SYSTEME DE DEFENSE D'UNE CIBLE COMPRENANT UN DISPOSITIF LANCEUR DE PROJECTILES
Le secteur technique de la présente invention est celui des dispositifs de protection d'une cible agressée par un projectile .
Pour protéger une cible, tel un véhicule blindé, un abri ou un bâtiment, il est bien connu de prévoir des moyens permettant de repérer le projectile agresseur et de déclencher en réaction le tir d'un projectile defensif afin de détruire, de détourner et/ou de perturber le projectile agresseur avant qu'il n'atteigne ladite cible. Le projectile agresseur est très souvent un missile mais peut être de tout type par exemple un projectile flèche, un projectile à charge formée ou creuse, etc..
Ainsi, le brevet FR-A-2 722 873 décrit un système de protection comprenant un conteneur de lancement mobile en site et en gisement asservi à un système de détection permettant de commander le tir d'un projectile defensif à partir du conteneur. Dans ce brevet, on propose un projectile defensif constitué par une grenade à éclats.
On connaît également un système décrit dans le brevet US-5 036 748 comprenant un tourelleau mobile en gisement par rapport à un véhicule blindé et supportant deux tubes de lancement mobile en site. Un système radar permet de repérer le missile agresseur et de commander le lancement d'un projectile defensif anti-missile.
On connaît également un brevet DE-3 410 467 qui propose un projectile defensif constitué par une charge à éclats pour perturber le missile agresseur.
Les brevets US-5229540, US-4765244 et FR-2458044 décrivent des systèmes de défense contre des missiles agresseurs consistant à lancer un projectile defensif contre ceux-ci. Dans tous les systèmes proposés, on utilise des moyens classiques d'orientation en site et en gisement analogues à ceux mis en œuvre pour orienter un canon ou lanceur. Pour mémoire, on notera que le canon est mobile en site par
rapport à une tourelle ou un support et que cette tourelle est mobile en gisement par rapport à la cible. Cette architecture est bien connue pour orienter le canon dans toutes les directions de l'espace. L'inconvénient de ces systèmes réside dans le fait qu'ils entraînent une modification de la silhouette de la cible la rendant mieux détectable par l'agresseur et donc plus visible et plus vulnérable.
Le but de la présente invention est de fournir un système de défense intégré dans une cible à protéger et conférant à celle-ci un aspect plus compact.
L'invention a donc pour objet un système de défense d'une cible contre un projectile agresseur du type comportant un dispositif lanceur de projectiles defensifs et des moyens de commande du dispositif après détection du projectile agresseur, caractérisé en ce que le dispositif lanceur comprend un tourelleau mobile en gisement par rapport à la cible et un lanceur solidaire du tourelleau et articulé en site dans le gisement du tourelleau pour assurer une compacité de l'ensemble par rapport à la cible.
Selon une caractéristique de l'invention, le lanceur est monté articulé au niveau de sa base autour d'un axe solidaire du tourelleau.
Selon une autre caractéristique de l'invention, le tourelleau se présente sous la forme d'une embase circulaire délimitant une paroi latérale dont la hauteur est inférieure à la moitié de son diamètre extérieur.
Selon encore une autre caractéristique de l'invention, le lanceur est actionné en rotation par un vérin disposé dans l'espace interne délimité par la paroi latérale, solidaire à une extrémité du tourelleau et dont la tige est solidaire d'un levier prolongeant la base dudit lanceur.
Selon une autre caractéristique de l'invention, à site nul la tige du vérin est parallèle au plan (PI) de rotation en gisement du tourelleau.
Avantageusement, le lanceur est articulé en site suivant un angle compris entre environ -10° et +70.
Avantageusement encore, la longueur du lanceur est
sensiblement égale au diamètre (d) du tourelleau.
Avantageusement encore, le lanceur comporte au moins deux tubes de lancement disposés côte à côte.
Avantageusement encore, le tourelleau est actionné en rotation de gisement par rapport à la cible à l'aide d'un ensemble crémaillère pignon, le pignon étant solidaire du tourelleau.
Avantageusement encore, la crémaillère est solidaire du moyen de commande comprenant un vérin à double effet dont le piston est actionné par un groupe hydraulique.
Avantageusement encore, l'axe du piston est sensiblement parallèle au plan de rotation en gisement.
Un tout premier avantage du système selon l'invention réside dans le fait que le tourelleau et le lanceur forment un ensemble unitaire intégrable sur tout type de cible.
Un autre avantage réside dans le fait les dimensions extérieures de l'ensemble unitaire sont compatibles avec l'environnement d'un char de combat.
Un autre avantage réside dans le fait qu'une cible peut être équipée de plusieurs systèmes selon l'invention.
D'autres caractéristiques, détails et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description donnée ci-après à titre indicatif en relation avec des dessins dans lesquels : - la figure 1 représente une vue générale du dispositif lanceur,
- la figure 2 est une vue de côté du lanceur positionné sur son support représenté en coupe,
- la figure 3 est une coupe verticale du tourelleau montrant les moyens de rotation en site et en gisement,
- la figure 4 illustre le moyen d'entraînement en gisement du tourelleau,
- les figures 5 à 7 illustrent les positions en site négatif, nul et positif du lanceur. Sur la figure 1, on a représenté une vue générale du dispositif lanceur 1 selon l'invention, les moyens de commande après détection d'un projectile agresseur n'étant pas représentés. En effet, ce système est connu en lui-même
et peut être constitué par une réalisation telle que divulguée par les brevets cités précédemment. Une application préférée de l'invention consiste à équiper un char de combat avec un ou plusieurs tourelleaux fixés soit sur le châssis soit sur la tourelle.
Le dispositif tel que représenté sur cette figure peut être intégré sur n'importe quelle cible qu'il s'agit de protéger en prévoyant un circulaire équipé d'un roulement. Il comprend un tourelleau 2 se présentant sous la forme d'une embase 3 de symétrie circulaire dont la paroi latérale cylindrique est seule visible. Cette embase 3 est de forme générale aplatie, dont la hauteur est faible par rapport au diamètre pour délimiter un réceptacle destiné à recevoir des moyens de commande en site. A titre indicatif, la hauteur de l'embase peut être inférieure au rayon. Cette embase reçoit du côté supérieur un lanceur 4 comprenant deux tubes 5 et 6 de lancement de projectiles defensifs, reliés ensemble. Les tubes 5 et 6 sont orientés dans la même direction, c'est-à-dire que leurs axes de tir sont parallèles. Le lanceur 4 est articulé en site par rapport à l'embase 3 autour des tourillons 7 dont les extrémités sont fixées le long d'une séquente . On voit le bloc hydraulique 8 situé dans le réceptacle en dessous du lanceur 4 permettant de commander sa rotation en site. En dessous de l'embase 2, un moyen de commande 9 assure la rotation en gisement de cette embase par rapport à la cible en relation avec un bloc hydraulique 10.
Bien entendu, le tourelleau 2 peut être équipé d'un plus grand nombre de tubes, par exemple de 3 à 6. Il est préférable que les axes de tir de ces tubes sont parallèles entre eux pour conserver le caractère compact de l'ensemble. Ainsi, si on prévoit trois tubes on s'arrangera pour les trois axes de tir soient dans le même plan.
Sur la figure 2, on a représenté une vue du dispositif 1 placé sur un support 11 faisant partie de la cible. Le tourelleau 2 est monté rotatif par rapport au support 11 par l'intermédiaire d'un roulement 12. Pour assurer la rotation du tourelleau en gisement, celui-ci est muni d'un
arbre 13 aligné sur l'axe 14 du roulement 12. L'arbre 13 est muni d'un pignon 15 coopérant avec le moyen de commande 9. Comme on le voit sur cette figure le lanceur 4 est muni au niveau de sa paroi de fond 16 de moyen de réception des tourillons 7 pour assurer une rotation autour de l'axe 17. Cet axe est situé en dessous et à l'extérieur du lanceur. Cette disposition permet d'assurer la rotation en site du lanceur dans le gisement du tourelleau.
Sur la figure 3, on a représenté en coupe les moyens de commande en site et en gisement du dispositif. Le lanceur 4 est muni d'un levier 18 fixé à sa base et dont l'extrémité libre s'étend au-delà de l'axe 17 de rotation. Pour orienter le lanceur 4 en site, l'embase 3 est munie dans son réceptacle d'un vérin 19 dont la tige 20 est fixée à l'extrémité libre 21 du levier 18 et dont le corps est fixé par une articulation 22 à l'embase. Le vérin 19 est en relation avec le bloc hydraulique 8 pour assurer son fonctionnement. En dessous de l'embase 3, on retrouve le bloc hydraulique 10 en relation avec le moyen de commande 9 pour assurer la rotation en gisement du tourelleau.
La figure 4 illustre la réalisation du moyen de commande 9 qui est fixé rigidement à la cible 11 par deux chapes 23 et 2 . Ce moyen est en fait un vérin à double effet dont le corps 25 reçoit une tige 26 qui supporte une crémaillère 27 en prise sur le pignon 15. Ce corps délimite deux chambres latérales 28 et 29 dans lesquelles les extrémités de la tige forment les pistons 30 et 31 dont l'étanchéité dans les chambres respectives 28 et 29 est assurée de manière classique. Entre les chambres 28 et 29 est prévu un espace libre destiné au débattement de la crémaillère 27. Les chambres 28 et 29 sont respectivement alimentées en fluide à travers les orifices 32 et 33 par le bloc hydraulique 10. Sur la figure, on voit que la tige 26 est ramenée sur la droite c'est-à-dire que la chambre 29 s'est vidée par l'orifice 33 alors que la chambre 28 est remplie par l'orifice 32. Ainsi, la crémaillère 27 est actionnée en translation suivant un mouvement de va et vient en commandant le remplissage de l'une des deux
chambres pour entraîner en rotation le pignon 15 et donc le tourelleau en rotation de gisement. Bien entendu la crémaillère 27 peut occuper toutes les positions intermédiaires pour orienter en gisement le tourelleau suivant la position souhaitée par l'utilisateur.
Sur les figures 5 à 7, on a représenté trois positions en site du lanceur 4 par suite de 1 ' actionnement du vérin 19.
La figure 5 illustre le site maximal négatif d'environ -10°. On voit que le levier 18 est repoussé au voisinage de la paroi latérale interne de l'embase 3 et que la tige du vérin 19 est en position d'extension maximum. Soit PI le plan de gisement, P2 le plan parallèle à PI passant par le point d'articulation du levier. Si on définit le plan P3 comme étant le plan parallèle à PI passant par le point d'articulation du levier 18 parallèle au plan PI l'extrémité de la tige du vérin se trouve alors au-dessus du plan P2 voisin du plan de gisement PI. La distance séparant ces deux plans P3 et P2 est de l'ordre de 1 à 5% du diamètre de l'embase. Sur la figure 6, on a représenté le site nul du lanceur
4 dans lequel le plan P2 est confondu avec le plan P3. Le vérin 19 est alors situé dans le plan P2.
Sur la figure 7, on a représenté le site maximal, d'environ +70°, la tige du vérin 19 étant totalement rentrée et au-dessus du plan P2. La distance séparant les deux plans P2 et P3 est de l'ordre de 4 à 5% du diamètre de 1 ' embase .
Ainsi une variation minime de position du vérin 19 permet d'obtenir une variation en site satisfaisante du lanceur 4. C'est cet agencement prévu dans le gisement qui permet d'assurer de manière satisfaisante la compacité de l'ensemble de la structure. Cette compacité est importante dans la mesure où elle permet de ne pas modifier de manière trop importante la silhouette de la cible surtout s'il s'agit d'un engin blindé de combat.