Dostoïevski fait sans doute partie de
mes auteurs préférés et pourtant je suis obligée d'admettre que
ses livres ne sont pas faciles à lire. D'emblée ils repoussent par
la complexité de leurs intrigues, les nombreuses digressions, leur
grand nombre de personnages... et Les Frères Karamazov ne fait pas
exception à cette règle. Mais il me semble que cette écriture
alambiquée s'accorde parfaitement aux récits de Dostoïevski,
exaltés, fiévreux, et qui n'ont pas leur pareil pour décrire les
troubles de l'âme humaine. A travers ce dernier roman, il traite une
fois de plus des thèmes qui lui sont chers : la croyance en
Dieu, la rédemption face au péché, la difficulté de vivre de
façon morale dans une société corrompue...En nous faisant partager
les angoisses et les questionnements des frères Karamazov, il fait
émerger leur humanité, et nous rend finalement cette terrible
fratrie profondément attachante.
Le ptit' livre du jour n°06 : Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski
Le ptit' livre du jour n°05 : Martin Eden de Jack London
Martin Eden est un chef d’œuvre de la littérature américaine :
déclaration de guerre contre la morale bourgeoise, superbe histoire
d'amour, il porte haut et fort tous les idéaux de Jack London.
L'intrigue est d'ailleurs largement inspirée de sa propre vie, bien
qu'il l'ait toujours nié. Elle raconte les débuts difficiles d'un
jeune écrivain dans l’Amérique du début du 20ème siècle. Comme
Jack London, Martin Eden est issu d'un milieu populaire, et incapable
de vivre de sa plume, doit enchainer les métiers difficiles pour
survivre. Mais ni la misère, ni les innombrables lettres de refus
des éditeurs n’arrêtent son désir de devenir romancier. Assoiffé
de vivre, il se jette avec rage dans tout ce que la vie lui propose :
les études, l'aventure, l'amour...Dans chacun de ces domaines, il se
heurte inlassablement à l’incompréhension de la classe bourgeoise
et de ses idées étriquées. Car il possède bien plus que ce que la
bourgeoisie ne pourra jamais concevoir : plus que le talent,
c'est un véritable feu intérieur, le génie pur, qui l'anime. Un génie que possède également sans conteste Jack London, qui s'approprie avec merveille le mythe de l’artiste incompris et livre là un de ses plus beaux romans.
...et la version noir et blanc
" Elle regarda, fatale, avec ses yeux d'Aldébaran, rayon visuel mixte,
ayant on ne sait quoi de louche et de sidéral. Gwynplaine contemplait
cette prunelle bleue et cette prunelle noire, éperdu sous la double
fixité de ce regard de ciel et de ce regard d'enfer. Cette femme et cet
homme se renvoyaient l'éblouissement sinistre. Ils se fascinaient l'un
l'autre, lui par la difformité, elle par la beauté, tous deux par
l'horreur [ ...] Quelque chose d'inexorable s'ébauchait. Il était
dans l'antre de la femme fauve, homme fauve lui-même. "
Le ptit' livre du jour n°04 : L'homme qui rit de Victor Hugo
Lyrique, visionnaire, romantique au possible, « l’homme qui rit » tient une place à part dans l’oeuvre de Victor Hugo. Conte monstrueux et grotesque, il se détache de ses autres romans par une atmosphère profondément baroque et onirique.
L’histoire se passe dans l’Angleterre du 18ème siècle. On y suit la vie de Gwynplaine, jeune saltimbanque dont le visage a été défiguré pour en faire un monstre de foire, ce qui lui vaut le surnom d’homme qui rit. Il mène une vie misérable jusqu’au jour où il apprend qu’il possède des origines nobles et se retrouve alors propulsé au rang de Lord. Gwynplaine voit dans ce tour du destin l’occasion d’inciter l’aristocratie anglaise à agir en faveur du peuple. Mais ses revendications seront accueillies avec mépris et moqueries, brisant tous ses rêves de justice et concluant de façon tragique son ascension sociale.
Hugo, profondément républicain, fait du livre entier un brulant réquisitoire contre la monarchie. Au sommet de son art, il dénonce avec une éloquence inégalée le mépris des classes dominantes pour les plus pauvres. Il pointe du doigt la misère et clame une fois de plus le droit à la dignité et à l’éducation pour chaque homme. Si le roman se finit de façon très sombre, Gwynplaine, dans un discours visionnaire, prédit la rebellion certaine du peuple contre le pouvoir qui l’opprime.
La révolution française lui donnera raison et Hugo achèvera sa fresque républicaine 5 ans plus tard, avec la publication de « Quatrevingt-treize ».
L’histoire se passe dans l’Angleterre du 18ème siècle. On y suit la vie de Gwynplaine, jeune saltimbanque dont le visage a été défiguré pour en faire un monstre de foire, ce qui lui vaut le surnom d’homme qui rit. Il mène une vie misérable jusqu’au jour où il apprend qu’il possède des origines nobles et se retrouve alors propulsé au rang de Lord. Gwynplaine voit dans ce tour du destin l’occasion d’inciter l’aristocratie anglaise à agir en faveur du peuple. Mais ses revendications seront accueillies avec mépris et moqueries, brisant tous ses rêves de justice et concluant de façon tragique son ascension sociale.
Hugo, profondément républicain, fait du livre entier un brulant réquisitoire contre la monarchie. Au sommet de son art, il dénonce avec une éloquence inégalée le mépris des classes dominantes pour les plus pauvres. Il pointe du doigt la misère et clame une fois de plus le droit à la dignité et à l’éducation pour chaque homme. Si le roman se finit de façon très sombre, Gwynplaine, dans un discours visionnaire, prédit la rebellion certaine du peuple contre le pouvoir qui l’opprime.
La révolution française lui donnera raison et Hugo achèvera sa fresque républicaine 5 ans plus tard, avec la publication de « Quatrevingt-treize ».
Inscription à :
Articles (Atom)