"Procédé d'assistance pou r une faible vitesse du moteur therm ique d'un véhicule hybride"
L'invention concerne un procédé de commande pour un véhicule automobile à motorisation hybride parallèle. L'invention concerne plus particulièrement un procédé de commande pour un véhicule automobile à motorisation hybride parallèle qui comporte une transmission accouplée d'une part de façon permanente à un moteur électrique et d'autre part à un moteur thermiq ue par l'interméd iaire d'un embrayage , la transmission fournissant un couple moteu r aux roues du véh icule, et du type comportant un module électronique de commande qui , en fonction de la position d'une pédale d'accélérateur, commande le moteur thermique, l'embrayage, et le moteur électrique. On con naît de nombreux procédés de commande concernant la gestion du fonctionnement des moteurs électrique et thermique des véhicules hybrides parallèles .
I l s'agit pour la plupart de procédés de commande faisant intervenir les moteurs électrique et thermique selon certaines stratégies de fonctionnement automatiques prédéfinies, commandées par le module électroniq ue du véhicule et laissant au conducteur la possibilité de privilégier certaines stratégies de fonctionnement.
Les moteurs électrique et thermique interviennent alors simultanément ou indépendamment suivant les stratégies de fonctionnement.
En ce q ui concerne les phases de faibles vitesses du véhicule, et notamment la phase de démarrage du véhicule, qui consiste par définition à faire passer le véhicule d'une vitesse nulle à une vitesse non nulle, les systèmes existants font intervenir u niq uement un des deux moteurs .
Le document DE-A1 -4.436.383 décrit un dispositif dans lequel le procédé de commande du véhicule hybride parallèle peut mettre en œuvre soit un mode de démarrage électrique, soit selon un mode de démarrage thermique. Le premier mode de démarrage correspond , selon la stratégie sélection née par le conducteur, à une stratégie de fonctionnement électrique pure ou à une stratég ie de fonctionnement électriq ue moteur thermique éteint, tandis q ue le deuxième mode de démarrage correspond à une stratégie de fonctionnement thermiq ue pure, à une stratégie de rechargement d'une batterie d'accumulateurs.
U n problème se pose q uant à l'adéquation entre la source de puissance motrice choisie et les performa nces du véhicule. En effet, le démarrage d u véhicule par le moteur électrique, décrit dans le document cité, s'effectue suivant deux phases principales , une première phase consistant à lancer le véhicule avec le moteur électrique , puis à embrayer le moteur thermique initialement à l'arrêt pour le démarrer. Le moteur thermique assure alors la poursuite de l'accélération du véhicule. Outre que cette solution provoque des à-coups de transmission lors du démarrage du moteur thermique, elle implique un surdimensionnement d u moteur électrique d'une part, puisqu'il doit simultanément assurer la propulsion du véhicule et le démarrage d u moteur thermique , et de l'embrayage d'autre part, car le moteur thermique doit pouvoir transmettre un couple important à la transmission d u véhicule une fois qu'il a démarré. Le surdimensionnement du moteur électrique et de l'embrayage conduit à une augmentation des masses préjudiciable aux performances et au coût du véhicule.
Le démarrage du véhicule par le moteur thermique décrit dans le document cité est aussi préjudiciable aux
performances d u véhicule dans la mesure où le moteur thermique doit entraîner le moteu r électrique q ui est constamment solidaire de la transmission . Outre le fait que l'inertie du moteur électrique ralentit la montée en régime du moteu r thermiq ue, elle accroît la durée du patinage de l'embrayage, et par conséq uent le temps de réponse du véhicule à une sollicitation de la pédale d'accélérateu r par le conducteur. Le problème est similaire pour de faibles vitesses du véhicule. Pour remédier à ces inconvénients, l'invention propose un procédé de commande du type décrit ci-dessus, caractérisé en ce q ue, à partir d'un mode de fonctionnement initial dans lequel le moteu r thermiq ue est en marche et l'embrayage est débrayé, le mod ule électroniq ue est susceptible de mettre en œuvre un mode d'assistance à faible vitesse du véhicule, notamment au démarrage, selon lequel les moteurs thermique et électrique sont commandés pour fournir respectivement des couples thermiq ue et électrique suivant une répartition régie par une loi de commande prédéfinie, et selon lequel l'embrayage est simultanément commandé pour être embrayé. Selon d'autres caractéristiques de l'invention :
- le module électronique convertit la position de la pédale d'accélérateur en une valeur de couple total demandé, et il commande le fonctionnement simultané des moteurs thermique et électrique de sorte que la somme des couples fournis par les moteurs thermique et électrique est égale au couple total demandé ;
- le module électronique comporte des moyens de mesure de la vitesse du véhicule et la compare en permanence à une vitesse de référence prédéfinie au dessus de laq uelle le module électronique assure la régulation des couples fournis par les moteurs thermiq ue et électrique de sorte que le couple
fourni par le moteur thermique augmente jusqu'à atteindre la valeur du couple total demandé au véhicule tandis que le couple fourni par le moteur électrique décroît et s'annule progressivement, la valeur du couple total fourni au véhicule restant égale à la valeur du couple total demandé.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de la description détaillée q ui suit, pour la compréhension de laquelle on se reportera aux dessins annexés dans lesquels : - la figure 1 est un schéma de principe montrant les différents éléments d'un véhicule hybride fonctionnant suivant l'invention ; et
- la fig ure 2 est un organigramme illustrant le déroulement d'un mode d'assistance à faible vitesse du véhicule conformément à l'invention .
On voit sur la figure 1 un schéma de principe d'un véhicule hybride 1 0 utilisant un procédé de commande conforme à l'invention .
De manière connue, l'architecture 1 0 de véhicule hybride parallèle comporte une transmission 12 qui reçoit des couples moteurs en provenance d'une part d'un moteur thermique 14, par l'intermédiaire d'un embrayage 16, et d'autre part d'un moteur électrique 18. La transmission 12 transmet les couples moteurs reçus à des roues 20 du véhicule par l'intermédiaire d'un différentiel 22.
De manière connue, le moteur thermique 14 est alimenté en carburant par l'intermédiaire d'un dispositif 24 d'alimentation et le moteur électrique 1 8 est alimenté par une batterie d'accumulateurs 26 qui transmet une puissance au moteur électrique 1 8 par l'intermédiaire d'une électronique de puissance 28.
U n module électronique de commande 30 est susceptible de recevoir des informations en provenance de différents éléments de l'architecture 1 0 et de tenir compte de certains paramètres fixés par le conducteur du véhicule pour commander le fonctionnement d u moteur thermique 14, de l'embrayage 16 , et d u moteur électriq ue 18.
En effet, le conducteu r agit su r le module électronique de commande tout d'abord par l'intermédiaire d'un sélecteur de stratégie 32 q ui permet de faire fonctionner le véhicule suivant au moins trois stratégies: une stratég ie électrique pu re, une stratégie thermique pure et une stratég ie hybride.
Par ailleurs, le conducteur agit aussi sur le module électronique de commande 30 par l'intermédiaire d'une pédale d'accélérateu r 34 dont la position fournit au module électronique de commande une valeur de couple CDU demandée par l'utilisateur.
En tenant compte de ces paramètres dépendant de l'utilisateur, le module électronique de commande est susceptible de commander les différents éléments de l'architecture 1 0 du véhicule automobile hybride.
Ainsi, le module électroniq ue de commande 30 émet en direction d u moteur thermique 14 deux commandes principales, d'une part une commande d'état Mτ qui détermine un état de fonctionnement lMT ou d'arrêt 0MT d u moteur thermique 14, et d'autre part une commande de couple CMT qui est associée au fonctionnement du dispositif 24 d'alimentation pour réguler le fonctionnement du moteur thermique 14.
D'une façon analogue, le module électronique de commande 30 émet à l'intention d u moteur électrique 18 une commande d'état ME entre un état de fonctionnement lME et un état d'arrêt 0M E, et une commande de couple CME associée à
l'électronique de puissance 28 pour rég uler le fonction nement du moteur électrique 1 8.
Enfin , le module électron iq ue de commande 30 est susceptible d'émettre une commande d'état E pour commander le fonctionnement de l'embrayage 1 6 entre un état embrayé lE et un état débrayé 0E.
Par ailleurs, le module électronique de commande 30 est susceptible de recevoir une information relative à la vitesse d u véhicule par l'intermédiaire d'un capteur de vitesse 36 q ui délivre au module électronique de commande une valeur V proportionnelle à la vitesse d u véhicule.
L'organ ig ramme de la figure 2 illustre la mise en œuvre d'un procédé de commande d'assistance à faible vitesse, et notamment au démarrage, conformément à l'invention en utilisant l'architecture 1 0 précédemment décrite.
Le véhicule hybride fonctionne à une faible vitesse dans une configuration initiale dans laquelle le moteur thermique 14 est en marche, le moteur électrique 18 est à l'arrêt et l'embrayage 16 est débrayé. Cette configuration est celle d'un véhicule initialement arrêté ou roulant lentement dans un embouteillage. Le module électronique de commande associe donc la valeur lMT au paramètre d'état Mτ du moteur thermique 14, la valeur 0MT au paramètre d'état ME d u moteur électrique 18 et la valeur 0E au paramètres d'état E de l'embrayage 16. Partant de cette configuration , le module électronique de commande 30 compare la valeur d u couple CDU, demandé par l'utilisateur, à la valeur nulle. Si la valeur du couple CDU demandé par l'utilisateur est nulle, le module électronique de commande 30 reste en veille jusqu'à ce que la valeur de CDU ne soit plus nulle, comme l'indique la flèche de retour dans la configuration initiale. Si la valeur CDU du couple demandé par l'utilisateur est non nulle, le module électronique de commande
30 associe la valeur lMT au paramètre d'état Mτ du moteur thermique 14, la valeur lME au paramètre d'état ME du moteur- électrique 18 et la valeur lE au paramètre d'état E de l'embrayage 16, pour commander le fonctionnement simultané du moteur thermique 14, du moteur électrique 18 et de l'embrayage 16.
Le module électronique 30 assure alors une régulation des couples auxquels est soumis le véhicule.
En effet, le module électronique de commande 30 agit sur le dispositif 24 d'alimentation du moteur thermique 14 et sur l'électronique de puissance 28 du moteur électrique 18 de sorte que la somme du couple CMT fourni par le moteur thermique 14 et du couple CME fourni par le moteur électrique 18 soit égale au couple CDU demandé par l'utilisateur. Les couples CMT et CME sont répartis de façon prédéfinie de sorte que le couple Cτ soit proportionnel au couple CE à raison d'un coefficient α qui est régi par une loi de commande commandée par le module électronique 30. La loi de commande peut associer au coefficient α une valeur constante, ou une valeur variable dépendant par exemple du temps écoulé depuis que la valeur du couple CDU est devenue non nulle, ou dépendant de la vitesse du véhicule.
Le coefficient α définit une quote-part de couple à fournir pour chaque moteur, cette quote-part étant uniquement associée au démarrage. Aussi, le couple total fourni au véhicule CMT + CME est-il inférieur au couple CDU demandé par l'utilisateur tant que l'embrayage 16 patine pendant la montée en régime du moteur thermique 14, le moteur thermique 14 fournissant une réponse aux ordres du module électronique 30 comparativement plus lente que celle du moteur électrique 18. Toutefois, la phase de patinage est très courte et de l'ordre de la demi seconde.
Le mod ule électroniq ue 30 compare en permanence la vitesse du véhicule V à une vitesse de référence Vréf prédéfinie. Cette vitesse Vréf est choisie de façon à ce que quelles que soient les configurations d'évolution d u véhicule, l'embrayage ne patine jamais à cette vitesse. Lorsque la période de pati nage de l'embrayage 16 est terminée , que le moteu r thermiq ue 14 et le moteur électrique 18 fournissent un couple CMT + CME égal au couple CDU demandé par l'utilisateur, et que V est inférieure à Vréf, le module électron ique 30 maintient le système dans l'état précédemment décrit. Dans une deuxième phase du procédé de commande, lo rsque la vitesse du véhicule V est supérieure à la vitesse de référence Vréf, le module électron ique 30 abandonne la loi de commande de couple précédemment décrite et modifie la répartition de couple entre les couples fournis par le moteur thermiq ue CMT et le couple fourni par le moteur électrique CM E, de so rte que le couple CMT tende vers le couple CDU demandé par l'utilisateur et q ue le couple fourni par le moteur électrique C E décroisse jusq u'à s'annuler. Tant que le couple C E fourni par le moteur électrique n'est pas nul, le module électron ique de commande maintient le système dans l'état précédemment décrit, le paramètre d'état ME du moteur électrique gardant la valeur lME, le paramètre d'état E de l'embrayage gardant la valeur lE, le couple thermique CMT allant croissant et le couple électrique CM E allant décroissant. Dans cette deuxième phase transitoire, le couple CM E d u moteur électrique s'ajuste donc en permanence à une valeur CDU - CMT de sorte que le couple total reste égal à CDU .
Par ailleurs , le module électronique de commande compare toujours dans cette deuxième phase la vitesse V du véhicule à la vitesse de référence Vréf et est susceptible de commander un retou r d u véhicule à un fonctionnement défini
dans la première phase, comme l'ind ique la flèche de retour de la figure 2.
Lorsque le couple électrique CM E est nul , le mod ule électronique 30 affecte la valeur 0M E au paramètre d'état ME du moteur électrique 1 8 tout en maintenant les paramètres d'état Mτ et E respectivement associés au fonctionnement du moteur thermique 14 et de l'embrayage 16 aux valeurs respectives lMT et lE .
Le couple fourni par le moteur thermique CMT est alors égal au couple demandé par l'utilisateur CDU. Le module électronique 30 n'est alors plus dans un mode d'assistance à faible vitesse d u véhicule hybride, mais dans un mode de fonctionnement thermique.
Le véhicule peut être alors amené à fonctionner conventionnellement en mode hybride pour une vitesse supérieure à Vréf , lorsque par exemple le conducteur a besoin d'un appoint de puissance, comme c'est le cas par exemple lors d'une forte accélération .
Toutefois , si la vitesse V du véhicule redevient inférieure à Vréf, le module de commande 30 commande de nouveau un fonctionnement comme celui décrit dans la première phase.
Ce procédé de commande et de démarrage est particulièrement avantageux car, du fait de l'assistance du moteur électrique 18 par le moteur thermique 14, il permet de réduire le dimensionnement du moteur électrique 1 8 , et de l'embrayage 16. En effet, dans un véhicule hybride parallèle conventionnel où le moteur thermique assure la phase de relance du véhicule à faible vitesse, l'embrayage est nécessairement dimensionné de façon importante de manière à pouvoir transmettre des couples importants. D'une façon analogue, dans un véhicule hybride parallèle conventionnel
pour lequel le moteur électrique assure la phase de relance à faible vitesse , le moteu r électrique est nécessairement surdimensionné de façon à pouvoir fourn ir un couple important à la transmission d u véhicule. En utilisant simultanément le moteur thermique 14 et le moteur électriq ue 18 , l'architecture 1 0 décrite permet de limiter le couple CMT transmis à l'embrayage 16 par le moteur thermique 14 d'une part, et de limiter le couple CME q ue doit fournir le moteur électrique 1 8 d'autre part. Le couple subi par l'embrayage d'un véhicule doté d'un tel procédé de commande est alors comparable au couple subi par l'embrayage d'un véhicu le thermiq ue conventionnel roulant dans une descente. De fait, un dimensionnement réd uit des éléments mécaniques est envisageable et permet un gain de poids considérable qui va dans le sens d'une amélioration des performances du véhicule.
Réciproquement, l'assistance d u moteur thermique 14 par le moteur électrique 1 8 présente l'avantage de réduire la durée des phases de patinage de l'embrayage 16 et le véhicule parvient plus rapidement à un état de régime établi dans lequel le moteur thermique 14 et le moteur électrique 18 participent à la propulsion du véhicule. Cette configuration est particulièrement avantageuse dans le cas d'un démarrage du véhicule en forte charge, comme c'est le cas par exemple lorsque le véhicule est lourdement chargé ou lorsqu'il démarre en côte.
En outre, l'interaction du moteur thermique 14 et du moteur électrique 18 influe favorablement sur le rendement global de la chaîne de traction. En effet, les deux moteurs 14 et 18 participant au démarrage, le moteur thermique 14 consomme moins de carburant et le véhicule est moins polluant.
L'interaction du moteur thermique 14 et d u moteur électrique 18 permet aussi de modifier les rapports de réduction de la transmission 12. Le moteur électrique 1 8 étant susceptible de fournir un couple important à la transmission du véhicule, il devient superflu d'utiliser un rapport de réd uction important q ui privilégie habituellement sur un véhicule conventionnel les couples importants au détriment de la vitesse de rotation . On peut donc, dans le cas d'un véhicule utilisant une boîte de vitesses conventionnelle rapprocher les rapports de multiplication , voire en d iminuer le nombre. Ainsi, un premier rapport de marche avant tel qu'il est connu et destiné à permettre pour de faibles vitesses de rotation de transmettre un couple important à la transmission peut être supprimé, le moteur électriq ue fournissant dès lors un couple suffisant au démarrage ou aux faibles vitesses du véhicule. Enfin , le moteur thermique pouvant couvrir une large plage de régimes d'une part, et le moteur électrique pouvant couvrir une large plage de couples d'autre part, la transmission peut comporter un nombre de rapports restreint et même être réduite à un simple réd ucteur.