
La première carte nationale des transports
Nous publions le premier plan interactif des transports en commun français. Zoomez où vous voulez pour afficher les lignes de bus, de tram, de métro et bientôt de train du réseau local.
publié le , mis à jourAprès quelques mois de travail, le premier plan interactif des transports en commun français est en ligne. Pour l'afficher, activez simplement le style transport sur cartes.app.

Zoomez où vous voulez pour afficher les lignes de bus, de tram, de métro et bientôt de train.
Le métro sinon rien ?
Le métro est réservé à quelques villes de France. Il témoigne de la taille du budget des métropoles qui l'ont creusé. Paris est loin devant, encore plus avec sa gigantesque extension en cours de construction.

Rennes fait pourtant figure d'exception : devenue la ville la plus petite au monde à avoir son premier métro, elle a remis le couvert avec la ligne B terminée en 2023.
Le potentiel des transports en commun ferrés dans les villes est complètement sous-estimé. Le budget d'une ville comme Quimper, chef-lieu du Finistère, n'est qu'un dixième du milliard de la métropole de Rennes, certes. Mais les dépenses estimées des Quimperois(e) dans la voiture sont de 500 millions d'€ par an (300 millions de dépenses des ménages et entreprises, et 200 millions de coûts pour la collectivité)... soit plus que deux fois la construction d'une ligne de tram moderne.
Une ville moyenne comme Quimper a un budget mobilité suffisant pour construire deux lignes de tram chaque année
Bien sûr, cet exemple est théorique : une mobilité bien gérée investirait dans de nombreux services : plus de TER, voitures et véhicules légers électriques partagées en gare, bus à haut niveau de service, et... information voyageur !
Les startups n'aiment pas la province
Revenons à notre sujet : les plans de transport. Les métropoles ont les moyens pour proposer une information de qualité. RATP, Ile-de-France Mobilités (ex-Vianavigo), SNCF Connect, etc, le choix est vaste pour se déplacer dans la capitale.
Mieux : les entreprises spécialisées telles que Citymapper ou encore le canadien Transit y ont trouvé un marché lucratif, en venant ajouter une couche de modernité certes bienvenue à un service pourtant déjà amplement rempli par ces applis mobiles publiques déjà concurrentes.
À l'inverse, vous ne trouverez pas la ville de Landerneau sur Citymapper. Pourtant, n'est-ce pas elle qui en a le plus besoin ? Pour ne pas rater un bus dans ce genre d'arrêt sans abri ni écran, il est bien plus important d'être correctement informé que dans le cas du métro cadencé à la minute ! Au-delà des horaires, à Paris le métro nous amène partout. À Landerneau, les bus ne couvrent qu'une partie de la ville et encore moins le dimanche : la multimodalité prend tout son sens.
Dans ces territoires malheureusement peu maillés de transports en commun, la base de l'information voyageur, c'est le plan des transports, ligne par ligne. C'est pourquoi nous publions pour chaque réseau de transport français, une carte, générée automatiquement toutes les nuits via les données officielles.

Le bus, moyen de transport populaire, invisibilisé
Nous n'avions pas encore parlé des deux éléphants dans la pièce : Google et Apple ont pris de cours la plupart des applis publiques spécialisées en intégrant l'information transport dans leur carte généraliste. Chez cartes.app, nous suivons l'exemple, mais libre et souverain.
Pourtant, les deux mastodontes ont tout simplement oublié les réseaux de bus sur leurs plans.
Selon Google & Apple, il n'y a que deux lignes de transport en commun à Rennes
Permettons-nous de spéculer sur les raisons de cette absence. D'abord, les responsables de ces GAFAM sont susceptibles d'avoir du mal à s'imaginer hors des métropoles, et en particulier hors des métropoles sans métro. Autre raison proche : les transports en commun sont davantage empruntés par les milieux populaires. Or ni Google pour ses pubs, ni Apple via ses téléphones à 1000 € ne ciblent les plus pauvres : ne confondons pas leur statut de monopole numérique avec une mission de service public qu'ils n'ont pas.
Le dernier argument est plus terre à terre : contrairement au train, au métro et au tram, les réseaux de bus sont plus compliqués à représenter sur une carte car ils ne sont pas ancrés dans un rail qui sera stable pour 100 ans ! Cette flexibilité du bus lui permet d'être remanié chaque année en fonction des besoins, et même au sein d'une journée avec des bus qui ne desserviront qu'une partie des arrêts, ce qui rend leur représentation compliquée. Cet argument s'accorde mieux avec la présence du bus dans ces applications, mais seulement en mode itinéraire et au clic, pas sur le plan des transports.
Pourtant chez Cartes.app, nous pensons que le bus est absolument essentiel. N'importe quelle parisien saura que le bus est le moyen de transport dominant pour les bébés : parents et nounous sont exclus du métro parisien bardé de marches sous-terraines donc trop inaccessible. Idem pour les personnes à mobilité réduite en général.
Vive le bus électrique
En réalité dans les métropoles, le bus monte en puissance pour tous les voyageurs : Rennes travaille à un réseau de 4 "trambus", c'est-à-dire des bus à haut niveau de service électriques, pour compléter son métro jugé trop cher (par un raisonnement qui comme nous l'avons montré, ne prend pas en compte l'argent dépensé dans le système voiture). Brest termine sa deuxième ligne de tram, mais la complète par un Busélec bien moins cher à court-terme.
Dans le reste des 36 000 communes de France hors des métropoles, le bus restera l'unique transport en commun, et le complément d'un réseau ferré local qu'il faut d'urgence relancer.
Le grand bordel des transports locaux
Comme nous l'expliquons dans cette présentation, l'extrême-droite européenne se nourrit de la dépendance subie à la voiture, qui persistera tant que les transports en commun ne lui auront pas pris une part des 80 % du budget transport qu'elle monopolise.
Mais au-delà de la question du budget, les français subissent la décentralisation des transports en commun. S'il est logique de donner aux territoires le pouvoir de choisir et financer un réseau de transport adapté aux besoins des habitants, force est de constater que l'information voyageur y est un échec cuisant.

Chaque commune ou communauté de commune investit des centaines de milliers d'€ et parfois des millions dans leurs marques de transport et les plateformes numériques d'information voyageur.
Le semblant de mise en commun de cette tâche qui est pourtant partout la meme se fait par la concentration des marchés publics dans les mains de quelques acteurs qui revendent à prix significatif un logiciel interne dans lequel ils injectent... les données publiques des transport locaux. Avec toujours une constante : une audience plus faible que celles de Google et Apple.
Note : ces données de transport en commun, il faut les produire : il faut tracer les lignes, décider des horaires, publier les données de position en temps réel pour informer des retards, etc. Tout cela coûte cher et c'est normal. Nous parlons ici de la consommation de ces données pour l'utilisateur final.
Ce n'est pas étonnant : les deux géants du numérique investissent des milliards d'euros par an dans ces plateformes internationales distribuées et donc éprouvées partout dans le monde. Car si ces services étatsuniens oublient trop souvent les bus sur leurs plans de transport, le reste (itinéraire, horaires à l'arrêt, etc.) est très bien exécuté.

Le problème est rendu encore plus grave par la dépendance des applications de transport publiques aux GAFAM : l'application de Rennes, l'application de la Bretagne, et bien d'autres encore ne fonctionnent pas sur un téléphone Android où la dépendance aux serveurs de Google a été enlevée.
Les horaires de mon bus et de mon boulanger
Comme nous l'évoquions ci-dessus, Google puis Apple ont bien compris comment capter les utilisateurs : via une interface unique qui centralise tous les besoins cartographiques du quotidien.
Seule une minorité des bretons consentiront à installer l'application Korrigo (ou est-ce Breizhgo ? Personne n'y comprend rien) pour ses horaires de car régionaux, puis Pages Jaunes pour les horaires de la boulangerie où trouver son sandwich avant le départ, puis Météo-France pour vérifier le besoin d'un parapluie à destination. L'écrasante majorité utilisera Google (ou Apple) Maps pour tous ces besoins, installées d'office sur son smartphone... Google (ou Apple).
Google et Apple Maps remplissent dans les faits un service public des cartes absent par manque d'ambition des élus et décideurs qui n'ont pas acté l'inutilié de la décentralisation de cette sphère de l'information. De la même façon que Gmail a pris le rôle de l'obsolète Laposte courriel et Doctolib celui de l'annuaire Santé Ameli, ces services publics n'ayant pas su réagir.
Notre vision sur cartes.app est de proposer un tel service public cartographique, souverain, libre et innovant comme il se doit.
Nous sommes convaincus que le seul moyen de rattraper ce conséquent retard est d'investir sur le logiciel libre français et européen. Pour construire ces plans de transport, nous reposons à 100 % sur la loi qui impose aux opérateurs de transport en commun d'ouvrir leurs données. De la RATP au MAT de Saint-Malo en passant par Corisa Ferries, tous sont obligés de publier le nom des lignes, leurs horaires, leurs arrêts sur la plateforme transport.data.gouv.fr.
Notre solution
Pour la plupart des territoires français, nous proposons une carte interactive. Voici par exemple les fameux RER d'Île-de-France.
Chaque ligne est cliquable pour ne voir qu'elle et pour consulter ses arrêts.
Sans choisir le réseau de transport, on peut filtrer par type de ligne, par exemple ici les tram de Paris.
À Paris, on peut aussi faire griller son ordinateur en affichant tous les bus : malgré nos optimisations, l'affichage de cette zone parmi les plus denses du monde en transport n'est pas encore assez fluide 🥵.
Mais heureusement, une fois que l’on a sélectionné le réseau désiré, par exemple RATP + filtre bus, on voit la liste des bus évoluer quand on zoome.
On peut ouvrir la vue calendrier pour voir les passages plus tard dans la journée ou un autre jour.
Au clic sur un arrêt, on voit les lignes qui y passent.
Après un temps de chargement pour l'instant trop long, on peut voir tous les passages des bus à l’arrêt.
En réalité, cet arrêt est un “méta arrêt”. On peut également zoomer pour voir l’emplacement précis de chaque arrêt.
Tout ceci, bien que fonctionnel, n'est qu'une première version. Les angles sont bruts comme disent les anglophones. Le premier plan national des transports de France est bien né, même s'il faudra le peaufiner.
Notons également que l'ajout d'un réseau de transport et sa mise à jour sont des tâches complètement automatisées, tant que l'opérateur (public ou privé) respecte le standard GTFS, conformément à la loi. Et tout est libre, réutilisable et auditable.
N'hésitez pas à ✉️ nous contacter si vous avez des idées pour la suite, ou pour collaborer.
Quelques limites
Vous aurez peut-être noté que sur nos plans, les lignes de bus ne sont pas un tracé réel, rue par rue et rond-point par rond-point, mais symbolique. C'est voulu : d'une, nous sommes très loin d'avoir le tracé exact de chaque bus de France; dans tous les cas les variations de trajet sont trop difficiles à rendre : une ligne de bus, c'est bien plus compliqué qu'un métro, et dans 99,9 % des cas, seuls les arrêts sont importants car le chauffeur ne vous déposera pas entre deux arrêts.
Notons également que les trains et les réseaux de car nationaux manquent sur la carte. En effet, nous les avons désactivés pour des raisons de performance et de rendu difficile. Cela viendra plus tard en 2026.
L'outil lui-même sera amélioré au fil de l'eau : intégration des données temps réel quand elles sont disponibles ; fiches horaires différenciées selon la période (jour de semaine ; vacances ; jours feriés ; dimanche) ; affichage de trajet de bus pour une ligne pour faire apparaitre les variations de trajet (certains arrêts ne sont pas désservis toute l'année) ; travail spécifique sur les ferries (pour l'instant seule Brittany Ferries a publié des données correctes, les autres ne respectent pas la loi) ; affichage d'une carte dédiée à un jour donné ; etc.
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