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« AURORA CORNU » EN ROUMANIE! (VIE D’ÉLÉPHANT BLANC)

Tous droits réservés.

Chers amis,

Cette fois c’est fait! Notre pachyderme albinos franchit les frontières, pour se retrouver à Bucarest! La chose paraît logique, dans la mesure où la figure centrale du récit de Pierre Cormary, Aurora Cornu (1931-2021), était elle-même roumaine. Merci à la traductrice, Raluca Barb, ainsi qu’à Cristina Hermeziu, qui a rendu cela possible. Merci également aux éditions Junimea, qui ont accepté le texte. Je ne sais comment acquérir l’ouvrage, en précisant que je ne maîtrise pas le roumain. Plus de détails à venir.

Etienne Ruhaud (directeur de collection).

PS: L’éléphant blanc est actuellement en hibernation, pour une durée indéterminée. Nous ne pouvons donc recevoir de nouveaux manuscrits.

Pour acquérir le livre en français (cliquer sur le lien):

https://www.editions-unicite.fr/auteurs/CORMARY-Pierre/aurora-cornu/index.php

UN CLASSIQUE PAR MOIS: JAMES MATTHEW BARRIE (1860-1937). ÉPISODE 36.

Illustration de Francis Donkin Bedford dans l’édition originale du roman en 1911 (tous droits réservés)

Il arrive que certaines adaptations deviennent si populaires que les oeuvres originales, écrites, en sont oubliées. Tel est le cas, sans doute, de Peter Pan. Étrangement, je n’ai pas vu le dessin animé quand j’étais enfant. Néanmoins, la figure conçue par les studios Disney est devenue tellement iconique que nul ne l’ignore, désormais. Pas plus que les gens n’ignorent les personnages imaginés par l’Écossais James Matthew Barrie, soit la Fée Clochette et le Capitaine Crochet. Wendy, héroïne véritable du récit, demeure bizarrement moins connue. Peter Pan renvoie également à un syndrome défini par le psychanalyste américain Dan Kiley dans son ouvrage éponyme Le syndrome de Peter Pan, sorti en 1983. Pour Kiley, donc, Peter Pan devient une sorte de type psychologique, celui de l’éternel enfant, puer aeternus en latin, soit le marmot délibérément immature, réfugié dans l’imaginaire.

My lady Nicotine, 1890.

Barrie était apparemment ainsi. Cette chronique étant, une nouvelle fois, purement ludique et non exhaustive, non universitaire, je n’ai pas lu de biographie à proprement parler: juste la notice Wikipédia, à quoi s’ajoutent deux ou trois articles sommaires sur le Net (car on papillonne toujours sur le Net). Issu d’un milieu fort modeste, James Matthew Barrie, qui fut à jamais proche de sa mère, tenta toujours de remplacer un aîné mort prématurément, et ce jusqu’à revêtir ses propres habits. L’homme, après des études littéraires à Edimbourg, se lia à son compatriote Arthur Conan Doyle, et devint journaliste, tout en multipliant pièces et romans. Fluet, demeuré poupin, Barrie rata complètement son mariage avec une actrice, du fait de sa (supposée asexualité). Cet échec personnel contraste avec une éclatante réussite littéraire. Barrie connut une certaine gloire. La plupart de ses autres livres (à l’exception de celui qui nous intéresse), demeurent aujourd’hui négligés. Citons toutefois My lady Nicotine, suite de petites saynètes burlesques décrivant divers gentlemen dépendants du tabac, se retrouvant pour de délicieuses discussions érudites, entre gens de bonne société. Au passage, Barrie mourra en 1937, soit à soixante-dix-sept ans, d’une pneumonie. La pipe, dont il était grand amateur? Je ne saurais le dire. Reste qu’il est définitivement entré dans l’Histoire.

Michael Jackson à Neverland (tous droits réservés).

Un de mes premiers contacts avec Peter Pan, ça reste Neverland, soit la vaste propriété californienne de Michael Jackson, où se dressaient notamment un parc aquatique, un mini-golf, diverses attractions, un zoo, et la fameuse salle de danse dans laquelle le chanteur s’entraînait au moins deux heures par jour. Lui-même atteint du fameux syndrôme de Peter Pan (cf. plus haut), du fait que son père l’avait privé d’enfance pour en faire une bête de scène, une bête de foire, Michael Jackson accueillait là de jeunes garçons, dont Macaulay Culkin, ce qui devait donner lieu, d’ailleurs à divers scandales, affaire judiciaires relatées dans le long documentaire de quatre heures Leaving Neverland, vue en intégralité sur M6, au printemps 2019. Roi de la pop, mais aussi gros lecteur, Michael Jackson, qui possédait une vaste bibliothèque, adorait Peter Pan, et ne voulait pas, lui-même, devenir adulte, comme nous l’avons dit plus haut. Le nom même du domaine, aujourd’hui vendu pour une somme inférieure à sa valeur originale, m’a toujours marqué. Et je me suis dit qu’un jour je lirai donc Barrie. L’autre raison, c’est le pacte informel passé au Louvre, salle des Bronzes (antiquité étrusques), un soir, il y a quelques mois, avec mon fidèle ami Loïc-Médéric M., féru de culture nippone et de littérature classique: lire, au fil du temps, tous les récits adaptés par Walt Disney: contes d’Andersen (La petite sirène), de Grimm, de Perrault, etc. Et Peter Pan fait partie de la bibliographie.

The little white bird, roman où nous voyons apparaître, pour la première fois, le personnage de Peter Pan. Édition récente (tous droits réservés).

Alors ensuite, quel serait mon ressenti? Mitigé, dirons-nous. Je n’ai pas aimé le dessin animé, vu récemment: trop gueulard, trop hyperactif, alors même que la figure de l’éternel enfant narcissique m’intéresse. Et le livre, également, ne m’a pas séduit plus que cela…. Revenons, brièvement, à la vie de Barrie. En 1897 (à trente-sept ans, donc), ce dernier rencontre les deux frères Llewelyn Davies; qui jouent dans le parc londonien de Kensington. Les garçons lui inspirent les personnages de « Peter Pan », et d’ailleurs Barrie devient leur tuteur légal, ainsi qu’un soutien financier, après la mort de leur père. C’est ainsi que serait née, donc, une des plus fameuses histoires de la littérature-jeunesse. D’abord sous forme théâtrale, avec la pièce Peter et Wendy, publiée en 1904 (bien que le personnage soit déjà apparu, sous une forme très différente, dans Le petit oiseau blanc, deux ans plus tôt). Or, le roman, qui est pourtant conçu, dès l’origine, pour les pré-adolescents, sinon pour les marmots, me semble difficile. On passe effectivement, sans transition, d’un décor à l’autre, d’une île à l’autre. Le tout avec une profusion de personnages, ce qui fait qu’on se sent rapidement perdu, qu’on ne sait plus exactement où on est. Compliqué de suivre, parfois, même pour un lecteur aguerri (car, évitons la fausse modestie, je lis beaucoup). Globalement, on comprend quand même. Barrie n’est ni Joyce, ni Pynchon. Disons qu’on s’attendrait à quelque chose de plus facile. J’ai également trouvé le livre assez peu poétique. C’est étrange: on nage en plein imaginaire, on rencontre toutes sortes de personnages décalés, et pourtant le style est relativement informatif. Quelques images, métaphores heureuses, sont disséminées ça et là. Mais sans plus. J’ignore ce que nous perdons à la traduction. Je croyais le texte plus lyrique.

Je dois reconnaître à Barrie une inventivité totale, le fait d’avoir, même involontairement, créé un type psychologique, des créatures qui peuplent à jamais notre imaginaire. Simplement, peut-être trop vieux désormais, je ne suis pas transporté par son ouvrage, si génial, si célèbre soit-il. Cette critique totalement égotique, conçue comme tel, choquera (modérément) les fanatiques absolus de Peter Pan, du moins les quelques qui me liront. Qu’importe, cependant, si je demeure sincère?

MÉMOIRE DES POÈTES: DISPARITION DE ZÉNO BIANU (1950-2026)

J’ai, à plusieurs reprises, croisé Pierre Guyotat dans mon quartier, derrière Nation, mais jamais Zeno Bianu, qui habitait pourtant non loin, cours de Vincennes. Je ne le connaissais pas personnellement et n’avais pas vraiment lu son oeuvre, mais j’adorais son anthologie de la poésie erotique, ornée par l’appétissante Vénus callipyge de Clovis Trouille (Un détail du tableau Oh! Calcutta« ). On avait un peu dialogué au marché de la poésie, à l’été 2016. Zéno Bianu dédicaçait au stand Gallimard, qui fêtait alors les cinquante ans de la collection NRF/poésie, que nous avons tant pratiquée. En urgence, j’achetai Infiniment proche (suivi de Le désespoir n’existe pas, beau titre programmatique). Bianu, que j’espérais interviewer, ce que je ne fis jamais, me donna l’effet d’un homme extrêmement agrèable, tout-à-fait accessible. Je ne me souviens plus de quoi nous avons parlé. Il m’a laissé un petit mot, que je reproduis ci-dessous. Son décès m’a quelque peu surpris, comme nous surprend toujours la disparition d’une star, d’un artiste que nous avions l’habitude de voir, ou de deviner, dont nous entendions parfois le nom, qui appartenait, même de loin, à notre espace mental. Je vais désormais lire ses poèmes. C’est le plus important, me semble-t-il.

REPRENDRE HALEINE

J’ai toujours voulu
tout accueillir tout aimer
tout faire vivre
d’un seul regard démultiplié
m’accorder à ma ligne de plus haute tension
par-delà la fatigue
par-delà l’épuisement
tout accueillir tout
aimer
aller
aller plus avant
vers les grands creusets de l’effervescence
ne jamais en finir avec l’infini
doter chaque instant
d’une présence authentique
dernier souffle premier souffle

SATORI EXPRESS, Le Castor Astral 2016,

« Rimbaud@Verlaine.fr », PHILIPPE PICHON, éditions du Flair, 2025 (citation)

Illustration de couverture par Jacques Cauda.

« C’est pour les raisons les moins littéraires du monde que la gloire de Rimbaud s’est faite: l’anarchie pour les surréalistes, la religiosité pour Claudel, le dérèglement de tous les sens pour les soixante-huitards, son côté transpédégouine pour les queers, etc. Il est actuellement la médaille d’or de la révolte dont se décorent les institutionnels. On a vu un homme politique intituler un livre à partir de son expression du poète « voleur de feu », puis devenir aussitôt ministre de l’Intérieur. Pauvre Rimbaud! Il a tellement servi toutes les causes qu’on dirait une vieille poupée avec une robe en lambeaux, un oeil arraché et deux moignons.

Ce n’est jamais parce qu’on est un immense poète qu’on devient populaire, d’ailleurs Rimbaud n’est pas un immense poète. Ce que je ne lui reproche pas, il a écrit de quinze à vingt ans. Tout le monde a plus ou moins du génié à quinze ans. L’important est d’en avoir à cinquante. La petite part littéraire de sa popularité vient de ce que, chez lui, on trouve de tout. Du Laforgue en quantité (la trivialisation du beau: « la mélancolique lessive d’or du couchant », Poèmes, « la morve d’azur »), du Céline (« c’est oracle ce que je dis », Une saison en enfer), du François Copée (« Les étrennes des orphelins », Poèmes), du slogan de Mai 68 avec ce que ça a de rigolo tendance Groucho Marx et d’inepte (« il faut être résolument moderne », l’amour est à réinventer »). De même, dans l’ordre des opinions, comme il n’a rien expliqué, rien démenti, il offre de quoi sustenter la gauche, les surréalistes, les chrétiens, les étouffe-chrétiens mélenchonistes, tout le monde jusqu’à l’extrême droite: « Maintenant que je suis maudit, j’ai horreur de la patrie » (Une saison en enfer) aurait pu servir d’étendard aux miliciens de 1945. En réalité, il ne croit en rien (« Ah! Passez,/Républiques de ce monde! Les empereurs,/Des régiments, des colons, des peuples, assez ! »). Ce qui rend malhonnêtes les récupérations qu’on en a fait. On pourrait dire que les moins abusifs ont été les surréalistes, à ceci près que Rimbaud est un farouche et qu’il aurait probablement détesté leur esprit de meute.

On ne se le serait pas approprié s’il n’avait pas eu du talent. Au moins une once. Ce talent, cette séduction plutôt, se manifestent par une attitude plus que par un grand art. Rimbaud est le premier adolescent insolent de notre littérature. » (p. 29-30).

Sur Babelio:

https://www.babelio.com/livres/Pichon-RimbaudVerlainefr/1896889

VOIX DES AUTEURS: BASILE PANURGIAS (entretien paru dans « ActuaLitté », décembre 2025).

Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

ActuaLitté

Amoureux de la Grèce, Vassilis vit de petits boulots, tout en voyant la capitale se transformer, à l’ère de la mondialisation. Légèrement nostalgique, poétique, amoureux, Le Roman de Vassilis prend parfois des allures de polar… 

ActuaLitté : Vous évoquez beaucoup, ici, l’histoire de la Grèce. Peut-on pour autant parler de roman historique ? 

Basile Panurgias : Non. Il me semble que le roman historique décrit une action du passé dont le but principal est de magnifier cette période, de faire voyager le lecteur dans celle-ci, ce qui souvent oblige d’utiliser des héros archétypaux. Alors que dans mon roman les faits historiques servent une intrigue contemporaine, même si je tenais à ce que ces sources soient véridiques. 

De quels personnages réels vous-êtes-vous inspiré ? On pourrait ainsi parler de la mère du narrateur, ex-star du cinéma national… 

Basile Panurgias : Je me suis inspiré de Melina Mercouri, grande actrice grecque et ancienne ministre de la Culture, « remixée » un peu avec ma propre mère pour la manière de parler (par exemple elle s’adresse à moi en disant « mon fils »). 

De même, la mythologie demeure omniprésente. Les personnages portent des noms emblématiques, comme « Dido », l’archéologue qui travaille à l’Acropole. Là encore, quel est votre propre rapport à la mythologie ? Peut-on dire qu’elle a nourri votre inspiration ?

Basile Panurgias : Je souhaitais montrer que la mythologie est encore très présente dans l’âme grecque, tout en évitant de plaquer cet héritage de manière artificielle. Je me suis servi des vases grecs antiques comme le lien entre ce passé spirituel et le présent, sans être obligé de faire intervenir une dimension « fantastique ». Chaque personnage est une sorte de réincarnation des temps anciens.

Par exemple, Katina, la vieille femme du village, est une sorte de Pythie. C’est pour cela qu’elle n’utilise pas de phrases trop liées au quotidien. Alkis lui est inspiré du héros antique Alcibiade. Pour son mouvement et sa présence, je visualisais intérieurement des scènes et mouvements un peu « péplum ». D’ailleurs il s’habille parfois en toge…

Par-delà l’aspect « mythologique » et/ou historique, Le Roman de Vassilis constitue un témoignage sur l’évolution de la société grecque. Peut-on parler de propos sociologique ? 

Basile Panurgias : Bien sûr. Je trouve incroyable qu’Airbnb et le surtourisme soient absents des fictions contemporaines. Ces phénomènes affectent la vie athénienne à un degré que l’on n’imagine pas. À part si on habite à Montmartre… 

Le roman tient, à la fin, du polar, avec cette enquête autour du mystérieux orteil, qui aurait été dérobé sur l’Acropole. Quel est votre rapport à ce genre littéraire ? 

Basile Panurgias : Un bon livre est un livre dont on oublie le genre. Je ne me dis jamais, tiens, je vais écrire un éxofiction, une autofiction ou un polar.

Quand j’ai fait disparaitre l’orteil dans mon livre, je n’ai pas créé un faux polar, comme on le faisait beaucoup « ironiquement » à la fin du XXIème siècle. Les questions simples qui se sont posées étaient : l’orteil a-t-il été réellement dérobé ? À qui cela peut-il servir ? Qui sont les suspects ? Les réponses étaient très logiques par rapport aux chapitres du début du livre, comme celui sur Istanbul qui pourtant ne semblait avoir aucune « utilité » narrative. 

Pour en revenir à la sociologie, Il semble que vous regrettiez l’évolution du pays vers une forme de consumérisme. Vous condamnez ainsi explicitement l’implantation de magasins Ikea. De la même manière, vous critiquez le tourisme de masse. Le quartier historique où vivent Vassilis et sa mère va être ainsi transformé en un ensemble de Airbnb. Croyez-vous en la littérature engagée ? Estimez-vous que le livre doit faire passer un message ? 

Basile Panurgias : Dans les quatre personnages principaux, Vassilis et sa mère sont « contre » cette marchandisation de la Grèce, mais Alkis et Dido sont « pour ». Ils sont plus jeunes, plus cosmopolites (Vassilis parle mal l’anglais) et acceptent le nouveau monde. Il ne s’agit donc pas d’une littérature engagée. Selon sa sensibilité, chaque lecteur se range derrière un des deux groupes. Mais il est évident que le narrateur, lui, a fait son choix. 

Cette même évolution n’est-elle pas inéluctable ? Et ne risque-t-on pas de vous traiter de passéiste? 

Basile Panurgias : Vassilis est passéiste car la Grèce qu’il aime est celle des vacances de son enfance. Mais Dido le sort de cette nostalgie, elle le « remet à l’heure » de la nouvelle Grèce et l’encourage à voir le présent du pays comme positif. Le sentiment amoureux est un puissant remède anti-passéiste. 

Ne pensez-vous pas, d’une manière générale, que la Grèce, précisément, vit dans un passé mythique, qui servirait d’argument touristique, et qui permettrait aux Grecs de se consoler (quand on songe à l’occupation turque, puis à la dictature, et enfin à la crise économique) ? 

Basile Panurgias : Le tourisme culturel discret du passé respectait les pays. Désormais le tourisme est autonome des sociétés qu’il envahit. Il impose ses lois. Il suffit de voir les cafés minimalistes passe-partout, ils se multiplient hors-sol, en Grèce comme à Paris, sans aucun lien avec l’histoire du pays. Même les mendiants en tenues d’hoplites devant le musée de l’Acropole ne font plus recette…

Paradoxalement, il y a donc dans cette forme de tourisme dominateur un mépris pour l’identité locale qu’il fait mine de vouloir explorer. Les locaux, eux, encaissent en silence de peur de perdre cette obole puisqu’il n’y a plus d’autres industries viables. 

Pour lire l’intégralité de l’interview:

https://actualitte.com/article/128423/interviews/basile-panurgias-un-bon-livre-est-un-livre-dont-on-oublie-le-genre

CARNET DE LECTURE: FEVRIER 2001

  • Conférences (Paul Verlaine)
  • Vers nouveaux (Arthur Rimbaud)
  • Lettres du « voyant » (Arthur Rimbaud)
  • Gainsbourg (François Ducray)
  • Mauvaises nouvelles des étoiles (Serge Gainsbourg)
  • Les grands courants de la critique littéraire (Gérard Gengembre)
  • Verlainiens et décadents (Gustave Le Rouge)
  • Rimbaud tel que je l’ai connu (Georges Izambard)
  • La méprise (Vladimir Nabokov)
  • Improvisations sur Rimbaud (Michel Butor)
  • Romances sans paroles (Paul Verlaine)
  • Illuminations (Arthur Rimbaud)
  • Gaspard de la Nuit (Aloysius Bertrand)
  • Le Bestiaire (Guillaume Apollinaire)
  • Vitam impendere amori (Guillaume Apollinaire)
  • Calligrammes (Guillaume Apollinaire)
  • Il y a (Guillaume Apollinaire)
  • Peintures (Henri Michaux)
  • Comment lire (Ezra Pound)
  • Du monde entier (Blaise Cendrars)

« HANTISE DU SOIR », ÉMILE MALESPINE (1892-1952), FRANCE, série surréaliste.

PERSE (JOURNAL-PHOTO)

Souvenir d’une visite à Persepolis, en 2019. J’ai un peu maigri depuis!
Tombeau de Cyrus II sous la neige (photo glanée sur Internet. Tous droits réservés).

Et courage au vaillant et noble peuple iranien!

BONNE ANNÉE 2026! (Réflexion)

Peinture de Jacques Cauda. Tous droits réservés.

Chers amis, chers lecteurs, chers abonnés,

Comme toujours, donc, depuis la création, je vous présente mes voeux.

Tirons désormais un bref bilan de l’an passé, et dressons quelques perspectives:

Fréquentation du blog depuis sa création.
  • Parlons d’abord de chiffres. Au moment où j’écris ce billet (1er janvier 2026, au petit matin), la fréquentation annuelle du blog s’élève à 10697 vues, soit 685 de moins qu’en 2024, ce qui représente une baisse de 6 pour cent. Petit tassement, de fait, même si nous restons au-dessus des 10000 vues. J’ai publié un peu moins d’articles, et ceux-ci étaient sans doute moins « porteurs ». De plus, nous avions fêté les dix ans du blog en septembre 2024, ce qui avait attiré quelques lecteurs supplémentaires.
  • Nous avons, enfin, gagné 3 abonnés, ce qui porte le nombre à 192. Il s’agit généralement de proches, mais aussi d’autres poètes, plasticiens, photographes, voire de profils très variés (un ufologue, une voyante, etc). Tout le monde est bienvenu.
  • Une nouvelle fois, la plupart des visiteurs viennent de France, évidemment. Suivent les Etats-Unis, le Canada, l’Irlande, pays non francophone, et la Belgique. Je n’ai aucune explication. Cela n’a pas changé depuis 2024.
  • Il y a tant et tant de blogs! Chaque auteur méconnu, chaque poète, semble avoir son blog. J’exagère un peu. J’ai consulté « Grok », l’intelligence articielle du réseau social X, à ce propos. Les gens produisent de moins en moins de blogs, simplement parce que la forme est démodée. Les jeunes sont sur Tik Tok, Instagram… Les photos, les vidéos, ont plus de succès que le texte. Personnellement je crois davantage en l’écrit. Je me répète: le blog laisse une trace, même infime. « Page Paysage » est ainsi enregistré officiellement à la Bibliothèque Nationale, en tant que « périodique à parution irrégulière » (cf. lien). Evidemment, tout cela disparaîtra avec moi-même. Evidemment, le nombre de lecteurs paraît dérisoire. Toutefois, c’est mieux qu’un simple post sur Facebook, si vite oublié, ou sur X. Il m’arrive de consulter des billets de blogs vieux d’il y a vingt ans! https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb44336685g
  • En onze ans, et, en utilisant la formule gratuite, j’aurais donc peu mobilisé les foules. Depuis le 9 septembre 2024, jour de sa création, « PAGE PAYSAGE » aura enregistré 148338 vues (ce qui correspond peu ou prou au nombre de Clermontois), pour 84054 visiteurs, le tout assorti de 1788 mentions « J’aime », pour 1125 commentaires (en comptant les miens, puisque je réponds quasi systématiquement). Constatons par ailleurs que les lecteurs s’intéressent souvent davantage à des citations classiques, à des tableaux, qu’aux articles de fond. C’est ainsi. Quoi qu’il en soit, et en étant sincère, je suis essentiellement content d’avoir tenu onze ans. Peu me chaut, au fond, telle ou telle fluctuation. Les billets que je publie sont de toute façon pas grand public. J’y évoque des auteurs généralement méconnus, des surréalistes oubliés, etc. J’ai réussi à fédérer quelques fidèles, à atteindre globalement un objectif de régularité (oui, je parle comme un entrepreneur ou un cadre!). « Page Paysage » est une course de fond. Le fait d’intéragir avec cinq ou dix personnes, me suffit. Cela aide également à maintenir une forme de motivation, car l’exercice d’écriture est souvent difficile, ingrat. J’en ai parlé fin août: https://pagepaysage.wordpress.com/2025/08/30/du-blog-comme-principe-de-regularite-litteraire-ou-comment-faire-ses-gammes-reflexion-personnelle/
  • « Page Paysage » a évolué, au fil des mois, des années. Rien n’est dû au hasard. Je n’écris pas quotidiennement, pour éviter la saturation, et programme souvent les textes à l’avance, qu’il s’agisse d’une simple illustration ou d’un article plus conséquent. Dix ou douze billets mensuels: cela me paraît suffisant. 1) Chaque premier du mois, la série « Angst », ainsi, présente des photos décalées, glanées sur Google images ou sur Facebook. Le contenu doit rester un peu énigmatique, en suspens. 2) Comme son nom l’indique, la série « Mémoire des poètes » rend hommage à un créateur, et généralement un surréaliste, même si je ne m’interdis rien. 3) Je reproduis chaque mois une toile, une oeuvre surréaliste. 4) Chaque mois aussi je reprends ici une critique parue dans « Actualitté », ainsi qu’une interview d’auteur (série « Voix des auteurs »). Il s’agit de profils variés, du poète à la spécialiste de mangas. Beaucoup une histoire de rencontres, parfois d’amitiés. 5) Le défi « Un classique par mois » consiste à lire un auteur que je ne connais absolument pas, et à faire part de mes impressions. Il s’agit d’enrichir sa culture littéraire en explorant d’autres sentiers, un peu au hasard des routes (on peut ajouter comme contrainte: parler d’un livre trouvé dans la rue, ou dans une boîte aux livres, librement téléchargé sur la liseuse). Peu importe qu’il s’agisse de l’oeuvre MAJEURE de l’auteur en question. Peu importe la longueur même du texte. Manquant cruellement de temps, je valorise les minces volumes: théâtre, poésie, nouvelles, brefs romans. Depuis juin 2023, j’ai beaucoup bourlingué. 6) Lancée en 2024, la série « Journal-photo » permet de rendre hommage à des contacts, de rendre compte (un peu) de la vie littéraire parisienne. Là aussi, l’amitié joue un rôle primordial. Ce blog est aussi un journal d’écriture. 7) Chaque mois, je me fends d’une réflexion plus ou moins longue, en évitant l’actualité politique, puisque tout propos « engagé » demeure, selon moi, à proscrire. Il en va de même sur les réseaux. Nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire. « Page paysage » doit simplement garder un tour littéraire, et strictement littéraire, bien que l’actualité ne soit jamais loin. 8) Chaque mois, je relaie des nouvelles d’ »Eléphant blanc », la collection que j’ai créée en 2021, soit il y a quatre ans, sur une proposition de François Mocaër, directeur des éditions Unicité. Il s’agit de promouvoir mes propres auteurs, de jouer les attachés de presse. 9) La série « Carnets de lecture », recense tout ce que j’ai pu parcourir depuis mes dix-huit ans, en 1998. J’ai méticuleusement noté tout ce que je lisais, ou presque (quelques lacunes subsistent) dans un grand cahier « Clairefontaine » bordeaux, y compris les périodiques 10) Chaque mois, enfin, je cite un écrivain contemporain (rubrique « citation »), en privilégiant la poésie. Je copie/colle systématiquement l’extrait sur Babelio. 11) Je poste de temps à autres une critique littéraire, généralement publiée précédemment dans la revue ArtPress. Cela se limite à trois ou quatre billets par an. J’aime de moins en moins la critique, activité chronophage et ingrate. J’y reviendrai plus précisément en 2026.
  • Je reviendrai également sur la collection « Eléphant blanc ». 2025 aura été un succès, avec la sortie de Trolls, récit ultra-polémique de notre ami Pierre Cormary, autour du harcèlement en ligne. Toutefois je pense raccrocher les gants, du fait des difficultés économiques de l’édition. Je le regrette. Mais si on voit le verre à moitié plein, ce fut une magnifique aventure, qui se poursuivra peut-être, dans une autre structure, tôt ou tard.
  • Quelles perspectives, pour 2026? 1) Le blog poursuivra son petit bonhomme de chemin, sur le même modèle (une dizaine de billets mensuels. C’est suffisant). Je tâcherai de me montrer plus régulier, en ne « zappant » pas telle ou telle rubrique, et en suivant rigoureusement le programme que j’ai défini. 2) Je continuerai mon travail critique, à un rythme très lent. Et là aussi je ne peux recevoir de nouveaux services de presse. Beaucoup à faire. Sachant que j’apprécie aussi, un renvoi d’ascenseur (plusieurs écrivains chroniqués par mes soins ne suivent pas le blog. Ce qui est décevant).3) J’animerai toujours, de façon mesurée, le groupe « surréalisme(s) » sur Facebook, en compagnie d’Eric Dubois, même si je songe à me raréfier sur Facebook. Trop de débats creux, etc. 4) Je ferai un peu de ménage en supprimant les liens inactifs, en rafraichissant telle ou telle rubrique (la bibliographie, etc). Un léger coup de jeune pour Page Paysage!
  • Et mon écriture? Avec beaucoup de retard, l’essai Le Père-Lachaise surréaliste, pour lequel j’ai bénéficié de la bourse Sarane Alexandrian (délivrée par la Société des Gens de Lettres) sortira en avril aux éditions parisiennes Complicités. Plusieurs dédicaces et ventes-signatures seront organisées. Je pense aussi sortir deux essais: l’un consacré à la peinture d’une amie de longue date, l’autre à un écrivain célèbre. Je suis déjà en cours de rédaction. Panorama 2, qui regroupera les notes de lectures et entretiens passés entre 2024 et 2026, devrait sortir, mais plutôt en décembre, sinon au premier trimestre 2027. À terme, j’aimerais me remettre à la fiction.

Voilà! Cette nouvelle réflexion reprends les éléments de langage des voeux de janvier 2025. C’est plus simple ainsi. Attribuez-le à la paresse. La formule me semble efficace.

Excellente année 2026, donc, chers lecteurs, chers amis,

ETIENNE RUHAUD

ANGST

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