NAVIRE A VOILURE DISTRIBUEE
La présente invention concerne un navire multicoque utilisant comme force motrice des éléments naturels tels que la force du vent ou des vagues.
Dans les voiliers classiques, la force du vent a tendance à faire gîter le bateau. Pour les multicoques, la stabilité est obtenue par l'élargissement du "polygone de sustentation". Classiquement, la voilure est portée par un nombre limité de mâts, reliés rigidement aux coques, elles-mêmes rigidement fixées les unes aux autres (à l'exception d'une éven- tuelle possibilité de rotation du mât sur son axe) .
Ces caractéristiques ont pour conséquence :
- une surface de voilure directement fonction de la hauteur du ou des mâts, ce qui implique des contraintes énormes dans les "maxi-voiliers" (capables de porter "au près" plusieurs centaines de m2 de voilure) ,
- la quasi-impossibilité de compenser le poids du voilier par la portance créée par la vitesse du bateau (au contraire des planches à voile) , et donc un ralentissement du bateau à chaque choc dans une vague, - la nécessité de réduire, parfois considérablement, la voilure lorsque le vent forcit.
L'objet de la présente invention est de permettre un déplacement sur l'eau caractérisé par les points suivants :
- la capacité à utiliser la force motrice du vent ou des vagues, - un déplacement d'eau quasiment nul, indépendant de la surface de voilure mise en oeuvre,
- une masse minimale, des composants mécaniques élémentaires simples, robustes et facilement remplaçables en cas d'avarie, - la capacité pour l'ensemble de "planer" sur l'eau même pour des vents faibles, d'où une résistance de l'eau quasiment nulle,
- la capacité pour l'habitacle de s'enfoncer sous l'eau, - la capacité pour l'habitacle de décoller de la surface de l'eau,
- une surface de voilure équivalente à celle des voiliers "classiques", mais répartie sur des mâts de hauteur beaucoup plus faible, - la capacité de conserver toute la toile même par vent très fort (chaque voile a une surface relativement faible, et crée donc une force compatible avec la résistance des mâts, même si ces derniers sont relativement légers et le vent fort) .
Pour atteindre cet objet, la présente invention prévoit de façon générale de remplacer la structure rigide du voilier par une structure hautement deformable, constituée d'un habitacle et d'un "attelage" de "flotteurs" reliés par des liaisons inter-flotteurs, constituées de câbles ou de tiges rigides articulées, et par un ensemble de mâts. Certains de ces mâts peuvent porter une voile, d'où le terme "voilure distribuée". Cette architecture sépare donc plusieurs fonctions classiquement réunies dans la structure rigide d'un bateau :
a) fonction "hôtelière" :
- l'habitacle se limite à une structure aussi légère que possible pour résister au poids de l'équipage et de son équipement, - cet habitacle peut être remorqué par 1 ' attelage de flotteurs ;
- cet habitacle peut disposer d'ailerons disposés au contact de l'eau, capables de générer une force dont la direction et 1 ' intensité dépendent de la géométrie et de la position, ainsi que de la vitesse par rapport à l'eau, communément appelés "foils" ; ces "foils" pourront être disposés de manière à engendrer une force verticale dirigée vers le haut, permettant ainsi à l'habitacle de ne toucher l'eau que par l'intermédiaire desdits "foils", - cet habitacle peut disposer de "foils" dont l'action engendre une force verticale dirigée vers le bas, qui lui permettront de s'enfoncer sous l'eau,
- cet habitacle peut disposer d'ailes qui lui permettront de décoller de la surface de l'eau, b) fonction motrice :
- fonction de "prise au vent", assurée par n voiles, portées par n mâts positionnés sur n "flotteurs au vent",
- fonction de résistance au moment de chavirement créé par l'effet du vent sur la voile, assurée par le report sur d'autres flotteurs de la force de chavirement exercée sur une voile,
- fonction de résistance à la force de dérive, assurée par des dérives portées par chaque flotteur ; c) fonction de direction : - capacité à avancer dans une direction déterminée, assurée par 1 ' asservissement des mouvements de 1 ' ensemble des flotteurs à la direction déterminée par au moins un flotteur "directeur",
- capacité à changer de direction, assurée par un greement permettant de définir la nouvelle direction, et si
nécessaire par un greement permettant de modifier la relation entre les voiles et les mâts.
L'invention peut être considérée comme un "train de planches à voile", reliées par des articulations. Lesdites articulations pourront être constituées de tiges rigides
(capables de travailler en compression ou en traction) ou de câbles (capables de travailler uniquement en traction) . Ces articulations sont fixées sur deux flotteurs distincts, qu'elles associent. Lorsqu'un câble est utilisé, une fixation quelconque est suffisante. Lorsqu'une tige rigide est utilisée, l'articulation comprendra une pièce mécanique (type cardan) permettant à ladite tige de prendre par rapport à chaque flotteur une orientation quelconque.
L' invention combine les avantages d'une planche à voile et la capacité à tracter un habitacle compatible avec de longs voyages effectués éventuellement en équipage.
Plus particulièrement, la présente invention prévoit un navire à voiles, comprenant une pluralité de flotteurs dont certains portant des voiles liées à des mâts, caractérisé en ce que les flotteurs sont mobiles les uns par rapport aux autres, en ce que la position et 1 ' orientation relative desdits flotteurs sont réglées au moyen d'un ensemble de liaisons interflotteurs, et en ce que le greement qui permet de définir et de maintenir la position de chaque mât relie ledit mât à au moins un autre flotteur que celui qui porte ledit mât.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les flotteurs sont disposés en ligne.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les flotteurs et les liaisons inter-flotteurs sont disposés de manière à former un ensemble de figures géométriques fermées, telles que par exemple des triangles.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les liaisons inter-flotteurs sont constituées de tiges rigides, fixées à chaque flotteur au moyen d'une articulation, telle que par exemple un cardan.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les liaisons inter-flotteurs sont constituées de câbles.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les composantes du greement qui relient un mât à un flotteur différent de celui qui porte ledit mât sont constituées de câbles.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les composantes du greement qui relient un mât à un flotteur différent de celui qui porte ledit mât comportent des tiges rigides.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, au moins un flotteur porte deux voiles, portées par deux mâts, disposées de telle sorte que 1 ' effet du vent sur 1 'une de ces voiles ait tendance à enfoncer le flotteur sous l'eau, et que l'effet du vent sur l'autre voile ait tendance à faire décoller le flotteur.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les flotteurs remorquent au moyen de liaisons tractrices un habitacle disposant d'ailes qui lui permettent de s'élever au- dessus de la mer à partir d'une vitesse relative au vent suffisante.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, les flotteurs remorquent au moyen de liaisons tractrices un habitacle capable de s'enfoncer au-dessous du niveau de la mer, par exemple sous l'effet de l'action d'un foil.
Selon un mode de réalisation de la présente invention, l'énergie correspondant aux mouvements de rotation des tiges rigides est transmise à un dispositif moteur, tel qu'une hélice. Ces objets, caractéristiques et avantages, ainsi que d'autres de la présente invention, seront exposés en détail dans la description suivante de modes de réalisation particuliers, faite à titre non-limitatif en relation avec les figures très schématiques jointes, parmi lesquelles : la figure 1 représente une vue d'ensemble en perspective d'un Navire à Voilure Distribuée à 4 flotteurs et
deux voiles, naviguant tribord amure au près, où la force de chavirement est compensée par des câbles,
- la figure 2 représente une vue de côté de l'un des flotteurs du système présenté à la figure 1, - la figure 3 représente une vue d'en haut du système représenté sur la figure 1, réglé pour permettre de naviguer tribord amure par vent travers, la figure 4 représente une vue schématique illustrant le principe d'un "foil" destiné à créer une force verticale dirigée vers le bas,
- la figure 5 représente une vue schématique de face illustrant la possibilité de disposer deux voiles sur chaque flotteur, la force de chavirement étant compensée par des câbles, - la figure 6 représente une vue schématique de face illustrant la possibilité de compenser la force de chavirement par des tiges rigides,
- la figure 7 représente une vue en perspective d'un système de Navire à Voilure Distribuée à 7 flotteurs et 3 voiles, où les flotteurs sont associés en groupe de 3, et où la force de chavirement est compensée par des tiges rigides,
- la figure 8 représente le greement nécessaire au virement de bord pour le Navire à Voilure Distribuée présenté à la figure 8, - la figure 9 est une coupe verticale représentant 3 flotteurs d'un système de Navire à Voilure Distribuée mettant en oeuvre la force des vagues. 1 Mode principal de réalisation : "anti-chavirement à câbles"
Selon un mode de réalisation de la présente invention, illustré en figures 1 à 3, une coque 1 est remorquée par des câbles 2 à un ensemble de quatre flotteurs 3 équipés de dérives 4, dont les deux centraux sont équipés de voiles 5. Pour faciliter la compréhension des schémas, les pièces relatives à un flotteur donné seront identifiées par une lettre (a, b, c, d) . Les flotteurs 3a, 3b, 3c et 3d apparaissent de gauche à droite
sur la figure 1. Dans cette figure, le Navire à Voilure Distribuée se déplace vers le coin supérieur gauche de la figure.
La coque 1 est remorquée par des câbles tracteurs 2 (2b et 2c) fixés à l'arrière des flotteurs 3b et 3c. L'équipage pourra vivre dans la coque 1, qui lui sert donc "d'habitacle", et c'est de là qu'il fera les manoeuvres nécessaires. Tous les flotteurs sont équipés de dérives 4 (4a, 4b, 4c, 4d) . Les flotteurs 3b et 3c portent des voiles 5 (5b et 5c) . Ces voiles sont du type de celles utilisées dans les planches à voile. Chaque voile comporte un mât 6 (6b et 6c) , fixé au flotteur par un pied de mât 7 (7b et 7c) qui permet au mât de tourner librement par rapport au flotteur. Les pieds de mât sont du type de ceux utilisés dans les planches à voile.
Dans cette configuration, l'effet du vent sur les voiles 5 (5b et 5c) a tendance à faire pivoter les mâts 6 (6b et 6c) . Il faut donc équiper lesdits mâts 6 (6b et 6c) d'un greement qui permet de définir la position des mâts, et de maintenir cette position. Ce problème peut se décomposer en deux parties : contrôler l'équilibre antéro-postérieur des mâts, contrôler l'équilibre latéral des mâts.
Le contrôle de 1 'équilibre antéro-postérieur sera assuré, comme sur plusieurs voiliers classiques, par deux câbles fixés en tête de mât et accrochés respectivement à l'avant (étai) et à l'arrière (pataras) du flotteur. Il faut cependant que ces câbles ne gênent pas les mouvements de la voile, ce qui nécessite que le point d'accroché sur le flotteur soit le plus en avant (ou le plus en arrière) possible. Pour cela, les flotteurs 3b et 3c portent à l'avant une base d'étai rigide 8 (8b et 8c), qui permet d'avancer le point d'accroché sur le flotteur de l'étai, sans pour autant devoir allonger l'étai. Sur la base d'étai 8 est fixée une poulie 9 (9b et 9c) qui permet à un étai 10 (10b et 10c) de relier le sommet du mât 6 (6b et 6c) à la coque 1. Les flotteurs 3b et 3c portent à l'arrière une base de pataras 11 (11b et lie) , sur laquelle est fixée une poulie 12 (12b et 12c) qui permet à un pataras 13 (13b et 13c)
de relier le sommet du mât 6 à la coque 1. La possibilité de réglage de l'étai 10 et du pataras 13 permettra de s'adapter aux différentes allures (position relative du vent par rapport à la route suivie par le flotteur) , et si nécessaire d'utiliser la coque 1 pour contribuer à 1 'équilibre du mât 6. Ainsi, vent arrière, les mâts 6 sont soumis à une force qui a tendance à les faire basculer vers l'avant. La traction exercée par le pataras 13 sur le mât 6 compensera cette force. Au près, le mât a tendance à basculer vers 1 'arrière, ce qui sera compensé par l'étai.
Le contrôle de l'équilibre des mâts 6 dépend également de 1 'angle entre le vent et les voiles 5. Pour permettre ce contrôle, les voiles 5 comportent une borne 14 (barre rigide à la base de la voile) . Des écoutes 15 (15b et 15c) relient les extrémités arrière des bômes 14 à la coque 1, en passant par des poulies 16 (16b et 16c) fixées à l'arrière des flotteurs 3b et 3c. Un câble de liaison 17 relie les extrémités arrière des bômes 14. De cette manière, l'équipage peut depuis la coque 1 régler l'angle entre les voiles 5 et le vent. La solution utilisée pour l'équilibre antéro- postérieur ne peut s'appliquer au contrôle de l'équilibre latéral. Dans les voiliers classiques, le mât est maintenu latéralement au moyen de haubans. L'effet de chavirement est compensé par la quille et son lest, ou par la largeur du multi- coque. Dans notre cas, de tels haubans ne pourraient être fixés sur le flotteur qui porte le mât. En effet, la largeur des flotteurs 3 est trop limitée pour permettre une action efficace d'un éventuel hauban. Le principe du hauban peut cependant être utilisé, à condition qu'il soit fixé sur un autre flotteur que celui qui porte le mât. Il faut alors qu'un dispositif soit mis en oeuvre pour compenser la force de rapprochement des flotteurs qu'exercerait un hauban. Ce dispositif est une liaison interflotteurs, qui peut être mise en oeuvre de la manière suivante. Les flotteurs 3 sont reliés par des tiges rigides de liaison 18 (18al, 18a2, 18bl, 18b2, 18cl, 18c2) . Deux flotteurs
voisins sont reliés par deux telles tiges, situées respectivement à l'avant et à l'arrière de chaque flotteur. On notera que l'utilisation de deux tiges permet d'imposer à deux flotteurs 3 voisins et aux deux tiges qui les relient de former un parallé- logramme deformable. La mer n'étant pas plate, il faut que les flotteurs puissent monter et descendre relativement l'un à l'autre. Par ailleurs, le réglage du navire selon les diverses allures pourra nécessiter de faire varier la position relative des flotteurs dans un plan horizontal. Il est donc nécessaire de permettre aux tiges rigides 18 d'être articulées par rapport aux flotteurs. Les extrémités de chaque tige sont fixées aux flotteurs par des articulations 19 de type cardan, qui leur permettent de tourner librement selon deux axes. Le flotteur 3b joue un rôle de "flotteur directeur". Il est en effet relié à la coque 1 par un câble directeur 20 qui se fixe à l'avant du flotteur 3b. On verra au paragraphe "définition de la direction du Navire" comment ce câble directeur est utilisé. Les mâts 6 des flotteurs 3b et 3c sont reliés aux flotteurs qui les encadrent (le 3a et le 3c dans le cas du flotteur 3b, le 3b et le 3d dans le cas du flotteur 3c) par des câbles antichavirement 21 (21a, 21b, 21c, 21d) , dont une extrémité est fixée sur le sommet du mât 6. Ces câbles anti-chavirement 21 jouent le rôle des haubans d'un voilier classique. L'arrière du flotteur 3a (respectivement du flotteur 3d) est relié au flotteur 3b (respectivement au flotteur 3c) par un câble 22a
(respectivement 22d) , de longueur fixe, a) équilibre des mâts
Grâce aux pieds de mâts 7, les mâts 6 peuvent tourner autour de deux axes horizontaux, l'un perpendiculaire à la direction des flotteurs (équilibre antéro-postérieur), et l'autre parallèle à cette direction (équilibre latéral).
a.l) équilibre antéro-postérieur
L'équipage peut régler la tension exercée sur 1 'étai 10 et le pataras 13 de chaque voile portée par les flotteurs 3b
et 3c. Cela permet de transmettre aux flotteurs 3b et 3c les forces nécessaires à l'équilibre antéro-postérieur de la voile. Ces forces seront compensées par la force de flottaison générée par l'interaction entre l'eau et le flotteur. On notera que le fait de tirer, depuis la coque 1 sur un câble tel que le pataras 13 pourrait avoir tendance à rapprocher ladite coque 1 des flotteurs 3. Cependant, la coque 1 est tirée par les câbles 2. On peut donc exercer au moyen de câbles tels que le pataras 13 des forces dont la résultante reste inférieure à la force de traction des câbles 2. Pour éventuellement pouvoir exercer des forces supérieures, on pourra remplacer 1 'un des câbles 2 par une tige rigide. Ce principe peut s'appliquer à chaque câble permettant de régler les composants du Navire à Voilure Distribuée, et ne sera pas décrit à nouveau par la suite. a.2) équilibre latéral
La figure 1 représente une vue en perspective du Navire à Voilure Distribuée, le vent étant représenté par la flèche 23. Le vent fait un angle d'environ 30° avec la direction suivie par les flotteurs. Le Navire à Voilure Distribuée navigue donc tribord amure, au près. Le vent a tendance à faire chavirer vers bâbord les mâts 6, ce qui explique que ceux-ci penchent vers bâbord. De ce fait, les câbles anti-chavirement 21b et 21d qui relient le sommet des mâts 6 à un flotteur "au vent" sont tendus, alors que les câbles anti-chavirement 21a et 21c qui relient le sommet des mâts 6 à un flotteur "sous le vent" sont détendus. Le flotteur 3c est soumis à plusieurs forces, qui s ' équilibrent :
- une force FI, dirigée vers le sommet du mât 6b, transmise par le câble anti-chavirement 21b (cette force empêche le mât 6b de s ' incliner plus vers bâbord) ;
- le poids du mât 6c et de la voile 5c, dirigé vers le bas ;
- une force F2, dirigée vers le flotteur 3d, transmise par le câble anti-chavirement 21d, d'intensité égale à celle de FI,
- la force engendrée par 1 ' effet du vent sur la voile ; compte tenu de 1 ' inclinaison du mât 6c vers bâbord, cette force a une composante verticale dirigée vers le bas,
- la force de flottaison générée par 1 ' interaction entre le flotteur et l'eau.
La force FI se décompose en une composante de dérive horizontale, qui sera compensée par la dérive 7c, et une composante verticale Fvl dirigée vers le haut. De même, la force F2 se décompose en une composante horizontale, qui empêche le mât 6b de chavirer, et une composante Fv2 dirigée vers le bas. On remarque que Fvl et Fv2 ont la même intensité. Si l'on fait le bilan des forces verticales, on constate donc que la résultante des forces qui s'exercent sur le flotteur, à l'exception de la force de flottaison, est dirigée vers le bas. La force de flottaison permettra donc d'assurer l'équilibre vertical de ce flotteur.
En appliquant un raisonnement du même type aux flotteurs 3a et 3b, on constate qu'ils sont en équilibre vertical. Par contre, pour le flotteur 3d, il n'y a que le poids du flotteur qui génère une force dirigée vers le bas. C'est le moment de redressement exercé par ce poids sur le mât 6c qui compensera le moment de chavirement exercé par le vent sur la voile 5c. Il faudra donc prévoir un poids "suffisant" pour le flotteur 3d. La valeur exacte du poids nécessaire sera déterminée en fonction de la force exercée par le vent sur la voile, qui peut être estimée par l'homme de l'art en fonction de caractéristiques telles que la surface de la voile. Pour la même raison, le poids du flotteur 3a devra être équivalent à celui du flotteur 3d (de manière à permettre à ce flotteur de jouer son rôle de "contrepoids" lorsque le navire naviguera bâbord amure) . b) définition de la direction du navire
La direction du navire est déterminée par la tension relative exercée sur le câble tracteur 2b, ainsi que sur le câble directeur 20. Sous l'effet de traction exercée par le vent
sur les voiles et transmis aux flotteurs, ces câbles sont sous tension.
Lorsque l'équipage veut avancer en ligne droite, les moments exercés par ces câbles sur le flotteur 3b se compensent. Pour changer de direction, l'équipage fait varier la tension exercée sur le câble directeur 20, ce qui fait varier le moment qu'il exerce sur le flotteur, et permet donc d'orienter ce dernier dans la direction choisie. Puis, l'équipage règle la longueur des câbles tracteurs 2b et 2c, ce qui détermine la position relative du flotteur 3b et du flotteur 3c (ce dernier reste parallèle au flotteur 3b, du fait de l'action des tiges rigides de liaison 18 qui les relient, mais il peut avancer ou reculer par rapport au flotteur 3b) . Les flotteurs 3a et 3d restent immobiles relativement respectivement au flotteur 3b et au flotteur 3c, du fait de l'action combinée des tiges rigides de liaison 18 et des câbles 22a et 22d.
L'angle entre les bômes 14 et le vent est réglé par les écoutes 15. Lorsque le navire navigue tribord amure, c'est l'écoute 15c qui est tendue (réciproquement, c'est l'écoute 15b qui est tendue sous bâbord amure) . Le câble de liaison 17 permet de ne régler que la borne 14 au vent (dans la figure 1, il s'agit donc de la borne 14c) : la position de la bôme 14 sous le vent (14b dans la figure 1) se trouve en effet déterminée par la longueur (fixe) du câble de liaison 17, dès lors que la bôme 14 au vent a été réglée par l'écoute 15 correspondante. c) choix de la position relative des flotteurs du navire en fonction de la direction du vent
L'équipage doit faire varier la position relative des flotteurs 3b et 3c, selon l'angle entre la direction du vent et le cap suivi par les flotteurs (allure) . La figure 3 représente une vue d'en haut du navire lorsque le vent est à 90° du cap suivi par les flotteurs (vent de travers) . Si les flotteurs avaient conservé la position relative qu'ils occupaient dans la figure 1, la voile 5c "déventerait" la voile 5b. L'équipage
choisira en fonction de 1 ' allure une position relative des flotteurs qui permette de garder les deux voiles gonflées. d) virement de bord
Lors d'un virement de bord, l'équilibre latéral des mâts 6 change. Ainsi, sous bâbord amure, ce sont les câbles anti-chavirement 21a et 21c qui sont tendus, les câbles antichavirement 21b et 21d devenant détendus. 2 Généralisations de "1'anti-chavirement à câbles"
2.1 Multiplication des flotteurs L'homme de l'art pourra appliquer le principe décrit précédemment en utilisant non pas deux flotteurs centraux porteurs de voile, mais un nombre n quelconque de tels flotteurs, multipliant ainsi la surface de voilure utile, et donc la force motrice. Les (n+2) flotteurs restent liés deux à deux par des tiges de liaison 18, et forment donc une "ligne".
Pour éviter d'augmenter trop la largeur du navire, plusieurs telles lignes de (n+2) flotteurs peuvent être formées. Deux lignes successives sont reliées par des câbles d'une longueur suffisante pour qu'une ligne ne "dévente" pas la ligne suivante .
2.2 Alternative à la définition de la direction
D'autres approches pourront être utilisées pour piloter le ou les flotteurs directeurs. Ainsi, le flotteur directeur peut être doté d'un gouvernail sur lequel l'équipage agit au moyen de câbles.
2.3 Alternative à l'utilisation d'un poids sur les flotteurs extrêmes
Chaque flotteur extrême (à gauche et à droite, 3a et 3d dans la figure 1) doit exercer une force verticale dirigée vers le bas pour empêcher le chavirement du mât voisin. Cette force peut être générée par un "foil" 27 adéquat (surface immergée sous le flotteur, orientée de telle sorte que l'effet de 1 'eau sur cette surface génère une force verticale dirigée vers le bas) . La figure 4 représente schématiquement une vue
latérale d'un flotteur 3d équipé d'un tel "foil" 27d (le flotteur 3d avance vers la gauche de la figure, l'eau exerce donc sur le foil 27d une force dirigée vers le bas) .
2.4 Alternative au contrôle des tensions des étais et des pataras
L' homme de 1 ' art pourra proposer des solutions qui permettent de contrôler l'ensemble des étais 10 par un seul câble. De même, l'ensemble des pataras 13 pourra être contrôlé au moyen d'un seul câble. En effet, toutes les voiles sont orientées de la même manière, et tous les mâts peuvent donc être orientés de la même manière. De plus, compte tenu du fait qu'un allongement de 1 ' étai doit s 'accompagner d'un raccourcissement du pataras, un câble unique pourra être utilisé pour obtenir ce réglage . Selon les caractéristiques des flotteurs, le réglage de l'étai et du pataras est plus ou moins crucial. En particulier, si le flotteur retenu a une longueur suffisante, on pourra imposer une longueur fixe à l'étai et au pataras, évitant ainsi de devoir régler ces câbles depuis 1 'habitacle . Dans ce cas, selon l'allure suivie, l'équilibre antéro-postérieur du flotteur pourra varier (tendance à l'enfoncement de l'arrière du flotteur ou de l'avant du flotteur, selon la direction du vent par rapport à l'axe du flotteur) . On notera qu'une alternative à la variation de l'orientation du mât est un déplacement du pied de mât vers 1 'avant ou vers 1 'arrière .
2.5 Alternative à l'utilisation des tiges rigides de liaison
Ces tiges ne sont nécessaires que pour éviter que deux flotteurs voisins puissent trop s ' approcher 1 'un de 1 ' autre . En effet, les câbles anti-chavirement empêcheront des flotteurs voisins de s'éloigner trop l'un de l'autre. Il est possible de supprimer ces tiges rigides de liaison 18 en contrôlant la direction de chaque flotteur, par exemple par le truchement d'un "câble directeur" du type du câble 20, installé sur chaque flotteur, ou par tout autre moyen approprié permettant de contrôler la direction suivie par chaque flotteur.
2.6 Utilisation de voiles ou de flotteurs différents de ceux des planches à voile
Bien que le mode de réalisation décrit propose de mettre en oeuvre des voiles de planche à voile, rien n'interdit d'utiliser des voiles de forme ou de taille très différentes. On notera en particulier que la description précédente faisait appel, pour des raisons de commodité, à la notion de bôme (14) , alors qu'habituellement cette pièce est remplacée dans les voiles de planche à voile par un "wishbone". On pourra selon les cas utiliser une bôme ou un wishbone pour régler le plan de la voilure par rapport à la direction du vent. De même, des flotteurs de type quelconque pourront être mis en oeuvre.
3 Utilisation de flotteurs portant deux voiles
Dans le mode de réalisation de la présente invention, représenté dans la figure 5, le flotteur 3b porte deux voiles
(5b et 5'b), et le flotteur 3c porte également deux voiles (5c et 5'c) . Aucun des mâts 6 n'est vertical. Les mâts 6b et 6c sont inclinés sous le vent, les mâts 6'b et 6'c sont inclinés au vent. La voile 5c exerce sur le flotteur 3c une force dont la composante verticale est dirigée vers le bas, alors que la voile 5'c exerce sur le flotteur 3c une force dont la composante verticale est dirigée vers le haut. Les sommets des deux mâts d'un même flotteur sont reliés par un câble 39. Les bômes 14b et 14c pointent vers l'arrière du flotteur, alors que les bômes 14 'b et 14 'c pointent vers son avant (ceci permet d'éviter que la voile 5'b (respectivement la voile 5'c) ne dévente la voile 5b (respectivement 5c) .
Dans cette configuration, les deux voiles jouent un rôle symétrique, et les câbles 21 gardent une tension constante. Lors du virement de bord, les voiles changent de rôle, celle qui tendait à enfoncer le flotteur ayant après le virement de bord tendance à le faire décoller, et réciproquement. Aucune manoeuvre spécifique n'est donc nécessaire au niveau du mât, ni au niveau de la tête de la voile.
Dans une telle approche, la résultante des forces verticales exercées par le vent sur chaque flotteur est approximativement nulle. L'effet anti-chavirement ne peut donc reposer que sur le poids du flotteur, ou sur une force exercée par un "foil" (similaire à celui décrit au paragraphe 2.2) .
4 Obtention de l'effet anti-chavirement par des tiges rigides travaillant en compression 4.1 Ordonnancement en ligne
Dans cette approche, décrite dans la figure 6, on conserve l'ordonnancement "en ligne" représenté dans la figure 1, à l'exception des câbles anti-chavirement 21 et des tiges rigides de liaison 18. Les câbles anti-chavirement 21 sont remplacés par des tiges rigides 21' travaillant en compression. Dans ce cas, l'effet anti-chavirement est obtenu par transfert au flotteur "sous le vent" des forces de chavirement (alors que jusqu'ici nous avions considéré uniquement un transfert de ces forces aux flotteurs "au vent") . Ces tiges rigides s'appuient sur un support 24b (respectivement 24c), fixé sur l'avant du mât 6b (respectivement 6c) . Des câbles 25 relient les sommets des mâts 6 aux supports 24. La longueur de ces câbles détermine l'angle d'inclinaison des mâts 6. On notera que, dans la configuration décrite dans la figure 6, ce sont les câbles 25a et 25c qui sont tendus, les câbles 25b et 25d restant détendus. Dans une telle approche, les tiges rigides 18 peuvent être remplacées par des câbles 18'. En effet, les tiges anti-chavirement 21' auront pour effet secondaire de maintenir écartés deux flotteurs voisins (des câbles travaillant en traction suffiront donc à limiter cet écartement) .
La position des supports 24 sur les mâts 6 est déter- minée en fonction des caractéristiques des voiles 5 de telle sorte que le centre de poussée de la voile (point sur lequel s'exerce la résultante des forces exercées par le vent sur la voile) soit aussi proche que possible des supports 24. La longueur des câbles de liaison 18 'a et l'angle d'inclinaison du mât 6b sont choisis de telle sorte que la force exercée par le
vent sur la voile 5b coupe le câble de liaison 18 'a à l'intérieur du segment délimité par les flotteurs 3a et 3b. Le même raisonnement s'applique à la voile 5c. Sous ces conditions, la force exercée par le vent ne peut faire chavirer le navire. 4.2 Ordonnancement en triangle
Dans cette approche, les flotteurs sont reliés deux à deux pour former des triangles. La figure 7 représente un agencement possible de tels triangles. Quatre flotteurs "sous le vent" (3a, 3b, 3c, 3d) sont reliés à trois flotteurs "au vent" (3e, 3f, 3g) par des câbles de liaison 18". Tous les flotteurs portent un mât 6, sauf le "dernier" flotteur sous le vent
(flotteur 3d) . Par ailleurs, les flotteurs 3b, 3c et 3d portent en plus une tige rigide de soutien 21" (21"b, 21"c et 21"d) . Le mât 6e est soutenu par le mât 6a et par la tige rigide de soutien 21"b (et de même les mâts au vent 6f et 6g sont soutenus par un mât et une tige rigide) .
Chaque voile 5e, 5f et 5g est "partagée" par deux mâts. Par exemple, la voile 5e est partagée par le mât 6e et par le mât 6a. Le mât "au vent" et le mât "sous le vent" échangent leurs rôles lors du virement de bord. Ces opérations sont rendues possibles par un greement approprié, qui comprend plusieurs composantes, comme cela est indiqué à la figure 8 (la figure 7 n'étant qu'une vue d'ensemble, ce greement n'y figure pas d'une manière détaillée) . Ainsi, par exemple, pour la voile 5e : - une drisse 26e permet à la fois de hisser la voile sur le mât 6e, et de hisser ledit mât 6e sur son correspondant bâbord 6a. Cette drisse 26e :
- passe par le pied de mât tribord 7e,
- passe par la tête de mât tribord 27e, - est attachée au point de drisse 28e de la voile 5e,
- passe par la tête de la tige rigide de soutien 21"b, notée 27b,
- passe par la tête de mât bâbord 27a,
- passe par le pied de mât bâbord 7a.
- un haie-bas de mât 31e permet de mettre le mât bâbord 6a en position de "support" pour son correspondant tribord 6e, lorsque le navire navigue "tribord amure". Ce haie-bas de mât : - passe par le pied de mât tribord 7e,
- passe par la tête de la tige rigide de soutien 21"b, notée 27b,
- passe par la tête de mât bâbord 27a,
- revient vers le pied de mât tribord 7e. - un haie-bas de mât 31a permet de mettre le mât tribord 6e en position de "support" pour son correspondant bâbord 6a, lorsque le navire navigue "bâbord amure" . Ce haie-bas de mât :
- passe par le pied de mât bâbord 7a,
- passe par la tête de la tige rigide de soutien 21"b, notée 27b,
- passe par la tête de mât tribord 27e,
- revient vers le pied de mât bâbord 7a.
- un haie-bas de bôme 32e permet de fixer la bôme 14e sur le mât adéquat. Ce haie-bas de bôme 32e : - passe par le pied de mât tribord 7e,
- passe par un point de haie-bas 33e du mât tribord 6e situé à la hauteur désirée,
- est fixé au point d'amure 34e de la bôme 14e (le point qui doit être le plus proche du mât) , - passe par un point de haie-bas 33a du mât bâbord 6a situé à la hauteur désirée,
- passe par le pied de mât bâbord 7a,
- une écoute 15e permet de régler la voile 5e, et :
- part du flotteur tribord 3e, - est fixée au point d'écoute 34e de la voile 5e,
- arrive au flotteur bâbord 3a.
Les manoeuvres sont contrôlées depuis la coque 1. Dans un mode de réalisation de l'invention, toutes les extrémités des câbles qui permettent de contrôler ces manoeuvres sont rappor- tées à la coque 1 (drisses 26, haie-bas de mât 31, haie-bas de
bôme 32, écoutes 15) . Pour simplifier la manoeuvre, d'autres modes de réalisation pourront être proposés, permettant de ne manipuler depuis la coque 1 que 8 câbles de contrôle (répartis en deux groupes, un groupe de câbles bâbord et un groupe de câbles tribord, et permettant de contrôler respectivement les drisses, les haies-bas de mât, les haie-bas de bôme, les écoutes) . Ces câbles de contrôle seront par exemple fixés à l'avant du flotteur de tête bâbord (respectivement tribord) et passeront sur chaque flotteur bâbord (respectivement tribord) . II pourra s'avérer utile de les regrouper dans des gaines fixées aux tiges de liaison 18.
Le virement de bord se fait de la manière suivante pour un groupe de 3 flotteurs. Supposons que l'on navigue sous tribord amure (la voile 5e est donc portée par le flotteur 3e) . La drisse 26e est bordée (tirée) sur le flotteur bâbord 3a qui va recevoir la voile. De même, le haie-bas de mât 31e qui pèse sur le mât bâbord est choqué (relâché) . De ce fait, le mât bâbord 6a monte vers la tête de mât tribord 27e. Lorsque les deux têtes de mât se rejoignent, le point de drisse 28e de la voile arrive au contact de la tête de mât bâbord 27a. La drisse
26e est alors bloquée sur le flotteur bâbord 3a, et choquée sur le flotteur tribord 3e. Simultanément, on borde le haie-bas de mât 31a, qui pèse alors sur le mât tribord 6e. De ce fait, le point de drisse 28e de la voile reste au contact de la tête de mât bâbord 27a, alors que la tête de mât tribord 27e s'éloigne en s 'abaissant.
On notera que de nombreuses autres configurations où les flotteurs 3 et les tiges rigides de liaison 18 forment des figures fermées pourront être proposées. Il pourra dans certains cas être intéressant de contrôler 1 'équilibre des mâts 6 par plus que deux câbles anti-chavirement 21, liant ainsi un mât à plus que deux flotteurs.
On notera également que l'utilisation combinée de câbles anti-chavirement 21 et tiges rigides anti-chavirement 21 ' peut éventuellement permettre de limiter à deux le nombre de
flotteurs. Dans une telle configuration, le flotteur "sous le vent" a son mât maintenu par un câble anti-chavirement 21 qui tire sur le flotteur "au vent", et le mât de ce dernier est maintenu par une tige rigide anti-chavirement 21' qui appuie sur le flotteur "sous le vent".
De nombreuses combinaisons des câbles et des tiges anti-chavirement, ainsi que des câbles et tiges de liaison inter-flotteurs sont envisageables. Le choix retenu optimisera les caractéristiques mécaniques de ces composants, en tenant compte de leur interaction avec la mer. On choisira ainsi de préférence des câbles comme composants destinés à être au contact ou proches de l'eau.
5 Utilisation de la force des vagues
Selon un mode de réalisation de la présente invention, la force motrice des vagues est mise à profit. La figure 9 représente le principe mis en oeuvre.
Sous l'effet des vagues, les flotteurs 3 sont soumis à des mouvements relatifs verticaux. Le flotteur 3b est relié au flotteur 3a par la tige 18a. Ladite tige 18a est fixée au flotteur 3b par une articulation 35bl, et au flotteur 3a par une articulation 35a2. De même, le flotteur 3b est relié au flotteur 3c par une tige 18b, qui est fixée au flotteur 3b par une articulation 35b2, et au flotteur 3c par une articulation 35cl. Lesdites articulations 35 sont de type cardan, et autorisent les mouvements de rotation par rapport à un axe horizontal parallèle à l'axe du flotteur. Lesdits mouvements de rotation de la tige 18a sont transmis par un système d'engrenage démultiplicateur 36bl à une hélice 37b portée par le flotteur 3b. Un dispositif de type "roue libre" 38bl est positionné entre l'articulation 35bl et l'hélice 37b. Ladite roue libre 38bl permet d'entraîner l'hélice 37b (dans le sens qui lui permet de propulser le flotteur 3b) lors des mouvements de rotation anti-horaire de la tige 18a. Au contraire, cette même roue libre 38bl permet de désolidariser l'hélice 37b de la tige 18a lors des mouvements de rotation horaire de cette dernière. Ainsi, lorsque le flotteur
3a "descend" par rapport au flotteur 3b, l'hélice de ce dernier est entraînée (alors qu'elle ne l'est pas lorsque le flotteur 3a "monte" par rapport au flotteur 3b) . Les mouvements de rotation de la tige 18b sont également transmis à l'hélice 37b, au moyen d'un engrenage démultiplicateur 36b2 et d'un dispositif "roue libre" 38b2. Les autres flotteurs 3 peuvent être équipés de dispositifs similaires .
Diverses variantes d'un tel principe, permettant de tirer le meilleur parti moteur de la multiplicité des flotteurs et de leurs mouvements verticaux, pourront être proposées par l'homme de l'art. Par exemple, les articulations 35 peuvent être solidaires de dispositifs "inverseurs", permettant de transmettre un mouvement propulseur à l'hélice quel que soit le sens de rotation de la tige 18. Bien que l'on ait décrit ci-dessus l'utilisation de la force des vagues comme complément à une voilure, on notera que l'on peut réaliser un navire uniquement mû par la force des vagues, ou en complément à un autre mode de propulsions (rames, pagaies, ... ) . Dans ce cas également, on pourra avoir un navire à deux flotteurs seulement.
6 Mise en oeuvre de la fonction "hôtelière" (habitacle)
Elle impose de pouvoir abriter un équipage et les matériels nécessaires à une navigation au long cours. Dans un mode de réalisation de la présente invention, l'habitacle est intégré au dispositif moteur (il est porté par l'un des flotteurs 3) . Dans un autre mode de réalisation, la coque qui le porte est remorquée par le dispositif moteur.
Une caractéristique intéressante de cet habitacle est sa capacité à emporter les matériels (mâts, voiles, tiges rigides, câbles, ...) nécessaires à la mise en oeuvre et à la maintenance des fonctions présentées supra. Une navigation au long cours peut en effet entraîner des défaillances de certaines composantes du matériel. Une des caractéristiques intéressantes du système proposé consiste en ce que les matériels utilisés sont de relativement faible taille. Dans un mode de réalisation
de la présente invention, il est prévu d'embarquer dans l'habitacle une réserve de matériels, qui pourront être utilisés pour pallier toute défaillance. Contrairement à un voilier classique, où le démâtage crée habituellement une situation catastrophique, la rupture d'un élément tel qu'un mât, une tige de liaison, un câble, une voile ou un flotteur, prêtera ici peu à conséquence, car aucun de ces éléments n'est ni unique ni irremplaçable . 6.1 Intégration de l'habitacle au dispositif moteur Dans ce mode de réalisation de la présente invention, l'habitacle est porté par une coque classique, capable de flotter par ses propres moyens. Elle joue le rôle de l'un des flotteurs discutés précédemment, et peut en particulier porter son propre mât, et recevoir les dispositifs nécessaires à la compensation des forces de chavirement des flotteurs voisins. Dans un mode particulier de réalisation, la coque qui porte l'habitacle porte le seul mât, dont les forces de chavirement sont compensées par deux flotteurs situés de part et d'autre de la coque qui porte 1 'habitacle . 6.2 Remorquage de l'habitacle
Dans ce mode de réalisation de la présente invention, l'habitacle est tracté, par exemple au moyen de tiges ou de câbles. Le dispositif moteur exerce sur lui des forces essentiellement horizontales. Un mode de réalisation met en oeuvre une coque classique ; un autre mode de réalisation met en oeuvre une coque montée sur "foils" ; un troisième mode de réalisation utilise une coque capable d'aller sous l'eau ; un quatrième mode de réalisation prévoit une coque capable de décoller de la surface de 1 ' eau. 6.2.1 Coque classique
Dans ce mode de réalisation, n'importe quelle coque pourra convenir. Selon l'objectif visé (confort ou performance), on pourra retenir une coque avec un espace habitable important, ou un coque très légère (type bateau pneumatique à fond plat) .
6.2 .2 Coque sur "foils"
Ce mode de réalisation met en oeuvre une coque disposant de "foils", capable de "déjauger" à partir d'une vitesse suffisante, ce qui diminue considérablement l'interaction avec l'eau. Des solutions ont été imaginées (hydroptère) qui permettent de combiner un tel principe avec la propulsion par une voile. Cependant, dans ces solutions, la conception mécanique ainsi que le pilotage sont très délicats, car la structure doit absorber toutes les contraintes liées au fait que le mât est rigidement lié aux foils.
Dans ce mode de réalisation, le fait que l'élément moteur n'est pas porté par les foils simplifie considérablement l'architecture. La mise en oeuvre fera appel aux solutions développées dans d'autres cadres pour faire porter une coque par des foils.
6.2.3 Coque capable d'aller sous l'eau
Ce mode de réalisation de la présente invention vise le confort de 1 ' équipage par mer très forte. En effet dans ce cas, il peut être très difficile pour l'équipage de vivre sur un bateau ballotté par les vagues. Une coque étanche, reliée à la surface de 1 ' eau par un tube permettant le renouvellement de l'air, et reliée au dispositif moteur précédemment décrit, est équipée dans ce mode de réalisation d'un foil capable d'exercer une force verticale dirigée vers le bas, susceptible d'entraîner ladite coque vers le bas. L'invention se transforme alors en un "sous-marin à voile", et permet à l'équipage d'affronter des mers difficiles dans des conditions beaucoup plus confortables. La stabilité verticale sera en particulier assurée par la multiplicité des flotteurs moteurs : en moyenne, la composante verticale de la résultante des forces de traction exercée par l'ensemble de ces flotteurs est en effet constante, même si individuellement chaque flotteur monte et descend au gré des vagues .
6.2.4 Coque capable de décoller
Dans ce mode de réalisation de la présente invention, la coque est équipée d'ailes susceptibles de créer à partir d'une certaine vitesse relative à l'air une force de portance lui permettant de décoller. Il est pour cela nécessaire de compenser la force de réaction dirigée vers le haut créée par cette voilure. Dans un mode particulier de réalisation, les flotteurs reliés à la coque sont équipés de foils capables de créer une force dirigée vers le bas susceptible de compenser cette force.