cet effet, l'invention propose un dispositif de surveillance agencé pour être monté sur un appareil médical qui comprend :
- un capteur de fonctionnement agencé pour déterminer les données désignant un état de l'appareil sur lequel est monté le dispositif,
- un capteur de repos agencé pour déterminer des données désignant un déplacement d'un appareil sur lequel est monté le dispositif,
- un dispositif de localisation agencé pour déterminer des données de localisation du dispositif,
- un émetteur radio propre à établir une connexion sans fil pour transmettre des données, et
- un pilote agencé pour activer sélectivement le dispositif de localisation et l'émetteur en fonction des données issues du capteur de fonctionnement et du capteur de repos, en transmettant les données issues du dispositif de localisation lorsqu'il est activé.
Cela est particulièrement avantageux car ce dispositif permet de rendre les défibrillateurs portables, c'est-à-dire qu'on augmente ainsi leur rayon d'action, tout en assurant une surveillance de leur disponibilité et en prévenant des pannes éventuelles. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture de la description qui suit, tirée d'exemples donnés à titre illustratif et non limitatif, tirés des dessins sur lesquels :
- la figure 1 représente un dispositif selon l'invention monté sur un défibrillateur accroché à un mur,
- la figure 2 représente un schéma fonctionnel du dispositif de la figure 1 , et
- la figure 3 représente un diagramme d'état en exemple du fonctionnement du dispositif de la figure 2.
Les dessins et la description ci-après contiennent, pour l'essentiel, des éléments de caractère certain. Ils pourront donc non seulement servir à mieux faire comprendre la présente invention, mais aussi contribuer à sa définition, le cas échéant.
On a représenté sur la figure 1 un défibrillateur 2 sur lequel est monté un dispositif de surveillance 4.
Le défibrillateur 2 est accroché à un mur 6 au moyen d'attaches 8. Le défibrillateur 2 comprend également des diodes lumineuses 10 dont les clignotements indiquent l'état de fonctionnement du défibrillateur 2. Comme cela apparaîtra mieux avec la figure 2, ces clignotements sont exploités par le dispositif de surveillance 4.
Le dispositif de surveillance 4 est monté sur le défibrillateur 2 au moyen de vis non représentées. D'autres moyens de liaison du dispositif de surveillance 4 au défibrillateur 2 peuvent être utilisés, parmi lesquels des clips ou du collage.
La figure 2 représente un schéma de principe du dispositif de surveillance 4.
Le dispositif de surveillance 4 comprend un capteur 20, un module de communication 22, une antenne 24, un haut-parleur 26, une batterie 28, un accéléromètre 30, un dispositif de géolocalisation 32, et un pilote 34. Le capteur 20 est un capteur lumineux qui est utilisé pour interpréter le signal lumineux émis par les diodes électroluminescentes 10 du défibrillateur 2.
Le signal du capteur 20 est transmis au pilote 34 pour indiquer l'état de fonctionnement du défibrillateur 2.
En effet, le défibrillateur 2 comporte des mécanismes de diagnostic qui permettent de détecter un problème de fonctionnement interne comme une panne de batterie, ou une utilisation potentielle, comme le fait que les électrodes ont été sorties de leur logement. En temps normal, le défibrillateur 2 actionne les diodes lumineuses 10 de sorte qu'elles émettent un signal dit témoin.
En réponse à la détection d'une panne batterie d'un décrochage des électrodes, le défibrillateur actionne les diodes pour émettre un signal lumineux différent du signal témoin.
Le capteur 20 est agencé pour détecter ce changement et interpréter le nouveau signal émis par les diodes lumineuses 10, et pour émettre un signal correspondant vers le pilote 34.
Lorsqu'il reçoit du capteur 20 un signal indiquant un état du défibrillateur 2 autre que l'état de repos, le pilote 34 peut commander au module de communication 22 d'émettre une communication via l'antenne 24 pour indiquer le changement d'état. Dans l'exemple décrit ici, le module de communication 22 est un émetteur-récepteur de téléphonie mobile du type GPRS, qui est capable d'émettre des données sous forme de paquets, et d'établir une communication de type GSM avec un poste de contrôle.
Le module de communication 22 pourrait être un émetteur-récepteur de téléphonie mobile du type 3 G ou autre, ou tout autre type d'émetteur radio permettant de transférer des données. Le poste de contrôle est une entité dont le rôle est de surveiller le fonctionnement d'un parc de défibrillateurs 2 chacun équipé d'un dispositif de surveillance 4, et d'agir en fonction des données reçues, selon qu'une panne ou une activation est détectée par exemple. En fonction du changement d'état détecté, le pilote 34 peut donc envoyer des données via le module de communication 22 au poste de contrôle.
En réponse, le poste de contrôle peut initialiser une communication de type GSM avec le dispositif de surveillance 4 pour permettre à un opérateur du poste de contrôle de guider un utilisateur du défibrillateur 2 dans les opérations à mener via le haut- parleur 26.
Le pilote 34 peut également commander le haut-parleur 26 pour émettre des instructions vocales lorsque certains signaux sont détectés, par exemple pour expliquer à un utilisateur du défibrillateur 2 comment remplacer des électrodes usagées.
Le pilote 34 peut également commander à intervalles réguliers le module de communication 22 d'établir une communication de contrôle avec le poste de contrôle. Cela permet de vérifier que le module de communication 22 fonctionne bien. Ainsi, si un problème lié à l'abonnement du module de communication 22 (par exemple une facture impayée), ou si la batterie du module de communication 22 est vide, ou si tout autre problème empêchant la communication de contrôle est rencontré, cela peut être détecté à la fois par le pilote 34 et par le poste de contrôle.
En réponse, le pilote 34 peut émettre via le haut-parleur 26 ou par tout autre moyen un signal indiquant ce problème.
De même, du côté du poste de contrôle, l'absence de réception d'une communication de contrôle depuis un dispositif de surveillance 4 surveillé peut également provoquer une alerte indiquant une défaillance du module de communication 22, et une réponse appropriée.
Ainsi, la fiabilité du dispositif de surveillance 4 est assurée, ce qui garantit que les informations concernant le défïbrillateur 2 sont exactes.
Dans l'exemple décrit ici, la batterie 28 alimente l'ensemble des dispositifs électroniques du dispositif de surveillance 4. Cependant, chaque dispositif pourrait avoir une batterie propre.
Dans l'exemple décrit ici, l'accéléromètre 30 est un accéléromètre à trois axes qui permet de détecter un déplacement du dispositif de surveillance 4.
Comme le dispositif de surveillance 4 est destiné à être toujours solidaire du défïbrillateur 2, tout signal de mouvement détecté par l'accéléromètre 30 indique donc que le défïbrillateur 2 est en cours de déplacement. Le pilote 34 est agencé pour surveiller tout signal issu de l'accéléromètre 30 indiquant un déplacement, et pour activer en réponse le module de communication 22 en conséquence pour émettre au poste de contrôle des données indiquant un tel déplacement. En réponse à ces données, l'opérateur du poste de contrôle peut contacter la personne responsable du défïbrillateur pour lui indiquer le déplacement de celui-ci. Cela permet de mettre cette personne au courant de l'utilisation de son défïbrillateur.
On notera que dans le cas où un déplacement détecté par l'accéléromètre 30 correspondrait au détachement du dispositif de surveillance 4 du défïbrillateur 2 (par exemple pour voler le défïbrillateur 2), cette information est tout aussi importante que s'il s'agissait d'un déplacement pour utilisation du défïbrillateur 2.
En effet, le dispositif de surveillance 4 est indispensable pour surveiller le bon état de fonctionnement du défibrillateur 2, et le poste de contrôle va contacter la personne responsable du défibrillateur 2, qui pourra alors constater quel est l'usage qui est fait de celui-ci, qu'elle soit légitime ou pas.
On notera que l'accéléromètre 30 pourrait être remplacé par d'autres moyens de détection de déplacement. On pourrait par exemple utiliser un capteur de lumière qui est obturé lorsque le défibrillateur 2 est sur son support, et qui reçoit de la lumière lorsque celui-ci est retiré du support.
Avantageusement, lorsqu'un signal de déplacement du dispositif de surveillance 4 est détecté par l'accéléromètre 30 et reçu par le pilote 34, celui-ci peut réagir en activant le dispositif de géolocalisation. En effet, dès lors que l'accéléromètre 30 a détecté un déplacement du dispositif de surveillance 4, il est particulièrement intéressant de surveiller ces déplacements.
Par la suite, le pilote 34 peut activer le module de communication 22 pour transmettre au poste de contrôle les données de géolocalisation reçues du dispositif 32.
Cette transmission d'informations peut avantageusement être réalisée dans le cadre de la communication établie lorsque le déplacement a été détecté par l'accéléromètre 30. Elle peut également être faite au sein d'une autre communication initialisée par le pilote 34 via le module de communication 22.
Dans l'exemple décrit ici, le dispositif de géolocalisation 32 est un récepteur GPS. Ainsi, il est possible de déterminer avec une résolution de quelques mètres l'emplacement exact du dispositif de surveillance 4 lorsque le défibrillateur 2 est détaché de son support.
En variante, le dispositif de géolocalisation 32 pourrait être remplacé par une communication avec un serveur de triangulation GSM qui utilise les communications du
module de communication 22 avec les antennes environnantes pour déterminer la position du dispositif de surveillance 4 avec une précision de l'ordre de 100 mètres.
La capacité du dispositif de surveillance 4 à déterminer sa localisation et à transmettre cette localisation est extrêmement cruciale dans le cadre des défibrillateurs mobiles.
En effet, ces défibrillateurs sont placés sous la responsabilité de personnes qui ont l'obligation légale de s'assurer de leur fonctionnement. Il est donc particulièrement important non seulement de déterminer si le défïbrillateur est en état de marche, mais également s'il est bien là où il doit être.
Classiquement, les défibrillateurs étaient peu ou pas mobiles, et la télésurveillance était limitée à des solutions filaires peu efficaces.
Le dispositif de surveillance 4 est donc particulièrement avantageux car il adresse tous les défauts des solutions de télésurveillance classiques.
La figure 3 représente un exemple d'une boucle de fonctionnement du pilote 34.
Celui-ci part dans une opération 300 d'une initialisation d'un compteur de temps.
Le pilote 34 commence par exécuter une fonction Shnt() dans une opération 310 afin de déterminer si le dispositif de surveillance 4 doit être éteint.
En effet, si la fonction Shnt() détecte que le défibrillateur 2 est en utilisation, il est crucial que tous les éléments électroniques du dispositif de surveillance 4 soient éteints de manière à ne pas risquer d'en perturber le fonctionnement.
Si cette condition est détectée, alors dans une opération 312, le dispositif de surveillance 4 est éteint au moyen d'une fonction Blk(). L'éteignage est précédé par un envoi au poste de contrôle, par le pilote 34 via le module de communication 22, d'un paquet de données indiquant que le défibrillateur 2 est en cours d'utilisation.
Dans l'exemple décrit ici, le test de l'opération 310 est exécuté avant toute exécution d'une fonction par le pilote 34 afin d'assurer que le dispositif de surveillance 4 est éteint dès que le défibrillateur 2 est activé.
Pour cette raison, la combinaison opération 310-312 ne sera pas répétée dans ce qui suit, bien qu'elle soit à chaque fois exécutée.
Avantageusement, une procédure spécifique est nécessaire pour réactiver le dispositif de surveillance 4 une fois que l'opération 312 est réalisée. Cela permet de s'assurer qu'un utilisateur ne peut pas réactiver le dispositif de surveillance 4 par accident lors de l'utilisation du défibrillateur 2.
Dans une opération 314, le pilote 34 détermine s'il a reçu un signal d'exception au moyen d'une fonction Except().
La fonction Except() peut par exemple consulter une mémoire de travail dans laquelle viennent écrire le capteur 20, le module de communication 22, et l'accéléromètre 30.
Par signal d'exception on entend tout signal indiquant un fonctionnement du défibrillateur 2 ou du dispositif de surveillance 4 qui nécessite une communication avec le poste de contrôle.
Si l'opération 314 ne détecte pas d'exception, alors l'opération 310 est répétée.
Si l'opération 314 détecte une exception, une fonction LnTl() est exécutée dans une opération 316. Cette fonction vise à détecter un problème au niveau du module de communication 22.
En effet, comme on l'a vu avec la description de la figure 2, si la communication de contrôle avec le poste de contrôle n'aboutit pas, ou si un autre problème est détecté au niveau du module de communication 22, il est avantageux de le signaler.
Si la fonction LnTl() détecte un problème, le pilote 34 exécute une fonction SignalLnTl() dans une opération 318.
Cette fonction commande par exemple le haut-parleur 26 pour émettre un signal sonore ou un message qui indique aux utilisateurs du défibrillateur 2 que le module de communication 22 a un problème.
D'autre part, si le problème détecté n'affecte pas directement la capacité à communiquer du module de communication 22, par exemple si le problème détecté correspond à une faiblesse de la batterie 28 qui l'alimente, alors la fonction SignalLnTl() peut également initialiser une communication avec le poste de contrôle pour envoyer un paquet de données comprenant un code indiquant le type de problème rencontré.
Si le test de l'opération 316 est négatif, alors une fonction TechPb() est exécutée dans une opération 320 pour déterminer si l'exception détectée correspond à un problème technique du défibrillateur 2.
Si c'est le cas, alors le pilote 34 active le module de communication 22 dans une opération 322 au moyen d'une fonction SignalPb(), et transmet au poste de contrôle un paquet de données contenant un code indiquant l'erreur technique détectée.
Si l'exception détectée n'est pas un problème technique du défibrillateur 2, alors cela signifie que l'exception détectée à l'opération 314 provient de l'accéléromètre 30. En réponse, le pilote 34 exécute une fonction SignalMv() dans une opération 324.
Par cette fonction, le pilote 34 active le module de communication 22 pour envoyer un paquet de données contenant un code indiquant que le défibrillateur 2 est en train d'être déplacé. En exécutant la fonction SignalMv(), le pilote 34 déclenche également l'activation du dispositif de géolocalisation 32 afin de pouvoir suivre les déplacements du dispositif de surveillance 4.
L'opération 324 est suivie d'une boucle dans laquelle les données de géolocalisation du dispositif de surveillance 4 sont récupérées dans une opération 326 et envoyées via le module de communication 22 au poste de contrôle par une fonction SndPst() de manière régulière, par exemple toutes les 30 secondes, jusqu'à épuisement de la batterie 28 ou jusqu'à exécution de la fonction Blk().
Avantageusement, la fonction SndPst() peut tirer partie des données issues de l'accéléromètre 30. En effet, lorsque le dispositif de surveillance 4 est situé dans des locaux fermés, il y a de fortes chances que le dispositif de géolocalisation rencontre des problèmes si c'est un récepteur GPS.
Dans ce cas, les données de l'accéléromètre 30 peuvent être intégrées temporellement pour en tirer un vecteur déplacement du dispositif de surveillance 4. Dans tous les cas, ces données peuvent servir de données redondantes permettant de valider une position déterminer par le dispositif de géolocalisation 32.
Dans ce qui précède, un mode de réalisation particulier a été décrit pour le dispositif de surveillance 4. Ce mode de réalisation est particulièrement adapté à l'utilisation conjointe avec un défibrillateur médical.
Cela a pour conséquence que de nombreuses mesures de sécurité sont mises en place pour détecter tout type d'anomalie de fonctionnement et pour désactiver le dispositif de surveillance dès que l'utilisation du défibrillateur est détectée.
Cependant, le dispositif de surveillance est compatible avec tout autre type d'appareil médical portable sur lequel il peut être monté. Dans de tels cas, certaines fonctions et/ou sécurités pourront être adaptées et/ou omises pour simplifier le dispositif de surveillance.
En outre, le dispositif de surveillance décrit ici utilise un capteur de lumière qui tire partie du fait que le défibrillateur émet un signal lumineux pour indiquer son état de fonctionnement.
En variante, le capteur 20 peut être remplacé par tout capteur propre à détecter l'état de fonctionnement du défibrillateur ou de l'appareil médical sur lequel est monté le dispositif de surveillance.