Procédé de traitement par vitrification de déchets de fibres nocives, notamment de déchets amiantifères issus du bâtiment, et installation de mise en oeuvre dudit procédé .
La présente invention concerne le traitement par vitrification de déchets de fibres nocives, notamment de déchets amiantifères issus du bâtiment, incluant une proportion non nulle d'eau, de matières métalliques, et de matières plastiques ou autres matières combustibles .
Les déchets de fibres nocives dont le traitement est envisagé dans le cadre de l'invention comprennent à titre principal les déchets amiantifères issus du bâtiment, mais aussi d'autres déchets tels que les déchets de fibres céramiques (notamment ceux qui proviennent de fours industriels) et les isolants fibreux industriels.
Les déchets amiantifères, et en particulier ceux qui proviennent de la décontamination des bâtiments, posent un problème particulier et de plus en plus aigu de traite- ment pour les rendre inoffenεifs. En effet, l'amiante a été très utilisé dans l'industrie et le bâtiment en raison de son coût modique et de ses propriétés bien connues de tenue à la température et d'isolation. C'est seulement il y a une vingtaine d'années que les dangers des fibres d'amiante pour les voies respiratoires (asbestose, différentes variantes de cancer du poumon) , ont été mis en évidence, ce qui a abouti à interdire les variétés les plus nocives de l'amiante, ainsi que le flocage des bâtiments. Il est rappelé que la nocivité de l'amiante est essentiellement liée à sa morphologie sous forme de fibres extrêmement fines, et non à sa composition chimique qui est quant à elle tout à fait banale.
Dans le cas de déchets amiantifères provenant de la décontamination des bâtiments, ces déchets sont extrême- ment hétérogènes du fait que l'amiante a souvent été associé à d'autres matériaux pour réaliser l'isolation des bâtiments, et aussi du fait d'une teneur en eau très élevée imposée par les conditions d'enlèvement de ces déchets. De tels déchets amiantifères arrivent généralement des chan- tiers dans des sacs de cinquante litres environ, en matière
plastique, et ils contiennent une proportion de matières minérales (amiante, plâtre, ciment, laines minérales) , une proportion d'eau (l'amiante est en effet presque toujours arrosé lors de l'enlèvement, pour stabiliser les poussiè- res, et de plus certains procédés de nettoyage à l'eau sous pression saturent d'eau la masse fibreuse) , une proportion de matières combustibles (en particulier des matières plastiques provenant en grande partie des films de confine¬ ment, généralement en polyéthylène, mais aussi une propor- tion d'autres matières plastiques telles que polyamide de tapis, matières auxquelles s'ajoute du bois ou d'autres matières combustibles) , et aussi de matières métalliques (il s'agit principalement d'acier utilisé pour les suspen¬ tes de faux-plafonds, et les grillages de soutènement des flocages de grande épaisseur, avec en outre éventuellement quelques quantités de cuivre ou d'aluminium) . Cette grande hétérogénéité des déchets amiantifères complique en fait considérablement leur traitement.
On peut citer pour mémoire les procédés utilisés dans certains pays de stabilisation avant mise en décharge consistant à diluer les fibres dans une masse importante de liant hydraulique, le résidu obtenu étant envoyé en décharge après séchage. De tels procédés sont coûteux dans la mesure où ils exigent un tri préalable et des quantités importantes de liant, et de plus la tenue sur une longue durée n'est pas certaine, de sorte que la sécurité reste finalement douteuse.
Diverses tentatives se sont également orientées vers des procédés de décomposition thermique consistant à chauffer l'amiante à une certaine température (500°C à 900°C) , de manière à décomposer les ibres pour former d'autres constituants. On pourra en particulier se référer aux documents EP-A-0.484.866 et EP-A-0.344.563. Toutefois de tels procédés se sont heurtés à des difficultés impor- tantes sur le plan du transport et de la valorisation d'un
produit en réalité très pulvérulent, dont l'innocuité est en outre fortement contestée par les spécialistes.
Finalement, il apparaît que la vitrification assure seule une destruction complète des fibres nocives tout en permettant une totale banalisation du résidu.
Le document DE-U-93 02137 illustre une technique de fusion de déchets amiantifères qui sont très combusti¬ bles et ne comportant pas ou peu d'eau. Selon cette technique, les déchets pénètrent tels quels, sans traite- ment préalable, à l'entrée d'un four tournant à brûleur où est réalisée une combustion. Puis ces déchets passent dans un collecteur dont la base débouche à l'entrée d'un convoyeur à vis menant les déchets à une chambre de fusion de type verrier. Les fragments métalliques arrivant dans le bain de fusion peuvent décanter en amont du bain, être chauffés et coulés par une busette à système intégré de chauffage à induction. Il convient toutefois de noter que les gaz chauds du four tournant sont convoyés vers la chambre de fusion (par le collecteur intermédiaire et une tubulure associée débouchant en partie haute de la chambre de fusion) . A ce titre, comme la charge passe dans le collecteur puis est acheminée par un convoyeur à vis, ce dernier doit s'accommoder des déchets métalliques sortant du four tournant et qui risquent de bloquer la vis. Enfin, il faut également noter que la combustion dans le four tournant est en l'espèce nécessairement une combustion incomplète en défaut d'air, avec une fin de combustion oxydante des gaz en chambre de fusion (autrement, on aurait soit une température excessive affectant le fonctionnement du four tournant, soit une température insuffisante refroidissant la chambre de fusion) de sorte que les portions métalliques ne subissent aucune oxydation (la chambre de préchauffage se trouve en effet en atmosphère réductrice) . Diverses autres techniques de vitrification ont
été testées, et l'on distingue fréquemment les procédés par torche à plasma, les procédés par conduction, et les procédés par induction.
Le procédé par torche à plasma utilise un outil prestigieux mais extrêmement coûteux qui permet d'atteindre des températures très élevées (plus de 2000°C) . On pourra par exemple se référer au document EP-A-565.420. Le principe général d'un tel procédé repose sur le fait que tous les composants des déchets sont globalement fondus grâce aux températures extrêmement élevées concernées, qu'il s'agisse de matières plastiques ou de matières métalliques dont les fragments d'acier. Toutefois, l'inves¬ tissement d'une telle installation est très lourd et les coûts de maintenance sont élevés du fait de la sophis- tication de l'équipement. En outre, les très hautes températures développées localement ainsi que les chocs thermiques permanents, nuisent à la bonne tenue des réfractaireε . Il s'agit donc d'un procédé global et théoriquement satisfaisant pour rendre inertes les déchets amiantifères, y compris ceux issus du bâtiment, mais au prix de dépenses considérables.
Les procédés par conduction ou par induction (voir par exemple les documents FR-A-2.668.726 et US-A- 5.032.161) sont également coûteux. En outre, les procédés par conduction ne conviendraient pas pour traiter des déchets amiantifères issus du bâtiment, car la nécessité d'une atmosphère réductrice rendrait problématique l'utili¬ sation de tels procédés pour des déchets contenant des matières combustibles. Finalement, les procédés de vitrification connus, même s'ils mettent en oeuvre des technologies de pointe, ne présentent pas encore une fiabilité suffisante, et ils se prêtent mal au traitement de déchets très hétérogènes, ce qui est justement le cas des déchets amiantifères provenant des chantiers de décontamination des bâtiments, à moins
naturellement de mettre en oeuvre des coûts de traitement extrêmement élevés .
Il existe bien entendu d'autres techniques de vitrification qui ont été expérimentées pour traiter des déchets de types divers autres que les déchets amiantifè¬ res, en général des déchets toxiques notamment des déchets hospitaliers, ainsi que des résidus de fumées d'incinéra¬ tion d'ordures ménagères (REFIOM) . Il convient à ce titre de noter que les cendres d'incinération sont des déchets très homogènes, contrairement aux déchets que l'invention vise à traiter, et que leur traitement ne s'accompagne d'aucune combustion.
On pourra par exemple se référer au document FR- A-2.704.047 pour le traitement de déchets hospitaliers utilisant une torche à plasma, et aux documents FR-A- 2.692.178 et FR-A-2.689.213 illustrant des techniques de vitrification de déchets à four tournant et électrobrûleur ou torche à plasma. On pourra aussi se référer aux docu¬ ments EP-A-0 626 349, EP-A-0 590 479, EP-A-0 575 874, EP-A- 0 627 270, EP-A-0 359 003, EP-A-0515 792 et DE-A-4 301 353. L'arrière-plan technologique est également illustré par le document FR-A-2.711.078 illustrant une technique polyvalente de traitement de déchets par vitrifi¬ cation, visant à traiter simultanément des produits toxiques et des résidus aptes à la vitrification. La vitrification est alors principalement utilisée pour son aptitude à piéger des substances toxiques dans une matrice vitreuse. Les produits toxiques et résidus aptes à la vitrification qui sont mentionnés dans ce document, ont en commun d'être des matières peu combustibles, de sorte que le pré-traitement thermique qui est mentionné vise princi¬ palement à diminuer le volume des résidus sans qu'il y ait véritablement une combustion de ceux-ci. Les résidus sous forme de cendres sont soit pyrolyses dans un four tournant qui les brasse, soit admis directement par une vis d'en-
fournement dans une chambre de fusion. Une telle installa¬ tion serait toutefois impropre au traitement de déchets amiantifères issus du bâtiment : en effet, si l'on enfour¬ nait des sacs de résidus dans le four tournant, ceci générerait des bouffées de fumée considérables contenant des imbrûlés, obligeant à surdimensionner les installations de traitement des fumées, et de plus l'absence d'injection d'air ne permettrait pas de réaliser une combustion satisfaisante des matières plastiques présentes dans les charges. Si ces déchets étaient amenés par l'autre voie, à savoir la vis d'enfournement direct dans la chambre de fusion, alors les températures de bain indiquées montrent que les fragments métalliques tels que les fragments d'acier resteraient solides et non oxydés, et viendraient perturber le bain de fusion (en effet le soutirage en partie basse du fondoir se limite aux métaux liquides, c'est-à-dire aux portions en aluminium, plomb, zinc, cuivre) . De plus, les matières plastiques se décompose¬ raient à très haute température avec formation de polluants nocifs, tels que dioxynes et oxydes d'azote NOx.
Enfin, pour être tout-à-fait complet, on peut mentionner divers autres traitements de déchets dangereux, notamment radioactifs, illustrés dans les documents EP-A-0 417 520, EP-A-0 622 140, O-A-94 24060 et FR-A-2 593 092. L'invention a précisément pour but de concevoir une technique de traitement par vitrification de déchets de fibres nocives, notamment de déchets amiantifères issus du bâtiment, ne présentant pas les inconvénients et/ou limitations des techniques connues précitées. Le but de l'invention est donc de concevoir une technique de traite¬ ment qui soit à la fois simple, fiable, et de faible coût d' exploitation.
Ce but est atteint conformément à l'invention grâce à un procédé de traitement par vitrification de déchets de fibres nocives, notamment de déchets amiantifè-
res, issus du bâtiment, incluant une proportion non nulle d'eau, de matières métalliques, et de matières plastiques ou autres matières combustibles, caractérisé en ce que les déchets à traiter, ensachés dans des sacs en matière plastique, sont d'abord broyés grossièrement et mélangés pour réaliser une charge dont la part combustible est répartie de façon sensiblement homogène, après quoi cette charge est soumise à un préchauffage dans une chambre de préchauffage à une température sensiblement comprise entre 800°C et 1000°C afin de réaliser la combustion des matières plastiques ou autres présentes dans la charge, 1 'évapora- tion de l'eau, et l'oxydation au moins partielle des matières métalliques également présentes dans ladite charge, avant d'arriver dans une chambre de fusion où est réalisé un bain de fusion dont la température est voisine de 1400°C, les fumées chaudes issues de la chambre de fusion passant à contre-courant dans la chambre de pré¬ chauffage en transmettant leur énergie thermique à la charge soumise au préchauffage, ladite chambre de fusion étant agencée pour permettre aux fragments métalliques encore présents dans la charge de décanter à l'état solide ou pâteux dans une partie amont du bain de fusion, tandis que le vitrifiât s'écoule en continu vers une partie aval dudit bain de fusion pour être récupéré par coulée en fin de traitement.
Ainsi, le procédé précité prend parfaitement en compte la composition et le caractère hétérogène des déchets de fibres nocives, surtout s'il s'agit de déchets amiantifères : les phases préliminaires de broyage et de melangeage permettent de réaliser une charge dont la part combustible est répartie de façon très satisfaisante malgré le caractère très hétérogène des déchets à traiter. En outre, le traitement de préchauffage des déchets ne requiert que très peu d'énergie, la chaleur nécessaire au préchauffage des matières minérales et à l' évaporation de
l'eau étant en effet apportée par la combustion des matières plastiques présentes dans la charge. On peut donc réserver l'énergie noble au traitement de fusion proprement dite, en limitant ainsi les gammes de températures puisque les fragments métalliques encore présents, notamment en acier, sont décantés en amont du bain de fusion et peuvent être extraits. Enfin, on obtient une très bonne récupéra¬ tion de l'énergie mise en oeuvre, qui permet de diminuer considérablement le coût de l'étape préliminaire de préchauffage des déchets broyés et mélangés. Cette récupé¬ ration d'énergie permet d'ailleurs non seulement de limiter la consommation d'énergie, mais aussi de réduire le volume de fumées produites, et donc de travailler avec une unité de traitement de fumées qui peut être de faibles dimen- εionε.
De préférence, l'air nécessaire pour la combus¬ tion des matières plastiques lors du préchauffage de la charge eεt réchauffé par les fumées de la chambre de préchauffage . Avantageusement encore, les fragments métalliques décantés sont par intermittence chauffés à une température suffisante pour achever leur fusion, puis évacués du bain de fusion par coulée. La décantation des ferrailles à l'état solide ou pâteux permet de limiter la température de fusion et de coulée des matières minérales, et donc de réduire dans des proportions considérables la corrosion des réfractaires . Ainsi, dès que la couche de fragments métalliques décantés atteint un niveau prédéterminé, il suffit de chauffer ceε fragments pour achever leur fusion, et d'organiser leur coulée pour vidanger la cuve.
Avantageusement aussi, le vitrifiât séjourne au niveau de la partie aval du bain de fusion jusqu'à obten¬ tion d'un vitrifiât homogène avant d'être évacué par coulée continue. Ce temps de séjour sera par exemple sensiblement compris entre 30 et 60 minutes. Ceci permet d'améliorer
notablement l'homogénéité du vitrifi t, et donc sa coulabi- lité.
L'invention concerne également une installation de mise en oeuvre du procédé de traitement précité, ladite installation étant remarquable en ce qu'elle comporte : un broyeur alimenté en déchets ensachés à traiter ;
- un mélangeur agencé en aval du broyeur;
- une chambre de préchauffage alimentée en charge broyée et mélangée, ladite chambre étant équipée de brûleurs air-gaz et de moyens pour injecter de l'air chaud;
- une chambre de fusion dont l'entrée communique directement avec la sortie de la chambre de préchauffage par une ouverture commune servant à la fois à l'enfourne- ment des matières dans la chambre de fusion sous l'action de moyens mécaniques de poussage et au pasεage à contre- courant deε fumées de cette chambre de fusion, ladite chambre de fusion comportant une cuve amont de décantation et une cuve aval d'homogénéisation au-dessus deεquelles sont agencés des brûleurs oxy-gaz ;
- une cuve de récupération de vitrifiât exté¬ rieure à la chambre de fuεion et communiquant avec la cuve aval de cette dernière, ladite cuve de récupération étant équipée d'un moyen de coulée obturable ; - des moyens de récupération et de traitement des fumées en communication avec la partie haute de la chambre de préchauffage.
La présence d'une telle ouverture commune est particulièrement avantageuse dans la mesure où elle permet l'utilisation du passage deε fuméeε de la chambre de fusion à contre-courant pour participer aux échanges thermiques développés dans la chambre de préchauffage.
De préférence, la chambre de préchauffage eεt à εoleε inclinéeε εucceεεives, munies chacune de moyens mécaniques de poussage des produits qui s'y trouvent, au
moins les soleε leε pluε en amont présentant des orifices servant à l'injection d'air qui est chaud dans ladite chambre de préchauffâge. En particulier, les orifices d'injection d'air chaud sont reliés à un circuit d'air associé, pour le réchauffage de l'air injecté, aux moyens de récupération des fumées.
De préférence alors, la chambre de préchauffage est alimentée en partie haute par une vis d'enfournement répartissant la charge sur la sole supérieure. II pourra s'avérer intéressant de prévoir que la chambre de préchauffage soit équipée latéralement de moyens pour injecter de l'eau de refroidissement. Un tel refroi¬ dissement pourra notamment s'avérer nécessaire lorsque la proportion de matières plastiques est anormalement élevée. Selon une autre caractéristique particulière, la cuve amont de la chambre de fusion pourra être équipée d'électrodeε de chauffage et d'une buεette de coulée interruptible, ce qui permet d'organiser de façon simple et pilotable la fusion et la récupération intermittente des ferrailles.
De préférence encore, la cuve aval de la chambre de fusion est séparée de la cuve amont de ladite chambre par un muret, et elle communique par un couloir formant siphon avec la cuve extérieure de récupération de vitri- fiat. En particulier, la cuve aval et/ou le muret aεsocié sont équipés de moyens d'injection de bulles d'air.
De préférence enfin, la cuve de récupération de vitrifiât est réalisée sous la forme d'une chambre fermée équipée latéralement d'au moins un brûleur oxy-gaz, et elle comporte un moyen de coulée obturable constitué par une busette d'écoulement en partie baεse et un poinçon mécanisé asεurant la régulation du débit de coulée.
D'autreε caractériεtiqueε et avantages de l'in¬ vention apparaîtront plus clairement à la lumière de la description qui va suivre et des dessins annexés, concer-
nant un mode de réalisation particulier, en référence aux figures des dessinε annexés où : la figure 1 illustre schématiquement une installation complète conforme à l'invention permettant de mettre en oeuvre le procédé de traitement selon l'inven¬ tion, afin de vitrifier des déchets de fibres nocives, notamment de déchets amiantifères issus du bâtiment ,-
- la figure 2 est une coupe illustrant à pluε grande échelle la chambre de préchauffage du four d'inciné- ration faisant partie de l'installation précitée ;
- la figure 3 est une coupe à plus grande échelle de la chambre de fusion du même four d'incinération, et la figure 4 en est la coupe associée selon IV-IV (sanε le bain de fuεion) . La figure 1 illustre une installation 1 de traitement par vitrification de déchets de fibres nocives, plus particulièrement mais non exclusivement adaptée au traitement de déchets amiantifères isεuε du bâtiment, qui incluent une proportion non nulle d'eau, de matières métalliqueε, et de matières plastiques ou autres matières combustibles. Les déchets à traiter arrivent au niveau d'un poste 2 d'alimentation équipé d'un tapis de convoyage 3, sous forme de sacε 4, par exemple deε sacs de 50 litres en polyéthylène du type de ceux bien connus pour être utilisés sur les chantiers. Ainsi que cela a été indiqué plus haut, ces déchets se présentent sous une forme très hétérogène, en contenant à la fois des matières minérales, de l'eau, des matières combustibles, et des matières métalliques, ces dernières étant essentiellement constituées d'acier. Conformément à une première étape du procédé, et comme schématiεé par la flèche 5, les déchets à traiter, enεachéε dans des sacs en matière plastique 4, sont d'abord broyés grossièrement dans un broyeur 6, par exemple un broyeur à marteaux, puis ces déchetε broyéε sont amenés, comme cela est schématisé par la ligne 7, à un mélangeur
vertical 8 de grande contenance. Cette phase préliminaire de broyage et de melangeage est essentielle dans le cadre du procédé de traitement de l'invention, car elle vise à répartir de manière sensiblement constante la part combus- tible du déchet, en corrigeant ainsi le caractère très hétérogène de celui-ci. Dans la pratique, les films plastiques de confinement, qui sont en polyéthylène ou en polychlorure de vinyle, constitueront l'essentiel de cette part combustible, c'est-à-dire représenteront une propor- tion d'environ 2 à 6 % en poids. Un broyage grosεier sera suffisant, et dans la pratique une granulométrie de 5 à 30 mm pourra convenir. Le mélange intime des déchets broyés permet ainsi d'obtenir une charge dont la part combustible est répartie de façon sensiblement homogène. Comme schématisé par la ligne 9, cette charge est amenée à un four d'incinération 10, et plus précisément dans une chambre à préchauffage il de ce four d' incinéra¬ tion. Le four d'incinération 10, dont la structure sera décrite plus en détail en référence aux figures 2 à 4, comporte basiquement une chambre de préchauffage amont 11 et une chambre de fusion aval 12 communiquant directement avec la chambre de préchauffage 11. Dans la chambre de préchauffage 11, la charge est soumise à un préchauffage à une température sensiblement comprise entre 800°C et 1000°C afin de réaliser l' évaporation de l'eau, la combustion deε matières plastiques ou autres présentes dans la charge, et l'oxydation au moins partielle des matières métalliques également présentes dans ladite charge. Cette étape de combustion oxydante, qui est très différente d'une pyrolyse préliminaire que l'on pouvait rencontrer dans certaines techniques de traitement de déchets toxiques, est essen¬ tielle dans le cadre de l'invention. Le préchauffage des déchets dûment broyés et mélangés permet en effet de réaliser dans cette chambre de préchauffage à la fois la combustion des matières plastiques présentes dans la
charge, 1 ' évaporation de l'eau, et l'oxydation des matières métalliques, ainsi que la montée en température des matières minérales avec une déshydratation complète de celles-ci, et aussi éventuellement une décomposition exothermique (on sait notamment que le chrysotile se décompose en silice et en forstérite entre 800°C et 900°C) . Un préchauffage à une température εenεiblement comprise entre 800°C et 1000°C, et plus particulièrement entre 800°C et 900°C, sera dans la pratique suffisant. La combustion des matières plastiques apporte la chaleur nécessaire au préchauffage des matières minérales et à 1 ' évaporation de l'eau, de sorte que le préchauffage des déchets requiert une consommation d'énergie minimale, ce qui constitue un avantage très important . Contrairement aux techniques connueε précitéeε de vitrification des déchets amiantifères, utilisant une torche à plasma pour une fusion des déchets à deε tempéra- tureε dépaεεant 1600°C, on met en oeuvre dans le cadre du procédé de l'invention un traitement continu, la charge arrivant progressivement dans le four d'incinération 10 à partir du mélangeur 8. Pour une bonne régularité de l'alimentation, on utilisera de préférence une vis d'en¬ fournement 14 montée en partie haute de la chambre de préchauffage 11 de ce four d'incinération. La commande de la vis d'enfournement 14 assure une amenée régulière de la charge dans la chambre de préchauffage 11. On eεt donc loin des techniques antérieures selon lesquelles les sacs de déchets étaient directement enfournés dans le bain de fusion, selon une alimentation bien entendu discontinue. La chaleur résultant de la combustion des matières plastiques est donc ici utilisée de façon optimale lors de cette étape de préchauffage. Sur la figure 1, on a représenté schémati- quement l'un de deux brûleurs air-gaz 40 servant à assurer le niveau thermique désiré à l'intérieur de la chambre de préchauffage 11.
Lors de l'étape suivante, la charge ainsi pré¬ chauffée arrive dans la chambre de fusion 12 où est réalisé un bain de fusion 15 dont la température est voisine de 1400°C. La chambre de fusion 12 est en outre agencée pour permettre aux fragments métalliques encore présents dans la charge de décanter à l'état solide ou pâteux dans une partie amont 16 du bain de fusion, tandis que le vitrifiât s'écoule en continu vers une partie aval 17 dudit bain de fusion pour être récupéré par coulée en fin de traitement. L'énergie noble, apportée par des brûleurs oxy-gaz 60 équipant la chambre de fusion 12, assurent le niveau thermique désiré pour l'obtention d'un bain de fusion dont la température reste voisine de 1400°C, ce qui est infé¬ rieur d'au moins 200°C à la température rencontrée dans les techniques précitéeε de vitrification des déchets amianti¬ fères utilisant une torche à plasma.
Conformément à une autre caractéristique de l'invention, l'entrée de la chambre de fusion 12 communique directement avec la sortie de la chambre de préchauffage 11, au niveau d'une ouverture commune 13. Ainsi qu'on le verra par la suite, la chambre de fusion 12 présente un ciel complètement fermé, si bien que les fumées chaudes isεues de cette chambre de fusion ne peuvent que passer par l'ouverture commune 13 pour pénétrer à contre-courant dans la chambre de préchauffage 11, de sorte que l'énergie des fumées chaudes eεt alors trans iεe directement à la charge qui est en cours de préchauffage dans la chambre il. L'échappement des fumées chaudes est en effet εeulement prévu au niveau de la chambre de préchauffage 11, ici par au moins une sortie 27 ménagée en partie haute, et communi¬ quant avec un circuit 28 menant à des moyen 29, 30 de récupération et de traitement qui vont maintenant être décrits plus en détail.
Comme dans tout incinérateur, on trouve une chambre de post-combustion 31 qui est nécessaire pour
s'assurer de la combustion complète des gaz avant rejet à l'atmosphère. A l'intérieur de cette chambre 31 garnie de réfractaires, plusieurs rétrécissements et élargiεεements successifs peuvent être ménagés, afin de favoriser la décantation des pouεεières résiduelles. Selon un aspect intéressant du procédé selon l'invention, il est prévu d'utiliser l'énergie thermique de ces gaz brûlés afin de réchauffer non seulement l'air qui doit être dirigé vers la chambre de préchauffage pour la combustion des matières combustibles, mais aussi l'air comburant arrivant aux brûleurs air-gaz équipant ladite chambre de préchauffage Ainsi, les gaz brûlés pasεent par une canalisation 32 sortant de la chambre de post-combustion 31, pour pénétrer dans un récupérateur 33, duquel ils sortent par une canalisation 34 menant à un diεpositif 30 de traitement de fumées de type conventionnel
On trouve successivement un ensemble de filtres 35 servant à piéger toutes les poussières, y compris les plus fines (filtration absolue) , un refroidisεeur à l'eau 36 (souvent dénommé quench de refroidissement par pulvéri¬ sation d'eau) , puis une colonne 37 de neutralisation des acides par arrosage à l'eau sodée, et enfin un ventilateur général de tirage 38 εervant également à assurer la dépression dans l'installation, et une cheminée d'échappe- ment 39. Ceε moyenε de traitement de fumées sont bien connus et ne nécessitent pas d'être décrits plus en détail
Un circuit d'air chaud 26 eεt associé à la chambre de préchauffage 11 du four d'incinération 10, lequel circuit se termine au niveau de branches, ici au nombre de trois, notées 26.1, 26.2, 26.3, alimentant les soles inclinées de la chambre de préchauffage 11 Ce circuit d'air chaud 26 présente également une branche de dérivation 41 associée à l'alimentation en air comburant des brûleurs air-gaz 40 de la chambre de préchauffage 11 II est important de noter que le circuit d'alimentation
recevant de l'air fraiε à son entrée traverse le récupéra¬ teur 33, ce dernier assurant ainsi le réchauffage de l'air. On utilise de ce fait tous les avantages d'une récupération de l'énergie des fumées de la chambre de préchauffage au moyen d'un échangeur qui réchauffe l'air de combustion injecté dans cette chambre. On pourra par exemple utiliser un récupérateur 33 de type tubulaire, et les fuméeε ainsi refroidies en aval du récupérateur 33 sont alors envoyées vers l'équipement de traitement de fumées 30 précédemment décrit. On a en outre représenté εchématiquement un capteur de température 64 et une εonde de mesure d'oxygène 65 piqués sur la canalisation 32 en sortie de la chambre de post-combuεtion 31. En effet, la mesure de température des fumées avant le récupérateur 33 sert à commander la puisεance deε brûleurε air-gaz 40 de la chambre de pré¬ chauffage 11 danε le cas où un apport d'énergie est nécessaire, ou à l'inverse à commander un débit d'injection d'eau de refroidissement dans le cas où un tel refroidisεe- ment de la chambre de préchauffage s'avère néceεsaire (les moyens d'injection d'eau de refroidisεement équipant la chambre de préchauffage seront décrits plus loin en référence à la figure 2) . La sonde de mesure d'oxygène 65 sert quant à elle à commander le débit d'air chaud injecté dans la chambre de préchauffage 11. Danε la chambre de fusion 12, on trouve une partie amont 16 du bain de fusion au niveau d'une cuve de décantation et une partie aval 17 dudit bain de fusion au niveau d'une cuve d'homogénéisation, ainεi que cela sera décrit plus en détail en référence aux figures 3 et 4. Une cuve de récupération de vitrifiât 18 (souvent dénommée "feeder" par leε εpécialistes) extérieure à la chambre de fusion 12 est en outre prévue, cette cuve de récupération communiquant avec la cuve aval de la chambre de fusion 12, et elle est équipée d'un moyen de coulée obturable avec un orifice inférieur 19 permettant de déverser le vitrifiât
liquide en amont de moyens de récupération 20 dont l'agen¬ cement est classique. Ces moyens 20 comportent successive¬ ment un chenal métallique incliné 21, de préférence à circulation d'eau, un bac tampon 22 régulé en niveau et en température, dans lequel est présent un liquide de refroi¬ dissement, un tapis de convoyage incliné 23 pour remonter les produitε εolidifiés souε forme de granuléε de εilice, pour se déverser dans une trémie de réception 24 avec couloir orientable vers les bennes à résidus (non repré- sente ici) recevant ainsi le produit inerte 25 de fin de traitement .
On a schématisé par la flèche 66 la coulée directe de fragments métalliques décantés danε la partie amont 16 de la chambre de fuεion, ces fragments principale- ment constitués d'acier étant, par intermittence, chauffés à une température suffisante pour achever leur fusion, afin de pouvoir être évacués du bain de fusion 15 par coulée. Il s'agira en fait des fragments métalliques les plus masεifε, les fragmentε les plus fins étant quant à eux totalement oxydés lors du préchauffage. Ce principe de décantation des ferrailles à l'état solide ou pâteux est trèε intéressant, dans la mesure où il permet de limiter la température de fusion et de coulée des matières minérales, et donc de réduire dans des proportions considérableε la corrosion des réfractaires . C'est ainsi que l'on peut se contenter d'avoir un bain de fusion qui est à une température proche de 1400°C à 1450°C. A cette température, les fragments d'acier présents dans le mélange ne sont pas encore à l'état liquide, de sorte qu'ils décantent dans le fond de la cuve, pendant que le vitrifiât s'écoule vers la partie aval de la chambre de fusion. Il suffit alors d'organiser, à la demande, la fusion de ces fragments afin de les évacuer par coulée. La partie aval 17 du bain de fusion 15 correspond à une homogénéisation du vitrifiât, et cette partie doit de préférence séjourner à ce niveau jusqu'à
obtention d'un vitrifiât homogène avant d'être évacué par coulée continue. Le vitrifiât pourra par exemple séjourner un temps d'environ 30 à 60 minutes dans la partie aval 17 du bain de fusion, ce qui participe à l'homogénéiεation du vitrifiât, et bien entendu améliore la coulab lité dudit vitrifiât
On va maintenant décrire plus en détail la chambre de préchauffage 11 et la chambre de fusion 12 du four d'incinération précité en se référant aux figures 2 à 4.
La figure 2 illustre à plus grande échelle la chambre de préchauffage 11 qui est constituée selon une enceinte entièrement garnie de matériaux réfractaires et îεolants. En partie haute de la chambre de préchauffage 11, on retrouve la vis d'enfournement 14, ainsi que deux sorties de fumées 42 dont une seule est visible ici On distingue également l'un 40 des deux brûleurs air-gaz alimentéε à partir de la conduite 41 en air comburant La chambre de préchauffage 11 est en outre équipée de moyens 26 pour injecter de l'air chaud, conformément à un circuit dont l'amont a été précédemment décrit en référence à la figure 1 La chambre de préchauffage 11 est à soles incli¬ nées successives, ici au nombre de trois, référencéeε 44 1, 44 2, 44 3 Des moyens mécaniques de poussage des produits, notés 46.1, 46 2, 46 3 sont associés à chacune de ces soles inclinées 44 1, 44.2, 44.3, ces moyens mécaniques étant actionnés par des organes de commande pilotés dans le cadre général du process, par des moyens claεεiqueε non représen- téε ici La charge 50 préεente εur chacune deε soles succeεεiveε peut alorε être pousεée plus bas, verε une sole inférieure, et, pour la dernière sole (référencée 44 3) vers l'entrée directe dans la chambre de fusion 12, en passant par l'ouverture commune 13. Cette ouverture commune 13 sert ainsi à la fois à l'enfournement des matières sous l'action deε moyens mécaniques de poussage 46.3 de la sole
inférieure 44.3, et à l'évacuation et au passage à contre- courant des fumées de la chambre de fusion. La vis d'en¬ fournement 14 est agencée au droit de la sole supérieure
44.1, afin de répartir la charge sur cette sole supérieure. Des orifices servant à l'injection d'air chaud sont ménagés dans certaines au moins des soles inclinées de la chambre de préchauffage. Sur la vue schématique de la figure 1, il était prévu d'alimenter en air chaud chacune des trois soles inclinées à partir des branches de circuits 26.1, 26.2, 26.3. On a illustré sur la figure 2 une variante selon laquelle seule la sole supérieure 44.1 et la sole médiane 44.2 sont équipées d'orificeε d'injection 45.1,
45.2, la εole inférieure 44.3 ne présentant quant à elle aucun orifice d'injection d'air chaud. On a en outre représenté en 43 des moyens pour injecter de l'eau de refroidissement équipant latéralement la chambre de préchauffage 11. Les injections d'eau pulvérisée peuvent s'avérer nécessaires lorsque la proportion de matières plastiques est anormalement élevée. On parvient ainεi à piloter le déroulement du process en surveillant le niveau thermique régnant dans la chambre de préchauffage, ce niveau pouvant fluctuer en fonction des proportions de matières plastiques combustibles présentes dans la charge.
La chambre de préchauffage 11 se raccorde par l'ouverture commune 13 à la chambre de fusion 12, et la flèche illustrée ici symbolise le passage à contre-courant des fumées chaudes issues de la chambre de fusion, et qui transmettent leur énergie à la charge en passant danε la chambre de préchauffage. Les fumées produites dans la chambre de préchauffage 11 sont recueillies par les sorties de fumées 42. Typiquement, ces fumées chaudes εont à une température de 850°C à 950°C, et réchaufferont l'air à une température de 300°C à 500°C. Une telle récupération permet de limiter notablement la consommation d'énergie et de réduire le volume de fumées produites, de sorte que l'unité
de traitement de fumées précitée peut présenter un dimen- sionnement minimal.
Les figures 3 et 4 permettent de mieux distinguer l'agencement structurel de la chambre de fusion 12 égale- ment réalisé en matériaux réfractaires et isolants. Cette chambre de fusion 12 comporte une cuve amont 47 dite cuve de décantation et une cuve aval 48 dite d'homogénéisation du vitrifiât, au-dessus desquelleε est agencée une plura¬ lité de brûleurs oxy-gaz 60. Dans la pratique, on prévoira de deux à quatre paires de telε brûleurs oxy-gaz. Ainsi que cela est mieux visible sur la figure 4, on pourra utiliser une dispoεition en quinconce des paires de brûleurs 60. La cuve aval 48 eεt séparée de la cuve amont 47 par un muret 49 séparant ainsi le fond de la chambre en deux portions disjointes, dont la portion amont sert à la décantation deε fragments métalliques à l'état solide ou pâteux, et la portion aval à l'homogénéisation du vitrifiât et des parties non encore fondues contenues dans ce vitrifiât. Le muret 49 réhausse ainsi le niveau inférieur du bain, en délimitant un puits aval qui communique, par un couloir 56 formant εiphon, avec la cuve extérieure 18 de récupération du vitrifiât. La cuve amont 47 préεente en son fond une busette de coulée interruptible 54 obturant un orifice d'écoulement 53 par lequel on peut, par intermittence, laisεer ε' écouler les fragments métalliques décantés après leur chauffage à une température suffisante pour achever leur fusion. Les moyens de chauffage servant à porter à fusion ces fragments peuvent par exemple être constitués par plusieurs électrodes 52, de préférence réalisées en graphite. On a en outre prévu, ici à la fois au niveau du muret 49 et au niveau du fond de la cuve aval 48, une série de moyens 55 d'injection de bulles d'air, de tels moyens étant souvent dénommés bouillonneurs par leε εpécialisteε de la technologie verrière. Ces injections de bulles d'air favorisent la circulation de courants convectifs et
participent ainεi a l'homogénéisation du vitrifiât. Une paroi 51 forme un barrage entre la cuve aval 48 et la chambre de récupération 18, le bord inférieur de cette paroi délimitant le couloir formant siphon précité 56. Cette paroi 51 permet de barrer l'accès de la coulée aux parties non encore fondues, et participe également à l'homogénéisation du vitrifiât dont la coulabilité est ainsi sensiblement améliorée. On notera également la présence d'une busette de vidange 57 au droit du couloir formant siphon 56.
La chambre 18 de récupération du vitrifiât est de préférence agencée pour former un entonnoir de réception du vitrifiât produit par la chambre de fusion, cet entonnoir se terminant au niveau d'une cuvette de coulée dont le fond présente un orifice de coulée 19 obturé par une busette d'écoulement 58 facilement démontable. Il est en outre de préférence prévu un poinçon 59 mécaniεé, servant à assurer la régulation du débit de coulée. Ce poinçon dépasse la face supérieure de la chambre délimitant la cuve 18, de façon à pouvoir le coupler à des moyens de commande associés (non représentés) . On a enfin illustré en 70 deux petits brûleurs oxygène-gaz, servant à aεεurer le maintien en température du vitrifiât, ou encore à réchauffer le vitrifiât aprèε un arrêt prolongé. De préférence, la cuve contenant le bain de fusion sera constituée d'éléments réfractaires préfabri¬ qués, résistant à la corrosion, et on prévoira une voûte cintrée. On pourra également entourer l'ensemble d'une épaisse couche de matériau isolant. Pour le pilotage du onctionnement et de la régulation, un certain nombre de capteurs de mesure sont prévus. On a déjà mentionné plus haut les capteurs ou sondes 64, 65 associés à la chambre de préchauffage dans la mesure où ils servent à commander la puisεance deε brûleurs air-gaz 40 danε le caε où un apport d'énergie eεt néceεεai-
re, et éventuellement le débit d'injection d'eau par les injecteurs 43 dans le caε où il faut refroidir la chambre. Le débit d'air chaud injecté danε la chambre de préchauf¬ fage 11 par les orifices associés des soles inclinées est commandé en débit par la sonde 65 de mesure d'oxygène placée en sortie de la chambre de post-combus ion 31. D'autres sondes de mesure de température pourront naturel¬ lement être également prévueε dans le four d'incinération et danε la cuve de récupération de vitrifiât attenante. On a illustré schematiquement ici un capteur de température 61 agencé en partie haute de la chambre de préchauffage 11, un capteur de température 62 agencé en partie haute de la chambre de fusion 12, et un capteur de température 63 agencé en partie haute de la cuve de récupération 18 du vitrifiât. La mesure de température danε la chambre de fusion permet de commander la puissance des brûleurs oxy- gaz 60 aεεociéε à la fusion du vitrifiât. Par ailleurε, pour ce qui eεt de la preεsion de fonctionnement, l'ensem¬ ble de l'installation est maintenu en légère dépression, ainsi que cela est habituel dans les fours d'incinération, et particulièrement s'agiεεant de déchets émettant deε poussières nocives. Cette dépression est maintenue par le ventilateur de tirage général 38, et il sera avantageux de pouvoir réguler en vitesse ce ventilateur, afin d'ajuster la pression dans l'enceinte du four.
On est ainεi parvenu à réaliser un procédé de traitement, avec une installation de mise en oeuvre dudit procédé, permettant de réaliser un traitement de déchets de fibres nocives, et en particulier de déchets amiantifèreε, notamment iεεus du bâtiment, qui est à la fois simple, fiable, et économique. En outre, cette technique permet de réaliser une coulée propre et maîtrisée en température et en débit pour le vitrifiât obtenu, ce qui permet de diminuer l'usure des réfractaires, dont la corrosion eεt déjà considérablement abaisεée par rapport aux techniques
connues précitéeε utiliεant une torche à plaεma et un régime de températureε εupérieureε à 1600°C. La technique selon l'invention est d'une fiabilité très satiεfaiεante, car elle prend parfaitement en compte la composition et le caractère hétérogène des déchets amiantifèreε réels provenant des chantiers de décontamination deε bâtiments. Cette technique prend aussi particulièrement bien en compte l'aspect thermique du traitement de ces déchets amiantifè¬ res isεuε du bâtiment, ce qui permet d'atteindre une fiabilité réellement induεtrielle et un coût d'exploitation réduit .
L'invention n'eεt paε limitée au mode de réaliεa- tion qui vient d'être décrit, mais englobe au contraire toute variante reprenant, avec des moyenε équivalents, les caractéristiqueε essentielles énoncées plus haut.