Cette réorganisation, qui fait passer le nombre de régions de 22 à 13, avait suscité des discussions enflammées de Strasbourg à Mulhouse. Pour les promoteurs de la PPL, le « désir d’Alsace » n’a cessé de s’exprimer depuis au sein de la population alsacienne. « La majorité est favorable à cette proposition de loi, les sondages le montrent », rappelle l’ancien magistrat Jean-Marie Woehrling, président de l’Institut du droit local alsacien-mosellan, qui soutient lui-même le texte.
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Face aux réserves sur le sujet, le parlementaire défend « l’idée de différenciation ». « Notre pays a de très grandes spécificités territoriales, des histoires et des cultures différentes, et donc accepter l’idée que notre République soit un peu différenciée, cela a du sens,poursuit-il. Aujourd’hui,la métropole de Lyon, la Corse et Paris ont un statut particulier. Ce n’est pas du tout une remise en question des régions et des grandes régions. »
J’ajoute aussi des extraits d’un article du Monde :
L’historienne Marie-Claire Vitoux, installée à Mulhouse (Haut-Rhin), suit depuis des années cette fièvre régionaliste, et les débats parfois houleux qui opposent les spécialistes de l’histoire locale, les tendances radicales de certains remontent bien avant la loi NOTRe [Nouvelle organisation territoriale de la République] de 2016, qui avait abouti à un redécoupage des régions. « Il y a un mouvement régionaliste qui a développé une vision ethnicisante de l’Alsace, comme si l’Alsace avait existé de toute éternité. Ce que j’appelle une invention de l’“alsacianité”. » Un fragment de ce mouvement flirte avec l’extrême droite, rappelle-t-elle.
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Des arguments de simplification et d’économies sont aussi mis en avant depuis plusieurs années. Le Club Perspectives alsaciennes, un groupe de réflexion et de pression engagé pour la sortie de l’Alsace du Grand-Est, a publié en 2025 une étude de l’économiste Jean-Philippe Atzenhoffer qui chiffre à 98 millions d’euros les économies qui seraient induites par la création d’une région Alsace.
Je n’ai pas vraiment de position franche sur le sujet, je ne suis pas vraiment concerné mais de ce que j’en pense :
- Le particularisme alsacien me semble un argument bien faible. Le coup du traumatisme de 1918, y’a plus grand monde pour le raconter…
- Dans ce genre de réorg’ (que ce soit au niveau des régions, d’une entreprise, etc.) je trouve qu’il manque toujours la même chose : qu’est-ce que ça va permettre qui n’est pas possible aujourd’hui ? J’ai du mal à voir d’où viennent les économies (sauf à virer des élus) et je ne vois pas quels projets sont impossible avec l’organisation actuelle.
- A défaut de faire justement un cas particulier pour l’Alscace, on pourrait imaginer une réorg’ complète du territoire plutôt que de faire des spécificités pour chacun : la Métropole de Lyon est une intercommunalité glorifiée dont on élie les membres par exemple. Est-ce qu’on aurait pas intérêt de tout mettre à plat (ce qui avait notamment été engagé par la réforme PLM).
Je comprends l’idée, mais y’a une partie de moi qui se demande quand même (et ça rejoint mon message de mise à plat) : si c’est mieux le particularisme alsacien, pourquoi ne pas le propager ailleurs ? Là l’impression que ça me donne c’est “on est très bien entre nous, laissez-nous tranquille”, alors que j’espérerais : “arrêtez vos âneries et faites comme nous c’est bien mieux”.
Je te rejoins là-dessus, mais ça peut aussi se justifier pour des régions comme la Nouvelle Aquitaine (et je reviens donc encore sur ma mise à plat).