FOUR A ELECTROLYSE
La présente invention a pour objet un four à électrolyse, destiné en particulier à la production de 1'aluminium.
Les fours et plus spécialement les fours à électrolyse destinés à la production d'aluminium, sont généralement réalisés sous la forme de constructions massives, c'est-à-dire construits sur place avec des matériaux solides tels que briques et béton. Les briques refractaires forment la structure de base solide des éléments du four. De telles constructions massives sont nécessaires, avec les fours connus, pour supporter les efforts importants provoqués par la dilatation. Les dilatations créent des efforts énormes en raison des températures élevées, de plus de 900 degrés et nécessitent des dimensions imposantes des fours qui peuvent mesurer plus de dix mètres de longueur. Même avec ces structures massives, il est fréquent que la dilatation provoque des fissures dans les éléments du four. L'apparition de ces fissures est incontrôlable et celles-ci peuvent apparaître aussi bien après quelques jours qu'après quelques mois à partir de la première mise en service. Ces fissures rendent les installations inutilisables et les réparations nécessitent généralement un démontage complet du four. Ces démontages sont difficiles de par le fait que les structures sont fabriquées en matériaux solides qu'il faut démolir.
Lors de réparations les immobilisations des installations sont longues et se traduisent par des pertes d'exploitation correspondantes. Les fours à électrolyse utilisent énormément d'énergie pour fonctionner. Pour éviter de perdre inutilement de l'énergie il est important que les isolations soient efficaces.
Les matériaux qui sont utilisés pour former la structure des cuves, par exemple les briques refractaires, ont des facteurs d'isolation qui sont assez faibles, ce qui se traduit par des pertes importantes d'énergie thermique.
Un autre inconvénient important des installations existantes concerne l'efficacité des contacts électriques entre les éléments de carbone et les barres métalliques conductrices qui apportent le courant. Des ouvertures, correspondant aux dimensions exactes des barres, sont pratiquées dans les éléments de carbone, et les barres métalliques y sont introduites. En raison des dilatations importantes des fours, des déformations interviennent qui modifient la géométrie des surfaces en contact et par endroit le contact n'est plus parfait, ce qui se traduit par des pertes importantes d'énergie électrique.
Le but de l'invention est de remédier aux défauts des installations connues.
A cet effet, le four à électrolyse selon l'invention est caractérisé par le fait qu'il comporte une pluralité d'éléments de béton réfractaire posés sur des supports de façon à permettre un glissement desdits éléments de béton sur lesdits supports, et des éléments de carbone et des barres métalliques conductrices, les éléments de béton réfractaire, les éléments de carbone et les barres conductrices étant maintenus solidaires par l'action d'organes élastiques réglables de compression.
Les éléments de béton réfractaire et les éléments de carbone étant maintenus ensemble par des organes élastiques, il en résulte que toutes les tensions provoquées par la dilatation sont absorbées par les organes élastiques. Les structures massives des cuves ne sont plus nécessaires. Les dilatations étant absorbées, les risques de fissures sont
pratiquement éliminés. Si un défaut de matière du béton réfractaire, par exemple, provoguait une fissure, les réparations sont très faciles par simple remplacement du seul élément concerné.
L'assemblage des éléments de béton réfractaire, d'une part, et l'assemblage des éléments de carbone et des barres métalliques conductrices, d'autre part, peuvent être réalisés par l'action d'organes élastiques séparés.
L'assemblage des éléments de béton réfractaire peut par exe pler être réalisé à l'aide de tiges flottantes traversant librement les éléments en béton réfractaire, un écrou de réglage étant monté à au moins l'une des extrémités de chaque tige, ladite extrémité comportant un ressort de compression et une plaque flottante insérés entre l'élément en béton réfractaire d'extrémité et l'écrou, l'ensemble étant agencé de façon que le ressort soit comprimé entre la plaque et l'élément en béton réfractaire d'extrémité par l'action de serrage de l'écrou. L'assemblage des éléments de carbone et des barres métalliques conductrices est par exemple réalisé à l'aide de tiges poussoirs comportant chacune une collerette située entre l'élément de carbone extérieur et la plaque flottante, de façon à maintenir un ressort en compression entre la collerette et la plaque flottante.
L'ensemble peut être monté dans une cuve, tout l'espace vide entre les éléments de béton réfractaire et la structure de la cuve pouvant être rempli avec un matériau isolant en matière synthétique légère et de haute valeur d'isolation, comme par exemple de la mousse synthétique flexible d'isolation, ce qui réduit considérablement les pertes thermiques. La structure des supports peut par exemple être simplement formée de deux rails.
Selon un mode d'exécution les surfaces de contact
électrique entre les éléments de carbone et les barres métalliques conductrices sont maintenues en contact par pression, par l'action des organes élastiques de compression et par l'action du poids des éléments de carbone.
Le four peut comporter des anodes inertes ou des anodes bipolaires. Elles peuvent être choisies combustibles ou incombustibles.
La surface des éléments de carbone dirigée vers 1'intérieur de la cuve peut être recouverte d'une couche mouillable d'aluminium.
Un autre avantage important consiste dans le fait que les organes élastiques maintiennent par pression les éléments de carbone et les barres métalliques, ce qui garantit un contact électrique parfait et indépendant des dilatations.
Avec le principe de l'invention il est possible de produire différents éléments en pré-fabrication standardisée, ce qui permet de réduire considérablement les coûts de construction des fours et une interchangeabilité très rapide des éléments.
Le principe de l'invention permet aussi de modifier facilement des fours traditionnels existants pour les adapter selon les caractéristiques de l'invention.
D'autres avantages et caractéristiques favorables du four selon 1'invention ressortiront de la description qui suit d'un exemple de four selon l'invention, et en se référant aux dessins où :
la fig. 1 est une coupe longitudinale de l'ensemble de la partie cathodique d'un four, représentée schématiquement,
la fig. 2 est une coupe transversale selon B-B du four de la figure 1 ,
la fig. 3 est une coupe longitudinale du système d'assemblage des éléments en béton réfractaire,
la fig. 4 est une coupe longitudinale du système d'assemblage des éléments de carbone, et
la fig. 5 est une vue de la plaque flottante qui maintient les organes élastiques.
En référence à la figure 1 , des éléments de béton réfractaire 1 sont disposés les uns à côté des autres sur des rails 5. Les rails sont montés dans une cuve 6. Les éléments de béton réfractaire 1 sont pressés les uns contre les autres par des ressorts de compression 7 qui agissent en opposition contre les parois extérieures des deux éléments de béton réfractaire 1 qui sont placés à chaque extrémité du four, et contre des plaques flottantes 12. Les plaques flottantes sont retenues latéralement par des écrous 10 qui collaborent avec des tiges 9 qui traversent de part en part les éléments de béton réfractaire 1. Des éléments de carbone 2 sont posés sur les éléments de béton réfractaire 1 et sur des barres métalliques conductrices 3. Les éléments de carbone 2 et les barres métalliques 3 sont pressés latéralement les uns contre les autres par la pression des ressorts 8 qui agissent en opposition contre les plaques flottantes 12 et des poussoirs 11. Les poussoirs 11 agissent sur les éléments de carbone. Des isolations 4 sont placées entre la cuve 6 et les éléments de béton réfractaire 1.
La figure 2 montre une coupe transversale du four. Les rails 5 sont placés dans la cuve 6. Les isolations 4 remplissent les espaces vides, entre les éléments de béton 1, la cuve 6 et les rails 5. Les barres métalliques 3 traversent
le four sur toute la largeur. Des trous 9' sont pratiqués dans les parois des éléments de béton 1 pour permettre le passage des tiges 9.
Le système d'assemblage des éléments de béton réfractaire 1 est montré en détail à la figure 3. Des tiges 9 qui sont filetées aux extrémités, traversent les éléments de béton réfractaire 1 et les parois de la cuve 6, librement. Des écrous 10 sont montés collaborant avec les filetages des tiges 9, et maintiennent latéralement les plaques flottantes 12. Des ressorts de compression 7 sont montés flottants sur les tiges 9 entre les plaques flottantes 12 et des douilles 13 montées flottantes sur les tiges 9. Les douilles 13 s'appuient contre les parois latérales extérieures des éléments de béton réfractaire 1. En vissant les écrous 10, ceux-ci poussent les plaques flottantes 12 vers l'intérieur, ce qui comprime les ressorts de compression 7 contre les éléments de béton réfractaire 1 par 1'intermédiaire des douilles 13. La valeur de la pression d'assemblage des éléments de béton réfractaire 1 est réglable par le déplacement des écrous 10, de façon à comprimer plus ou moins les ressorts de compression 7. Selon une variante d'exécution, les ressorts de compression 7 peuvent être montés à l'extérieur de la plaque 12, entre la plaque et les écrous 10.
Le système d'assemblage des éléments de carbone 2 et des barres métalliques conductrices 3 est montré en détail à la figure 4. Des tiges poussoirs 11 sont montées coulissantes dans les parois extérieures latérales des éléments de béton réfractaire 1 et dans les plaques flottantes 12. Les extrémités intérieures des tiges poussoirs 11 agissent contre les parois extérieures latérales des éléments de carbone 2. Des ressorts de compression 8 sont placés entre les plaques flottantes 12 et les collerettes 11 ' des tiges poussoirs 11. Le déplacement vers 1'intérieur des plaques flottantes 12
sous l'action du vissage des écrous 10 comprime les ressorts 8, de la même manière que les ressorts 7. Selon une variante d'exécution, les tiges poussoirs 11 sont munies d'écrous de serrage montés à leurs extrémités, les ressorts de compression 8 étant alors disposés à l'extérieur de la plaque 12, entre la plaque et les écrous.
L'assemblage des éléments de carbone 2 et des barres métalliques 3 est obtenu par la pression des tiges poussoirs 11 contre les parois latérales des éléments de carbone 2, extérieurs. Cette pression maintient latéralement les éléments de carbone 2 contre les barres métalliques 3, et garantit un contact électrique parfait. La pression de contact entre les faces horizontales des barres métalliques 3 et les éléments de carbone 2 est obtenue par le poids des éléments de carbone 2 qui sont posés sur les barres métalliques 3.
La figure 5 montre une vue d'une plaque flottante 12 et le positionnement transversal des tiges 9, des écrous 10 et des tiges poussoirs 11.
De nombreuses variantes d'exécution du four peuvent être réalisées. En particulier, les éléments de béton réfractaire peuvent être disposés sur tous autres supports que des rails, pour autant que ces supports leur permettent un déplacement par glissement (ou équivalent, comme par exemple roulement) longitudinal et/ou latéral. La présence d'une cuve dans laquelle sont disposés les supports n'est pas indispensable, ceux-ci pouvant aussi être directement posés sur le sol.
Dans un mode d'exécution simplifié, les tiges 9 destinées à l'assemblage des éléments de béton réfractaire peuvent aussi être montées à l'extérieur desdits éléments et non les traverser.